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CHAPITRE LIV

* ' GUERRE ET POLITIQUE

Abamion du royaume de ftaples par le* Russes et les Anglais. — Départ du roi de Naples Jkour Palerne. — Tentative de résistance de la reine. — Entrée de* Français à Naples. — Division de l'armée Française en trois corps.

— Occupation des Calabres par le* Français. — Voyage du prince Joseph dan* le* Calabres. — Retour du prince Joseph & Naples. — Prise de Capri par les Anglais. — Descente des Anglais en Calabre. — Affaire de .Muida.

— brigandage dans le* Calabres. — Siège et prise de Gaëtc. — Invasiou dan* les Calabres par Masséna. — Réflexions sur le mode de l'élévation de Joseph au trône de Naples. — Question de la imdtiplication des trônes dans une famille. — Réformes opérée* dan* le royaume de Naples. — Distribution de principautés par Napoléon.

— Réserve* de grands fief* disponibles dans le royaume de Naples. — La Hollande demande le prince Louis pour roi. — Motifs de la Hollande et de Napoléon. — ifiit politique de la fondation de trônes nouveaux. — Audience donnée par Napoléon à l'ambassadeur turc.

L’expédition de Naples n’était pas une de ces entreprises dont le succès pût être douteux. Les Français eussent-ils dû y trouver encore l'armée anglo-russe, ce n'eùt été pour eux que l'occasion d’une victoire de plus; mais les alliés du roi Ferdinand, qui ne s'étaient fait nul scrupule de l'engager gratuitement dans les hasards d'une guerre incertaine, ne s’en Orent pas davantage de s’éloigner de lui, lorsqu'il ne leur restait plus que son royaume à defendre. La première puissance qui déserta militairement sa cause, fut celle qui, dans les discussions diplomatiques, avait, depuis quatre années, afTectc pour lui l’intcrét le plus vif et le plus soutenu. A peine la bataille d'Austerlitz avaitelle détruit les orgueilleuses espérances de l'empereur Alexandre, que, sans se mettre en peine du sort qui attendait son trop conGant allié, le monarque russe avait envoyé au général Lacy, commandant en chef de scs troupes dans les Etats napolitains, l’ordre formel de les faire cinbarquer surle-champ, et de les ramener provisoirement dans les lies Ioniennes. L’exemple fut promptement imité. Les Anglais ne crurent pas devoir se piquer d’un plus beau dévouement. Leur politique n'aspira qu’à sauver la Sicile, pour se faire de cette Ile un nouveau point d'appui dans la Méditerranée et un centre d'attaque perpétuelle contre les possesseurs du territoire continental de S. M. sici-

lienne. Du côté des Russes, et très-involontairement sans doute, l'insulte se joignit à la défection. Au moment de leur départ, le ministre de cette ! puissance, maladroit à déguiser le lâche égoïsme de sa cour, avait remis, au ministère napolitain,

' une note d'une cruelle ironie, par laquelle il té- I moignait que l'empereur son maître voulait rendre S. M. silicienne à sa neutralité.

Vainement, à la nouvelle de la défaite des alliés, la cour de Naples, aussi prompte à demander grâce qu’à manquer de foi, avait chargé le cardinal RuITo, son ambassadeur à Rome, de se rendre auprès de l’empereur Napoléon. La permission en avait été refusée à cet ambassadeur par le gouvernement français. Vainement le prince Saint -Théodore avait été envoyé auprès du prince Joseph , commandant en chef de l'armée française, pour le conjurer de suspendre la marche de l'armée. L’arrêt prononcé était irrévocable; toute résistance, impossible. La retraite des Russes et des Anglais avait entraîné la dissolution des troupes de nouvelle levée. Ferdinand, comme en 1797, s’était embarqué *

' pourPalcrme.

' Trahie par scs alliés, mal défendue par scs sujets, la reine Caroline seule ne s'abandonna pas ellemême. Convaincue, par sa propre haine contre les

' Le 3U janvier.

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