‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 219 sur 298 · CHAPITRE LVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVI

INTÉRIEUR

Insiriiclion publique. — Compiabililé des commiinca. — OuestioDs soumises à des conseils spt'-ciaux par rerapereur.

— Envoi de commissaires pour rechercher les abus. — Opinions de l’empereur sur l’autoriié des priFcis. — Égards pour les minislrcs de la religion. — Ëlablisscinent d’un caléchisnie uniforme pour tous les diocèses. — Fixation de la fête de Napoléon au 15 août. — Institutions utiles en Italie. — Justesse de goOt de Napoléon à l'éganl des édifices publics. — Distribution de secours par la distribution de travail. — Respect de Napoléon pour les monumentr religieux. — Chapelles expiatoires érigées h Saint-Denis. — Lettre de Napoléon relative aux cendres de Voltaire et de Rousseau. — Monuments en l'honneur de Desaix. — Abus incurable. — Concentration de toutes les facultés intellectuelles de l’empereur sur l'aCfaire du moment. — Mesures bien entendues du - ministère du trésor. — Création d'une caisse de service. — Effets utiles de la création de cette caisse. — Doublement du capital de la banque de France. — Régularité du service de In trésorerie. — Polémique de chiffres entre Napoléon et .ses ministres. — Répartition mensuelle de fonds entre les divers ministres. — Excès de précautions financières. — Violences seulement pan représailles. — Budget de 180C. — État des recettes. — État des dépenses.

— Finances de l’Angleterre. — DiSerenee de procédés en France et en Angleterre. — Accusation de lord .Melville par la chambre des communes. — Recouvrement de cent quarante-un millions par le trésor firançais. — Paris et Londres.

Pour n’avoir point à interrompre plus tard d'importants récits de négociations ou de guerre par de trop longues digressions sur les affaires intérieures, je crois devoir placer ici une esquisse des actes d’ordre domestique, dont les uns demandent à être considérés séparément , dont les autres ne seraient pas dignes de flgurcr au milieu des grands intérêts de l’époque , mais que l'histoire réclame cependant pour ‘compléter la peinture des temps et des hommes. ’ ,•

On disait de Louis XI que son cheval portait le monarque et tout son conseil. Ce mot, pour Napoléon, n’était vrai qu’à la guerre. Pour tout le reste, jamais ou presque jamais il ne prenait un parti sans une discussion préalable dans des conseils d’hommes compétents sur les questions qu'il s’agissait de régler. Nous l'avons vu, en 1805, poser les bases d’un système d'instruction publique. Le sujet est grave par lui-même et il l'est surtout pour un gouvernement nouveau. Aussi fut -il soumis aux méditations et aux débats d'un conseil particulier. Pour arriver à une solution finale, douze à quinze séances furent consacrées à examiner, devant l’empereur, les besoins généraux de la France et la situation de chacun des établissements déjà en activité, écoles primaires, collèges, lycées, pry-

tanée, écoles spéciales de tout genre, afin de pouvoir déterminer, avec connaissance de cause, ce qui réclamait quelque modification, ce qui devait être ajouté à l'état existant. Le résultat de ces discussions fut la loi du 10 mai, portant qu’il serait formé, sous le u nom d'Universilé impériale, » un corps chargé exclusivement de l’cnscignei> ment et de l’éducation publics dans tout l’cmi> pire. » L’organisation devait en être présentée au corps législatif en 1810. Si le mal pouvait sortir, comme le bien, du sein des conseils impériaux, il en sortait du moins, non comme l'effet d'un caprice instantané, mais comme le produit de calculs plus ou moins justes, appliqués en général aux intérêts du pays, trop souvent peut-être aux intérêts du chef du gouvernement. C’est à la dernière de ces catégories qu’appartient la détermination qui créa runiversité impériale. On oublia trop les égards dus à l’indépendance des pères de famille, pour ne songer qu’à la consolidation do pouvoir dans les mains de la nouvelle dynastie.

L’une des erreurs de l'accusation systématique dirigée contre Napoléon est de regarder tout ce qui a été fait sous son règne, comme la suite d'un système tendant à concentrer en lui seul tout pouvoir, et jusqu’à l’autorité municipale du dernier

Page 1