CHAPITRE V
GUERRE EN ITALIE
Violation dti priarip« de la reaponaabililé rainUtériene. — Départ du premier ronaul poor Parmce. — HéFenae de G^nea par Maaaéaa. Marche dea Aiitricbieoa contre le midi de la France. — Erreur de rAulricbc h l'^ard de l'armée de réterve. — Visite du premier consul h M. Necker. — Départ pour ritaüe d'un corps déuirbé de l'anuée d'Allems|;ne. — Pass.i({e du Sitnplon. — Obsiscle imprévu du fort de Bord. » Prise d'ivrée. — Entrée du premier consul à Milan. — Dispositions du premier consul contrariées par la prise de Gènes. — Affaire hrillanir du (;énéral Lannes k Monichelio. ^Arrivée du f^énéral Desaiv auprès du premier consul. — Distribution des troupes françaises. — Bataille de Harengo. — Convention d'Alexandrie. •— Agiialiona k Paris. — Impression produite par la mort de Desaix. — Réorganisation de gouvernements républicains k Milan, k Turin et k Gènes. — Nomination de ministres français auprès de ces gouvernements. — Dispositions des démocrates italiens envers le premier consal. — Départ du premier consul pour Paris.
Le principe de la responsabilité des ministres, établi par la constilalion, interdit au premier con* sul le commaiidemcnt des armées. Celte interdiclion est d'ailleurs implicitement prononcée par l'article 47, qui porte que le gouvernement « distribue R les forces de (erre et de mer, cl en règle la direc>
H lion. R Mais que peovenl les principes généraux et les articles des constitutions contre de certains caractères et, l'on peut dire aussi, contre les nécessités de cerlaines époques? Poursaover la forme, tout en violant le fond, le ministre de la guerre, Bertbier, est nommé général en chef de l'armée de réserve; mais il est évident que c'est le premier consul qui doit commander en effet. Qui songerait i l'en empêcher ? Quel pouvoir élèvera la voix ? La circonstance appelle le re/o du tribunal. C'est dans les attributions du tribunal qu'est placé le devoir de dénoncer au sénat conservateur des actes inconstitutionnels. Le premier consul communique aux grands corps de l'Élat les démarches qu'il a inutilement faites pour obtenir la paix, et annonce | son départ pour l'armée. En réponse à ses communications, et comme pour l'absoudre d'avance, le tribunal émet le veeu : qv» le premier consul revienne tainqueur et paeiflealeur. Ainsi , suivant scs propres expressions, « c'est l'autorité qui vient R à lui, n et l'autorité absolue. Il la reçoit, il n'a pas roéiue besoin de la prendre. Cette autorité n'a encore que quelques moisde durée, et il agit comme 1 aiGvov.
si ellcétaitaffermie par une longue possession. Des ennemis, encore asscx nombreux, ou envient son élévation, ou voient dans sa nouvelle forme de gouvernement une roj^aulé nouvelle, qu'ils ne délestent pas moins que l'ancienne royauté. Tout revers des armées peut devenir funeste pour lui, s'il est absent de la capitale. Il le sait , ii connaît les dangers que sa puissance peulcourir; mais sa puissance, il ne la sépare pas de celle de la nation, et c'est aux destinées de nation même qu’il attache les siennes. Un ambitieux vulgaire se tiendrait dans 1a capitale comme dans une forteresse d'où il dirigerait au loin les armées. Pour lui, il laisse sans crainieaux parlisà sc disputer, s'ilsl’osent, le siège du gouvernement, et il ne songe qu’à gagner en Italie les victoires du peuple français.
Tous les préparatifs sont achevés. Dans la nuit du «S an 6 mai le premier consul a quitté Paris. Déjà, le avril, trois corps de l'aniiéc du général Moreau ont passé le Rhin. Les combats vont commencer en Allemagne, et vers la fin de mai en Piémont ; mais il est un coin de l'Italie où la guerre n’a pas été ai longtemps suspendue. Nous devons porter un moment nos regards sur ce point, non pour suivre, dans ses détails, la lutte de Masséna contre des forces bien supérieures aux siennes, mais pour payer du moins un tribut d’admiration à cet habile capitaine et à ses vaillants compagnons.
Masséna, que le premier consul avait rappelé de