‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 197 sur 298 · ERRE · texte numérisé non relu

ERRE

jNap<iIé<in h Miiiiiih et à Brauiiaii. — Première renronirt* avec Ira Rumm. — Situaiioa au 3 novembre. — Belle conduite «Jc< Oavaroii i Lowert. ■ — (Combat d'AuislelIcn. — KuliituF passe sur la rive gauche du Danube. -» Combat de Marienzcll. — Proposition ifnne suspension d'armes par l'Aulrirbe. — Proclatnaliou au nom de l’empereur François 11. — Arrivée de Napoléon à Saiot-Pohen. — Affaire de Diernslein. — Reprorhes faits A Mural et au loarérhal Souit. ~ Réparaltoa au maréchal Soull. — Entrée de Mural à Tienne. — Napoléon A Schirnhninn. — Dispositions amicales des haliilanis de Vienne. — Inslruclions pour le gouverneur de Tienne. — Onii c du jour sur les traînards. — .Miwntenlemenl de Pempereur envers Beruadolte. — Proerilés de Napoléon envers la Bavière. — Prinei|>es de Pempereur «Uns l’.-idministration des pays conquis. — M. Daru et le général Clarke. — .Méoagements pour les «tablissemenls de Vienne. — Observations sur les bulletins de 18l)o. — Bataille de Trafalgar. — Motifs de Villeneuve pour sortir de Cadix. — Force des Hottes de France et d’Angleterre. — inslruclions données par les amiraux anglais et français. — Engagoroent de la bataille. — Belle conduite des capitaines Lucas et Inferoei. — VilleDeuve prisonnier. — Prise des quatre vaisseaux du contre-amiral Dumanoir. — Désastre sans remède. — Douleur et colère de Napoléon. — Mort de Villeneuve. — Joie à Londres.

Par le succès des opèralions des maréchaux Ney cl Augereau, Napulcon avait pu, sans laisser drr* rière lui aucun sujet d'iriquictuüe grave, s'avancer an centre de la monarchie autrichienne. C'est auprès d'INni que nous allons le reprendre pour le suivre sur les nouveaux théâtres de sa gloire. t^Iuoique les marches de la grande armée doivent, par leur savante combinaison, fixer l'attention des hommes ramiliarisès avec la science de la guerre, il ne nous apparlieiil point de présenter de semblablo.s détails. Ibmr nous rinlérél principal est dans les résultats. Nous ne montreruns les divers corps en aclioii que là où il y aura des combats offrant une importance réelle, quoiqu’on regrettant d'èlre obligés de passer sous silence une foule d'engagements glorieux pour les armes françaises.

L’empereur élatl entré à Munich, le ât octobre, au milieu des témoignages de la reconnaissance publique. Il était le à Haag; le 50, il visitait Rraunau qu’avaient évacué, à son approche, les Autrichiens et les Russes. Celle place, qu’un avait abandonnée sans la défendre, était à ses yeux l'une de scs acquisitions les plus utiles; il en fit étendre et pcrfcclîonncr les forliücattoiis de manière à en lurmer un èiablissenicnl de la première impor-

tance. Nous verrons, après la paix, l'occupation prulongéede celle place devenir le sujet d'une vive contcslation entre l'Aulrichc et la France.

Le prince Mural, toujours ardent à poursuivre rennemi , avait , le l29 octobre, rencontré une arrière-garde autrichienne, qui ne lui échappa qu'en gagnant les hauteurs de Ricd. et à laquelle il llfcinq cents prisonniers; il ralleignil de nouveau le 50. devant la Traun. Une division russe, canlonnèc sur celte rivière, vint au secours des Autrichiens, mais l'attaque n'en eût pas moins de succès, cl la division du général Bissüii,ap|>arleiianlau corps du maréchal Davoust, étant venue seconder la cavalerie, les Russes cl les Autrichiens se retirèrent dans le plus grand désordre , laissant quelques centaines de prisonniers. Ce combat fut le premier où se montrèrent les Russes. (^luuiquc leur avant-garde fût arrivée dès le 15 octobre à Passau, ils avaient évité de 5c compromettre, et kulusof,qui commandait celte première année, s'élait décidé à faire un mouvement rétrograde, jusqu'à ce qu'il eût été I rejoittt par le second corps sous les ordres du général Ruxhurden.

l.e S novembre, le maréchal BernadoUc était à 8atzbourg, le maréchal Davoust A Lambach; le maréchal Souit arrivait à WcU; le maréchal Laiincs

GUEQRE.

à Liiilz; Marmonl tournait la position de la rivière de PEnns.

Dans plusieurs circonstances déjà les troupes bavaroises avaient répondu à l’attente de l’empereur. Un beau fait d’armes du général Deroi les plaça presque au niveau des troupes françaises. Ce général , détaché par Bernadotte pour observer la route d’iiispruck , avait rencontré à I.owcrs l’avant-garde d’une colonne de cinq régiments que l’archiduc Charles avait envoyés pour renforcer le corps autrichien en Bavière. Quoique cette troupe fût postée dans un déülé presque inaccessible, que flanquaient des deux côtés des montagnes à pic, il n’hésita pas à l’attaquer; il emporta les retranchements de l’ennemi et fit six cents prisonniers, mais il fut blessé d'un coup de pistolet en chargeant lui-méme à la tête d’un de scs bataillons.

Kutusof, tout en se retirant, parut vouloir défendre les hauteurs d'Amstetten. Murat avec sa cavalerie, et Oudinol avec ses grenadiers, le dépostèrent de tous les points et firent dix-huit cents prisonniers , parmi lesquels se trouvaient sept cents Russes.

Dans la persuasion que les Russes voudraient tenir à Saint-Pollen, afin de protéger Vienne, le maréchal Davoust fut dirigé sur Steyer pour tourner l’armée ennemie. L’événement trompa cette supposition. Kutusof, laissant Vienne à découvert, fit passer son armée , le 9 novembre , par le pont de Stein, sur la rive gauche du Danube.

Cependant le mouvement qu’avait fait le maréchal Davoust ne fut pas sans fruit. Entre Naydhofen ctMaricnzcll, il rencontra un corps autrichien, commandé par le général Meerfeld, qui marchait vers Neustadt pour couvrir de ce côté la capitale. Après un combat très-vif, dans lequel se distingua particulièrement le général llcudcict, il demeura entre les mains des Français quatre mille prisonniers, trois drapeaux cl seize pièces de canon. Le reste du corps autrichien fut dispersé, elle général Meerfeld réduit à se sauver avec les débris de sa cavalerie. Harmont était, le 8 novembre, entré à Léoben.

Dans la nuit du 7 au 8, le général autrichien comte de Giulay, envoyé par l’empereur d’Allemagne, était arrivé à Linlz auprès de l’empereur Napoléon pour proposer une suspension d'armes. Cette proposition fut et devait cire refusée ; mais l’empereur des F'rançais remit au général Giulay une lettre pour son souverain, par laquelle il se montrait prêt à négocier pour des arrangements définitifs.

D’après une proclamation publiée par le baron deSummerau > au nom de l'empereur François II, | Napoléon aurait répondu à ces ouvertures de paix <

par des demandes inacceptables , l’éloignement des Russes, la cessation de la levée hongroise et l’abandon provisoire aux troupes françaises du pays de Venise et du Tyrol. Le comte Giulay fut cependant encore chargé de plusieurs messages auprès de Napoléon, mais dans ce moment la négociation ne pouvait qu'être infructueuse. François II , par cette même proclamation , annonçait qu'il mettait toute sa confiance dans ses hauts alliés l’empereur de Russie et le roi de Prusse. Ce ne fut pas sans étonnement que la France vil le nom du roi de Prusse parmi les noms ennemis. L’assertion était vraie. Nous dirons plus tard comment et sous quelles réserves ce prince était entré dans la coalition. Le traité par lequel il y avait accédé , portail la date de Potsdam le 5 novembre.

Malgré les échecs déjà essuyés par les Autrichiens, la réunion des forces prussiennes aux armées russes devait encore inspirer quelque confiance au cabinet de Vienne , et ce cabinet ne pouvait consentir aux sacrifices demandés par Napoléon , avant d’avoir éprouvé si l’arrivée de l'empereur Alexandre à la tête d'une seconde armée, et l’accession d’un allié puissant, ne changeraient pas les destinées de la guerre.

Après avoir reçu à Lintz une députation du sénat et la visite de l'électeur de Bavière, l'empereur Napoléon avait, le 10 novembre, porté son quartier général à la célèbre abbaye de Moclk. Il était à Sainl-Poltcn le 13. Ce fut là qu'il reçut la nouvelle d’un glorieux eumbat, celui de Diernstein.

Le maréchal Mortier, pour lequel l'empereur avait formé un nouveau corps composé des deux divisions de Dupont et de Gazan, avait passé le Danube à Lintz , pour côtoyer la rive gauche de ce fleuve. Les deux divisions marcliuienl à un jour de distance l'une de l'autre. En tête était la division Gazan. Nous avons vu que, le 9 novembre, l'armée russe s'était, contre toute attente ,- portée sur la rive gauche du Danube par le pont de Stein. Le quarlier-mailre général de cette année, le général Smith , informé qu'un corps français suivait la route qui longe le fleuve sur la rive gauche , laissa ce corps s’avancer jusqu'à Diernstein dans l'espoir de l’envelopper et de lui faire mettre ba's les armes. La nature du terrain devait rendre infaillible le succès de ce plan. De Spitz à Diernstein, il n’existe qu’une roule de hallage très-étroite et peu praticable pour l'artillerie. A Diernstein ce chemin SC divise en deux branches, l'une, presque au bord du fleuve, conduisant au village de Loiben , l’autre, un peu plus éloignée, traversant une campagne couverte de vignes. Au-dessus de Loiben

’ Sous lu (l.ne de bninn, le 13 novembre.

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