‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 194 sur 298 · CHAPITRE XLIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIX

A Clm^ la siluiUon üa général Hack devenait chaque jour plus critique. L’empereur qui « 8Ui> vanl l’expression de scs bulletins , l’avait place dans la même position que le général Mêlas , cinq années auparavant, s’atlcndaità une autre bataille dcHarengo. L’imniineiicc d’une bataille lui semblait telle qu'il l'avait annoncée au corps du général Marmont par un de ces discours militaires dont rénergique éloquence fait tant d’impression sur les soldats , particulièrement sur les soldats français. Au passage du pont du Lecli , il avait fait former le cercle aux régiments du ce corps pour celle belliqueuse allocution. I/C temps était horrible , le froid vif, le terrain fangeux. La neige tombait en abondance , mais les paroles de feu de l'orateur faisaient oublier aux troupes la rigueur de la saison. Leur ime ardente répondait à l'âme de leur chef.

Les échecs que déjà l’armée autrichienne avait essuyés n’élaient pas propres à inspirer au général Mark une grande confiance dans le succès d’une affaire générale. Il n’usa pas en concevoir la pensée; mais, comme la place d'i'lm était un centre auquel une foule de roules aboutissaient, il espéra que scs divisions piHirraicnl s'échapper par ces roules diverses, cl aller se reformer partie dans le Tyroi, partie en itoliénic. D’après ce système , le H octobre, vingt rinq mille hommes étaient sortis du camp retranche devant Ulm , dans rintention de s'ouvrir un passage par Albeck , qu'occupait le général Dupont. Ce général , dont alors la gloire était sans lâche , tint tête à vingt-cinq mille Autrichiens avec sa seule division forte de six mille hommes ; il k'S força do rétrograder et fit quinze ccnls prisonniers. En louant la conduite du général Du pont, l’cinporcur disait: c Ces corps ne devaioiil s> s'étonner de rien; c’claioiit les 9" légère, 3:^* . t* 69* et 76* de ligne. « Cet art d'attacher de la célébrité au nom d’un régiment le rendait invincible et excitait tous les autres à mériter une semblable distinction.

Napoléon s'élail rendu, le 13, au quartier général du maréchal Ney, afin de resserrer de plus près encore l'armée enuemie. A la pointe du jour, le 14, le maréchal Ney conduisit la division du général 1.uison à l’attaque du pont ü’Elchingen. Le pont fut enlevé. position était défendue par quinte à seize mille hommes. H fallut trois attaques successives pour en déposlcr rcimeini. A la troisième seulement, il fui mis en déroule et repoussé dans les rctraiichemcnis devant Llin. Trois mille prisonniers et quelques pièces d’artillerie furent le prix de celle importante journée. Le titre de duc d'klcliingen , que recevra bienlél le maréchal Ney, cdl suffi à son illustration , si d'aii-

1res litres n’avaient du être plus tard la conquête d'exploits plus brillants encore.

Un corps autrichien , celui du général Werneck, avait réussi à déboucher d’IIlm par la roule de Heydenbeiro. Dans le même moment, l’archiduc Ferdinand avait essayé de filer sur fiiberach, mais il avait trouvé celle roule coupée par le maréchal Soull. Obligé de changer de direction, l’archiduc avait lâché de rejoindre le général Werneck et se portail sur Aalcn, seulement avec quelques escadrons de cavalerie. Werneck sc croyait déjà hors de U>iil péril , lorsque Mural , toujours expéditif et heureux, l’atteignit au village de Langenau cl lui fil trois mille prisonniers. Un convoi de cinq cents chariots marchait sous la protection de ce même général autrichien. Mural le fit charger par la division de dragons du général Klein. Le convoi fut pris avec mille à onze cents hommes. L'archiduc Ferdinand , qui s’était arrêté un moment à Néreshciiii , près lui-méme d'élre surpris |>ar les Français, n’eut que le temps de monter à cheval et de s’échapper avec le petit nombre d’hommes qui formaient son cortège.

1.C sort d'Ulm était décidé. Les corps du maréchal Ney et du maréchal Lannes occupaient des positions telles que le succès d’une attaque eût etc infaillible, mais ce succès pouvait être clicrcmenl payé. L'empereur voulut ménager le sang français, el même le sang eimemi. 11 fil proposer au prince de Lichlcnslcin , l'un des généraux enfermés dans la place, de sc rendre auprès de lui et l'engagea de considérer les soiles d’une prise d’assaut, lai r:i|)]ri‘i;int rexciirplr d« Jaffa dont la gariilsott svailélé |»asséc au fitd<f l'épée.. I«a posilion était emliaür.»ss;arae. I.c prince de LichIcnMein exprioia le désir que, dans le cas d’un arrangement, les troupes anlriclnienoes, officiers et soldats, fussent renvoyée» sur parole. La demande ne fut point rejetée ; mais , pour être assuré que ces troupes ne serviiaicnt pas avant leur échange, Napoléon voulait la parole <lc l’archiduc Ferdinand. Uetlc condition était difficile à remplir: l'archiduc n’était pas dans Ulm. La place capitula le 17 octobre. D’après la capitulation , les officiers étaient renvoyés dans leurs familles; les troupes étaient prisonnières de guerre. La remise d’I Im avec son artillerie devait être faite aux Français le 29 octobre à midi , si , avant ce moment , il ne sc presen- Uit pas un corps capable de la débloquer. Dans l'hypothèse contraire, la garnison serait libre de toute 40 pitulalion.

Ici plus que jamais l’ordre des jours est indispensable. Chaque jour apporte son tributà la gloire de l’armée.

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