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CURniUi ET POLITIQUE.
cultes avec diverses allributions sur des établissemcnls publics de charilc el d’inslruclion ; de Rc> den, chefdu département des mines.
La docilité ebi pressée qui se soumit à ce serment est, avec les capitutalions en rase campagne et la reddition des plus fortes citadelles, un de ces actes qui ne s'expliquent que par le délire du découragement résultant de la dissolution brusque et inattendue d'une grande monarchie. A la vérité, par rapport à l'autorité civile, un sentiment patriotique pouvait dicter cette soumission, parce qu'elle avait l'utile effet de conserver au corps de l'État Torganisation existante; mais celte pensée est de celles qu'il ne faudrait pas analyser, de peur à'j découvrir unedistinction entre l'État ella dynastie.
Le décret qui établissait une contribution extraordinaire sur les pays en guerre avec la France, portait la date du 15 octobre, le lendemain de la bataille d'Iéna. Le total de la somme demandée s'élevait i cent cinquante-neuf millions de francs, répartis de la manière suivante : cent millions sur les États du roi de Prusse en deçà de la Vislu'c; vingt-cinq millions sur l'électeur de Saxe; deux millions sur le duc de Saxe-Weimar et neuf millions sur le Hanovre. Le reste était distribué entre Pclectorat de Hesse, le duché de Brunswick et quelques autres petits Étals associés aux mouvements de la monarchie prussienne.
Un fait, qui paraîtra un jour difficile à croire, est que le payeur général de l'armée française n'avait, pour la campagne de Prusse, emporté d'argent français au delà du Bhin ^ qu'une somme de vingt-quatre mille francs en or. C'est le pays, théâtre de la guerre, qui désormais va pourvoir à tous les besoins, la solde comprise. A l'époque de l’évacuation du territoire prussien en 1808, après que deux cent mille hommes de nos troupes, sans compter les alliés, auront vécu deux ans sur le territoire conquis, nous donnerons le tableau des recettes que la guerre aura fait entrer dans les caisses françaises.
On a beaucoup blâmé et les contributions extraordinaires de guerre, demandées par l'empereur Napoléon aux pays occupés par ses armes, et l'organisation d’une autorité française qui semblait menacer la maison régnante d'une spoliation générale de ses Étals.
* Nous avons vu précédemmeot quelle masse de fonds Tempereur avait eu soin de foire réunir à Strasbourg et à Mayence.
* La natura de* Frances tè appetitosa dî quello <faliri. di che insiene col suo e quello altri è poi prodiga , e perù il Francese ruberia cou lo alito per roangiarselo, e mandarlo male, e goderselo con colui a ebi lo a rubato.
’ Les Mémoins d‘um Homme d'EUtt discal que ce
A l'égard des contributions de guerre, Napoléon n'avait fait que suivre un usage pratiqué dans tous les temps et notamment par les princes que l'histoire a traités avec le plusde faveur. Sous l.ouis XIV, l'intendant de l'armée Hobtrt tira un million six cent mille florins de la seule province d’IUrcchl. Kn 1740, Marie-Thérèse exigea vingt-quatre millions de la ville de Gènes. On sait quelles exactions Frédéric 11 exerça sur toute la Saxe, avec quelle rigueur surtout il traita les négociants de Leipsig. « On les mit en prison, raconte le royal historien, » et ils payèrent. » Peut-être le système de contributions de guerre, imposées par le vainqueur, en l'obligeant à défendre le pays du pillage de ses troupes, épargne-t-il un plus grand mal. Il a du moins le triste avantage de répartir les charges d’une manière égale pour les habitants. Du reste la nation française est celle dont les extorsions en pays conquis sont le moins désastreuses, el c’est ce que dès longtemps ont reconnu les peuples qui ont eu le plus souvent à subir des invasions étrangères. L’allemand pille , économise cl emporte avec lui son butin. Les Français au contraire sont, dit Machiavel, « affan»ès du bien d’autrui, mais > c’est pour le prodiguer avec le leur.... Ils man- M genl volontiers, avec l’homme qu’ils ont dé- » pouillé, le produit du pillage dont il a été la vie- » lime *. »
Quant â l'organisation d’une autorité française pour administrer le pays soumis à une occupation militaire, celte méthode, autorisée par de nombreux exemples, était surtout justîflée par celui des puissances coalisées elles- mêmes, dans les premières années de la guerre de la révolution. En 1795, une proclamation du prince de Cobourg, datée du 13 juillet, annonça «qu’il prenait posses- M sion de Condé au nom de S. M. impériale et » royale. • Il fut en outre établi dans la même place de Condé uneJunU * impériale et n^ale, chargée de par l'empereur et roi de radminieiration dee ppye conquit. A peine cette junte était-elle en activité qu’elle abolit et remplaça, par des magistrats provisoires, toutes les autorités constituées depuis la révolution de 1789. L'empereur Napoléon au contraire conserva * en Prusse tous IcS pouvoirs existants; il se contenta de placer un agent fran-
fut (TAprèa Ica inatructions directes du baroode Thugui.
* Noua ne destituâmes personoe. On seul Fooctionnaire offrit sa dêntisaioD et je l’acceptai. Voici à quello occasion : La paix était foite, mais ü subsistait uuc sorte d'état de guerre. Le baron de Stein, qui était venu b Berlin pour traiter du réglement des contributions extraordinaires, avait organisé dans cette capitale une disette artificielle. Ce fut une crise fâcheuse. On s'aliroupsii à la porte des boulangers, comiae nous l'avons
CHAPITRK lAV.
çais auprès de t'aulorité principale de chaque pro* vincc.
Dans la première réception du corps diplomatique à Berlin, l’empereur Napoléon avait dit au ministre turc, Ar^yropolo, «d’envoyer un courrier « à sa cour porter > des nouvelles de ce qui sc pasi> sait et annoncer que les Elusses ne (enteraient rien » contre l’empire ottoman. » Napoléon s’abusait ; sa condance était de la présomption; il croyait trop à la paissance de ses succès ou k la générosité de la Russie. Sans doute le souverain tugilir de la Prusse avait droit de compter sur l’appui de toutes les forces d'Aleiandre. Celui-ci y était engagé par son honaeur» par ses affections, par le souvenir du serment prété sur la tombe de Frédéric, par le danger même de voir les Français approcher de sa frontière, mais tout è coup un incident .ippeUe rallentioD de la Russie du c6té du DanuE>e.
vn en France h une certaine époque de la révotution. Je aoupçonnais l'origine du mal. Je parlai très-fermement au président de la ville et de la police, M. Bttscbing. Il proposa de ae retirer. Je le pris au nwl. On fit auprès de moi les plus vives iostanees pour me décider à le liisser en fooctioo. Je m’y refusai. En vingt-quatre heures nous edmes découvert dans Berlin des approvisioQiicmeots pour plus de trois mois. Le leadcBuin les aiiroupcroenta oesaèrent.
■ L’amorce prend â Pélersboorg * et l’on songe, n avant tout, à saisir la riche proie qui se pré- » sente. » Au lien de porter une puissante armée sur la Vistule, quarante mille hommes sont envoyés sous les ordres du général Michelson pour s’empa- I rer de la Moldavie. Ainsi, quelque sensibles que ' fussent personnellement pour l’empereur Alexandre les malheurs de Frédéric-Guillaume, la ruine de la monarchie prussienne ne suffisait pas pour détourner le cabinet de Pétersbourg des voies invariables de sa politique. C'était toujours vers Constantinople que ce cabinet plaçait ses intérêts les plus essentiels et portait ses premières pensées. Du I reste la guerre, que la Russie va commencer con- ! tre les Turcs et sans déclaration préalable, guerre I dont nous exposerons plus tard l’origine, formera j une diversion qui ne sera pas sans utilité pour la I France.
I ' 31*baIletio, dilé du 90 octobre.
* The bait look at Si-Peieraburgh. A flame waa rai- ' aed in tbc ruaaiaa cabîoei. From tbe barreo glory of prolcctiQg ihe minor atatea and aMcrting ihe Ubertiea of Europe, ail eya aod bearts were turoed to the richer price wkh aeemed now to be placed wiihio reaeh.
Ædtnhurÿh de 1813. (Mémoire attribué
I à M. Adair.)
AFFAIRES INTÉRIEURES ET EXTÉRIEURES