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de relâche à rciinemi , avail donné deux jours de repos à plusieurs de scs corps d'armée. Trois sculeinenl, celui du maréchal Soull, celui du prince de Ponte 'Corvo cl la cavalerie du grand-duc de Berg , n'avaient cessé de presser les Prussiens sur les trois routes qui conduisent à Magdebourg. Le 19, le maréchal Soult arrivait devant cette place presque en môme temps que l’arrière-garde ennemie.
Il lardait au prince de Poiitc-Corvo, resté étranger aux deux batailles d'Auerstaedt cl d'iéna, de ressaisir la part de gloire qui lui était échappée. Arrivé à (lucrfiirt le IG octobre , il en partit, à deux heures du matin , pour marcher contre Hall où se trouvait la réserve prussienne sous les ordres du prince Kugène dcWirlcmbcrg. Celle place, couverte par la Saalc et dans quelques parties par des étangs cl des marécages, fut attaquée, sur plusieurs jioinls à la fuis, avec une vigueur qui triompha de tous les obstacles. Les divisions des généraux üuponl et Drouet rivaliscrcnl surtout d’audace et d'intrépidité. Le régiment prussien de Treskow fut pris tout entier par le général Drouet. Il resta aux mains des Français cinq mille prisonniers, trente-cinq pièces de canon et des magasins considérables de subsistances.
Après les deux jours de repos si nécessaires à son corps d’armée, le maréchal Davoust s’était dirigé sur I.eipsig oùil entra le 18. Un ordre de l’empereur portant que cette ville était, comme entrepôt général des marchandises anglaises sur le continent , une ennemie dangereuse pour la France, prescrivit la saisie de toutes ces marchandises. Le lendemain , ce maréchal s’avança sur Willcmbcrg, et , y étant arrivé assez tôt le 40 pour s’emparer du pont où l’ennemi venait de mettre le feu, il porta scs trois divisions sur la rive droite de l’Klbc.
Deux jours après, le maréchal Lanncs.que suivait â une demi -marche le maréchal Augcrcau , rranchil ce fleuve à Coswig , et le prince de Ponte- Corvo, à Barby
De ce moment les trois corps du maréchal Davoust, du maréchal Lamies et du maréchal Augereau, le grand duc de Berg et la garde impériale sous les ordres des maréchaux Lefèvre et Bessières
■ Le prince de Pontc-Corvo avail vu ordre de le passer le 91. A l'occasion do ce rclard d'un jour, malgré son succès â Bail, l'empereur lui reprocha son inaction dans les batailles d'Auerstaedt et d’iéna.
’ Le duc régnant d’Anhall- Dessau , dans ses égards pour le vainqueur d’iéna, ne cacha point, après les malheurs de la maison de Prusse, la vieille amitié qui rmiarhait k celle maison. Son fils, qu’il envoya au- «levanl de l’empereur k la frontière de sa petite princi-
marchèrenl sur Berlin par les deux routes qui conduisent à celle capitale.
Un ordre du jour fll connaître que « l'empereur Il voulant témoigner sa satisfaction au troisième » corps (celui du maréchal Davoust) par la plus a belle récompense pour des Français, avait ora donné que ce corps entrerait le premier à Berit lin, le 25 octobre, a
Dix jours après la seule bataille qui eût été livrée , Berlin voyait entrer dans ses murs le corps français qui avait battu l’armée principale conduite par le roi et le duc de Brunswick. Ce dernier était mourant; le roi avait passé l’Oder.
Voici l’itinéraire qu’avait suivi Napoléon. De Weimar où il était resté trois jours, il avait porte son quartier général le 18 â Naumbourg; le 19, à Hall ; le 21 , à Dessau ^ ; le 25 , à Witlemberg, dont il fit le dépôt eentral de l’armée, et le 25, à Postdam où il arrivait presque en même temps que le maréchal I.annes.
Une vie active comme celle de l’empereur ne pouvait manquer de donner lieu à de curieux rapprochements. On sait qu’il était le premier à les saisir. Aussi ne manqua-t-il pas de faire remarquer s que c’était au même jour de l’année précédente qu’était arrivé dans cette ville l’empereur Alexandre qui , en jetant la Prusse dans de fausses voies, avail Gni par amener, mais sous de différenls auspices, au lomltcau de Frédéric il, le chef du gouvernement français. Tout était, dans les châteaux de Postdam et de Sans-Souci, sur le même pied que si le roi de Prusse y eût été attendu. L’homme qui venait de renverser la colonne de Rosbach était plus que personne capable d’apprécier dignement celui qui l'avait élevée. Pour l’empereur, la première démarche fut de visiter le caveau où reposent, dans un cercueil de buis de cètlre, sans oniement, les cendres de Frédéric. A l’aspect des plus belles dépouilles qu’il eût encore recueillies, l’épée de ce prince, son cordon de rAiglc Nuirc,sa ceinture de général, les dra|>eaux de sa garde dans la guerre de sept ans, il eut du moins l’heureuse pensée de leur assigner la seule destination qui pût en excuser rcnlèvcmcnl. « J'en » fais présent , dit-il , à l’hôtel des invalides de
paillé, ayant servi daiu l'armée prussienne, en portait l’uniforme. Lui-même, à la réception de l’empereur, il était décoré de l’Aigle-Noirc. «Napoléon, dit le mar- < qtiis de Liirehesini, eu qui la flatterie et la prospérité ■ n'avaient point éteint le sentiment des actions vers tiieiises, fut loin d'étre blessé de la noble coiitenaDce » du prince de Dessau. « Il ne fit au contraire que l’en estimer davantage.
’ 17« bulletin.
POLITIQUE ET GUERRE
H Paris. Les vieux soldais de la guerre de Hanovre » accueilleronl avec un respect religieux toulce » qui appartient à l'un des premiers capitaines » dont l'histoire conservera le souvenir.
Le SU octobre, au moment où le maréchal Da> voust entrait dans Berlin, le maréchal l.anncs cernait la citadelle de Spandau et sommait le commandant de sc rendre. Un premier refus ayant amené quelques démonstrations d'aiuquc,sur une seconde sommation, ce commandant capitula. La garnisort, qui était de douze cents hommes, fut faite prisonnière de guerre. LesofBciers pouvaient sc retirer dans leurs familles et emporter leurs effets
De Postdam, l'empereDr alla, le S6, visiter la place de Spandau et se rendit le soir i ChaHotten* bourg. Le i7, il flt son entrée solenDclic i Berlin, reçut aux portes de la ville tes hommages du corps municipal et descendit au vieux château, moins généreux sous ce rapport â l'égard du roi de Prusse qu'il ne l'avait été envers l'empereur d'Autriche, dont il avait évité d'habiter la capitale. Le château de Charluttenbourg lui eût offert les mêmes avantages que celui de Schoenbrunn.
Les premières paroles de Napoléon â Berlin ne furent pas non plus, comme en Autriche, des paroles de bienveillance. Voyant à la tète de la députation des habitants le prince d'Hatzfeld qui, depuis la fuite du roi, remplissait les fonctions de gouverneur civil de Berlin, il lui dit : « Je n’ai pas K besoin de vos services, retirez-vous dans vus H terres. <• Les avant-postes français avaient intercepté une correspondance secrète de ce prince avec les armées prussiennes. Là ne s'arrêta pas la colère de l'empereur. Dans son irritation contre te parti de la guerre, peut-être crut-il qu'un exemple de ngueur serait utile à sa politique. Le prince d'Hatzfeld fut arrêté pour être livré à un conseil de guerre. A cette nouvelle, la princesse d'Hatzfeld au désespoir court chez l'empereur pour implorer
' Appelé auprès de l'empereur auuilèt après la bataille d'iéna, j'arrivais & Postdam au morocal oû il veoail d'apprendre la capitulation de Spandau. Il m'ordonna de me rendre sur-le-champ dans celle place, oà l'on eroyail qu'il se trt>uvail des prisonniers d'Élat pour opinions poliüqiies. On nommsit particiilièremeni le lieutenant-colonel de Bnlow, arrêté pour avoir publié un écrit sur la e.impaf'oc de 1805. Je visitai les prisons et me As représenter les écrous. J'interrogeai même les prisonniers. Il n'en exUuii lucun pour crime d'Élat; mais cette circooslaoce me rendit témoin d'une scène qui explique les faciles capitulations des commandants de place en Prusse. Le major de Bcnékcndorf, qui venait de ren«ire celte foricretac sans un seul Jour de défense, n'avait d'autre souci que de se débattre avec un oCcier fr.-mrais relativement i des petits objets de basse-cour
la grâce de son mari. Les larmes, les supplicalions d'une jeune femme inlcressanlc par ellc-mcmc et dans un étal de grossesse déjà trcs-avanccc, ne le Irouvèretil point insensible. « Vous connaissez, lui I* dit-il, l'écriture de votre mari, » et il lui remit la iellre. « Jelez-la au feu ; il ne restera plus rien >• qui l'accuse. *• Par cette conduite, il rendit la vie à l'infortunée princesse et s'acquit sur le prince d'Hatzfeld et sa famille une reconnaissance ^ qui ne s'est Jamais démentie.
Dés le lendemain de son entrée, l’empereur rendit visite à la veuve du célèbre prince Henri cl au vieux prince Ferdinand, dernier frère de Frédéric II, père du prince Louis tué à Saalfeld. Il recommanda les attentions les plus délicates pour la princesse Auguste, sœur du roi, princesse héréditaire de llessc-Cassel, restée dans le château de Berlin où elle était récemment accouchée, cl fit assurer des fonds mensuels pour l'entretien de la maison de cette princesse. Par ces démonstrations de courtoisie envers des personnes qu'il regardait comme étrangères à la guerre, il semblait qu'il cherchât i couvrir la violence de ses sorties contre la reine et le parti dont elle avait seconde les passions anti-françaises. Quels qu’eussent clé les torts, la vengeance était cruelle.
Dans ta première audience où l'empereur reçut le corps diplomatique et les principaux personnages du pays, distiaguaiil les paisibles citoyens de Berlin de la faction de château qui les avait dominés, et rappelant les insultes faites au roi lui-même dans la personne de ses ministres par les oliiciers de sa garde, il dit ce mut jusiement condamné : U Je rendrai celte noblesse de cour si petite qu'elle » sera obligée de mendier son pain, n Dans celte même audience, il s'adressa au comte de Néalc : H Eh bien ! monsieur , vos femmes ont voulu la M guerre; en voici le résultat, n On avait saisi une lettre de sa fille ^ à la marquise de Lucchesini où
qu'il prétendait comprit dant let effets que la eapîtiilalioQ l'anlorisait à emporter.
• Pour ôter à l’empereor le mérite de cet acte de clémence, quelques écrivains ont prétendu que les lettres inierceplécs du prioec d'Hatzfeld étaient d'une date antérieure à son entrée en foociioo eomnte gouverneur civil. Celte explication n'est pat saiisbiiMnte. Il y avait déjà plusieurs jours que le prince avait commeoeé à remplir ces foociioua. Au reste, durant l'occupalioD de la Prusae et ensuite dans un autre pays, aysnt vu babituellemeni le prince d'Hatzfeld que j'avais connu pendant mon premier séjour à Berlin, je puis garantir la sincérité de sa profonde reconnaissance pour l’empereur.
* Ce trait entre mille autres était resté dans la mémoire de l'empereur, parce que .M. de Néale étant allé
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