‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 243 sur 298 · CHAPITRE LXn · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXn

[ISOCj

n gne sont écartées. » Dans une autre lettre >, le ministère disait encore : « Si l'empereur a désiré » la paix avec la Russie, c'est surtout pour que la » Prusse soit tranquille de ce côté. » Assurément la duplicité n'est que d'un usage trop familier dans les relations des gouvernements entre eux, mais il arrive aussi quelquefois qu'apres avoir fait, dans un sens déterminé, des déclarations très-sincères, on se trouve conduit, par la marche des événements, à des actes d'une nature entièrement opposée.

Les ouvertures du gouvernement français pour la formation d'une confédération du Nord avaient été prises en sérieuse considération par le cabinet prussien. Des courriers avaient été expédiés sur-lechamp pour tous les États que la Prusse espérait comprendre dans son protectorat, la Saxe, la Hesse, les villes anséatiques et le Danemark pour le Holstein. La Suède plus tard eût été de même appelée à y prendre part à cause de la Poméranie. L'idée de faire entrer la dignité impériale dans la maison de Brandebourg souriait beaucoup au ministère; on songeait, dans cette hypothèse, à tirer parti, pour y décider le roi, de la vanité de la reine. Cependant la question paraissait délicate et on restait sur ce point dans l'incertitude. Provisoirement le comte d'Haugwiz et le roi paraissaient éprouver une satisfaction véritable des propositions de l'empereur. A la vérité, on avait vu avec peine que les possessions du prince d'Orange, beau-frère de S. M. prussienne, fussent médiatisées, et qu’ainsi ce prince se trouvât déshérité de la souveraineté de scs aïeux sur une partie de ses possessions. Mais, comme le prince d'Orange devait se trouver dans la démarcation du Nord, il serait au pouvoir de S. M. prussienne de lui rendre la supériorité territoriale sur ses domaines. « Le roi, disait le n ministre prussien, sent qu'il est difficile d'arri- » ver à de grands résultats sans quelques froisse- » monts..... Il donne une adhésion sans réserve à » la confédération du Rhin; il accepte la promesse » que lui fait l'empereur d'acquiescer également » aux dispositions de meme genre que Sa Majesté » pourrait prendre dans le Nord. » Tels étaient les sentiments du roi dans les premiers jours du mois d'aoùt.

Le ministère prussien était occupé à dresser son plan de confédération. Déjà il avait reçu des réponses de Dresde et de Cassel. La Saxe montrait des sentiments favorables, quoique avant tout elle désirât connaître les clauses du contrat qu'il s'agissait de former. L'électeur de Hesse protestait de son dévouement connu à la Prusse, mais cette fois ce n'était pas sans quelques exigences, et il témoi-

Lp ÔO juillet.

gnait ouvertement le désir d’obtenir des avantages territoriaux. La cour de Danemark, à qui on s'était adressé pour le Holstein, n'avait point encore répondu. Cette cour paraissait craindre que les villes anséatiques ne finissent par se trouver dans l'entière dépendance de la Prusse. On prévoyait donc des obstacles, mais on ne désespérait pas de les surmonter. Le 8 août, le meilleur accord continuait à exister entre le ministère prussien et la France. En deux jours, tout va prendre un autre aspect. Quoiqu'un fait grave, comme la révélation de la concession faite à rAngleterre par la France à l'égard du Hanovre, doive concourir à ce brusque changement, le mensonge y aura plus de part encore que la vérité. Le fait relatif au Hanovre était, assurément, de nature à causerun vif mécontentement à Berlin; mais, dégagé de toute autre circonstance, il eût pu devenir un sujet d'explication entre les deux gouvernements, et d'ailleurs il SC serait évanoui bientôt, puisque l'Angleterre ne devait pas se prêter à faire la paix. Ce sont des rumeurs fausses , des assertions controuvées , transmises de divers pays, et particulièrement de Paris et de Cassel , qui vont soulever les passions et déterminer soudainement une mesure presque équivalente à une déclaration de guerre contre la France.

L'électeur de Hcsse-Cassel, d'ailleurs tout prussien par ses affections, se souvenait avec rancune qu'à l'époque du partage des indemnités de l'empire en 1805, le cabinet de Berlin avait pris pour lui-méme des possessions qu'il avait d'abord promises à la Hesse. Sur la proposition qui lui fut faite relativement à la confédération du Nord, il se persuada qu’il pourrait former quelque demande comme récompense de son acquiescement â cette confédération, et, pour se créer un titre à cette faveur spéciale, il imagina de faire entendre à la cour de Prusse que la France était très -jalouse d’attirer la Hesse dans la confédération du Rhin. A l'en croire, le ministre de France à Cassel lui aurait offert, pour prix de cette préférence, » la prinn cipauté de Fuld en souveraineté, et, en propriété, » les autres biens du prince d’Orange. Ce ministre n lui aurait promis même AVurtzbourg, s’il arri- II vait que l’Autriche fit la guerre, x On prêtait encore à cet agent d'autres propos non moins ridicules. Le comte d’Haugwiz, en donnant ces détails à M. de Laforét, en concluait que le gouvernement français n’était pas de bonne foi avec la Prusse, attendu que le ministre de France dont il s’agissait, <i H. Bignon, puisqu'il faut le nommer, » était trop circonspect pour parler et agir sans " instruction formelle. » Or, les. imputations faites à ce ministre étaient dépourvues de toute cs-

POLITIQUE EXTÉRIEURE

pèce de fondement. Jamais il n'avait rcçn de son gouvenemcnt d'ordres qaî eussent autorisé de pareilles démarches; jamais il n’avait fait à l'électeur ni offres ni promesses de celle nature. I>a Prusse croira ou affectera de croire à la vérité des rapports de ce genre qu'elle avait reçus, soit de l’électeur lui-méme, soit de l'envoyé prussien auprès de ce prince, et, au moment de sa rupture avec la France, tous ces faits , présentés par cite comme constants, fourniront matière i trois pages de déclamations dans son manifeste. Cependant l’électeur de Hesse en reconnaîtra lui-méme * la fausseté. Les données qui nous viennent de Cassel, avait dit le comte d’Haugwis à M. de Laforét, s’accordent tellement avec divers autres rapports qui parviennent au roi, qu'elles ne peuvent nous paraître à négliger. Effectivement il semble qu’une sorte de concert se fût établi sur dix points différents pour faire arriver simultanément à Berlin d’effrayantes nouvelles. Des lettres, venant de pays opposés, portaient, les unes, que la Bavière espérait obtenir sous peu la principauté de Bayreutb; les autres, que certaines provinces prussiennes de Westphalie devaient être données au grandduc de Berg, et l'Osl-Frise, i la Hollande. On eût dit que la monarchie prussienne était un État vacant et sans maître, dont il ne s’agissait plus que de partager les lambeaux. Cette merveilleuse coïncidence de bruits, dirigés tous vers un même but, était l'incontestable résullatd’une action secrète desennemis de la France, qui, en faisant supposer dans l'empereur Napoléon les intentions les plus meurtrières pour la Prusse, n'avait d'autre objet que d'irriter le roi, d'humilicr son amour-propre et de le précipiter dans de fausses mesures.

' Apprié auprès IVmperrur Napoléon immédia' lemeol après la bauills cTléna, j« quiliai CassH pour le rrjotndrr, laiasant, eomme chargé (faftiires rn cette réskIcDce, N. Courbon de Saiot-Genèt (aujourd’hui préfet), qui était avec moi en qualité de secrétaire de légation. Après mon départ, M. de Saint -Genêt, étonné de trouver dans le manifeste pruuien une auppotilîon étrange de faita qui lui auraient été connus s'ils eussent été exacts, demanda des explications sur ce point au baron de Waiu, principal ministre de S. A. électorale. Sur la réponse ^ile par ce ministre qu'il ne comprenait rien à de telles allégations, que jamais je ne lui avais hit aucunes propositions de celte espèce, il s'adressa directement à réiecteur, et ici je vaia copier textuellement le compte rendu au gouvrroetncni français par ce chargé d’affaires, rn date des 24 cl S.’i octobre. L’électeur, dit M. de Saim-Gcnét, répondit : «Eh ! que

• m'iniporic ce qu'on met dans un manifeste? Puis-je

• empêcher M. Loml>ard (secrétaire intime du roi) d*é-

• crire ce que bon lui semble? — Mais, répliqua M. de B .Saint-Genêt, il est pourtant bien fort que la Priiuc

Ce prince avait i résister tout i la fois à sa roor, à sa famille et presque à (oas ses agents. De I..ondres et de Pétersbourg, les envoyés prussiens, le baron de Jacobi et le comte de Golz, lui transmettaient chaque jour les excitations de cc$ deux puissances, auxquelles ils prêtaient d'autant plus de force qu’ils partageaient eux-mêmes leurs passions et leurs vues. Il est à remarquer que, depuis l’alliance du roi avec Napoléon, le baron de Jacobi eût dû quitter Londres; que plus d'une fois le gouvernement français a insisté i Berlin pour son rappel, et que, malgré ces instances renouvelées, cet agent continuait à prolonger son séjour en Angleterre; mais si l'on conçoit très-bien que des envoyés prussiens, acclimatés en Angleterre cl en Russie, se déclarassent les ennemis de l'alliance française, il semble que du moins celte alliance eût dû trouver des partisans, des défenseurs, dans les ministres de Prusse accrédités auprès de gouvernements amis de la France et auprès de la France même. Il n’en était rien. De Madrid, l'agent prussien Henri provoquait aussi sa cour à la guerre, en lui annonçant un soulèvement prochain de la monarchie espagnole et en lui promettant le concours le plus actif de la part de cette puissance d'après les assurances formelles qu'il en avait reçues du prince de la Paix. De Paris même enfin, le marquis de Lucchcsini,loin de fortifier i'alliaitce, ne tendait qu’à la rompre. Nous serions loin de l'en blâmer, s'il agissait avec nnejusle connaissance de cause; s'il trouvait que le gouvernement français donnât à S. H. prussienne de légitimes sujets de plainte. Il ne ferait, en ce cas, que remplir le premier de ses devoirs; mais ce n'est point par la vérité, c'est par de faux rapports qu'il va égarer et compromettre

• n*«i( paa craint de corapromrtirc ainst V. A. éleeio-

• raie et de ■'expoaer à recevoir de M pari un démenti

• formel ? Ne doit-oo paa croire en Allemagne que Votre

• Alieaae a été aollieilée de »e joindre A la confédéra-

• tioo du Rhin et que la prinripaiiié de Kiild eût été m

• récompense? — Je ne aaia rien de tout reU, repartit » encore l'électeur; p^ersonne ne m'a rien dit, ne m’a

• rien offert. Si J'avais été prévenu, lorsqu’on a rétUgé

• te manifeste, je n'aurais pas manqué de réclamer ron-

• tre Tarticle qui me concerne.» Ainsi des faits qui, dans le manifeste prossien, constituent l'un des principaux grieh de cette puissance contre Teoipereur Napoléon, étaient une invention pure ou d’intérêt ou de malveillance, et lia ont été répétés comme certains, comme authentiques, par vingt historiens allemands, anglais ou français, lis seraient érigés en vérités historiques, sans le démenti formel que je leur donne en ce momeui; ce qui prouve que ce n'est |>oiiu sur des manifestes, mais sur les pièces seules des négociations qu'il aai aujourd'hui possible de connaître la vérité et de la porter dans rhisioire.

aiAIiTRE LXII.

son souverain. Cet agent, qui poussait jusqu'i un degré ridicule la manie de la flnesse, qui croyait faire preuve de sagacité en imaginant des chimères, avait manqué pendant près de deux mois de la plus vulgaire pénétration. 11 n'avait pas soupçonné que l'une des bases de la négociation entre la France et l'Angleterre pouvait et devait être la restitution du Hanovre. C’est seulement dans les derniers jours de juillet que ce soupçon lui vint à l'esprit, et il fallut qu'il fût éveillé par quelques propos de lord Tarmouth, ou jetés à dessein par ce plénipotentiaire ou échappés à son indiscrétion. Dans le doute sur la vérité du fait, il dira, par une lettre postérieure, que, « comme la vérité n’est pas » toujours dans le vin, n il est possible que le plénipotentiaire anglais n’ait voulu que scn>er la méfiance entre les cabinets de Berlin et des Tuileries.

Ce n'est donc pas même la nouvelle vraie du consentement donné par Napoléon â la reslitption du Hanovre, dans riiypotbèsc de la paix aveC'1'.Angletcrre, qui va cire le mobile des déterminations du roi, c'est le redoublement des terreurs fausses dont ce prince est assiégé par un surcroît de suppositions mensongères que lui transmet le marquis de Lucchesini. Jusqu'au 8 août, le roi, au milieu de tout ce qu'on fait pour l'aigrir contre la France, aime à croire qu'il y a seulement du malentendu entre les deux cabinets et qu'en s'expliquant on pourra se retrouver d'accord . Des dépêches de U . de Lucchesini arrivent; l’inquiétude est portée au plus haut point; un cooscil extraordinaire s'assemble, on délibère, et un ordre du roi, en date du 10, met l'armée sur te pied de guerre. Tout proclame que c'est contre la France que s'opère ce brusque mouvement.

Quelle est donc la véritable cause, la cause décisive de celte levée de boucliers? Est-ce la question du Hanovre ? Ce fait qui surnagera, parce qu'il est réel, n'est pas mandé comme certain encore. Le fait dominant dans cette circonstance est un bruit sans fondement, c'est la nouvelle d'une prétendue stipulation, signée par le ministère français avec M. d'Oubril, en vertu de laquelle la Russie et la France, d’accord pour la spoliation de S. N. prussienne, seraient convenues de rétablir le royaume de Pologne en faveur du graitd-duc Constantin . Par la même dépêche qui renftrnve celle nouvelle, le marquis de Lucchesini donne au roi le conseil de partir sur-le-champ pour Pélersbourg afin de détourner l'orage et de ramener à d'autres sentiments t'émpereur Alexandre. Singulier effet de l'uniou d'un esprit ralBné avec un jugement faux ! On ne voit pas ce qui est simple, naturel, probable, et l'on croit à l'absurde.

Ce marquis de Lucchesini, si habile ■ créer oui

recueillir des bruits invraisemblables, ne suit pas soustraire ses dépêches à la curiosité du gouvernement français. Celle lettre et d'autres parties de sa correspondance sont connues de Napoléon. Celuici est indigné d'une telle conduite. Il fait ordonner ^ à son ministre en Prune de tout faire pour éclairer le gouvernement prussien sur le rôle odieox que joue son envoyé en France; mais outre que les éclaircissements arriveront trop lard, ils trouveront dinicilcment accès et confiance. Le langage de M. de Lafurêt ne pourra pas être positif et tranchant, puisqu'il repose sur des informations dont on ne peut pas avouer la source. Les plaintes qu'il portera contre le marquis de Lucchesini sembleront n’élre que reffcl d’un ressentiment injuste contre un ministre trop clairvoyant dont on se venge en calomniant son zèle et sa fidélité.

Dans le conseil où a été donné l'ordre du roi pour la mobilisation de l'armée prussienne, tes hommes même qui ne veulent pas la guerre avec la France ont paru s'associer à ce mouvement, dans l'espoir de s'en rendre maîtres cl de le diriger, ils ont trop présumé d'eux -mêmes; ils seront, malgré leur résistance , emportés plus loin qu'ils ne pensent. Celte grande , cette violente mesure , arrachée au ministère du cabinet, la cour vient de l'adopter seule, par sa propre inspiration. Que l’on juge combien elle va s'y affermir lorsque, sous peu de jours, elle apprendra que le traité de paix, signé à Paris par M. d'Oubril, n'a pas été ratifié par l'empereur Alexandre !

Dès la première nouvelle de la signature de ce traité, la légation russe auprès de S. M. prussienne, informée sans doute de la lutte intérieure qui agitait le cabinet de Pélersbourg et en prévoyant l'issue , non • seulement avait paru ne pas se réjouir du rétablissement de la paix avec la France , mais même porter sur cette Iransaclioii un jugement peu favorable. On est fondé à croire que des notions de même nature étaient parvenues au roi , avant que l'on apprit le refus formel de la ratification impériale, car c'est le 5— 18 août scuicinciit que parurent Cl) Russie les déclarations qui exprimaient ce refus; et, le ââ du même mois, Frédéric-Guillaume écrivailàGuslavc IV : «J'ai des raisons pour croire n que S. H. l'empereur de Russie sera bientêl en » état de nous faire des propositions conformes à n notre position respective.» A la rigueur, il n'était pas impossible qu'un courrier fût venu en six jours de Pélersbourg à Berlin ; mais il est plus vraisemblable que le roi de Prusse, en tenant un (cl langage, agissait d'après des données antérieures que l'événement était d'ailleurs venu justifier.

' Laure du niaùire français, du !•> aoài.

[liWfil

POUTIOUK RXTÉRIEURK.

0|)«ndant« malgré l'impruJcnl éclat auquel il s’élail laiMC rnlratnetf le minislèrc prussien n'en dé> sirail pas moins donner suite aux démarches commencées pour sa conréilération du Nord ; mais depuis que la cour de Berlin a pris envers la France une attitude menaçante, a-t>cllc droit de prétendre que l'empereur Napoléon autorise pour la Prusse, devenue presque un ennemi déclaré, tout ce qu'il approuvait pour la Prusse, amie, alliée, à laquelle il voulait, à tout événement, ménager des compensations en échange du Hanovre? Doit-il fortifîer aujourd'hui un gouvernement qui pourra demain tourner contre lui un accroissement de forces dû i sa complaisante amitié ? La prétention ne serait pas raisonnable. A partir de ce moment. Napoléon ne se fait point scropule de contrarier les vues de la Prusse en rétrécissant le cercle dans lequel la confédération du Nord devra se renfermer. De nouvelles instructions * bien dilTérentes de celles qui avaient été données un mois auparavant, recommandent à H. de Laforét de se tenir sur la réserve pour voir où la Prusse veut aller. Le gouvernement français ne conçoit rien aux fantûmes dont elle s'effraye; il ne sait cequesigniiienl ses alarmes , affectées ou vraies, sur Bayreutb et surla Westphalic. 11 ne s'oppose poinlà la confédération qu'elle veut former. Que la Saxe, la Hesse en fassent partie, iln'y met nul obstacle; mais, «quant ■ aux villes anséatiques, l'empereur Napoléon ne » peut consentir qu’il soit rien changé à leur élal « actuel. •»

Si , depuis un mois, la Prusse eût été stationnaire, il se peut que la France n'eùt pas songé i celte restriction concernant les villes anséatiques. Toutefois aussi cette modiücaüon peut avoir été amenée par une circonstance nouvelle. Postérieurement aux lettres du mois de juillet, par lesquelles le gouvernement français avait fait des offres si larges au cabinet prussien, nous avons eu occasion de voir que, dans les conférences des négocialions pour la paix avec l'Angleterre, le général Clarke ayant fait mention d'un article patent à introduire dans le traité alln d'indemniser la Prusse de la restitution du Hanovre, le plénipotentiaire anglais, craignant que les villes anséaliqnes ne servissent à cette indemnité, s'était bâté de manifester l'opposition de sa cour à ce que les villes pussent, en aucun cas, tomber au pouvoir de la Prusse. Dans le moment uù nous sommes, la négociation avec l'Angleterre est en pleine activité. gouvernement français, en rétractant une concession faite é la Prusse, et encore une concession tacite, peut n'étre point dirigé par

' Eq date du â3 août. *

1 aifisoff.

un senlimcnl hostile runlrc celte puissance. Il ne fait qu'aller au-devaul d’un débat nouveau, puisque l’Angleterre fait, de l'indépendance des villes de Brème, Lulveck et Hambourg, une des conditions de la paix.

Avant que les dernières instructions du gouverneinenl français fussent parvenues à Berlin, le roi avait rcflécbi sur sa résolution du 10 août et commençait à croire que ses armements pouvaient bien avoir été une /àueee meeure. C'était elTcctivement de toutes les mesures la plus malavisée cl la plus funeste, car clic avait créé un mai qui ii’cxislait pas. Trompée par les faux rapports de ses agents, S. M. prussienne s’était persuadée particulièrement que sa souveraineté en Westphalic était menacée par la France; il lui avait semblé m que ces provinces allaient lui être enlevées d'un » coup de main, n Le comte d'Haugwix lui-aaéme disait à M. de Laforét : « De tous cûlés on assure « te roi que vous vous préparei à lui chercher que- » relie, et qu'après avoir arrangé le midi de PAIIc- » magne sur vos plans, vous voudrex aussi en ar- I» ranger le nord selon vos vues et vos intérêts. •• Kn dépit de ces sinistres prophéties, les jours s'écoulant sans événement nouveau, et toutes les attaques redoutées pour la Westphalic se réduisant aux prétentions déjà débattues du grand-duc do Berg sur les abbayes d'Ellen, Essen et Werden, In roi et son roinUlèrc étaient au point de se repentir de la mobilisation de l’armée, lorsque Ica contrariétés, survenues k la formation delà confédération du Nord, vinrent ranimer l'aigreur et l'animosité prêtes à s'éteindre. Ainsi des causes imaginaires ont produit des effets qui deviennent cause à leur tour.

On continue encore k élaborer dans le cabinet prussien le système des rapports qui doivent être établis entre le chefde la confédération et ses membres, et déjk il ne reste presque plus d'ÉULs auxquels ou puisse en faire l'application. Le Danemark témoigne vouloir rester en dehors de ce système. La Prusse n'ose y comprendre les ducs de Mecklenbourg et d’Oldenbourg, dans la crainte de blesser la Russie. Elle rencontre la France entre elle et les villes anséatiques. Parmi ce qui reste d’Étals susceptibles d'accéder à »ot< plan, les seuls qui aient quelque consistance sont les électorats de Saxe et de llesse-Cassel ; mais là encore des diflicuités l'attendent.

Des gouvernements d'un ordre secondaire ne j doivent être disposés à entrer dans une confédération qu'aulant qu'ils la croient capable de les pro- ' téger, bien loin de les compromettre. Une confédération dirigée par la Prusse ne se présentait I pas sous un tel aspect. La versatilité de cette puis-

Cît.MMTKK I.XII.

sancc, mobiHlê dans liaisons, la notoriété (li‘ sa tendance à l'envahissement, ne présentaient pas de garanties satisfaisantes aux gouvernements qu’elle appelait à S'unir avec elle. Déjà on savait que son plan était de refaire pour le nord de l'Allemagne une sorte d'empire germanique dont le roi aurait la suzeraineté. Cette direction pru.«sicnnc n'clait pis propre à séduire les deux cours électorales.

A la vérité, en ce qui concerne la Hesse, comme dans les premiers moments le projet de confédération semhlait n'as'uir eu qu’un objet pacifique, l'électeur Y avait donné son assciiliment, et, au commcnremenl du muisd’aoUt, son ministre principal, le baron de Waitz, qu'il avait envoyé à Herliti, y avait signé les bases d'un accord auquel il ne manquait plus que rapprubalion de ce prince; mais aussitôt que les dispositions de la Prusse avaient pris une teinte guerrière, l'électeur avait senti le danger cl refusé cette approbation. Déjà, rannéc précédente, il avait été jeté dans une situation délicate par les variations de la politique prussienne. En octobre 180^, cédant » l'impulsion de la cour de Berlin, il avait accédé à un plan de neutralité ‘ armée, annoncé d'abord comme défensif, mais qui, après le traité conclu le 3 novembre à Posidam, auraitconstitué la Hesse partie active dans la guerre résolue alors contre la France, si, le IS décembre suivant, la Prusse n’avait, par le traité de Vienne, changé «l'amis cl d’ennemis. Celte leçon, reçue par l'électeur en 1801S, explique suflisammcnt la réserve sur l.iquellc il désira se tenir en 1800, du niomonl qu'il jugea que l'association qui lui était proposée pourrait ne pas tarder à devenir uiicassodation de guerre.

La cour de Saxe, circons|)ccle par sa nature et ennemie de toute innovation , était moins pressée encore de contracter des engagements dans lesquels l'abdication de son indépendance ne serait compensée par aucun avantage de force et de sécurité. Le gouvernement français n'entendait gêner, en aucune manière, la détermination de celle cour sur les propositions prussiennes. Seulement il désirait que cette détermination fût libre, que surtout clic ne fut point commandée par ta présence de troupes prussiennes sur le territoire saxon. Dans celte conduite du gouverncmenlfrançais, il n'y avait ni artifice ni violence. La Saxe, par la seule considération de son intérêt bien entendu, était si peu portée à entrer dans la confédération prussienne, que l'invasion seule de son territoire pourra l'y entraîner en lui ôtant la liberté du choix.

' La cutnmuoicaiion officielle m'en Fiii donnée le 90 oelobrr.

Au milieu des obstacles que rencontre la Prusse, des etnbarras qu'elle éprouve, du malaise du jour et de la crainte du lendemain, le roi et le comte d'IIaugwiz ont senti qu'ils ne sont pas exempts de repniches, ne fut-cc que d'avoir trop promptement ajouté foi à des rapports dont, sur plusieurs points, la faussetéest devenue évidente pour eux. On comprend que le marquis de l^uccbesini ne peut plus désormais être utile en France, cl un s'occupe à lui donner un successeur. On voudrait recevoir de Paris des explications; mais le gouvernement français, qui ne sait quelles explications on désire de lui, attend l'arrivée d'un intermédiaire qui ne tende pasà t>rouiller les deux gouvernements. Dans l'intcrvalle,le comte d'Haugwiz dit à M.de Laforét : U Le silence de Paris perd tout. » En effet, à Berlin ou fait chaque jour un pas en avant, parce qu'on ne croit pas pouvoir rétrograder avec honneur. Cependant, de la pari du roi et de son ministère, la guerre est-elle définitivement résolue? Non, la résolution n'en serait rien moins que définitive, rien moins qu'irrévocable, s'il n'existait, à côtédu gouvernement prussien, une puissance plus forte que lui. qui déjà plus d'une fuis lui a inspiré des pensées hardies qu'il a ensuite aliandonnces. mais qui cette fois continuera de le maîtriser, jusqu'à ce qu'elle l'ail entraîné sur 1e cliamp de bataille. Ici nous allons laisser de côté pour un inument les discussions du cabinet. Le système de cabinet va être vaincu par rînfluence'dc la cour. C'est sur la cour, sur la nnHlifiratioo progressive de l'esprit de la cour depuis quelques années, sur sa Iraiiquillilc antérieure cl sur scs agitations actuelles, que nous devons un instant arrêter nos regards, pour éclaircir enfin eette énigme de la guerre monstrueuse de la France et de la Prusse, à laquelle ont été conduits, égalciiicnl sans la vouloir, et le roi Frédéric-Guillaume et l'empereur Napoléon.

Celte jeune cour de Berlin, qui va mettre en jeu l'cxisleiice de la monarchie , est animée des sentiments les plus nobles en cux-incmes, mais de sentiments dont l'essor est mal réglé et qui ne s'accordent ni avec rinicrél du pays ni avec l'ordre politique qu'ont amené en Europe les guerres de la rcvoluliuri française.

Depuis 1708 jusqu'à 1801, la Prusse, protégée par le bienfait de la neutralité, riche cllMurcuse en quelque sorte des souffrances du reste de l’Aliemagne, était, dans l'Europe livrée aux guerres les plus sanglantes, comme une oasis au milieu des déserts. Berlin était un asile où x'était réfugiée la paix avec les plaisirs qui la suivent. Nulle autre cour n'oITrait autant d’éclat et surtout autant de bonheur. Jeune, belle, jalouse de plaire, et douée de ce degré de coquetterie qui coovientà une reine,

iMirjTinL:K extérieire.

la femme du roi, car c’esl ainsi qu*il la nommait, répandait autour d'elle le charme qui accompagne la vertu, U bonté et les grâces sur le tr6nc. On n'etait occupé qu'à imaginer des amusements nouveaux, à préparer des bals, des quadrilles, des scènes dran>aliques, dans lesquels les jeux cl les jouissances de l’esprit se mêlaient au luxe des costumes, à la variété des danses et à tous les divertissements qu'admet une cour élégante et polie. Au milieu des étrangers de tous pays qui concouraient à ces fêles , un distinguait les jeunes gens attachés à la légation française comme y prenant la part la plus active et y portant le tribut accueilli alors avec le plus de faveur. Ce rianl/aspecl de la cour de Prusse se rembrunit beaucoup en 1804.

On commençait à se lasser des beaux faits d’armes des armées françaises, dont on avait d'abord été ébloui. On avait tant admiré le général Bonaparte et le premier consul , que l'admiratiuii était devenue un fardeau importun. Sa gloire semblait un larcin fait à la gloire de Frédéric II; et que devenait le monarque actuel de la Prusse auprès de l'empereur des Français? Le fond de ces pentées était noble; le principe en était digne d'éloges, c'était un orgueil de nationalité ; mais de la jalousie i la haine la distance est courte, et la haine elle-même, une fois qu'elle a paru au dehors, arrive rapidement à son dernier degré. L'influence française se soutenait encore auprès du ministère; elle était évanouie à la couV,

En 1805, le voyage d« l'empereur Alexandre vint encore échauffer les têtes, et le traite du 3 novembre fut conclu à Posldam. J'ai raconté ailleurs le reste. On a déclaré la guerre à la France sans la faire; on a contracté une alliance avec elle sans la ratiller; on en a subi une seconde qu'on a ratifiée sans la vouloir sincèrement ; mais, sans égard pour les actes du cabinet, l'esprit de la cour n'a pas cessé d'étre ouvertement prononcé contre la France, et ce sont ses indiscrétions, poussées au delà de toute mesure, qui, plus qu'aucun autre indice, avertissant Napoléon qu'il n'y a pour lui rien à espérer de la Prusse, l'ont conduit à conclure qu'il était tenu à peu de ménagements avec

Dans un séjour que la reine vient de faire aux bains dc'Pyrmontt, une sorte de congrès féminin a déclaré la guerre à la France, sans attendre la délibération trop lente des cabinets. Autour de la reine étaient réonles la duchesse héréditaire de Weimar, smur de l'empereur Alexandre, la princesse de Cobourg, épouse du grand-duc Constan-

' Mo» de juin et juillet.

* Le prince de Wiugensiein, tnioMtre de Prusse k

tin, et la princesse électorale de Hesse. Là, on ne parlait que d'abaisser l'orgueil de Napoléon, d'huinilier ce prince nouveau qui prétendait éclipser toutes les illustrations anciennes et contemporaines. Il semblait qu'une campagne devait suflire à ce facile ouvrage. Ce serait une partie de plaisir pour les dames, un tournoi où elles n’auraicnl qu’à distribuer des couronnes aux vainqueurs. Qui pourrait dire que ce gynécée politique n'ait pas eu une influence décisive sur les résolutions adoptées, dans le mois d’août, par les cabinets de Prusse cl de Russie?

Les indiscrétions anti-françaises de U reine à Pyrinont avaient été tellement publiques que le bruit en était devenu général en Allemagne et qu’elles n'avaient pu, à plus forte raison, être ignorées à Berlin. Le cabinet sentit le danger de ces imprudences et il fit adresser quelques observations ^ à la reine sur leur inconvénient. La leçon ne fut point perdue. Cette princesse écrivît même au roi une lettre pleine de soumission et d'excuses, promettant « de ne plus accueillir de suggestions » contraires an système de son gouvernement; h mais, de retour à Berlin, elle trouva, autour du trône, des dispositions tellement conformes aux siennes, qu’elle n'eut plus besoin de se contraindre. Sa présence augmenta encore l'elTervescencc dans les cercles du grand monde; les hostilités des salons prccccièrent celles des camps, et les conversations des femmes ne furent plus que des hymnes de guerre. Celte belle reine, autrefois divinité modeste qui présidait aux jeux de la paix, n'aspire plus qu’au rôle brillant des héruifnes de la chevalerie. Une vaine soif de célébrité lui présente au moins comme facile à saisir, celuid'uneautre Marie- Thérèse. Toujours avide de parure, mais donnant désormais à sa toilette l'empreinte sérieuse de ses pensées, elle se décore, Bellonc nouvelle, des couleurs do régiment qui porte son nom; elle aime à se montrer aux troupes et à irriter leur ardeur pour les combats qui, à ses yeux, ne doivent être que des victoires. Comment la jeunesse militaire résistcrail-clle à de semblables excitations? C’est surtout dans les corps privilégiés, parmi les officiers des régiments des gendarmes et des gardes du corps qu'éclate un enthousiasme qui va jusqu'à la fureur. Séides de patriotisme et d’orgueil national, tous voudraient s’attaquer à Napoléon en personne, tous voudraient lui porter le premier coup, et un certain nombre d'entre eux s'engagent, par un serment solennel, à marcher droit à lui, pour délivrer l'Europe d'un maître qui l’opprime;

Cassel, qui l'était rendu à PyrmoDl peodam le s^ur de la reine, fut cbergéde cette commÎMion.

CHANTRE un.

U I*rus!(c. d'an rival d'illuslraüon miliUîre qui ne la laisse qa'ia second ranR.

Un jeune prince, honneur de la maison de Prusse, déjà distingué par les traits d’un brillant courage dans la campagne de 1793, où il avait reçu une honorable blessure, impatient de la paix, jaloui des lauriers * cueillis par les armées françaises, le prince liouis Ferdinand, cousin germain du roi, joignait son inlliiencc à celle de la reine et faisait descendre, jusque dans les derniers rangs de l'armée qui le chérissait, la soif de gloire dont il était lui-méme tourmenté. A la fleur de l'àgc, à cette époque de la vie où la force de l'homme est unie à l'éclat de la jeunesse, comblé de tous les dons physiques qui charment les yeux cl les âmes, de toutes les qualités morales qui inspirent raiïcclion et 1a confiance, de toutes les facultés intellectuelles qui proiiietlcnl un héros, ayant des défauts sans doute, des vices même, mais ayant de ces défauts qui sont récarl d’une vertu, de ces vices qu’on pardonne parce qu'ils ne doivent pas être durables: habile dans tous les exercices du corps, écuyer audacieux, maniant avec adresse toutes les armes, sabre, épee et pistolet, avide d'instruction, ami des arts et les cultivant avec succès, destiné enQn par la nature à tout ce qui est beau, à tout ce qui est grand, le prince Louis brillait du désir de moiilreraui Fraii* çais qu’il était digne de les combattre.

Ces élans immodérés de la jeunesse trouvaient un renfort jusque dans la vieillesse vaniteuse de quelques-uns des plus anciens chefs de l'armée. Jx! duc de Brunswick qui, au commencement de celle année, avait rempli une mission particulière auprès de l'empereur Alexandre , en était revenu avec les dispositions les plus belliqueuses, soit qu'il les eût portées avec lai en Russie , soit qu'il les eût puisées à Pétersbourg. Il avait, a son reloar, fortifié le parti d'une prompte rupture avec la France, se flattant d'cflacer, par une campagne heureuse, la bonté de celle de 1793.

Les passions de la cour avaient envahi la capitale. Dans toutes les réunions publiques , dans les

' Ed 180), il me dUait : • Je Tondrais être général de a division en France. »

spectacles, on saisissait, on préparait des allusions tendant i persuader au roi que le vœu de la guerre était le vœu général.Ties journaux jouissaient alors à Berlin d'une certaine liberté et surtout du genre de liberté qui flatlail l'esprit dominant. Trompette quotidienne de la guerre, Kotsebue semblait le saint Bernard de cette nouvelle croisade. C'était lui qui appelait la Prusse à jouer le rôle du destin avec la France et à prononcer son redoutable veto contre >apotéoii. I,es chants des Tyrlhées du Brandebourg ne prédisaient que des triomphes faciles, des victoires presque sans combat. Chaque (béilrc de guerre serait un nouveau Rosbach pour les Français. L’exagération était portée au point d’inspirer, à quiconque n'était pas en démence, un sentiment de dégoût et de peine. Le prince Louis qui , tout en voulant se battre, avait trop de iumières pour ne pas a|q)rccier les hasards d'une guerre contre les Français conduits par Napoléon, était lui-méme révolté de ce débordement de forfanterie. H appliquait à ces bardes ^ présomptueux des vers de (ilcim, indiquant qu'il n'aurait pas une grande confiance dans le succès, s’il n’avait que do tels soldats à conduire à l'ennemi. La Prusse était alors véritablement divisée en deux nations dis> tinctes, l'uiio, formée d'une bonne population ailemande, laborieuse, paisible, étrangère aux jalousies de pur amour-propre, aux tumultes des tbéâ- Ires et aux cavalcades des Aroaxones de Berlin ; l'autre composée de la noblesse de cour et des classes de la bourgeoisie qui s'attachent à elle. Celle dernière, au lieu d'élre une nation véritable, n'en était qu’une surface. L'œil des rois saisit malaisément ces difTcrences. Ce fut à ce qu’il crut être 1a volonté unanime de son peuple que céda le monarque prussien. Il ne s'y rendit qu'à regret et après une longue résistance, convaincu avec raison qu'au sort de son armée était atlacbé le sort de sa monarchie.

* Sic singm laui im hohen Ctior Vom Tod fUr'» Vatfrinod uns vor,

Doeb korami ein eintigrr HuMr,

So laüR die ganse Barden-Sebaar.

POLITIQUE EXTÉaiEURE.

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