‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 245 sur 298 · CHAPITRE I-XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE I-XIII

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du cùlé de la France, loul acte public fût suspendu jusqu'au retour du courrier envoyé à Berlin.

Il serait hors de propos d'attacher quelque importance à une négociation dans laquelle un envoyé, dupe de sa propre cour, laissé par elle dans l'ignorance de ce qu'elle médite, réitère plusieurs fois des protestations que les actes de celle cour démentent de la manière la plus éclatante. On s'aflligc, pour un homme d'honneur comme SI. de Knohclsdorf, de le voir protester que les nuages élevés entre sa cour et la France seront incessatnincnt dissipés et que « tel sera le résultat des cx- » plicatiuns ‘ qui ont eu lieu. » C'est après cet échange de notes conçues de la part de cet envoyé dans les termes de la plus ferme confiance aux sentiments pacifiques du roi, qu'il sera chargé, le !*'■ octobre, de signifier au gouvernement français un de ces ullimalum rares en cux-niémcs, mais qui semblent ne pouvoir être que la suite des discussions les plus vives et les plus animées. Pendant quelques jours, le ministère français, considérant la guerre entre la Prusse et la France comme une inonstruosité politique, parut ^ vouloir se reposer sur des assurances empreintes de la bonne foi de celui qui les donnait; mais quoique le prince de Bénéventdéclaràt que l'empereur u avait déjà com- » mis ^ une faute militaire très-grave en retardant i> d’un mois ses préparatifs et en consentant à Il laisser passer quinze jours encore sans appeler » ses réserves et ses gardes nationales, » pas un jour en effet ii'avail été perdu et ta prudence de l'empereur n'était point en défaut. Déjà des troupes marchaient de rinlérieur sur le Rhin. Le 18 et le 19 les divers corps de la garde * avaient pris la même roule ; le roi de liollandc avait reçu ordre de porter son avant-garde à Wesel , et tous les mouvements des divers corps d'armée, tant en France qu'au dehors, étaient combinés de manière qu’au jour du besoin tous pussent simultanément s'ébranler au premier signal.

La prévoyance du premier consul n'était que trop fondée. Depuis qu'un grand éclat avait eu lieu par la direction hostile des troupes prussiennes contre la France, le roi se trouvait chaque jour faire un pas de plus vers la guerre, quoique peutêtre sans avoir pris encore une résolution irrévocable. Les courriers de AI. de Knobelsdorf et de M. de Lucchesini n'arrétèrent point le mouvement auquel on était livre. Le âl septembre, le roi quitta sa capitale sans envoyer de réponse à Faris et sans

' Note de cei envoyé, do 20 «cpirmbre.

’ Note du 15 sepleiubre.

’ .Noie do 10 id.

faire jeter aucun fil de rapprochement au ministre de Laforét à Berlin.

Il est une observation importante que l'histoire ne doit pas négliger. Tandis que le roi embrassait avec moins d'effroi l'idée d'une guerre immédiate, le calme revenait graduellement dans l’armée qui avait tant appelé la guerre. A peine elle était arrivée sur les terrains où les combats devaient commencer, qu’une révolution étrange s’était opérée dans les esprils, révolution qui n'avait rien d'inglorieux pour elle, car le courage était toujours le même; mais en s'éloignant de Berlin, de ses salons, de ses journaux , de ses théâtres , la présomption s'évanouissait, la confiance même était affaiblie. L’armée commençait à réfféchir sur l'habileté de son grand adversaire et à douter de celle de ses chefs. Ceux d'entre eux qui avaient vu les beaux jours de la gloire prussienne n'étaient plus que des souvenirs. (,)uel rapport entre le septuagénaire duc de Brunswick cl la virile maturité de ce Bonaparte qui. depuis le premier jour de son apparition , ne cesse d'étonner l'Europe par la grandeur cl la rapidité de ses triomphes. Quarante ans se sont écoulés sans une véritable guerre à laquelle la plus grande partie de l'armée ait pris part, tandis que l'armée ennemie, depuis quinze ans, compte les jours par scs combats. Ces réflexions étaient tardives. Elles n’en produisaient qu’un effet plus profond. Les discours avaient pris un caractère plus modéré ; on rougissait presque de la jactance à laquelle on s'était livré naguère, et, au lieu d’alfichcr la certitude de la victoire, on semblait presque n’aspirer qu'à une lutte glorieuse. Contraste bizarre! l'exaltation, qui s'éteignait dans l'armée, s’accroissait à la cour cl même dans le cabinet. Alors se préparaient et celle longue lettre de reproches du roi à Napoléon , et ce manifeste fameux dont nous parlerons bienlét.

Cependant le lendemain du jour où l'empereur a reçu la note tranquillisante de M. de Knobelsdorf, jour où le roi de Prusse, accompagné de la reine , quittait Berlin pour se mettre à la tête de son armée, le 21 septembre. Napoléon, mieux instruit de ce que voulait la Prusse que l'envoyé prussien lui-méme, appelait aux armes les princes de la confédération. La lettre qu'il leur adressa est d'une nature qui exige que nous en citions quelques passages : « Monsieur mon frère, il y a plus d'un mois » que la Prusse arme, et il est connu de loul le » monde qu’elle arme contre la France cl contre » la confédération du Rhin. Nous cherchons les

^ La garde fut iranaportcc en poste à Mayence. Elle y arriva en sept jours.

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