CHAPITRE XI,IX
son consentement à ce passage. Trois jours après, le 17, BernadoHc traversait Casscl, éracuant tout le Hanovre, hors la place (rHaiiiclii où il avait mis une bonne garnison. Le 25, il était à Wurizbourg, où lui parvint un ordre de rem]icreur portant que les troupes bavaroises étaient mises sous son commandement et feraient partie de son corps d'armée qui prenait le titre de premier corps. Pour opérer la jonction des Bavarois et des Français, il était prescrit aux Bavarois de remonter la Bednitz par Forcheim et Nuremberg pour arriver à IVeissembourg, tandis que les divisions françaises de Bernadotte arriveraient sur ce même point par Offenbeim, Atispaeb et Gunzeniiauscn. Je viens de prononcer le nom fatal, triste cause de rcxlrèmc agitation que nous avons vue éclater a Berlin et qui bientôt jettera , temporairement du moins, la cour de Prusse dans les rangs de nos ennemis.
C'était pour les armées françaises ramenées par Napoléon aux habitudes militaires de l'antiquité, une satisfaction et un besoin d'entendre leur chef annoncer ce qu'elles avaient à faire ou rappeler ce qu'elles avaient fait, confondant la gloire du général avec celle des soldats, et présentant, comme leur ouvrage commun, outre les avantages obtenus, les traités de paix qui en avaient été la suite. Ce caractère respire dans la proclamation par laquelle l'empereur annonça l'ouverture de la campagne. <1 Soldats, disait-il, la campagne de la troin sième coalition est commencée; l'Autriclica passé n rinn, violé les traités, attaqué et chassé notre X allié de sa capitale... Nous ne ferons plus de » paix sans garantie; notre générosité ne trompera » plus notre ])olitique... Vous n'êtes que l'avant- X garde du grand peuple... Nous aurons des mar- » clics forcées <i faire, des fatigues, des privations n à endurer; mais quelque obstacle qu'on nous n oppose, nous les vaincrons, et nous ne prendrons X pas de repos que nous n'ayons |>lanté nos aigles ■ sur le territoire de nos ennemis, x
Une autre proclamation fut en même temps adressée aux troupes de l'électeur de Bavière. « Soldats bavarois, je viens me mettre à la tête de n mon année pour délivrer votre patrie de la plus » injuste agression. La maison d'Autriclic vient n détruire votre indépendance et vous incorporer n à scs vastes États. Vous serez lidèlcs à la mémoire n de vos ancêtres qui , quelquefois opprimés , ne
n furent jamais abattus Je connais votre bra-
» voure. Je me ilatte qu'après la première bataille X je pourrai dire h votre prince et à mon peuple X que vous éics dignes de combattre dans les rangs X de la grande armée, n L'espoir qu'il donnait aux Bavarois il'être bientôt nommés de pair avec les Français , fut pour eux un puissant aiguil-
lon de gloire. Sa conliance ne fut point trompée.
D'après la position du général Mack qui, à rapproche de l'armée française, avait concentré scs troupes à Dim, à Memmingen et à Stockach, la direction du corps de Bernadotte à travers le territoire d'Anspach , pour se réunir à Weissembourg avec les troupes bavaroises et de là se porter sur le Danube, avait été presque une nécessité dans le plan de Napoléon, dont le but était de séparer l'armée autrichienne des armées russes qui arrivaient pour la soutenir, et même du corps autrichien qui occupait la Bavière. Le 6 octobre, Bernadotte, avec son corps et les troupes bavaroises, était h Weissembourg; Davonsl à Oettingen; Soult aux portes de Donawcrt; Ney à Kossingen; Lannes à Nércslieim; Murat, avec sa cavalerie, <à la même hauteur sur la rive du Danube. Ainsi les F'rançais étaient déj.i placés sur les derrières de l'armée ennemie. Mack , qui les avait attendus par d'autres chemins, se hâtait de rassembler celles de scs troupes qui s'étaient avancées vers les gorges de la Forêt Noire. Le 7 octobre, l'action comnieiice.
I.es premiers coups sont portés par le corps du maréchal Soult. Le régiment autrichien de Collorédo, qui occupait Donawcrt, est culbuté par la division Vandainme. On répare en un instant le pont que les Autrichiens ont coupé dans leur retraite. Le corps du maréchal Soult passe sur la rive droite du Danube.
Murat l'y a saivi aussitôt avec sa cavalerie. Deux cents dragons, sous les ordres du colonel Wattier. passent le Lech à la nage pour s'emparer du pont do Rain. Ils se rendent maîtres de ce pont malgré l'opposition d'un régiment de cuirassiers autrichiens. De Rain, Murat marche le lendemain avec les divisions des généraux Klein, Beaumont et Nansouty pour couper la route d'Ulni à Augsbourg. Dans sa marche, il rencontre à Wertingen douze l>ataillons do grenadiers, soutenus [>ar quatre escadrons des cuirassiers d'Albert, qui, du Tyrol, accouraient pour se joindre aux forces autrichiennes en Bavière. Ce corps fut promptement enveloppé par un mouvement habile du général Nansouty, et l'attaque commença de tous côtés à la fuis. Les bataillons ennemis, formés en un vaste carré, et Oanqués par les quatre escadrons de cuirassiers, opposèrent, pendant deux heures, une vigoureuse résistance. Enlin les escadrons furent dispersés, le carré enfoncé cl mis en déroute. Le corps autrichien laissa aux Français son artillerie, scs drapeaux et quatre mille prisonniers. Un marais favorisa la fuite du reste. Les colonels Maupetit , Arrighi et Beaumont s'étaient particulièrement distingués dans cette affaire.
Après ce brillant début, Murat se porta sur Zus-