‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 254 sur 298 · CHAPITRE LXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXV

elle disait : » Napoléon ne veut pas la guerre; c’est j >• pour cela qu’il faut la lui faire. » i

La faveur accordée au (roisième corps de précéder l’armée à Berlin n’était que le premier trait de la reconnaissance de l’empereur. Il passa les (rois divisions de ce corps en revue dans la plaine de Biesdorf, et distribua des grades, des décorations, avec une inuniGccncc égale au mérite de ces vaillantes troupes. La revue terminée, il fît former en cercle tous les généraux , colonels , officiers cl sous-officiers , et leur adressa les paroles les plus alTcctucuscs : u J’ai perdu des braves, leur dit-il,

>• je les regrette comme mes propres enfants

« Vous m’avez rendu un service signalé dans celte n circonstance marquante. C’est particulièrement » à la brillante conduite du troisième corps d’armée i> que sont dus les résultats que vous voyez. Dites i> à vos soldats que je suis satisfait de leur courage;

» vous avez tous acquis pour jamais des droits à n ma reconnaissance cl à mes bienfaits. ’< — « Sire,

H répondit le maréchal , le troisième corps sera » pour vous dans toutes les circonstances ce que fut » pour César la dixième légion.» Aussitôt que l’empereur dispensera des litres à scs compagnons d'armes, il donnera au maréchal üavousl le titre le plus beau que ce maréchal puisse porter, celui de duc d’Auerstaedt.

L’empereur devait des témoignages de satisfaction h toute l’armée. Il les lui exprima par une proclamation en date du 26 octobre : u Soldats, vous » avez Justiné mon attente et répondu à la con- » fiance do peuple français.... Vous êtes les dignes J » défenseurs de la gloire de ma couronne cl de S » l’honneur du grand peuple... La cavalerie a riva- ( » lisé avec l'infanterie et rartillcric. Je ne sais à j » quelle arme je dois donner la préférence ; vous - » êtes tous de bons soldats. Voici les résultats de » nos travaux.

» Une des premières puissances militaires de » l’Europe, qui osa naguère nous proposer une » honteuse capitulation, est anéantie. Les forêts,

» les déniés de la Franconie, la Saale, l’Elbe, que >• nos pères n’eussent pas traversés en sept ans,

» nous les avons traversés en sept jours , et livré » dans l'intervalle quatre combats et une grande » bataille. Nous avons fait soixante mille prison-

n Paris à l’époque du constdal, sa fille avait été accueillie avec une bienveillance paiiiculière chez madame Donaparie Cette jeune personne d'ailleurs était du caractère le plus doux cl le plus aimable, ce qui constate encore mieux la réalité du vertige qui avait tourné tonies ’ les tètes A Berlin.

A la suite de cette sonie, l’empereur en avait fait line autre contre les reines qui, maîtrisant leurs maris, 1

» niers, pris cinquante-cinq drapeaux, parmi les- » quels sont ceux des gardes du roi de Prusse , » six cents pièces de canon, trois forteresses, plus n de vingt généraux. Cependant près de la moitié » de vous regrettent de n’avoir pas encore tiré un

» coup de fusil Soldats, les Russes se vantent

n de venir à nous; nous leur épargnerons la moitié n du chemin; ils retrouveront Austerlitz au milieu » de la Prusse.... Nous ne serons plus désormais » les jouets d’une paix traîtresse, et nous ne pnsc- » rons plus les armes que nous n’ayons obligé les » Anglais, ces éternels ennemis de notre nation, A » renoncer à troubler le repos du continent et à la » tyrannie des mers. »

De Berlin, l’empereur avait expédié des instructions à ses divers corps d’armée pour leurs marches ultérieures. I.e maréchal Soult ayant prévenu ses ordres à propos, il lui donna carte blanche. Le corps de ce maréchal et celui du maréchal Ncy avaient formé rinvcslisscmcnt de Magdebourg , lorsque, le ii octobre, on apprit que le duc de Weimar, détaché dans une fausse direction, avant la bataille d’Iéna, revenait à la tète de dix-huit mille hommes, seules troupes qui n’cusscnl pas combattu, cl cherchait à passer l’Elbe. Sur la déclaration du maréchal Ncy que son corps seul était plus que suffisant pour le siège de Magdebourg, Soult s’était porté sur Tangermunde, mais il n’avait pu atteindre qu’une partie de l’arrière-garde ennemie. Après avoir conduit sur la rive droite de l’Elbe les troupes qui étaient sous son commandement, le duc de Weimar les laissa sous les ordres du général Winning et rentra dans son duché d’après le consentement de l'empereur Napoléon. Le général Winning se réunit peu de jours après au général Blucher. Soult, le prince de Ponte -Corvo et le grand-duc de Berg marchaient, par des roules différentes, à la poursuite, de tout ce qui existait encore de troupes prussiennes entre l'Elbe et l’Oder.

Une colonne prussienne du corps du prince de Hohenlohc, sous les ordres du général Schimmclpfenning, fut, le 26 octobre, attaquée à Zchdenick par le général La Salle, perdit trois cents hommes sur le champ de bataille et laissa sept cents prisonniers avec leurs chevaux. La plupart de ces

avaient contribué i la perte des Étals, désignant indirectement la reine Marie- Antoinette et la reine de Naples ; puis, voulant adoucir sa véhémence par une espèce de plaisanterie sur la tendance des femmes à se mêler des affaires publiques, il se tourna vers le ministre turc à qui il dit en riant : «Vous avez raison, vous autres, de les enfermer. •

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