CHAPITRE LXV
rement à Crewitz, une résistance assez vigoureuse, mais toutefois sans que le général prussien voulût recevoir la bataille, quoiqu’il eût encore une force imposante en infanterie, une cavalerie nombreuse et cent lioucbcs à feu. En te voyant se refuser à un engagement général, le prince de Pontc-Corvo lui proposa de capituler et l’avertit qu’entouré, comme il allait l'être, par trois .corps d’armée, il n’aurait, sous peu de jours, nul espoir de salut, u Je ne capitulerai jamais, » répondit Dluchcr, et il parut vouloir se maintenir dans la position de Gadebuseb qu’il occupait alors; mais, des le lendemain ü, il la quittait pour se retirer sur Lubeck, dont il n’était éloigné que de dix lieues. Il y fut suivi sur-le-champ par les trois maréchaux français; le maréchal Soult et le grand-duc de Kcrg marchant par Ratzebourg; le prince de Pontc-Corvo par Schonberg. Chemin faisant, quelques bataillons prussiens furent coupés et pris. Un convoi de quinze cents Suédois, qui voulaient passer la Trave, tomba au pouvoir du premier corps avec son artillerie et scs bagages. liCs procédés bienveillants du princede Pontc-Corvo pour cos prisonniers furent comme une semence jetée dans le coeur de la nation suédoise. De là bientôt sortira pour lui une couronne. Siècle étrange où les Dalécarlicns de Gustave Wasa demanderont pour roi un soldat du Béarn, et où de si singuliers hasards détermineront leurs préférences!
Par malheur pour Lul>eck, cette ville conservait encore quelques ruines de vieilles fortifîcations dont Bluchcr voulut tirer parti pour se défendre. La défense fut hardie, mais inutile. Le corps du |irincc de Pontc-Corvo et celui du maréchal Soult étaient arrivés en même temps, le premier, à la porte de la Trave; le second, à la porte de Mullen. Des deux côtés à la fois les portes furent enfoncées, les bastions escaladés, et l'ennemi repoussé. En vain il se bat dans les rues, sur les places, partout il est écrasé, et les deux corps français se réunissent au milieu de la ville. Le grand-duc de Berg , à son tour, dés qu’il peut trouver passage, s’élance à la poursuite des fuyards et termine la journée en recueillant l'artillerie et les hommes qu’il peut atteindre. Dès le 7 au matin, les trois maréchaux français sortaient de la ville pour envelopper ces débris de l’armée prussienne. Déjà les Français étaient maîtres de Travemunde où Bluchcr voulait se retirer. Déjà l’infanterie prussienne était dépostée de Schwartau, et les Danois se montraient disposés à ne pas souffrir la violation de leur tcrriloirc. Hors d'état de soutenir l’attaque dont il était menacé, le général prussien envoya un parlementaire aux maréchaux français. La capitulation fut signée à Ratkau, le 7 novembre. Infanterie, artillerie, cavalerie, tout fut fait
prisonnier de guerre. On comprit même dans la capitulation les détachements prussiens qui, jetés sur les flancs, avaient été coupés par la rapidité de la marche du prince de Pontc-Corvo. Deux petits corps isolés, composés de quelques bataillons d’infanterie et de débris de cavalerie, se rendirent, l’un à Lunébourg, au général Drouet; l’autre au général Savary, dans Vismar. Dans leur indiscrcto jactance, les Prussiens avaient souvent insulté aux capitulations de l’Autriche. Quel châtiment de leur orgueil! Ainsi fut consommée, en vingt jours à peu près, l'entière destruction de tout ce qui avait combattu à léna; et, pour qu'il ne restât en deçà de l’Oder (non compris la Silésie) rien qui attestât sur ce territoire l’cxislcncc de la Prusse, les dernières places qui s’y trouvaient encore se hâtaient d’ouvrir leurs portes aux Français.
L’inconcevable promptitude de ces capitulations causait aux vainqueurs eux-mêmes autant de surprise que de joie. Après quinze jours de blocus, le marécharNcy, qui assiégeait Magdebourg, en avait commencé le bombardement. Cette place, qui jadis avait soutenu de si mémorables sièges, se rendit le 8 novembre. On y ût vingt-deux mille prisonniers, parmi lesquels se trouvaient vingt généraux et huit cents ofliciers. La ville renfermait sept cents pièces de canon, un million de poudre, un équipage de pont et un matériel immense d’artillerie.
Il restait, sur le Weser, deux places où s’étaient réfugiés tous les détachements prussiens, épars dans la Westphalie et le Hanovre, à l’approche de deux corps d'armée français venant, l'un de Wesel sous les ordres du roi de Hollande, l'autre de la Hesse sous ceux du maréchal Mortier. La place de Hameln, où il n’y avait pas moins de neuf mille hommes, capitula le 20 novembre; celle de Nienbourg, qui avait trois mille hommes de garnison , le 2».
La Silésie va offrir également des capitulations successives. I.es places les plus fortes, les mieux approvisionnées , ne seront pas les dernières à se rendre. Déjà, le 19 novembre, un détachement français, auquel s’étaient joints quelques Polonais de nouvelle levée, avait emporté en un jour la forteresse de Czenstokau.
Tandis que trois corps français sulFiscntà prendre ou à détruire les débris échappés à la première bataille et qu’un corps nombreux des troupes de la confédération du Rhin, sous le commandement du prince Jérôme, occupe la Silésie et en assiège les places, les corps des maréchaux Davoust, Latines et Augereau sont déjà entrés en Pologne où le reste de l'année va incessamment les suivre. Des trou|)cs françaises ont pris possession de l'électorat de Hesse, du duché de Brunswick, des possessions
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G i: ERRE ET POLITIQUE.
du prince d'Orange-Flud,dQ Mec|denbourg et des villes anséatiques
La vie politique de Napoléon n'a pas été moins pleine que sa vie militaire. Tout en poursuivant le cours de ses succès, il prononçait sur le sort de trois des princes que nous venons de nommer, le duc de Brunswick, l’électeur de Hesse et le prince d'Orange. Il négociait avec la Saxe, avec la Pru^, avec la Porte-Ottomane, avec la cour de Vienne. Il adoptait à Berlin la grande mesure du blocus continental, communiquait cette mesure au sénat par un message, et demandait la levée par anticipation de la conscription de 1807. Enfin rendu à Posen il soulevait, sans la décider, la question du rétablissement de la Pologne ou d'une partie du moins de la Pologne. A ces graves opérations dominées elles-mêmes parle mouvement de la guerre présente, se mêlaient des soins d’un ordre non .moins important que son esprit infatigable réunissait sans effort dans son universalité.
Peu de jours après la bataille diéna , le duc de Brunswick, au milieu des souffrances causées par ses blessures, n’oubliant point l’intérêt de ses États, avait envoyé son maréchal du palais auprès de l’empereur Napoléon pour lui présenter une lettre par laquelle le duc les recommandait à sa bienveillance. L’empereur ne se crut pas obligé à respecter dans les vaincus des droits qu'ils n’eussent pas respectés en lui. Une trop belle occasion lui était offerte pour qu'il ne la saisit pas, celle de punir avec éclat, dans le général prussien de 1806, le signataire de la fameuse proclamation de 179Ü; sa réponse fut calculée pour plaire aux passions populaires. « Dites, monsieur, aux habitants de Brunsn wick > qu’ils trouveront dans les Français des » ennemis généreux ; dites au général Brunswick » qu’il sera traité avec tous les égards dus à un n officier prussien ; mais que, dans un officier prus-
■ A propos des villes anséatiques, le marquis de Lucchesini fait une longue note et de longues citations pour établir que Napoléon n'aimait pas les gouvernements libres; comme si, en faisant occuper Hambourg, Brême et Lubeck, l’empereur pouvait avoir eu d’autre objet que d'anéantir le commerce anglais sur le continent, il s’agisssit bien là de liberté civile ou politique ! En pareil cas, Tempereur eêt de même occupé Constantinople. La manie de l’accusation a quelquefois, même chez un homme d'esprit, des à-propos bien ridicules.
* 16* bulletin.
* Ce fut un bonheur pour moi d’avoir été appelé auprès de Pempereur auMitêt après la bataille «Tléna. Cette eireonstance me sauva le désagrément de signer cette terrible note. Elle fut signée par le secrétaire de légation que j'avais laissé à Cassel. A mon départ de cette ville pour me rendre au quartier général impé-
1 Bir.vov.
» sien , je ne pois reconnatlre un souverain. S’il a arrive que la maison de Brunswick perde la sou- » verainclé de ses ancêtres , elle ne pourra s’en » prendre qu’à l'auteur de deux guerres qui, dans a l’une, voulut saper jusqu'en ses fondements la a grande capitale; qui, dans l’autre, prétendit désa honorer deux cent mille braves qu’on parviena drait peut-être à vaincres.mais qu’on ne surprena dra jamais hors du chemin de l'honneur et de la a gloire. Beaucoup de sang a été versé en peu de a jour^; de grands désastres pèsent sur la monar- » chie prussienne. Qu'il est digne de blâme cet » homme qui pouvait les prévenir si, comme Nésa tor, élevant la parole au milieu des conseils, il a avait dit : jeunesse inconsidérée, taisex-vous; a femmes, retournex à vos fuseaux; et vous, sire, a croyex-en le compagnon du plus illustre de vos a prédécesseurs; puisque l’empereur Napoléon ne a veut pas la guerre, ne le places pas entre la gloire a et le déshonneur, a I.e fond de justice sur lequel portent ces reproches n’en excuse pas la sévérité. Il semble que l’empereur cherche à sc la faire pardonner par l'indulgence qu'il montre pour les jeunes gendarmes , dont il trouve que les torts sont excusables; mais cette apparente indulgence ne tend qu'à justifler une remarque non moins dure qui lui échappe plus tard : a Qu’aura donc la vieil- » lesse de respectable, dit-il, si aux défauts de sop a âge elle joint la fanfaronnade et l’inconsidération a de la jeunesse? a
L’occupation de la Hesse par le maréchal Mortier et l’entrée de ce maréchal à Cassel avaient eu lieu le 51 octobre. La veille, 50, le chargé d’affaires de France auprès de l’électeur remettait à ce prince une note renfermant l’exposition des principaux griefs qui avaient déterminé cette mesure. « Le soussigné, porte cette note, est chargé de déa clarer * à S. A. S. le prince de Hesse-Casscl, marial, Pélecleur, affectant d'être tranquille pour luimême, me remit une lettre par laquelle il recommandait le prince d'Anbalt-Bernbourg, aon gendre, à la bienveillance de l'empereur. L’accueil qui fut hit à cette lettre m'apprit que c'était pour lui-méme que l’électeur devait être inquiet. L’empereur me donna à lire la note qui devait être remise à ce prince, en me disant de voir s’il n’y avait pas quelques changements à faire dans la rédaction. Je relevai une assertion inexacte, celle qui porte : « que les troupes prussiennes ont traversé tons • les États de Hesse-Cassel pour attaquer Parmée fran- > çaise à Francfort. » Je lui dis que le corps de Blueber n’avait fait que sept à huit lieues dans la direction de Francfort; que le lendemain il avait rétrogradé et marché sur Eisenach. L’empereur approuva cette correction. Elle fut oubliée.
CHAPlTnE LXV.
(tSOOj
» réchal au »nice de Prusse, que S. H. Tempe* » reur a une parfaite connaissance de l’adhésion
• à la coalUion de la Prusse de la part de la cour n de Cassel ;
» Que c*est en conséquence de cette adhésion N que les scmeslricrs ont été appelés, des chevaux » distribués à la cavalerie, la place de Hanau apk provisionnée et abondaminenl pourvue de gar> H nisoii;
» Que c'est en vain que S. M. a fait connaître à
M. de Malsbourg, ministre du prince de Hesse- » Cassel à Paris, que tout mouvement, que tout » armement de la part du prince de Hesse-Cassel » serait regardé comme une hostilité; que, pour I* toute réponse, la cour de Hcsse Cassel a donné K ordre à M. de lUaIsbourg de demander des passe*
ports à Paris et de retourner à Cassel;
» Que depuis les troupes prussiennes sont en- » trees à Cassel ; qu'elles y ont été accueillies avec n clUhousiasme par le prince héréditaire, général I* «vu service de Prusse, qui a même traversé la H v ille à leur télé ;
a Que CCS troupes ont traversé tous les Etals de » Hcssc-Casscl pour attaquer Tarniée française k » Francfort;
M Qu'immodiatementaprès, le plan de campagne » de Tarméc française étant venu à se développer,
* les géiicrauz prussiens ont senti la nécessite de n rappeler tous les délachcnienis pour se concen- » trer à Weimar afln de livrer bataille ;
» Que c'est donc par TcITet de circonstances mi- M lilaircs et non de la neutralité de la Hesse que les U troupes prussiennes ont rétrograde sur leurs lieux » de rassciiiblcmeiit ;
» Que, |>endant (oui le temps que le sort des ■ armes a été incertain , la cour de Hesse a conli- » nue scs armements, toujours en opposition aux >• dédaralions de Tcmpereur qu'il considérait tous H armements comme un acte d'hoslililé;
M Que les armées prussiennes ayant été battues i« et jetées au delà de TOder, il serait aussi imprua dent qu'insensé de la pari du général de Tarmée
» française de laisser se former cette armée beasoise B qui serait prête à tomber sur les derrières de » Tarmée française, si elle éprouvait on revers. »
La conclusion de la note était qu'il restait i Té* lecteur à juger ■ s'il voulait repousser la force par n la force et rendre son pays le théâtre des déa saslres de la guerre. »
La substance des faits reprochés à ce prince était rigoureusement vraie. Jusqu'à la veille de la bataille d'iéna, il avait été en son pouvoir de conclure avec le ministre deFrance une convention de neutralité, mais en mettant scs troupes sur le pied de paix, cl il ne l’avait pas voulu. Ce n'étailqu'après la nouvelle de celte bataille qu'il avait consenti à désarmer, c’est-à-dire qu'il désarmait parce que le vainqueur n’était pas celui en faveur duquel il s'élail tenu prêt à combattre.
Lorsque, le octobre, Tempereurdiclait à Postdam la note qui annonçait à Télcctcur Toccupatiun militaire de son pays, il n’avail pas encore pris, sur la dépossession de ce prince, une résolution défînilive. Deux plénipotentiaires de l'électeur, le baron de Malsbourg cl le général Lepel , accoururent au quartier-général français pour réclamer la conservation de la souveraineté de la Hesse dans sa famille. Arrivésà Berlin, ces agents s’adressèrentâ M. de Talleyrand qui les renvoya vers le prince de Neufebâtei , attendu que TafTaire de U Hesse était devenue toute militaire. Le prince de Ncufchâtel les renvoyait vers M. de Talleyrand en alléguant que, pour lui, il ne se mêlait pas de politique. Lu générai Duroc, informé de la présence de ces plénipotentiaires à Berlin et des démarches qu’ils avaient faites pour être admis, en donna connaissance * à Tcmpereur, qui parut un moment n’étre pas éloigné de se laisser fléchir; mais ce mouvement d'indulgence ne se soutint pas, et le sort des princes de Brunswick, d'Orange-Fuld et de Hetsc- Cassel fut décidé. L’arrêt en fut prononcé par le S7* bulletin en date du 6 novembre.
Les plénipotentiaires prussiens, qui-se trouvaient au quartier général français, MM. de Lucchesini
' Ce fut mot qui înttruUU de rei fiiits le général Duree, et il en parla 1 l'empereur peiMlmt ton dèjeiinor. Je fu» appelé «tvuitêl. L'emperenr me quefilionni sur lea pruposiiions qu'apportaient les eovoyca de l'électeur. Je tes lui exposai. L'électeur demandait à rentrer dans scs États, mais ses places, Rioteln, Hanau. Uarbourg, resteraient aux Krançais; il joindrait douxe mille hommes à l'armée fraoraise cl consenlail à porer une contribution exlraordiu.iire. Ces offres ne Rirent point brusqurineai rejetées; l’empereur s’y arrêta, l’idée d'un corps de douze mille hommes tie bonnes troupes qui pouvait être mis de suite â sa disposition le frappa particuliérement; il me tit diverse# questions sur les trou-
pes bessoises, sur certaines qualités de l’électeur (son esprit d'ordre et sa fermeté) qui ne lui déplaisaient pas, et mes réponses, conformes d’ailleurs à la vérité, semblèreiit fixer son attention d'une manière fovora- Ide. Il parla pendant quelques minutes de façon k me donner Tespoir qu'il allait accepter les pro;.osiiioaa de Télecieur, lorsque, s’inlcrroinpaiit tout à coup et changeant brusquement dr ton, il me dit: «Bah!
• Brunswick, Nassau, Casse), tous ces priuccs-U sont ■ esaeolielleroent anglais, ils ne seront jamais de nos
• amis; B et en acbevani ces mots il partit pour aller passer une revue. Deux jours après parut le 97* bulletin.
[IWW)
GUERRE ET POLITIQUE
et de Zastrow, élevèrent quelques réclamations en rarenr du prince d’Orange-Fuld, beau-frère du roi. Il'Ieurfut répondu que ce n'élait qu’un châtiment trop mérité par les instigateurs et les complices de la présente guerre, par les perturbateurs du repos général de l’Europe.
A l'égard du MecLIcnbourg, roccupalion ne devait être qu'une mesure temporaire. Pour juslifler cette rigueur, l’empereur rappelait que, l’année précédente, ce pays avait été ouvert par un traité aui troupes russes qui se rendaient dans la Poméranie suédoise sous les ordres do comte Toisloy. Cet acte de rigueur fut borné au duché de Mecklenbourg'Schwérin. Lorsque l’empereur fut consulté pour savoir si scs ordres s’étendaient aussi au duché de Merklenbourg-Strélilz, il 6t une réponse négative. Plus généreux en actions qu’en paroles, sévère envers la reine ^ de Prusse jusqu’à rinjustice, il avait du moins l’attention de respecter la famille de cette princesse.
On aurait pu croire que la position de réiccleur de Hesse, qui n'avait point porté les armes, était plus favorable que celle de l’électeur de Saxe dont les troupes marchaient dans les rangs des Prussiens à léna. Au fond, la conduite de l'empereur envers ces deux princes fut conforme aux lois de la plus stricte équité. En combattant, l'électeur de Saxe n’avait cédé qu’à la violence. I/élecleur de Hesse, en retardant le combat, n'attendait qu’un revers de Napoléon pour se déclarer contre lui. Cette différence dés sentiments de ces deux princes expliqde la conduite tenue envers l'un et envers l'antre.
H est encore une autre cause qui pouvait n’avoir pas été sans influence sur la détermination de l'empereur. Sorti do sein de la nation pour monter sur le trône , il y avait conservé le souvenir des jugements que les peuples portent sur les princes, et ces jugements, sa raison comme son intérêt lui commandaient de les respecter.
Dans rélecteor de Hesse, l'opinion voyait un prince avare, enrichi par le trafic du sang de ses peuples avec l'Angleterre, et par les impôts levés sur 1a population pauvre de ses Étals; un prince qui , au lieu de rendre au peuple en institutions utiles ou même en dépenses de luxe le produit annuel des contributions, s'était fait ie banquier usoraire de tous les princes ou grands seigneurs altemandi, et accumulait en outre d'énormes capitaux dans les banques étrangères. Dans l'électeur
' La reine était fille du duc de Meckleobourg-Slrélitz.
* Le marquis de Liicchesini reproche k l'empereur ce départ comme un acte d'incivilité. Nont verrom pins tard que cet envoyé pruiaicn avait aigné un armiaiice
de Saxe, l’Europe cl les Saxons surtout bénissaient un prince sage, économe sans avarice, généreux sans prodigalité, qui, dès sa plus tendre jeunesse, occupé du bien-être d’un pays qu’il avait trouvé dans la misère, avait cicatrisé toutes les plaies et fait renaître l'abondance et la prospérité.
Le soin de l'empereur à se mettre d'accord avec ces opinions populaires pouvait être un calcul personnel. Ici ce calcul se trouvait de plus en barmonte avec l'ancienne politique de la France. A Dresde, Napoléon détruisait, comme à Rosbach, l’ouvrage de Frédéric II, et la Saxe, province prussienne depuis 1756, recouvrait en 1806 son indépendance, du moins à l’égard de la Prusse. En un sens, il est vrai, elle ne faisait que changer de dépendance; mais, hors des cas extraordinaires, il est avantageux pour un État faible d'avoir pour allié principal un monarque dont les Étals sont placés à une grande distance des siens. Un allié puissant, trop voisin, est presque toujours un oppresseur. Dés le 33 octobre, la cour de Saxe avait déclaréqu'elle n’étail pas en guerre avec la France. Aussitôt que l’empereur Napoléon était arrivé à Berlin, l’électeur avait envoyé auprès de loi son grand-chambellan, le comte de Bose, pour y compléter la réconciliation par un traité de paix. Inipaltcnl de consommer cet important ouvrage, dont la conclusion mettrait un terme aux charges qui pesaient sur son pays, l'électeur partit lui-méme pour Berlin, où il était rendu le 38 septembre. Des intérêts graves avaient porté l’empereur à quitter * deux jours auparavant celte capitale. Ce fut à Posen que se suivit la négociation pour la paix de la Saxe. Le traité fut signé, le 1 1 décembre, par le comte de Bose et le grand-maréchal du palais, le général Duroc.
Par l'article S, l'électeur accédait à la confédération du Rhin; il entrait, par celte accession, dans tous les droits et toutes les obligations de l'alliance.
L’article 3 stipulait que ce prince prendrait le titre de roi.
L'ascendant de Napoléon est tel que le droit qu’il s’attribue de faire des rois semble n'étre plus de sa part que l'usage d’une incontestable prérogative.
Lesarticles 5 et 6 déterminaient un léger échange de territoire.
Le contingent futur du royaume de Saxe devait
qu’il prévoyait Dc di-roir pas être ratifié, mais dans le but dn Faire perdre du temps S l'empereur. L'incivilité de l'empereur est de n'avoir pas voulu donner dans le piège.
CHANTllt I.XV.
[IMTi]
(no
flre, d'après l’arlicle 8, Hsc à vingt mille hommes; uiaiSf pour la présente campagne, il était réduit, par l'arlirlc 9, à quatre mille deux cents hommes d'infanterie, quinxe cents de cavalerie, et trois cents d'artillerie.
De tous les articles du traité, le plus remarquable était le cinquième. Berceau de la réformation, la Saxe appartenait au luthéranisme pur. Depuis 1621, les luthériens seuls y Jouissaient de droits politiques et du libre exercice de leur culte. La conversion de Frédéric-Auguste en 1^97, dans le but de se frayer un chemin au Irène de Bologne, n'avait rien changé à cette législation. Ce prince n'avait pu, d'après les principes de la paix de Westphalie, accorder aux catholiques que la sim* pie tolérance civile! Telles étaient les lois encore existantes en 1806. En celte circonstance, 1a force devint, chose trop rare, l'auxiliaire de la raison. Il fut convenu par l'article 8 « que l'exercice du w culte catholique serait, dans la totalité du royaume » de Saxe, pleinement assimilé à l'exercice du culte » luthérien, et que les sujets des deux religions M jouiraient , sans restriction, des mêmes droits K civils et politiques, S. M, Vempereur et roi /ht* » tant une couiJitioH par//c«/iére de cet objet. Le emur du respectable souverain de la Saxe n'avait pas besoin de contrainte pour admettre une condition que son esprit judicieux eût désirée, lors même qu'il eût appartenu au culte dominant; mais en raison de son respect pour d'anciennes lois qu'il conservait, tout en les condamnant, dans la crainte de blesser l'opiiiion de scs sujets, il fallait constater que le changement qu'elles subissaient était une exigence du vainqueur.
Telle a été l'animosité de certains écrivains contre Nap<iléon qu'ils l'ont blâmé d’avoir protégé en Saxe la liberté de conscience, comme on l'avait blâmé antérieurement d'avoir mis un terme aux proscriptions par un traité avec le roi de Naples.
I/C même jour, 11 décembre, il fut pareillement conclu à Bosen un traité par lequel furent admis dans la confédération du Khin tous les princes de la maison de Saxe, les ducs de Saxe- Weimar, Saxe* Gotha, Saxc-Ucinungen, Saxe-Hildburgbausen et .Saxe-Coliüurg. Il y eut plus tard une exception pour ce dernier, ('omme le duc de Saxe-Cobourg cuinballait dans les rangs ennemis, un décret du 1 1 janvier ordonna qu'il fût pris possession de son pays pour l'administrer au nom de l'omitcreur.
D’après le refus de l'empereur Napoléon sur la demande d'armistice que lui avait adressée le roi de Brusse, îniinédialcinenl après la bataille d'iéna, H. M. prussit'iine avait envoyé vers lui un plénipoienfiairc pour entamer des négociations de paix. Le marquis de Lucchesini s'était, le SO octobre,
présenté aux avant-postes à Witteniberg, avec une lettre du roi pour l'empereur. Ce dernier, suivant l'expression même de H. de Lucchesini, ne se montra point du tout éloigné d'un prompt arrangement. I»e général Duroc fut chargé de conférer avec le plénipotentiaire prussien. I<es conférences ne sont pas longues, lorsque l'une des parties est dans une position telle qu’il est en son pouvoir de dicter les conditions.
L'empereur Napoléon demandait w que la Prusse
• renonçât à toutes les provinces qu’elle avait jus- N qu'alors possédées entre le Rhin et l'Elbe, h || exigeait « une contribution de cent millions de » francs pour indemnité des frais qu'avait causés » â la France une guerre entreprise sans aucun K juste motif. » Enûn il voulait «que le monarque
■ prussien cessât de se mêler, sous aucun prétexte,
■ des affaires d'Allemagne, etn (comme H avait le projet de réunir tous les princes allemands dans une même confédéfWion) « que S. M. prussienne M s'engageât â reconnaître dans ces princes les ti- » très et le rang qu'il lui conviendrait de leur don-
• ner. « Ces conditions étaient dures sans doute . mais aussi dans quel état se trouvait la Prusse! Bar ce traité, s’il eût été conclu , le roi conservait Magdebourg cl la Vieille- Marche. Il n'étaîl pas encore question alors de la Prusse méridionale (la Bologne prussienne). Quelle différence entre ces conditions et celles qu'il faudra subir à Tilsill!
Il est en politique des moments qu'il faut saisir, surtout quand les résolutions des monarques peuvent être liées à la marche d’une guerre qui ne s’arrête pas. Le plénipotentiaire prussien n'eut pas, dit-il, le courage de souscrire â des conditions si exorbitantes sans en avoir référé au mioistère du roi. Le manque de courage en cette occasion était un manque de prévoyance. (Courir le risque d'ëtrc désavoué eût été un acte de dévouement qui, dans tous les cas, aurait eu un effet salutaire, au lieu que refuser de consentir sur-le-champ aux demandes de l’empereur était lui laisser le droit d'exiger uUérieureineiil des conditions plus onéreuses encore pour S. M. prussienne. Ce danger était trop réel.
Lorsque, le 27 octobre, le général de S^strow apporta uuc lettre du roi renfermant l’acquiescement de ce prince aux propositions faites â son envoyé à Willemberg, i'éut des choses était changé et changeait à chaque instant. La négociation devint froide cl languissante. « L'empereur parais- » sait * n'avoir pas encore déterminé le moment où » il devait accorder la paix à la Brussc; il était las
' Langage des plénipoicniiâtres Françait rapporté par le marquis de Liiochesioi.
— BigfHZLTH5y-Goeglc
r.UKURE KT P0UTI(,)1:E.
» de montrer aai vaincut une générosité qui ne » portait pour lui que des fruits amers d'ingrati- » tude et de perfidie. Tout bien examiné , il était H reconnu que c'étaient les intrigues anglaises qui n avaient armé les cours du nord contre la France; H qui avaient produit le refus fait par l'empereur n Alexandre de ratifier le traité de Paris et poussé » la Prusse sur le champ de bataille, en sorte qu’au a premier retenlisseinenl du bruit des armes sur a les bords de la Sprée le négociateur britannique a en France, lord Lauderdale, n’avait plus dissi- « mulé la volonté de rompre une négociation qui, a sans ce soulèvement de la Prusse, aurait pu, a d'après ses premiers progrès, amener la pacificaa üon complète de l'Europe. C’était donc l’AnglC' M terre qu'il importait d'atteindre dans la Prusse, a et ce serait sur la conduite du cabinet de Lona dres, relativement A la restitution de ses conquéa tes, que l'empereur mesurerait l'état futur de la a monarchie prussienne. «
Dans leurs déclarations aux plénipotentiaires prussiens, les négociateurs français, M. le prince de Bénévenl et le général Duroc, avaient dit que c'étaient les guerres du continent, res guerres sans cesse allumées par l'Angleterre, qui avaient contribué A la destruction de la marine de la France, de l'Espagne et de la Hollande. Rien de plus simple, de plus vrai que le fond de cette pensée. On s’étonne que l'un des plénipotentiaires prussiens ait pu y trouver matière A une interprétation ridicule. «VoilA bien, s'écrie le marquis de Lucchesini, » le langage des passions ! Quoi ! la destruction des » flottes de la Hollande, del'Espagneetdela France » serait le crime de la Prusse qui n’a que la Havel » et la Sprée pour océan; pour vaisseaux, que des » barques de pécheurs! » Travestir ainsi une assertion raisonnable serait un trait de mauvais godt échappé A on borame d'esprit, si, ce qui est plus grave, ce n'étail pas un acte de peu de bonne foi de la part d'uii historien.
Parmi les causes qui auraient fait naître de nouveaux obstacles à la paix , les plénipotentiaires prussiens regardèrent comme la plus influente les démarches faites auprès de Napoléon par de$ sujet* diiqyûu* de la Prusse méridionale, c'esl-Adire, par des Polonais qui étaient venus lui demander l'alTranchtssemenl de leur patrie. Cette considération devait être grave sans doute auprès de l'empereur. N'eût-il pas eu le désir de contribuer à la résurrection de la Pologne, sa politique, en aucun cas, n'eût dû refuser un secours aussi précieux tant contre la Prusse que contre Ia Russie, mais ce désir en lui était sincère et nous en aurons la preuve. Enfin les plénipotentiaires prussiens, ce sont eux-mémes qui te déclarent, recon-
nurent que l’empereur ne voulait point en venir A un accord définitif avec le roi de Prusse , A moins que la victoire d'iéna et les succès qui en avaient été la suite ne produisissent la paix générale. Un tel aveu renferme t-il un sujet de blAme pour Napoléon? Pouvait-il avoir une antre pensée? et en effet qu'aurait signifié une paix partielle avec la y Prusse, paix que la Russie même n'aurait pas res-"^ pectée, tant que l'Angleterre ne sc serait point aussi ralliée aux dispositions pacifiques de S. M. prussienne?
Il n'y avait donc pas lieu de conclure avec la Prusse une paix immédiate, dont les stipulations, forcément précaires, auraient été remises en problème par la continuation de la lutte entre les autres puissances; mais le même inconvénient n'existait pas A l'égard d'une trêve qui aurait permis d'ouvrir des négociations avec les cabinets de Pé- (ersbourg et de Londres. Une trêve offrait aux trois puissances continentales des chances diversement favorables; A l'empereur Napoléon, l'avantage de laisser reposer ses troupes dans de bons canlonncmenls et d’éviter les opérations d'biver;
A l'empereur Alexandre, la facilité et le loisir de faire arriver sur la frontière prussienne des forces plus considérables; au roi de Prusse, radoucissement qui lui était offert dans les mesures rigoureuses adoptées A l'égard des provinces de ses États occupées par l'armée française. Dans l'inlérét bien entendu des trois princes, cette trêve était tellement une nécessité qu'après de nombreux combats. restés indécis, nous verrons s'en établir une d'elle-méme, par la force des choses, et sans convention préalable. Les plénipotentiaires prussiens, UM. de Zastrow et de Lucchesini , se prêtèrent A la négociation qui leur fut proposée, et le 16 novembre une suspension d’armes fut signée A Charlolten bourg.
D’après cette convention , les troupes prussiennes devaient se retirer A Konigsberg et dans la Prusse royale depuis la rive droite de la Vistule.
Les Français devaient occuper, comme places de sûreté, Culberg, Danzig, Graudenx, Thorn, Glogau, Breslau, Hamein et Nienbourg. Une partie de U Prusse orientale ou nouvelle Prusse ne devait être occupée ni par les Français, ni par les Prussiens, ni par les Russes. Pendant la durée de la trêve, le roi ne devait recevoir sur son territoire aucunes troupeséirangeres et s'engageait A faire rétrograder les troupes russes, si déjà elles y étaient entrées.
En signant cette suspension d'armes, les plénipotentiaires prussiens ne pensaient pas que le roi dût la ratifier, mais l'espoir > qu'ils avaient de l’ar-
' Marquis de Lucchesini, lome II, page 189.
CHAIMTRK LXV.
rivée prochiiine des Russes à Varsovie leur faisaU aUaclier hcaucuapd'imporlancei retarder de quelques Jours le départ de Napoléon pour Posen, où l'appelait la Prusse méridionale impatiente Me sc révolter. Sous ce rapport, ils ne firent pas un faui calcul. En effet, tandis que le général Duroc, porteur de la ratification impériale, se rendait auprès du roi de Prusse â Osteroüe pour obtenir la sienne, Napoléon attendait à Custrin b réponse de S. H. prussienne, et ce ne fut qu'après avoir reçu une réponse négative qu'il continua son voyage vers Posen. Celte eiplicalion de la conduite des plénipotentiaires prussiens, donnée par eus-oiémes, confirme ta justesse des reproches faits au marquis de Lucchesini de n'avoir pas, le 21 octobre, souscrit la convention qui lui avait été proposée i Witlemberg. Sa faute, en cette première occasion, avait été d’autant plus grave que, par ce dernier exemple, on voit qu'il ne se faisait pas scrupule de signer un acte qu'il prévoyait bien ne devoir pas être ratifié. Le motif du refus du roi était « qu'une partie des provinces encore en sa puis-
* sancc était déjà occupée par les Russes; qu'il se » trouvait cnlicrcnicnt dans leur dépendance, et « qu'ainsi il ne pourrait exécuter les conditions de
* i'amiislicc conclu. »
fausse réserve du ministre, inopportunément timide, qui avait craint d'adhérer aux propositions de paix faites à Witteroberg, avait réduit le roi à ne pouvoir plus obtenir qu'une suspension d’armes. Le refus de ratifier cette suspension d'armes va décider du sort de la Prusse méridionale.
Pour l'hypothèse de ce refus cl pour celle d'une occupation prolongée du territoire prussien, l'empereur, pendant son séjour à Berlin, avait organisé une administration française des provinces conquises. X<es autorités prussiennes étaient maintenues dans leurs fonctions, dans la jouissance de leurs traitements; niais il y avait auprès de chacune d'elles un agent français, chargé de surveiller leurs opérations et de faire verser les revenus du pays
* ImpazicDtc di ribelUre. M. de LueebetiDi, tome II,
page 18â.
* Daaa le« premiers jours qui suivirent rentrée de Teropereur Napoléon à Berlin, il me dit ; « Il y a ici a beaucoup de républicains, n'est-ce pas? • Je répondis qu'il y avait des imaginations exaltées, peut-être même quelques jacobins. Il reprit : • Eli bien, je ne le dissis mule pas, je ferais volontiers ici une république. ■ Comme JVxprimai Fortement le doute qu'on votilàl s'aventurer.... il m'intrirompil ; • Ah, oui, la crainte
* du retour!,.... • etel n'en Fui plus question.
* En qualité de commissaire impérial, je dressai le pmrès-verbal de cette étrange cérémonie. La veille du jour où elle cul lieu, un des uiinisires du roi, le baron
dans la caisse du receveur général de l'armée. Ces commissaires et intendant français étaient pris en général dans b classe des auditeurs au conseil d'Etat cl des sous-inspecteurs aux revues. Après un apprentissage fait en pays ennemi, il élail bien difficile. à ceux de ces auditeurs qui devenaient préfets en France, de ne pas conserver quelques-unes des habitudes de leur noviciat. Tous ces agents étaient sous les ordres d’un administrateur général des domaines et des finances qui correspondait avec riiilcndant général des pays conquis, M. le conseiller d'État Paru. Celui-ci, qui était en même temps intendant général de l'armée, placé près de l'cmpcrcur, recevait ses ordres directs.
Une obligation fort dure fut imposée aux autorités prussiennes, obligation que l'empereur avait épargnée à l'Aulrichc en 1809, qu'il lui épargnera encore en 1809. A Vienne il avait craint, disait-il, de distraire la fidelité due au légitime souverain. A Berlin, il exigea un serment qui rompait tout rapportcnlre le monarque et ses sujets. Ce serment rendait presque problématique ^ le rétablissement de la maisun régnante. La formule en était ainsi conçue : « Je jure d'exercer loyalement l'autorité a qui m'est confiée par S. M. l'empereur des Fran- » çais, roi d'Italie, et de ne m'en servir que pour n le maintien de l'ordre et de la tranquillité pu- » blique; do concourir de tout mon pouvoir à » l'exécution de toutes les mesures qui seront orm données pour le service de l'armée française cl a de n'entretenir aucune correspondance avec ses a ennemis. » I.a prestation * de ce serment eut lieu avec solennité dans une salle du pabis, devant un trùnc décoré des armoiries impériales de France , à côté duquel se tenait debout le général Clarke, gouverneur de Berlin. Les premières personnes qui le prêtèrent furent cinq ministres du roi de Prusse, MM. de Goldbeck, grand-chancelier, chef de la justice ; de Reck, ministre spécial de la jus> lice; de Tbulemeicr, ministre d'une partie des cultes; de Massow, ministre d'une autre partie des
de Rêden, chargé du dêpartemeni des mioet, ra'exprioia sa profonde rêpiignanre à te séparer ainsi de son souverain. Jetai représentai que, s'il ne continuait pas it diriger ce dépariemeal, radmioistraüoD française ne songerait qu'à verser le plus de produits poMibles dans les caisses de l'arniée sans s’inquiéter de détruire tous tes l>eaux élahlissemcals ; que si, au contraire, il en conservait la surveillance, nous nous cunleoirrioas de cueillir le fruit sans couper l'arbre par le pied. U se rendit à cet raisons, mais les larmes aux yeux, te eondaioDant à paraître infidèle au roi pour lui sauver quelques débris. Ce fut sans contredit le même raisonnement qui détermina en général la conduite dea autres autorités prussiennes.
Di-