‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 220 sur 298 · CHAPITRE CVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CVI

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village. En bcauooop de matières , le gouvernement a été conduit i cette concentration par des circonstances qa'il n'avait pas fait naître. Les événements antérieurs y ont eu leur part d'inOuence. Des plaintes, par exemple, se faisit'cnt entendre de tous côtés sur le désordre qui régnait dans la comptabilité des communes. L'empereur voulut, suivant son usage, que cette question fût discutée * devant lui. On lui fit, dans plusieurs conseils, des rapports sur cette comptabilité; on releva les abus qui s'y faisaient le plus généralement remarquer, et on débattit les mesures à prendre pour améliorer cette |>artie de l'administration. Les règles qui furent élabliesen conséquence de cesdélibérations étaient lellcroenl restrictives qu'elles portaient atteinte aux droits des communes; mais la gravité du mal |)Ut déguiser le danger du remède, et d'ailleurs il ne faut pas croire que, sous le règne d'un homme dont rail s'étendait partout et à qui rien ne pouvait longtemps échapper, les mesures adoptées eussent alors tout rinconvénient qu'elles ont eu depuis.

Ce n'est pas seulement i son conseil d'Etat on à (les conseils formés d'hommes choisis autour de lui, que l'empereur demande, sur les difficultés de diverse nature qu'il rencontre, des renseignements et des avis. H s’adresse, selon la nature de ces difticuités, à toutes les sciences, à luutea les professions. Tantôt, occupé des travaux du Panthéon, il invite ^ la première classe de l'Institut à lui faire connaître « quels avantages ou quels inconvénients «• il y aurait à faire en fonte les piliers do ccl édi- •• ûce; quel est le rapport de la ténacité de la fonte » k l'espèce de pierre qui a servi à la construction » du Panthéon; ce que coûterait la construction i> soit en fonte, soit en pierre de Tonnerre; si l'é- > légance du bâtiment perdrait au renforcement » des piliers; si le renforcement serait inutile en » construisant les piliers en fonte. » Tantôt, désirant améliorer la législation sur les banqueroutes, il pose de même dix questions sur lesquelles il itharge le ministre de l'intérieur de consulter^ les chambres de commerce. Entend -il des plaintes sur les vices des règlements qui concernent la manufacture de Sèvres? Il ordonne au même ministre de réunir cinq à six des principaux raanufacluriers de Paris et de rédiger avec eux un travail qui lui sera ensuite soumis. S'il n’arrive pas toujours au bien, toujours du moins il en a la volonté, i moins qu'un de ces grands inlcrèls, dans lesquels il croit voir sa conservation et son salut, ne vienne

* Lettre dn 90 février, an ndoutre de rialérieiir.

* Lettre du tÛ février lÛOd.

* Lettre du 34 juia 1800.

égarer sa raison , naturellement droite, et fausser son jugement.’

Jamais chef de gouvernement ne porta ses regards plus loin et sur plus de détails que Napoléon. Malgré la rigoureuse surveillance que chaque ministre exerçait sur ses subordonnés dans les départements , l'empereur, de temps â autre, y ajoutait encore par des missions extraordinaires d'auditeurs, de maîtres des requêtes et même de conseillers d'Élat, chargés de recueillir des informations sur des objets déterminés. Dans les instructions données â ces agents, on remarque toujours le désir qu'a l'empereur d'empêcher les abus de pouvoir, soit de la part des autorités ellesmêmes, soit de la part des entrepreneurs agissant pour le compte du gouvcrnemctil. Dans une circonstance où il avait été fait des achats, et, pour quelques divisions militaires, des réquisitions de grains, fourrages et transporta, les instructions dictées par l'empereur prescrivaient * de recevoir toutes les plaintes, d'entrer dans tous les détails propres i faite reconnaître k la fois si nulle injustice q'avtil été' commise envers les citoyens, nulle fraude au préjiflirc du gouvernemeut.

Au mois de juin 1806, l'empereur crut devoir porter k six cent mille quintaux l'approvisionnement de Paris. Il ordonnait en outre à rhôte) des Invalides, à tous les hospices, de s'approvisionner pour un an. « Cette précaution parait nécessaire, » disait-il, parce qu’il est probable qu'après plu- » sieurs années d'une bonne récolte, on en aura, « l'année prochaine, une médiocre, qui sera vrai- » semblablement suivie d'une mauvaise. » Dans ces mesures d'une sage prévoyance, attentif à l'intérét des classes inférieures presque toujours froissées par les hommes qui agissent pour le compte du gouvernement, il ajoutait : » Si le minisire » confie les achats à Vanlerbcrgh^, il toiivient de n prendre tous les moyens pour èàâe sûr que les » cultivateurs seront payés. •» Ces MtnvlMcnvcillanls, dont ne se doutent pas ceux sur ^^uels ils portent, ne sont pas ce qu'il y a de nlR)ins louable dans le chef d'un grand empire. ^

Comme l'cinporcur était très-jaloux do préserver les citoyens des écarts de ses agents, H mettait aussi un grand intérêt à défendre l'autorité subalterne contre l'oppression de l'autorité supérieure. Une lettre du SG avrif 1806 fait parfaitement connaître ses doctrines sur ce point. Un nouveau maire ayant été nommé à Dijon, le préfet de la Côte-d'Or, au lieu de l'installer lui-méinc, avait

4 dn 34 mai.

* L'un des principaux fburniaieiira du goavrmcmeni.

Diyl'i--.

[ISM]

INTÉHIKUR.

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