‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 246 sur 298 · EXTÉRIEURE · texte numérisé non relu

EXTÉRIEURE

» motifs sans pouvoir les pénétrer. Les lettres que U S. M. prussienne bous écrit sont amicales; son » ministre des affaires étrangères a signifié à notre » envoyé extraordinaire qu’elle reconnaissait la » confédération du Rhin et qu’elle n’avait rien à U objecter contre les arrangements faits dans le » midi de l’Allemagne.

» Les armements de la Prusse sont-ils le résultat » d’une coalition avec la Russie, ou seulement des Il intrigues des différents partis qui existent à Ber- » lin cl de l’irréflexion du cabinet? Ont- ils pour » objet de forcer la Hesse, la Saxe et les villes anu séatiques à contracler des liens que ces deux der- » nières ‘ puissances paraissent ne pas vouloir for- >• mer?...n Après avoir demandé si c’était la France cllc-méme qu’on voulait forcer à se départir de la déclaration qu’elle avait faite relativement aux villes anséatiques, attendu que l'.AngIctcrre avait fait connaître que tout cliangeincnl dans la situation de CCS villes serait un obstacle de plus à la paix générale, l’empereur ajoute : <■ entre tous ces U motifs, quel peut être le véritable, nous ne sau- •> rions le deviner, et l’avenir pourra révéler le i> secret d'une conduite aussi étrange qu’elle était » inattendue Il annonçait ensuite que les ar-

mements de la Prusse avaient amené le cas prévu par l’un des articles du traité du 1Â juillet; que la France, au lieu de fournir deux cent mille humilies, cunimc elle y était obligée, en fournirait trois cent mille, cl il finissait par inviter les princes confédérés à urdoniicr que leurs troupes fussent mises en étal de marcher avec leurs équipages de campagne et de concourir à la défense de la cause comniune, <> dont le succès, nous osons le croire, <> disait-il, répondra à sa justice, si toutefois, contre » nos désirs et même contre nos espérances, la » Prusse nous met dans la nécessité de repousser i> la force par la force. » Sans contredit Napoléon supposait bien quels étaient les griefs de la Prusse contre lui ; il savait surtout que celui de ces griefs dont elle évitait de parler était celui qui avait été le plus déterminant pour elle; mais était -il donc obligé d’entretenir les princes confédérés de soupçons que la Prusse n’exprimait pas? Devait il leur déclarer un état de choses autre que celui qui existait cil réalité, que le contraste des armements de la cour de Berlin avec les assurances amicales données par le roi lui-même et par son envoyé? Trois jours après avoir expédié cette lettre. Napoléon parlait pour Mayence avec l’impératrice Joséphine. Nous avons vu précédemment que c'est dans cette

' On voit qu’il n'a pas la même opinion de la première, U ITcaae.

• * Le 25 septembre.

ville qu’il reçut la nouvelle de la rupture de la négociation que suivait à Paris M. de Champagny avec lord Laudcrdale, rupture incontestablement liée à celle de la Prusse, puisque d’après les dernières concessions de la France, l'Angleterre, de son propre aveu, obtenait tout ce qu’elle avait demandé. Ainsi ce que Napoléon avait fait pour acheter la paix de l’Angleterre avait porté la Prusse à prendre les armes, et l’Angleterre se refu.sait à une paix qui ne lui laissait rien à désirer, parce qu’elle retrouvait dans la Prusse et la Russie des auxiliaires pour marcher avec elle contre la France.

Dans ce même moment, le ministère français signait ^ avec un envoyé de l’archiduc Ferdinand, souverain de Wurzbourg, un traité par lequel l’archiduc accédait à la confédération rlu Rhin, premier exemple d'accession d’autant plus remarquable qu’il était donné par un frère de l’empereur d’Allemagne, l.e traité conférait à ce prince le litre de grand-duc et lui assurait la propriété des biens de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem ainsi que les droits de souveraineté sur diverses possessions, terres équestres et autres domaines enclavés dans son territoire. I.e contingent à fournir par le grand-duc était de deux mille hommes. La confédération du Rhin donnait ainsi à scs membres de nouveaux litres et des possessions nouvelles. Celle que la Prusse avait voulu former dans le Nord ii’appelail les États voisins qu’à une dépendance ingrate et sans compensation. Est -il étonnant qu’elle trouvât tant de résistance même dans les cours placées sous la main de celle puissance, celles de Saxe et de Uesse-Casscl ?

A Dresde, les voies de la persuasion avaient été vainement épuisées. Les passions haineuses qui agitaient la Prusse n’existaient point dans cette cour paisible, uniquement occupée du bonheur des peuples, et qui ne se fut livrée à la guerre meme la plus juste qu’avec une exlréinc répugnance. La menace des troupes prussiennes qui s’avançaient de la Silésie n’avait passufli pour vaincre la constance de l’électeur. H fallut que le prince de Hohenlohe, qui commandait ce corps d’armée, entrât sur le territoire saxon 3 cl oblliil par la force un conscnlcmcnlqui ne pouvait être volontaire. Vaincu par la nécessité, l’électeur mil à la disposition du roi dixhuit mille hommes de ses troupes. Il fut stipulé que Dresde ne deviendrait point une place de guerre.

L’électeur de Hesse, quoique essentiellement dévoué à la cour de Berlin, quoique tout plein de la vieille gloire de l’armée prussienne*, et regardant

• Le 12sepienibre.

* L’clccicur, qui se plaisait à vanter cette armée, disait un jour au ministre de France : « C’est le plus beau

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