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CHAPITRE LXII

POLITIQUE EXTÉRIEURE

Causes principales de la guerre «le Prusse. — Explication «Je la conduite de Napoléon sur le fait du Hanovre. Ex-

plication sur le fait de la conféilératioii du Rhin. — Communirations données à la Prusse sur la confédération du Rhin. — Accueil favorable fait à Berlin aux propositions de la France. — Démarches de la Prusse pour imc confédération du Nord. — Réponse des puissances inviiéc.s à entrer dans celte confédération. — Rapports mensongers, cause de mésintelligence entre Paris et Berlin. — Excitations à la guerre adressées A la Prusse. — Ordre du roi de mettre l’armée sur le pied de guerre. — Correspondance de I.ucchcsini connue du gouvernement français. — Disposition de la Prusse A se rapprocher de la Suède. — Changement de Napoléon relativement A la confédération du Nord. — Identité de vues de l'Angleterre et de la France à l'égard des villes anséatiques. — Retour du roi de Prusse sur la précipitation de ses mesures. — Obstacles que rencontre la confédération du Nord. — DifSciiltés de la part de la liesse. — Difficultés de la pari de la Saxe. — Remplacement de Lucchesini par le général Knobelsdorf. — Cour de Dcriiu jusqu'en 1S04. — Jalousie excitée A Berlin par la gloire des armées françaises. — Congrès féminin A Pyrmont en fSOo. — La reine de Prusse. — Le prince Louis Ferdinand de Prusse. — Le duc de Brunswick. — Présomption du parti de la guerre.

Âu moment où sc rompait la négociation de paix avec TAnglclerre, la guerre était à la veille de commencer entre la France et la Prusse. C’était cette circonstance même des dispositions hostiles de la cour de Berlin , qui, jointe au refus fait par l’empereur Alexandre de ratifier le traité signé par M. d’Oubril,en offrant au gouvernement anglais une nouvelle coalition prête à éclater contre la France, l’avait porté à ne faire, dans les derniers temps, de la négociation entamée de bonne foi par M. Fox, qu’un simulacre et qu’un jeu, sans vouloir à aucun prix la conduire à un heureux résultat. Quand une négociation, suivie pendant plusieurs mois, ne termine pas une guerre, presque toujours les semences de plusieurs guerres sortent de cette négociation même et vont armer l’un contre l’autre des États qui étaient en paix. Tel a été le caractère de la dernière négociation entre l’Angleterre et la France.

Pour effrayer le ministère britannique et le déterminer à un arrangement définitif, l’empereur Napoléon l’avait menacéde ne mettre aucune borne à son pouvoir sur le continent, et d’y changer la face d’un grand nombre d’Etats. La menace n’avait point été entendue. Napoléon avait formé la con-

fédération du Rhin , qui deviendra une cause de mésintelligence avec la Prusse.

Dans les communications confidentielles transmises par H. de Tallcyrand à H. Fox , et ensuite dans la négociation officielle, il avait été convenu, do c6té de la France, « que la restitution du Ha- X novre à S. M. britannique ne ferait point diffin culté. X Le gouvernement français n’avait pas ou la simplicité de croire à la discrétion du cabinet de Londres pour un temps plus long que l’intérêt de ce cabinet lui en ferait un devoir. Ce consentement de la France fut naturellement révélé k la Prusse le jour où le ministère anglais, déviant du but poursuivi parBI. Fox, avait vu luire l’espérance d’une guerre nouvelle; nouveau grief contre la France, et le premier de tous pour le gouvernement prussien.

Deux faits principaux ont donc réveillé à Berlin l’irritation comprimée, mais non étouffée par les traités de Vienne et de Paris. La position des deux cabinets était telle qu’il ne pouvait pas y avoir une entière franchise entre eux, et cependant il était possible qu’il n’y eût pas d’intention malveillante de la part de Napoléon ni de la part du roi. Cette assertion, surtout en ce qui concerne l'empereur des

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