CHAPITRE XLIX
«l’ERRK.
Traiic de nRiiirnlilr avec le roi do N.iplrs. — N^f[oci.nlions *voo le anint-»iéno. — Plan dos arracos alliroa.
Marche do l’arnu'o française. — Motifs du passai'c de RernadoUc par le lerriloirc d'Aiispach. — Proolanialion de N.apoléon A rariiiée. — Proclamation aux troupes bavaroises. — Position de r.arméc le 0 octobre. — ^Soult passe sur la rive droite du Danul>e. — Affaire do Wertingen. — Encoiira('eoi.'nts doniu’s par A'apoli'on. — Davoiist et Mnruioiit passent sur la rive droite du Danube. — Affaire de Giiiit/boui'i;. — Capitulation de la place de Mcmniin|;en. — Entrée de Rernad.itte A Munich. — Allocution de l'empereur au corps de Marmont. — Affaire d'Albcek. — Affaire d'Elrliiu|;en. — Attacpic du corps de AVerneek par Murat. — Capitulation de Mack A l'Iin.
— Capitulation du cominandaut des ba(;.a(;rs autrichiens. — Capitulation du )<éuérul AA’erueck. — La ('aruison dTlin détile devant Aapoléon. — Prise d'artillerie et de bnpaj'cs par Murat. — Grands résultats obtenus par des. marches. — PriHluits de la eampa^’iie au 22 octobre. — Vendémiaire compté coiiiuic une campa(;ne. — Proclamation de Napoléon A l'armée. — Soins de Napoléon pour le soldat. — Attention A flatter rorfjiicil militaire. — Témoij»na(;es d'cjjanls pour la Bavière et le AA'iirtembcrjî. — E'nvoi de drapeaux autriehiens nu sénat et A la ville de Paris. — Trêve entre les armées en Italie. — Passade de l'AdiRC par Masséna. — Bataille de Caldioro.
— Capitulation du p,énéral Uiller avec cinq mille Autriehiens. — Retraite de l'archiduc Charles. — Passage de la Piave et du Tagliamcnlo. — Capitulation du prince de Rohan avec six mille Autrichiens. — Opérations du maréchal Ney dans le TjtoI. — Drapeaux français retrouvés A Inspruek. — Jonction de Ney avec Masséna. — Opérations d'Augcrcau.
Tandis que de fAclieux incident.s suscitent, dans le nord de rAllcmagne, des embarras à l’empereur Napoléon, l'Italie, quoique placée en général dans sa dépendance, n'est pas tout entière exemple de mauvaise volonté et même de dispositions hostiles. Toujours prêles A s’irriter contre la domination actuelle qui pèse sur In Pénitisule, les cours de Naples et de Home npparlienneni, par leurs vœux, quoique à un degré inégal, aux projets de la coalilion formée contre la France. L'empereur ne s’y trompe pas; cependant, comme, pour renforcer Masséna, il lui convient de rappeler du royaume de Naples le corps d’armée de Gouvion-Saint-Cyr, il signe un traité de neutralité avec S. M. sicilienne, sans se dissimuler que cet engagement ne sera réputé obligatoire A Naples que jusqu’au moment où on croira pouvoir impunément s’en affranchir.
La position de la cour de Rome autorise le gouvernement français à penser qu’il ne doit pas attendre moins, et même qu’il peut exiger davantage de celle dernière cour; La citadelle d’Aueftne, qui SC trouve sur la ligne de communication de l’armée française avec le royaume de Naples, n’étant
pas en état de défense, Napoléon engage le saintpère à y faire mettre une garnison de trois mille hommes, de manière à la préserver d’un coup de main. Sur les diflicullés opposées par le pape, il lui propose d’y envoyer une garnison française, ce qui donne lieu A un nouveau refus do saint-père. Il peut n’èlrc pas hors de propos de rappeler ici que, dans la guerre terminée par la paix de Lunéville, c’est le général français Murat qui, à la place du I drapeau autrichien arboré dans Ancône, y a fait ; rétablir les couleurs du sainl-siége.
Napoléon fait au pape une autre proposition. Il ' demande que Sa Sainteté se lie, par un traité offensif, pour la défense du territoire italien, avec le roi d’Italie et le roi de Naples. Ce dernier, tout ' en SC réservant de trahir bientôt la confiance française, se montrait alors prêt à conclure l’alliance proposée; mais le pape s'y refuse, en alléguant que, père commun des fidèles, il ne peut se liguer contre aucun de ses enfants. Cette allégation évasive ne peut guère trouver une grande faveur auprès de , Napoléon, qui connaît fort bien, et ne manque pas de le faire sentir, les nombreuses guerres auxquelles
gi;erre.
la cour de Rome a pris la pari la plus active. Sans remonlcr bien haut, il donne aisément à compren- | dre que, comme tout récemment encore la ban- | nière du sainl-pèrc a marche avec l'aigle autrichienne contre la France, elle pourrait bien marcher aussi avec l'aigle française contre l'Autriche. Cependant, pour tranquilliser la conscience du saint-père, il admet que l'alliance ne s'étendra point à l'Autriche, mais qu'elle sera seulement applicable aux itifidèles et aux héréliques. Mémo avec ces modirications, elle n'obtient pas encore l'assentiment du pape; mais, durant ces discussions, les temps ont changé, et le gouvernement français a cesse ses | instances. Cette circonstance l'a mis en étal dé juger quel fond il peut faire sur la cour de Rome.
« Les lettres du pape, dit Napoléon étaient écrites » avc« la plume de Grégoire Vil.» Le premier coup I de canon entre la France et l'Autriche n'est pas lire encore, et déjà la coalition peut espérer d'avoir bientôt de nouveaux alliés eu Italie comme en Al- . Icmagne. |
. Le plan des coalisés, conçu d'après cette pensée, surtout en ce qui concernait l'Italie, ne manquait ni d'habileté ni d'étendue. Il ne demandait pas ! moins, pour être déconcerté, que toute la pré- | voyance de Napoléon. i
La France occupant l'Europe depuis le golfe de | Tarante jusqu'à la mer Baltique, l'attaque a été > disposée par scs ennemis pour tous les points de l'Europe et pour toutes ses extrémités à la fois. | Dans le Nord, un débarquement de troupes russes ' viendra s'unir aux Suédois en Poméranie et marcher avec eux sur le Hanovre. Les Russes et les Suédois seront joints par les troupes hanovricnnes et anglaises, venant de l'Ile de RQgen, avec lesquelles ils SC porteront sur cet électorat.
An fond de l'Italie un débarquement de troupes anglaises et russes envahira le royaume de Naples. Malgré les engagements pris avec la France parle roi Ferdinand , l'Angleterre et la Russie sont d'a- | vance assurées des dispositions de la reine. Elles ont la certitude qu'à la première apparition de | leurs troupes le royaume de Naples sera un allié ; pour elles.
L’archiduc Charles commande l'armée autri- ; chienne en Italie. Là sont les pays que l’Autriche i a le plus à cœur de recouvrer; là doivent être les plus grandes forces de cette puissance; mais si cet arrangement n'avait pas eu lieu dans l'intérét seul de la cour de Vienne, il aurait eu lieu pour plaire au cabinet de Pétersbourg. Outre que ce cabinet
■ Mémoire* de Las Cases.
‘ Lorsque j'adressai celle demande à l'élccleur, il hé- ' sila, il Toulail consulier la cour de Prusse. Je lui iis
I BIGVOX.
nourrit contre l'archiduc Charles un vieux ressentiment qui date de la défaite des Russes à Zurich, cl un ressentiment nouveau à cause du penchant du prince pour le maintien de la paix, il convient à la Russie de réserver rAllemagnc pour théâtre de la gloire de scs armées, gloire que leur eût enlevée la présence de l’archiduc, naturellement appelé par son rang comme par sa réputation militaire, au suprême commandement des forccsconibinées.
L’armée autrichienne en Allemagne a pour chef nominal l'archiduc Ferdinand, pour chef réel le général Mack. Cette armée, forte de quatre-vingt mille hommes, est celle qui déjà vient d'envahir la Bavière. A ces quatre-vingt mille hommes doivent SC réunir les cent mille Russes qui arrivent en deux corps, l'un sous les ordres de Kutusof, l'autre sous les ordres de Buxhofden, ainsi que le troisième corps qui suivra ces deux premiers. Cette grande armée d'Allemagne, dans laquelle la Russie aura le commandement supérieur, est destinée à se porter sur le Rhin et, sans respect pour la neutralité de la Suisse dont la violation était dès lors résolue, à pénétrer, par la Franche-Comté, au cœur de la France.
Tels sont les principales dispositions des allies. Napoléon les devine. C'est à empêcher la jonction des Autrichiens et des Russes, à détruire ou disperser l’armée de Mack avant que Kutusof ail pu SC joindre à lui, que vont tendre scs premières pensées et scs combinaisons.
Dès le commencement de septembre, toutes les troupes françaises destinées à combattre en Aile-' magne avaient quitté leur point de départ à des dates dilTércnlcs, selon la distance qu'elles avaient à parcourir. Ces troupes formaient sept corps commandés par Bernadollc, Marmonl, Davoust, Soull, Ncy, Lannes et Murat. Nous ne suivrons pointées corps dans leur marche avant leur arrivée devant rennenti, à l’exception du corps de Bernadoltc, dont la direction devint un incident immense qui entraîna la Prusse dans la coalition, et qui, par les suites de cette première faute, amènera la levée de boucliers de celle puissance en 1800.
C'était du Hanovre qu'était parti le maréchal Bcrnadolte. Le 1 i septembre, le ministre de France à Casscl avait demandé pour lui, à l'électeur de Hesse, la liberté de passage sur le territoire électoral. La guerre n’était pas encore déclarée; l'armée d’Hanovre était censée se diriger sur Francfort pour rentrer en France. L’électeur avait donné
comprendre que non ne poiivion* pas attendre une réponse de Berlin, et il eéia.