CHAPITRE LX
toit (Pan« aatorilé iarérieDre, livre «di Hastet trois places qui devaient être remises luxFrançais? Lorsqu'enflii le traité du juillet avec la Russie doit, en échange de Pévacualion du (.atlaro par les Russes , produire révacualion de rAllemagnc par les troupes françaises; est-ce le crime de Napoléon, si rempcrciir Alexandre déchire le traité qui stipulait celte double évacuation, et vient, par dea demandes, propres seulement à rappeler les pré> tentions des alliés en 180ü, avertir la France de s'apprêter à de nouveaux combats, cl lui imposer l'obligation de bien garder les positions dont elle est encore maîtresse? I/avis ne pouvait pas manquer d'élre entendu en France, lorsqu'il retentissait simultanément de Berlin et de Pclersbourg. L'Allemagne ne sera donc pas évacuée encore, et c'est la Russie qui ne Ta pas voulu.
Celte prolongation de séjour en Allemagne n'était cependant pas sans inconvénients pour la France ellc-roéme, ne fùl-ce que par les abuS du pouvoir auxquels la force militaire s'accoutume si aisément sur un sol étranger. D'après la composition mixte du ministère britannique, si M. Fox désirait la paix, lord Grcnvillc et H. Windham persistant dans leurs sentiments hostiles contre Napoléon, les intrigues anglaisc-S sur le continent étaient loin d'avoir perdu leur activité. Tous les aventuriers, tous les écrivains à gages, tous les hommes disposés à sc veniire étaient achetés par l’or anglais. Les presses de Leipzig et do Nurcmlierg multipliaient chaque jour les libelles les plus injurieux pour la France, pour le chef de son gouvernement, cl tendant i exaspérer les esprits de la population allemande contre les troupes françaises. Ces libelles, dont l'Angiclerro faisait les frais, étaient répandus I gratuitement avec la plus grande profusion; cl dans quelle circonstance? L'clat de paix n'existait que d'une manière incomplète; l'armée française, retenue en Allemagne par la violation du traite de Presbourg, occupait militairement une place forte de l'Autriche, et restait cantonnée sur la frontière de ta monarchie. C'était dans quelquesuns des pays couverts de nos troupes qu’une audace imprudente publiait et colportait des écrits diffamatoires, des exhortations au soulèvement contre l'homme qui voyait à ses pieds les chefs de ces divers Étals. Étail-cc un délit <lont le chAlimcnt dût appartenir à raulorité civile du terriluire ou M avait lieu? Était-ce un crime envers l'armée française, el la situation de celle armée l'autorisait -elle i se faire justice elle -même? Oltc dernière opinion prévalut.
’ Miuislre olort clnnt iioe cour d'Allemagne, je recevaii suiivrtit par In posie des exemplaim de ce* tibel-
Un ordre du major général, le maréchal Berthier, en date du !S août, prescrivit la rormatioii d'une commission militaire extraordinaire qui devait se réunir à Braunau. Celte commission fut composée de sept colonels el d'un adjudant -commandant, nommés par les maréchaux Bernadotle, Masséna, Soult, Mortier el Davoust. Six prévenus lui étaient dénoncés. Deux seulement furent rais en cause devant elle, Joseph Schoderer, de Donawert, et Jean-Philippe Palm, associé d'une maison de librairie * à Nuremberg. Le jugement qui fui rendu le août était ainsi conçu : « Considérant " que, partout où il y a une armée , le premier et » le plus pressant devoir du chef est de veiller à sa » sûreté et à sa conservation; que la circulalion » d'écrits provoquant à la révolte et à l’assassinat • menace non-seulement la sûreté de l'armée, mais » encore celle des nations; que rien n'est plus ur- » gent que d'arrêter les progrès d’une doctrine al- » teiilatüire au droit des gens, an respect dû aux » télés couronnées, injurieuse aux peuples soumis y à leur gouvernement, et en un mol subversive de >• tout ordre et de toute subordination ;
» La commission a unanimement déclaré el dén clare que tous auteurs, imprimeurs, colporteurs « et dislribulcurs de libelles portant les caractères I* ci-dessus énoncés doivent cire considérés comme » atteints du crime de haute trahison.... »
L'application de ces principes étant faite aux deux accusés présents, Schoderer cl Palm furent condamnés à mort. Palm seul subit sa sentence, l/cs quatre autres accusés étant reconnus coupables plutût d'outrages diriges contre l'empereur Napoléon que d'excitations à la révolte, furent renvoyés i leurs princes respectifs pour être punis correctionnellement. Il y a ici deux que-stions, le délit et la peine. Le délit était réel. ch&timent était-il régulier et légitime? N’atlaqnait-il pas le droit de souveraineté des princes dont les prévenus étaient les sujets, ces princes, quoique leur pays fût occupé par les troupes françaises, étant en paix avec la France? Quand même la grande maxime de la sûreté d'une armée fournirait, pour défendre celte mesure, des arguments spécieux et solides même, ce trait de rigueur est de ceux qu'on est affligé de rencontrer dans Phisloire. Cependant la politique, qui chcrchcA tout juslilier, dira peutêtre : Qui sait si ce n'est pas la sévérité dont Palm a été 1a victime, qui, durant la crise d'Eylau et des mois suivants, a garanti aux Français la tranquillité des populations allemandes? Quoi qu'il en soit , le jugement cl l'exécution du libraire Palm
le*. Oo peut voir auMÎ et qu'en dit M. de Eourrienne.
* Soui la rsifoo de roronicree de Siein.
Digïlizecftîy-CiOi— ^
POLITIQUE EXTÉRIEURE
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produisirent alors une grande sensation. L'Angleterre, la Rassie et la Prusse s'en saisirent pour en faire un texte de nourelles accusations contre l’empereur des Français, et des souscriptions s'ouvrirent en faveur de la famille de cet infortuné, pro-
clamé dans ces pays le martyr de l'indépendance germanique. L'importance que la politique se hita d’allaclier à ce procès annonce assez que c'est une guerre i mort qui va de nouveau s'engager entre Napoléon et scs ennemis.
CIIAl'ITRK LXI,
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