‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 186 sur 298 · CHAPITRE XLVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVIII

pouTiyi'E EXTfrniErRE.

inridrnt qui amène des explications entre U France et rAiilHchc, — Griefe allè(;uéf par l’Auirirhc cl par la France. — Mniifs vrais de PAulrirbc. — Note du minislèrc français. — Offre de inédiaiion <tc rAulrichc. — Réponse de Napoléon à Poffre de l'Aiiiricbe. — Position menaçante de rAulricbe. — pemande d’explications défmilives Faite A rAulrichc. — Note française remise à la Diète de Ralisl>oonc. — Traité d'alliance entre la France et la Bavière. — Injustice des reproebes faits h la Aavière. — Sommation faite à l'cleeleur de se joindre aux alliés. — Invasion de la Bavière. — Réponse de PAiilricbe h la demande d'explications Faite par la France. — Déclaration de la Franrr i l'Autriche. — Marche de l’armée française. — Communications données su sénat sur la guerre. — Vole de la eonsertpiinn déféré au sénat. ModiRcation du régime de la garde nationale. — Négociation tl'une alliance avre ta Prusse. — Bruits répanilus k Berlin contre Napoléon. — Bruit d'un débar» qiiemeni des Busses •’t Stralstind. — Inslrueiions donnais par rempereur au général Diiroe. — Réponse du roi au général DtirrM*. — Cniiférenees des piéni|Mtlenliairc« français avec le Itaron d'Hardenbcrg. — Reaonrtalion de la Prusse k l'idée iriine alliance. — Prédilection «le la Prusse pour un système de neutralité. — Onlre de Napoléon à ses pléDipotcniiairrs. — Demande par la Prusse d'on traité de neutralité. — Regrets du iMrmi «riiartlenbeq; sur ratliance manquée. — Sommation injurieuse faite k la Prusse par la Russie. — Fermeté du gouvernement prussien. — Contcniemem de Napoléon k un traité de neutralité. — Renonciation de la Prusse k rùlée «l’un traité de neutralité. — NouTclIe du passage d'un corps français sur le territoire d'Anspach. -> Efftus de relie nouvelle k Berlin. — Explication du passage des Français par .Anapach. — Dcelaralton Faite par la Prusse k la France. — Situation étrange de rélectnrat d’Hanovre.

Tandis qu'incerlaiii sur la conduite de l’amiral , Villeneuve, l'cmpercur des Français se déballait I ainsi à Boulogne contre les difTicuIlcs qu'apporlait, I à ses projets de guerre niariliinc, l’incapacité du principal chef tie scs forces navales, déjà son ministère avait commence, avec le cabiucl autrichien, des dtscu.ssions, prélude d'aue autre guerre sur le , continent. IFcpuis plusieurs mots, une foule d'in- , dices autorisaient à regarder, sinon comme déjà ‘ cfTectuée. du moins comme inévitable et prochaine l'accession de rAulrichc aux projets de la Rus.sie et de l'Anglclerrc. Oulre que les gazettes anglaises annonçaient hautement la nouvelle coalition, un vote de trois millions cinq cent mille livres slerlingpourun usageconlincntal, ajouté, le ISjuillet, j aux cinq millions accordes pour le même but des le mois de février, constatait suHisamment que ce n’était pas |>our les troupes russes sentes que des i sommes aussi considérables étaient mises à la dis- , position du ministère britannique. Jusqu'à ce mo- j ment le gouvernement français, qui n’avait ignore ni les intrigues de l'Angleterre et de la Russie sou- ^

tenues par l’oligarchie autrichienne, ni les circonstances de la démission donnée par l’archiduc Charles de la présidence du conseil de guerre, ni la nouvelle conscription, ni les autres mesures adoptées par la cour de Vienne, s'était borné à observer en silence CCS dispositions sur le but desquelles il lui était impcissiblc de se niépretnlrc. Il s'était abstenu de représentations qui, en faisant prématurément connaître à l’Autriche qu’elle était devinée, n'auraienl été pour elle qu’une excitation à redoubler d'activité dans ses préparatifs. Lorsque rinslant fut venu où il lui convenait de parler, il profila de la première occasion qui lui fut onferte, et s'expliqua, dès le premier jour, avec une précision de faits et de vues à laquelle on n'arrive d'ordinaire que par une lente gradation d'observations discrètes el réservées. L’occasion saisie parla France fût l'arrcslalion a Venise d'un Français voyageur, M. l'rony, membre de ITiistitut, homme que son mérite personnel eût dù seul préserver d’une semblable insulte. Pour la sûreté de M. Frony et pour la dignité de la France, deux des Autrichiens les

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l'OLITIOÜK EXTEUIKÜUK.

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plus disliijgucs qui $c Iruuvaieiilâ Paris fureiil surle-champ mis aux arrêts. Le ministre des affaires étrangères, H. de Talleyraiid, en informa l’ambassadeur d'Autriche, le comte Philippe de CobentzI, et, en même temps , de cette question relative à un individu, il passa, sans autre préparation, à la question politique, arrivée dès lors à sa maturité.

Pour simplifier cette dernière question, il faut d'abord distinguer les griefs de forme et les intentions réelles. Du côté de l’Autriche, les griefs allégucsétaicntla réunion de Gênes et de Lucques, faits auxquels on ajoutait, comme sujet d'une accusation plus vague, l'ascendant que la France continuait à exercer en Suisse et en Hollande, ainsi que les changements de constitution opérés par elle dans ces deux pays. Du côté de la France, les griefs étaient plus nombreux encore. Le gouvernement français prétendait que la réunion de Lucques et de Gènes n’était qu’une compensation incomplète des acquisitions récentes que l’Autriche avait faites et qu'il avait tolérées. Il reprochait ù cette puissance d'avoir donne à un prétendu droit d’épave une extension immodérée qui, en lui procurant des établissements considérables en Souabc, avait altéré la situation relative des États voisins dans le midi de rAllcmagne, et rendu cette situation menaçante pour la liavière. Parmi ces réunions de territoire, effectuées en conséquence d'arrangements particuliers avec des princes et des comtes régnants qui avaient cédé à l’Autriche leurs droits de souveraineté, il signalait particulièrement celle de Lindau, position militaire d’une grande importance. Par ces changements, la cour de Vienne avait détruit l'un des objets essentiels du traité de Lunéville, qui était de mettre une large distance entre les frontières autrichienne et française. L’empereur Napoléon se plaignait en outre du refus fait par cette cour d’acquitter la dette de Venise, mise à sa charge par les traités , et du déni de justice de cette puissance envers les sujets du royaume d’Italie; mais les plaintes les plus vives de la France portaient sur la condescendance du cabinet autrichien pour les prétentions monstrueuses de l'Angleterre, sur les atteintes qu’il laissait impunément porter à son pavillon, sur son respect pour les blocus arbitraires de la Grande-nrelagnc, poussé à un tel point qu’à l’instant où il plaisait au gouvernement anglais de déclarer un pays bloqué , toutes expéditions pour ce pays étaient aussitôt contremandées à Venise et à Trieste. Des deux côtés les allégations étaient exactes ; mais, dans la vaste * dimension des événements de l'époque, ni aucun de ces faits, ni tous les faits réunis, n’auraient formé pour Tune ni pour l'autre puissance une

cause sufTisante de guerre, si, en l'entreprenant, celle des deux qui l’a résolue la première n’y avait été déterminée par d’autres espérances que par celle du redressement de semblables torts. En écartant ces textes de débats oiseux, qui tiennent une si grande place dans les notes et les mémoires des deux puissances, nous arriverons d’une manière plus sitrc et plus prompte à la réalité des motifs qui vont amener la rupture. Voici ces motifs dans toute leur simplicité.

Outre que l’Autriche craignait que la puissance franç.aisc, déjà si redoutable, ne devint trop dangereuse pour le continent, si elle était délivrée de la rivalité de l’Angleterre; outre qu'il lui importait de ne pas laisser tarir la source des subsides qui avaient déjà payé, et pourraient payer encore tant de guerres continentales, il n’était pas hors des calculs d’une politique raisonnable, si on avait eu à combattre tout autre adversaire que Napoléon , de supposer que , moyennant l’immense réunion de forces qu’un se proposait de mettre sous les armes, on pourrait, par une campagne heureuse, recouvrer tous les pays cédés, et réparer toutes les pertes des guerres précédentes. Le principe de la guerre pour l’Autriche était tout entier dans cette espérance. Ses prétendus griefs n’étaient que des formules de protocoles.

l’ar la première note du â4 juillet , dont l’arrestation de M. Prony à Venise avait été l’occasion , }II. de Talleyrand, après une récapitulation rapide des préparatifs inquiétants de l’Autriche, ainsi que des autres sujets de mécontentement donués par cette puissatTüe au gouvernement français, finissait par la déclaration positive que l’empereur Napoléon K voulait la paix avec Sa Majesté l’empereur » d'Allemagne et d'Autriche; mais une paix loyale, X évidente, entière, une paix que des mouvements » de troupes, la formation de camps hostiles, des » insultes faites à sujets et des entraves mises à » leur commcrce,^e rendissent pas plus fâcheuse Il et pire mille fois que la guerre ne pourrait l’é- » trc. » La cour de Vienne n'avait pas répondu et n’avait pu encore répondre à cette première demande d’explications, lorsque le gouvernement français, jaloux d’écarter toute lenteur, jugea convenable de la renouveler, par une lettre en date du U août, directement adressée au vice -chancelier de cour cl d’État, le comte Louis de CobentzI. « M.de Winzingerode ' est à Vienne, disait n M. de Talleyrand, et n’a pu y être envoyé que » dans des vues sur la nature desquelles la mis- X sion tout hostile qu’il vient de remplir à Ber- X lin, et les écarts de la Russie ne permettent pas

■ Aide de camp de l’empereur Alexandre.

aiAHTIlE XI.VllI.

H de se méprendre.... L*cmporeur d’Allemagne et » d’Autriche accumule, à luut prix, dans scs po$~ H sessions d'Ilalic, ou dirige vers celle contrée un M nombre sans mesure de troupes , cl cela sous •» prétexte de defendre l’Étal vénitien qui n'est pas ti menacé... Dans la partie de ses possessions où » la maison d'Autriche réunit scs forces, elle ne M peut être attaquée que par Ia France, et la * France, engagée dans une guerre maritime où M presque tous scs moyens sont employés, ayant I» ses forces à trois cents lieues de l’Autriche, cam* I» pées sur les bords de l'Océan, a un intérêt bien n sensible à rester en paix avec les puissances du w continent, et ne peut pas même être soupçonnée

X de vouloir leur faire la guerre vérité de

colle assertion était palpable. Ce n'claienl donc pas des craintes présentés qui pouvaient causer les armements de rAutrichc. Ses craintes étaient-elles plus fondées pour l'avenir? Celle question était traitée par le ministre français avec beaucoup de talent cl de justesse. Ce ministre faisait sentir que ce n’était pas du coté de la France que pouvait bientôt, pour l'Autriche, venir le plus grand danger. Il retraçait les acquisitions faites depuis un demisiècle par la Russie, rcnvahissenicnl des deux tiers de la Folognc, la prise de possession de la Crimée, rétablissement des Russes aux bouches du Phase, leur extension dans la Géorgie, leur progression vers la Perse, l’occupation des lies Ioniennes, les armements secrets de la Moréc, cl toutes les manœuvres employées pour hiter la dissolution de J’empire ottoman. « t^tue demande la France à M l'Autriche? ajoutait le ministre fratiçais. Ce ne » sont ni des efTorts ni des sacrifices. Ne pouvant M arriver à la paix que par la guerre maritime, elle n demande à l'Autriche de ne point l’cn détourn lier... La paix maritime est entre les mains de l’Al* •• leinagne. Qu'au lieu de mouvements de troupes » qui annoncent t'inlenlion de faire la guerre, l'emn percur d'Allemagne et d'Autriche dise à l'Kurope n qu’il veut vivre en paix avec la France, l'Angle- » terre sentira aussitôt l'impussibililé d’une coali- « lion, clic sentira ta nécessité de la paix. >• Cette lettre de M- de Talleyrand arriva justement à Vienne au moment où s'échangeaient à Pétersbourg les déclarations concernant l'accession de rAulriciie au traité de coopération conclu, le 11 avril, entre la Russie cl l'Angleterre. Nous savons que. d’après ce traite, tous les traités précédents sont réputés nuis, et qu’on est d'accord pour chasser la France du nord de l’Altcmagne, de ia Hollande, de toute ritalie. et même de l’Ilc d'Elbe. Tels sont, en laissant â part les articles secrets bien plus contraires encore aux intérêts de la France, les résultats avoués auxquels le cabinet

autrichien s’est engagé à concourir. C'est dans le temps même qu’il s’associe à une guerre dont tel doit être le but, qu’il annonce, d'un autre côté, le vif désir de contribuer a des négociations paci> tiques, et se présente à la France comme médiateur.

Cette offre de médiation arrivait à Paris k peu près à la même époque où l'un recevait â Vienne U lettre de M. de Talleyrand, en date du S août. M nature deeette offre eût sufli seule pour trahir I les engagements déjà contractés par la cour de Vienne. Cette cour n'ignorait pas combien la France avait été blessée par la mission non achevée de l'agent russe NowosMsof, et c'était cependant celte négociation qu’elle proposait de reprendre. « Elle s’empressait d'offrir ses bons offices, alin » que ratlenlc générale, placée dans l'intentJon » conciliante de toutes les puissances, ne fut pas n de nouveau frustrée. En conséquence clic invi* » lait les cours des Tuileries et de Petersbourg à n ce que la négociation, qui avait été sur le point » de s’ouvrir, fût rciiouéc, étant prêle à concou- <• rir, par scs soins les plus zélés, à celle fin désira- K bic, et se Dallant que la cour de Berlin voudrait n bien aussi y contribuer de sa part. » Sur une telle proposition, la réponse de la F'rancc était facile à prévoir.

L’empereur Napoléon , de Boulogne où il était alors, chargea son ministre des relations extérieures de déclarer que plus il attachait de prix aux bons offices de S. M. l’empereur d'Allemagne et d’Autriche, plus il sentait que sa reconnaissance même lui dcfctidail de s’on prévaloir, lorsqu’il n’était pas permis d'espérer qu’ils pussent être employés avec fruit, ni conséquemment sans compromettre la dignité du médiateur. M. de Tallcyrand JusliGailce refus par les outrages que depuis un an l’cmpercur n’avait cessé de recevoir du cabinet russe; il alléguait que la déférence du gouvernement françaisà une demande de passe ports faite par le roi de Frussc pour l'un des chambellans de reiiipercur de Russie n'avait produit qu’une note injurieuse et remplie d'assertions mensongères. M Ainsi insullé dans son honneur, disait * le iiiiiiis- » tre français, il n'csl plus possible à S. M. de n rien vouloir ni de rien attendre de la Russie, qui !• d'ailleurs, loin de désirer la paix, trouve son inlén rét à la guerre, n H represontait à l'Autriche que de sa part, la médiation la plus efficace serait une impartiale neutralité. Par là non-seulement l'empereur d'Allemagne aurait des droits à la reconnaissance de rcinpcreur Napoléon, mais il aurait

' Noie du 13 août, adressce au cumie Philippe de Colunlzl.

POLITIQUE EXTERIEURE

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plus fait pour sa propre utililé que s’il eût gagné dix batailles, puisqu’une conséquence immédiate de la paix serait la séparation des couronnes de France et d’Italie. « Lorsque l’Autriche, portait la » note française, aura déclaré qu’elle resteet qu’elle » veut rester neutre, la paix sera le désir et l’es- » poir de l’Angleterre. Avant le mois de janvier, n elle sera conclue et le traité d’Amiens rétabli ; » les couronnes de France et d'Italie seront sépa- » rées et pour toujours... S. M. l’empereur d’Alle- » magneetd’Aulricbea maintenant entre scs mains » et le destin de scs propres États et celui de l’Eun ropc. Dans l’une, il tient les troubles et les bou- » leversements; dans l’autre, la paix générale. » Toute idée de paix était dès lors impossible pour le cabinet autrichien. Par le fait, il avait déjà commencé les hostilités en opérant, à l’avantage de l’Angleterre , une puissante diversion. L’Autriche avait soixante-douze mille hommes en Italie, lorsque la France n’y en avait que cinquante mille, dont quinze mille étaient à l’extrémité de la Péninsule. Partout se formaient des magasins; le Tyrol, pays pauvre et ingrat, était encombré de régiments qui, nécessairement, étaient destinés à être mis en action dans un court délai; toutes les troupes autrichiennes marchaient dans une direction qui annonçait la guerre. L’ambassadeur Philippe de CobentzI n’en continuait pas moins à Paris scs protestations de paix et d’amitié; mais, peu coiiGanl dans ces vagues assurances, l’empereur des Français, le 15 août, deux jours après la réponse que nous venons de rapporter, lui Ût demander par son ministre non -seulement une explication catégorique, mais aussi l'explication la plus prompte. « L’empereur, disait M. de Talley- » rand, ne peut admettre un étal intermédiaire » entre l'étal de guerre et l’état de paix; si l’Au- » triche veut la paix, tout en Autriche doit être i> remis sur le pied de paix ; si l’Autriche voulait » la guerre, il ne resterait plus à S. M. qu'à rejeter » sur l’agresseur tous les maux qu'il attirerait nonn seulement sur la génération actuelle , mais cnn core (S. M. ose le dire avec Oerté) sur scs pron près États et sa propre famille.... <• Alors le ministre français spécifiait les mesures qui, de la part du gouvernement autrichien , prouveraient une disposition sincère à conserver sa neutralité. Pour le cas où la France serait forcée à la guerre, soit par un refus positif, soit par une réponse évasive et dilatoire, M. de Talleyrand était chargé de déclarer u que S. M. ne s’y porterait qu’à regret ; n mais que, dans une position pareille à la sienne,

» le prince Charles n’hésiterait pas, ce prince étant Il trop bon militaire pour ne pas se comporter de Il la même manière ; et qu’étant obligé de repous-

■I ser la force par la force et de pourvoir à la sûreté n de scs frontières, clic ne commettra pas la faute Il d’attendre que les Russes se réunissent aux Au- » Irichiens contre elle, n 11 était impossible d’agir avec plus de franchise. En celle circonstance, l’empereur Napoléon avait tout l’avantage; il ne voulait pas la guerre, il ne pouvait pas la vouloir; mais sûr d’étre attaqué, il avait le droit de prévenir l’agression que cependant il ne préviendra pas, car r.Autrichc, tout à la fois trop hâtive et trop lente, aura envahi la Bavière avant qu’il ait quitté Paris.

Non content des cfTorts directs qu’il faisait auprès de la cour de Vienne, l’empereur des Français appela les Étals secondaires d’Allemagne à fortifier scs représentations auprès de cette cour par des représentations semblables. Le ministre de France à Ralisbonnc, M. Bâcher, remit dans ce but une note à la Diète générale le 1 1 du même mois de septembre. L’Autriche continuant à protester de son respect pour les traités qui l’unissaient à la France, le ministre français demandait : «Qui donc menace-t-elle par scs préparatifs? i> scrail-cc l’empire germanique lui-méme?» et, partant de celte hypothèse, il ajoutait que « S. H. n l’empereur des Français considérerait comme » déclaration de guerre, rurmcllcmenl dirigée conn tre elle-même, toute agression qui serait portée n contre le corps germanique et spécialement con- » Irc la Bavière. » Le terme de 1a dissimulation était arrivé pour la cour de Vienne. Pressée par l'Angleterre à laquelle il tardait de voir les camps français s’éloigner de Boulogne, emportée par la présomption des nouveaux chefs du département militaire qui avaient succédé au prince Charles, cette cour fit ccmeltre à Paris, le lâ septembre, sa réponse aux demandes du gouvernement français, et joignant les actions aux paroles, elle envahissait le territoire bavarois.

Il était naturellement dans le projet des alliés d’entraîner, avec eux, de gré ou de force, tous les États germaniques du second ordre. Dès longtemps cette chance avait été prévue par l’empereur Napoléon. Aussi, depuis plusieurs mois, avait- il pressé la cour de Munich de s’engager avec lui , par une alliance qui ne laissât plus de doute sur la conduite de l'électeur au moment d'une rupture. Ce prince, ainsi que les autres Étals du midi de l’Allemagne, devait à l’appui de la France l’agrandissement qu’il avait reçu par le dernier recès de l’empire; il ne pouvait le conserver que par elle. Naguère encore l’Autriche avait sollicité la cession de la portion du district bavarois, située sur la rive droite de l'Inn. On ne pouvait pas même douter que le désir de cette puissance ne fût de porter sa

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