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comme à lui, qu’une paix iiiunêdiate inainlicndrait i'élat présent de l’Allemagne. On s’est étonné, d’après cette assertion, que M. d'Oubril ail, le 30 juillet, signé la paix avec la France sans exiger le maintien de l'Allemagne dans son état présent, cl même après avoir eu connaissance du changement opéré. Celte surprise aiïcctéc montre seulement que l'on prend plaisir à méconnaître le véritable sens des paroles du ministre français. C'était à la paix générale ou au moins à la paix avec l'Aiiglelerre, seul gage solide de la paix générale , que la France entendait faire un grand sacriflee, et nullement àune paix particulière avec la Russie, qui pouvait laisser l’Europe dans une situation toujours précaire, tant que la Grande-Bretagne n'aurait pas posé les armes. Le plénipotentiaire russe n’avait pas pu SC méprendre sur la nature de ces dispositions de la France , et c'est parce qu’il l’avait bien comprise , qu'il s’abstint d'élever une chicane qui aurait empêché une réconciliation, sincèrement désirée par sa cour, au moment où il avait été envoyé à Paris.
Nous avons vu précédemment comment avait été amenée la mission de M. d’Oubril. Dans les pourparlers qui avaient eu lieu entre la France et l’Autriche d’une part, entre l’Autriche et la Russie de l’autre, par suite de l’entrée des Russes aux bouches du Cattaro, le gouvernement français n’avait pas balancé à laisser connaître son penchant à se rapprocher du cabinet de Pétersbourg. Un agent commercial resté en Russie, M. Lesseps, avait aussi été l'intermédiaire de témoignages qui, quoique inoilicicls, n’en garantissaient pas moins les mêmes sentiments. Peut-être le cabinet russe, que sollicitait alors la cour de Berlin autant pour la guerre que pour la paix, eût-il hésité davantage s’il n’eût tout à coup reçu l’avis de la négociation directe qui venait de s’ouvrir entre Paris et Londres. Sous le ministère de M. Fox , la conclusion de la paix entre les deux pays ne paraissait pas impossible. Ce fut la crainte de n’y figurer qu’à la suite du gouvernement anglais qui décida le cabinet de Pétersbourg à la négociation d'une paix particulière. L'envoyé russe n’était arrivé à Paris qu'au commencement de juillet, mais alors, comme nous l’avons vu, tous les jours, tous les moments avaient été mis à profit. La négociation, entamée le 10 juillet, entre ce plénipotentiaire et le général Clarke, s’était terminée, le 30, par la signature d’un traité définitif. La diplomatie alors n’était pas moins expéditive que la guerre. On rédigeait les traités avec la même promptitude que l'on gagnait les batailles; mais comme les batailles, les traités n’étaient pas sans appel. Cependant celui qui fut conclu avec la Russie était- il tel que l’empereur Âlexan-
' dre dût désavouer son plénipotentiaire? On en jugera par les stipulations dont ce traité se composait.
Les troupes russes devaient remettre aux Français les bouches du Cattaro ;
! Les Français rendaient Raguse à son indépendance;
i Les deux parties contractantes reconnaissaient l'indépendance de la république des Sept ilcs, où la Russie promettait de ne pas laisser plus de quatre mille hommes;
Elles reconnaissaient l’indépendance de la Porte Ottomane et s'engageaient à maintenir l'intégrité de son territoire;
Les troupes françaises devaient évacuer l'Allemagne; l'empereur Napoléon déclarait que dans trois mois au plus tard, à dater de la signature du présent traité, toutes scs troupes seraient rentrées sur le territoire français;
On s'engageait des deux côtés à intervenir par de bons oflices pour faire cesser l'étal de guerre entre la Prusse et la Suède ;
Enfin l'empereur des Français acceptait avec plaisir les bons ofTiccs de la Russie pour le retour de la paix maritime.
Tels sont les articles qui ont été publiés en France et en Angleterre; mais il existait en outre trois articles secrets dont le premier surtout était d'une grande importance, attendu qu'il levait, en ce qui concernait la Russie, la difliculté relative à la Sicile, qui était encore un sujet de débat entre la France et l'Angleterre. Cet article portait que, U si par suite des circonstances le roi Ferdinand IV n ne devait plus continuer de posséder la Sicile, » S. M. l’empereur des Français et S. M. l’empc- » reur de toutes les Russies se réuniraient et con- 0 certeraient toutes les mesures pour déterminer » la cour de Madrid à céder les lies Baléares au » prince royal, fils du roi Ferdinand IV, pour en t X jouir, ainsi que scs héritiers et successeurs, avec » le titre de roi. » Les autres paragraphes du même article stipulaient la clôture desdilcs lies , pendant la présente guerre , aux puissances ennemies de l’Espagne et de la France, et le rétablissement des relations commerciales entre le royaume de Naples et la Russie.
L’article 3 excluait des fies Baléares le roi Ferdinand IV et la reine sa femme. On se réservait de prendre des arrangements afin de pourvoir a leur subsistance cl à leur entretien.
Les deux puissances se proniellaicnt, par l’article 3, de concourir à ramener la paix entre le roi de Prusse et Gustave IV, sans enlever à celui-ci la Poméranie suédoise.
C'était pour l'empereur Napoléon uu avantage