‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 209 sur 298 · CHAPITRE LUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LUI

INTÉRIEUR

Loi non exécutée. — Retour au calendrier (;réguricn. — Meaiirc contre Pintroduction de denréea coloniale* anj^aiie*.

— Ville de NapoUVon. — Diitributiou de travaux pour le* port.* et le» r6te*. — Travaux du Louvre. — Tendance à la fixité. — T ravaux du port d'Anvers. *— Anecdote relative aux travaux d’Anver». — Note* dictée* par Napoléon sur l'agriculture. — Opinion de rcmpereiir sur l’inslruetion publi(|iie. — Anecdote cuucernant les jésuites. — Visite du prytanéc de Saint-Cyr. — In.slitiilions en faveur de* fille* dant les parents ont bien servi l'Etat. — Assimilation de» nonveaux déparlenient» aux départements anciens. •— L'archilrésorier Le Brun à Gènes. — L'empereur ne demande h Gène» que de» matelots. — Respect de Napoléon pour le soldat. — Préparatifs pour le cas de défaites. — Insurrection dans le diielié de Parme. — Répression de la contrebande h Gènes. — Justice de Napoléon envers le» fonctionnaires public». — Crise financière. — Cause des embarras de la banque de France.

— Plaintes de Napoléon sur la fausse voie où est eiitrce la banque. — Embarras du trésor public. — Système dangereux suivi par le ministère du trésor. — Facilités excessives accordée» aux faiseurs de service. — Mécontentement de Napoléon envers le ministre du trésor. — Convocation d’un conseil de finances. — Colère de l'empereur contre les faiseurs de service. — Rétablissimient du crédit de la banque. — Fausseté de diyprsc» imputations faite* h rempereur. — Attention A ménager les pays neutres. — Soulagement porté aux finances françaises par de» ressource» extérieures. — Budget de la France. — Produit de» imp<')ts et des enipriiuts en Angleterre. — Exposé de la situation de l'empire. — Indication du nouveau système fédératif de la France. — Protestation du désir de la paix générale.

. Dans une année aussi pleine de politique cl de guerre, il semble qu’il a dd rester peu d'instants à Napoléon pour les aiïaircs intérieures. Cependant ' une foule d'actes plus ou moins importants atteste qu'aucun des grands intérêts publics n'échappait à sa pensée. Là encore on le retrouve tout entier, avec sa promptitude de jugement, avec sa vue perçante pour saisir le bon cl le mauvais côte des , choses; avec sa tendance à tout envahir, à tout rapporter au maintien de son pouvoir, tendance inhérente peut-être à sa position , certainement à son caractère. Ce qui doit le faire connaître le mieux, c'est, à ce qu'il me semble, sa première inspiration, le premier jet de ses idées. Pour cette raison, je j citerai souvent des traits détachés de scs lettres ! sur diverses branches de gouvernement cl d'admi- ; iiislration, sur l'instruction publique, l'agriculture . et l'industrie, les travaux cl les monuments. Une branche particulière, que l'année 180!t a vue dans une grande souffrance, exigera seule des details un peu étendus , l'administration des finances ou du moins de la partie des finances dirigée par le mi-

nistère du trésor. Si , dans les diverses questions que traitera l'empereur, on n’est pas toujours satisfait de la manière dont il les aura envisagées et résolues , on sera toujours étonné de voir le meme homme attentif à tous les besoins de la société, les surveiller tous , provoquer sur tous l'attention de scs ministres, montrer enfin tant de sagacité et de véritables. connaissances sur des matières si différentes.

La session du corps législatif de 180IS ne fut pas occupée d'ol^cts fort graves. Parmi les lois adoptées il en était > une qui mettait aux frais de l'État l'éducation d'un enfant dans chaque famille où il y en aurait sept vivants. Cette loi avait la double sanction de l'humanité et de la politique, mais la proposition n'en avait pas été suflisamracnt réfléchie. Avant de la présenter, le gouvernement n’avait pas bien calculé la charge qu'il entendait prendre à son compte ; il fut effrayé ensuite de la dépense que l’exécution de la loi allait occasionner.

• 19 janvier.

INTÉRIEUn.

Au lieu (Je laisser, comme il le lU, celle lui sans application, il aurait dû en demander le rapport formel au corps législatif.

L'acte de législation le plus important de cette année est celui qui ordonna que le calendrier gré* gorien ^ fût rétabli au 1*' janvier 1800. Ou a voulu voir, dans ce retour â l’ancien usage, un procédé de déférence pour le clergé catholique et en même temps un coup porté à U dernière des institutions républicaines. Il est aisé de donner à celte mesure une explication plus raisonnable et probablement plus vraie. Le nouveau calendrier, eùt'il été exempt de reproche en théorie , cl il ne l’était pas , offrait des inconvénients qui ne permettaient pas d'y voir un bienfait. S'il est loisible à toute nation de chercher le mieux dans ce qui ne concerne qu'elle seule , c'est une folie pour chacune d'elles de poursuivre, seule et sans la certitude de l'assentiment universel, un perfectionnement idéal unr des objets d'un intérêt commun pour un gran<( nombre de peuples. Le prétendu mieux devient alors un mal réel. Telle est la faute que 1a convention nationale avait commise en introduisant un nouveau calendrier qu'il n'était pas en son pouvoir d'étendre à toute l’Europe. Pour en justifier la suppression , la science a pris soin de mettre au jour les imperfections qu’il renfermait. On eût pu se dispenser de ces doctes recherches. Le tort, l’inexcusable tort du calendrier nouveau était d'isoler la France, de jeter du trouble, de l’embarras dans ses communications avec les peuples des deux mondes, de condamner enfin la nation française à se servir de deux calendriers à la fois. Abstraction faite du mérite intrinsèque des deux méthodes , la meilleure dans la pratique était celle qui pouvait marcher seule ; la pire , celle qui, relativement bonne en elle-mëme, ne pouvait se passer du secours d’une autre.

Des dispositions relatives aux douanes furent aussi votées par le cqrps législatif, mais la plus grave des dispositions de ce genre fut celle que renferma un décret du 31 mars , prélude des grandes mesures que l'empereur prendra bicntùl contre le commerce anglais. Ce décret défendait d'admettre dans les ports de France « toutes denrées n coloniales qui ne seraient pas accompagnées de n certificats , délivrés par les consuls français au » port de rembarquement, portant qu'elles ne » provenaient ni des colonies de l'Angleterre ni de I* son commerce. »

Parmi les travaux que l'empereur prescrivit en 1805, la justice doit placer au premier rang l'ordre donné pour la construction d’une ville destinée

' 0 leptembro.

i devenir le chef- lieu du dcpartemenl de la Vendée. A la suite des discordes civiles, c’est une pensée tout à la fois morale et politique de la part du gouvernement, quel qu'il soit, qui est demeuré maître du terrain , de porter du secours à toutes les souffrances sans en examiner l'origine. Ici l'origine même du mal ne pouvait pas être un tort aux yeux de Napoléon. La Vendée avait souffert pour le système monarchique; c'était au système monarchique à l'en dédommager. Déjà les habitants avaient été reconquis au gouvernement par le rétablissement du culte catholique cl par des ménagements accordés à l'épuisement du pays. Là plus qu'aillenrs existaient deux classes très-distinctes. Malgré les bienfaits du monarque nouveau, un vieux levain continuera de fermenter dans l’àme de quelques chefs de parti. La masse de la population ne sera point ingrate.

L'empereur ne se bornait pas à déterminer dans son budget les sommes necessaires aux différents ouvrages dont il avait arrêté l’exécution. Il portait, dans la répartition de ces sommes, un esprit de justice combiné avec toutes les circonstances du temps. En examinant les dépenses relatives aux travaux des c6les et des ports pour 1805, il juge, en raison de la misère des eûtes , que la somme de treixe cent mille francs assignée pour cet usage était insuffisante. II a recours à son fonds de réserve et élève celte somme jusqu'à quatre millions trois cent mille francs, en ayant soin de recommander des égards particuliers pour les parties des cèles «dont les habitants, plus gênés parlcscroi- I» seurs anglais, souffrent le plus de la guerre, n

Pour la réparation des routes , il s’attache à régler avec précision le degré d'urgence; il le détermine lui-même pour prévenir ailleurs toute partialité.

Vouloir le bien, vouloir des entreprises utiles, n’csl pas un mérite dans un prince. Ce qui est rare, c'est l’aptitude a en suivre l’exécution. Celle aptitude, Napoléon la doit à rincqnvéniont ou à l'avantage de n'étre pas né sur le trône. S'agil-il de ce canal de l'Ourcq proposé depuis si longtemps cl dont, par diverses circonstances, l'exécution doit souffrir tant de lenteurs? « J'ai lu, écrit-il à son K ministre de l'intérieur, les mémoires de la corn- » mission des ponts et chaussées. Je ne me suis » pas trouvé sufTisammenl persuadé pour adopter B le principe de ne se servir de l'Ourcq que pour B alimenter les fontaines de Paris , et il ne m’a pas B paru démontré qu’il ne soit pas possible de s'en B servir comme canal de petite navigation. Nous » n'avoiis aucun principe démontré sur le rapport B qu'il y a entre la salubrité et la vitesse de l'eau. B I.CS ingénieurs ne sont point d'accord sur le jau-

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