‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 233 sur 298 · CHAPITRE I.X · texte numérisé non relu

CHAPITRE I.X

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autrichien lui-même ne dissimule ni son étonnement de la rapide conclusion de ce traité, ni la puissance qu'elle exerce sur lui. On s'attendait bien à ce résultat, disait le comte deStadion, mais on aurait suppose que la Russie y aurait mis au moins huit jours de plus. Le 6 août, parut la déclaration de l'empereur François. «Convaincu, n disait ce prince, de l'impossibilité de remplir r> plus longtemps les obligations que nos fonctions » impériales nous imposent, nous devons à nos » principes de renoncer à une couronne qui n'a- » vait de prix à nos yeux qu’autant que nous étions n à même de répondre à la confiance des électeurs,

» princes et autres États de l'empire, et de satisn faire aux devoirs dont nous étions chargé. Nous » déclarons donc que nous regardons comme disn sous les liens qui nous ont unis au corps de l'em- I* pire germanique....» Quoique forcée, cette détermination de la cour de Vienne était habile. Une vainc obstination n'eùt fait que montrer le mécontentement dans son impuissance. La promptitude du sacriDce épargnait une lutte sans fruit et sauvait la dignité.

Dans tout autre Age que le nôtre, l'anéantissement de la constitution germanique et l’abdication du chef de l’cmpiro auraient été les prodiges du siècle. En 1806, on n’y aperçut qu'un acte simple et naturel. Dans des notes de Napoléon, du SI avril, sur un projet qui l’avait occupé un moment, on lit ces paroles remarquables sur des chances possibles : « Supposez qu'on détruise la constitution » germanique. ;• Et la supposition du mois d’avril était en juillet une réalité.

L’effet que produisit à Berlin la nouvelle du traité de la confédération ne fut pas le même qu’à Vienne. Nous nous occuperons plus tard des discussions auxquelles cet événement donna lieu entre cette cour et la France. Pour le moment, nous nous bornerons à indiquer un seul fait, triste précurseur du reste. Le 0 août, l'ordre fut donné pour la mobilisation de l’armée prussienne.

Par la déclaration adressée, le l^'aoùt, à la diète de Ratisbonne, le ministre de France avait dit : •c Sa Majesté a déclaré qu’elle ne porterait jamais

’ Traité avec le* princes de Nasuu, en date du 19 mars 1800.

’ Décret du 90 juillet.

* Parmi Ira causes de l'irritation du roi de Prusse contre la Franco en 1800, M. Schœll place l'incorporation de Wescl à la France, qui n’eut lieu qu’en 1808. La distraction est forte, et c’est bien de l'incorporation officielle qu’il a voulu parler, car A ce sujet il fait mention du sénat qui, dit-il, sanctionnait toutes les usurpations de Bonaparte.

♦ C'était très-sincèrement qu’ators l'empereur voulait

n les limites de la France au delà du Rhin. Elle a » été Gdclc à cette promesse. » Cette Gdélilé dont l’empereur Napoléon se vantait a été contestée même pour l'époque dont il s'agit. Les reproches du ses ennemis sont fondés, si c'était porter les limites de la France au delà du Rhin que d’appuyer, à la droite de ce Qcuve, sur les communes de Cassel ' et Costeim, les fortifications de Mayence; que de placer, sous le rapport militaire, dans la 28* division de la France, la garnison de la place de Wesel *, quoique cette place même continuât ^ à faire partie du grand -ducJié de Berg. Lorsque, par le traité de la confédération, une partie notable des États germaniques entrait dans le système fédératif de la France, un conçoit sans peine que Napoléon, s’abstenant de s'approprier, comme il aurait pu le faire, aucune portion de territoire sur la rive droite * du Rhin , ne crût pas avoir dépassé les limites de ce fleuve, en assurant, par les dispositions que nous venons de faire connaître, ses communications a vec les princes confédérés.

La négociation pour la confédération du Rhin avait marché parallèlement aux négociations pour la paix avec rAiigletcrre et avec la Russie. Ce projet, si important pour la puissance continentale de Napoléon , n’avait cependant été pour lui qu’un objet secondaire, un moyen comminatoire, une réserve. Son vrai but, son but dominant, était la paix avec l’Angleterre. C’était pour forcer l’Angleterre à la paix qu’il la menaçait de se rendre, sur son refus, maître absolu du continent. Le plénipotentiaire britannique avait été suflisammenl prévenu. Aux questions qu’il avaitlui-mémeadrcssées à M. de Talleyrand sur les changements qui sc préparaient pour l’Allemagne, le ministre français lui avait répondu que tout était prêt , mais qu’une prompte conclusion entre l'Angleterre et la France pouvait tout annuler. Le cabinet de Ix>ndres s’était montré indifférent à ces déclarations. Il avait paru ou ne pas y croire, ou n’en pas redouter l’effet. Le gouvernement français a-t-il eu tort de profiter de ses avantages?

Si l’on en croit le comte d’Yarmonlh H. de Talleyrand avait dit au plénipotentiaire russe ,

s’arrêter à la frontière du Rhin. Un de ses ministres lui ayant biit observer que les trois départements qui formaient le duché de Berg n’étaient pas aussi bien administrés que les départements français, l’cmpcrcur, qui crut voir dans cette remarque le conseil de leur réunion i l’empire, lui répondit : « Si nous nous étendons au > delà du Rhin, il n’y a plus de France. • Les événements le conduiront è oublier ce principe, parce qu'en lui contestant sans cesse son état actuel, on le jettera dans la carrière d’un agrandissement indéiini.

* Dépêche du 0 juillet.

POLITIOUK EXTEaiKURE.

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