‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 260 sur 298 · CHAPITRE LXVÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXVÎ

penchant de la France vers l’Antriche avait ainsi suivi, en quelque sorte, la progression du relâchement de ses liens avec la Prusse, et elle faisait prononcer le mot d'alliance à Vienne, au moment où l'alliance française et prussienne, encore nominalement subsistante, allait s’anéantir dans les champs d'iéna. Si le cabinet autrichien ne se prêtait pas franchement aux insinuations françaises, il déclinait, d'un autre cùlé , les demandes formelles des cours de Prusse et de Russie; et, dès le 4 octobre, il avait expédié à Pélersbourg , â Berlin et à Ia>ndres, des courriers pour y faire connaître la résolution de l'empereur d'observer la plus stricte neutralité. Après la nouvelle des éclatants succès de Napoléon, le ministère autrichien se montra disposé à entrer en pourparler sur les bases de l'alliance.

Cependant les faits ne semblaient pas répondre aux paroles. Ues mouvements de troupes, dirigées en Bohème , rendaient même sa neutralité plus que suspecte. Celte situation équivoque de la cour de V ienne décida l'empereur Napoléon à y envoyer, comme ambassadeur, un militaire instruit et clairvoyant, capable de saisir, à leur première expression , les dispositions militaires que pourrait ordonner ce cabinet. Ce caractère de général -ambassadeur autorisait d'ailleurs une franchise de langage et une certaine nature d'observations, qu'un agent diplomatique, non militaire, n'aurait pas pu se permettre. Dès la première audience que lui donna l'empereur d'Autriche, cet ambassadeur, le général Andréossy, sut proUter de l'avantage de sa position. Après tes assurances usitées sur le désir de Napoléon de vivre en paix avec S. M. impériale, il ajouta, sans envelopper sa pensée dans de vaines circonlocutions : u L'empereur » Napoléon ne craint ni ses ennemis publics, ni j >• ses ennemis secrets. Jugeant des intentions par ; » les faits, il est trop habile pour ne point démêler ' » ces derniers, et â cet égard, sire, il regretterait | » inliniment d'avoir à penser que les armements » considérables que V. M. a sur pied,' depuis le M commencement des hostilités , fussent préparés w et disposés contre lui, suivant les chances de K la fortune. L'empereur désire, je le répète, de » vivre en paix avec V. M., mais dans une paix • véritable, et peut- il considérer, comme une si- » tuation de paix, celle où il peut se croire me- » nacé? V. H. parait avoir réuni sur les flancs de » l'armée française tout ce qu'elle a de forces,

» raisonnablement disponibles, avec des magasins » hors de toutes proportions. Tranquille sur tous M les points de la circonférence de son vaste em-

' 3S novembre.

» pire , un seul semble l'occuper, et c’est celui où » l’armée française, aux prises d'abord avec l'ar- » mée prussienne, qui a été dissipée comme par <• un coup de vent, ne tardera pas à se trouver en- » gagée avec les troupes de la Russie.

n L’empereur se demande ce que fait dans cette » situation une armée qui se dit conservatrice n d'une neutralité qui n'est point menacée, bien X mieux qui ne peut pas l'être, qu'on n'a pas l'inn tention et qu’il n'est d'aucun intérêt de violer.

X Heureusement, sire, le caractère honorable de X V. .M., sa probité reconnue modiflent de parcil- X les appréhensions x Lorsque deux monar-

ques en sont venus au point que l'ambassadeur de l’un des deux entre avec l'autre souverain dans dns explications aussi délicates, il est sensible que le lien de paix qui les unit est bien faible, et qu'il ne faudrait pas un grand cflbrt pour le rompre. Quels que pussent être les désirs de Napoléon relativement à la Pologne, il était donc obligé de mettre les plus grands ménagements dans ses actions ' et dans ses paroles. Qnnique les proclamations du général Dombrowski ne s'adressassent qu'à la Pologne prussienne, le cabinet autrichien en avait pris de l'ombrage, et les premiers mots adressés à l’ambassadeur français furent des plaintes sur le danger de ces proclamations, pour la tranquillité des provinces polonaises soumises à S. M. impériale.

Une chance s’oITrait à Napoléon pour parvenir au rétablissement de la Pologne, ou du moins d'une grande partie de la Pologne, en levant toute difficulté avec l'Autriche , c’était l’échange de la Pologne autrichienne, ou Gallicie, contre la Silésie prussienne. On devait supposer que l'Autriche pourrait être séduite par l’idée de recouvrer une province, ancienne possession qui lui avait appartenu pendant des siècles, et l'objet de si longs regrets, contre la cession de sujets nouveaux, dont la fldélilé, toujours suspecte, n’avait de garanties que celles de la force et de la crainte. Tant que durait la négociation avec la Prusse pour une suspension d'armes, le général Andréossy n’avait été autorisé * qu'à laisser entrevoir la possibilité de cet échange. Après que cette négociation eut été rompue, il fut chargé 2 de. le proposer formellement. La proposition fut éludée par une allégation de scrupules fort respectables sans doute, mais assez nouveaux pour la cour de Vienne. .Suivant le comte de Stadion , la moralité de son souverain ne permettait pas d'accepter une possession dont la garantie ne lui serait pas assurée par un traité avec la Prusse.

Sur quelque question que la France s'adressât

* Vers le milieu de décembre.

[IHOC]

AFFAIRES EXTÉRIEURES ET INTÉRIEURES

au cabinet autrichien, elle y rencontrait toujours le même éloignement pour tout ce qu’elle pouvait désirer. Aussitôt que l’empereur Napoléon eut connaissance de l’irruption des Russes dans la Moldavie et la Valachie, il Gt engager la cour de Vienne à faire cause commune avec lui pour maintenir rintégrité de l'empire ottoman. Cette cour ne voulait, pour aucun motif, s’entendre avec la France, et l'inlégralité de l’empire ottoman lui devenait fort indifTérenlc, du moment que, pour ■ la conserver, il lui eût fallu s'unir à l'empereur Napoléon. En dcGnitive, le rôle du cabinet de Vienne était celui d’un ennemi caché qui se tient en mesure d'agir pour l'hypothèse d'une occasion favorable, et qui, sous toutes les formes, même sous le nom de médiateur, n'aura d'autre objet que de nuire à la France. C'est uniquement dans ce but que ce cabinet va envoyer le général Vincent auprès de l’empereur Napoléon à Varsovie.

ü'apres ces dispositions de la cour de Vienne, la conduite de Napoléon, à l’égard de la Pologne, était tracée, à moins qu’il ne se fit un jeu de mettre cette cour dans le cas de se joindre à la Prusse et à la Russie. Mieux inspiré, il détourna ce danger par sa prudence. Ainsi, à l’entrée des Français à Varsovie, en approuvant qu'on y formât une administration composée de Polonais, il recomoutnéh de n’y admettre que des Polonais appartenant à cette province, pour ne point donner à cette administration la forme d'un gouvernement de Pologne.

Rientût il fera un pas de plus, il établira un gouvernement provisoire à Varsovie, mais sans tromper la nation polonaise par des promesses qu’il pourrait n'étre pas maître de remplir, et l'article 1” du décret d’organisation > portera que ce gouvernement est établi jusqu’à ce que le sort de la Pologne prussienne ail été Gxé par la paix di- Gnitive. Il n’avait droit effectivement de parler ainsi que de la partie de cet ancien royaume qui était occupée par ses troupes. Les Polonais, choisis par l’empereur pour contposcr le gouvernement provisoire , étaient de grands citoyens justement chers à leurs compatriotes, et dont la France même doit aimer à conserver le souvenir. C'étaient le maréchal Malachowski, Gutakowski, Stanislas Potocki, Wibicki, Dzialinski, Bilinski et Soboiewski. En dépit de toutes les accusations ou d'historiens peu soucieux de la vérité, ou de Polonais partisans de la Russie, Napoléon Gt pour la Pologne tout ce que la sagesse permettait de faire, à moins qu’il n'eût voulu compromettre légèrement sa

■ En date du 14 janvier 1807’.’ '

* Décret du 4 janvier.

1 BIG'IOV.

parole, son armée, cl les intérêts les plus chers de la France.

Mais en même temps que^Tempereur était avare de promesses pour l'avenir, il montrait au pays une extrême bienveillance, et la prouvait par des actes conformes à son langage. Pour épargner aux habitants une partie des charges qui accompagnent la guerre, il Gtdcs sacriGccs pécuniaires ^ très-considérables. Ce qui pèse le plus sur les pays occupés, c’est bien moins le soldat que l'on nourrit à l’aide . de magasins, ou qui partage le pain de la chaumière, que les états-majors et les officiers de tous * les grades. Afin d'assurer la nourriture du soldat,^ l'empereur fit établir des magasins spéciaux pour,, chaque corps d’armée. Quant aux officiers, depuis le sous-lieutenant jusqu’au maréchal de l’empire, il fut assigné à chacun d’eux un supplément de solde assez large pour leur ôter tout prétexte de rien exiger des habitants , et légitimer la sévère répression des moindres excès.

Quoique pays conquis comme province prussienne, la Prusse méridionale fut traitée comme un ami, comme un allié. Point de contributions extraordinaires, et en principe point de réquisitions. Pour rapprovisioiincment des magasins de l'armée, les habitants furent autorisés à payer en nature ^ quatre cinquièmes des impôts. Un seul cinquièoie, était perçu en argent, et il était à la disposition du ,, gouvernement provisoire pour l’employer à l’ar-^ moment et à l’équipement des troupes polonaises. Afin de subvenir aux premiers besoins du gouvernement provisoire, l’empereur lui fit prêter un million par la caisse de l’armée. Ce que faisait Napoléon j)r^ fa il

d^ffnéc de la KjÉsiÿ m(^^ionale, ses ii^üt^ns sont fixées rehr^emént aux provinces que le roi possédait entre le Rhin et l'Elbe. La cession, proposée à Wittemberg, en a ailleurs été consentie par ce prince. Soit que l’empereur ait déjà conçu I le projet de former dans ces pays un royaume pour I l'un de ses frères, soit qu'il ajourne encore l'emploi I qu’il doit faire de ces possessions , il songe dès à : présent à en tirer parti pour renforcer son armée i et en même temps pour associer les intérêts de la i population de ces pays à ceux de la France. Par I un décret du 11 décembre, il ordonna de former j un régiment de quatre bataillons ^ en Westphalie,

! * Un pour Munster, un pour Brunswick, un pour Min-

' den, un pour Fuld.

ciiAPnnn i.xvi.

nppuyant ce décret sur la considération remarqua* bic K que ces pays ne devaient plus retourner à la » Prusse. H l/cs maisons princières d’Allemagne lui fournissaient des chefs pour ces corps de nouvelle formation. Le colonel qu'il nomma pour com. mander le régiment de Westphalic était un prince de Hohenzullern-Sigmaringen.

Ses résolutions sur le sort de la Hesse étant les mêmes, l’empereur prit à l’égard de ce pays les mêmes mesures. Il y fit organiser * deux régiments, chacun de trois bataillons. Sa politique ne négligea pas d’introduire dans ces nouveaux corps les principes d’égalité si encourageants pour les armées, si propres à flatter des peuples gouvernés jusqu’alors par d'autres maximes. Un article du décret d’organisation portait que les sous- officiers seraient habiles à devenir officiers et à monter à tous les grades.

Le même jour, une décision de l’cmpcrcur destina l’üost-Frise pour être réunie à la Hollande.

Aucune autre guerre ne montra , autant que celle-ci, l’abaissement inouï de grandeurs consacrées par le temps et que les peuples croyaient pour toujours à l'abri des revers de la fortune. Jusqu’à ce jour les rois, les princes régnants ne s'étaient humiliés devant Napoléon que pour obtenir de lui des provinces cl entrer en partage de scs conquêtes. I.a grande catastrophe de la Prusse réduisait les membres de plusieurs maisons souveraines à implorer sa bienveillance pour conserver leur fortune privée et même pour recevoir de lui les moyens d’existence que Icurcnlevail la chute des Étals auxquels ils appartenaient. C'élail par l'intermédiaire desautorilés françaises cl d'après leur aulorisalioii qu’étaient payées à la veuve du prince Henri, an prince et à la princesse Ferdinand de Prusse, des pensions alTeclées sur diverses caisses de celle monarchie. C'était par un payeur français qu’étaient

* Décret dii 13 décembre.

• J’ni encore une Iciire de cette princeue qui me priait (T.-ippiiycr scs réclamations.

' La manière dont s'opéra cet acte de justice mérite d’élre rapportée pour faire connaître comment s’expétliaicnt les affaires nu quartier général impérial. Napoléon était au moment de partir de Posen pour Varsovie et, selon son usage, il mettait son bureau en ordre, non è In Façon du cardinal Dubois , mais en faisant classer ses papiers pour les revoir ailleurs. En cet instant arrive un cliniiibellnn <lii duc d'IIildbiirgli.iusen, apportant une lettre du duc qui sc plaint d’avoir été rangé, i tort, parmi les ennemis de In France. L’officier de service dans rantichnmbre impériale, soit consigne antérieure, soit de son propre mouvement, s’abstient d'annoncer à Pempereur l'arrivée de ce messager. Celui-ci , après deux heures d’une attente in-

füuniis des fonds pour l’cnlrcticn de la maison de la princesse Auguste, soeur du roi. Une princesse de Brutiswick, sœur du duc blessé à mort à léna, était par ordre de rempereur, remise en possession des revenus de l’ahliayc de Gundersheim. Une autre sœur du duc de Brunswick, la princesse Élisal>elh, veuve divorcée du roi Frédéric-Guillaume II, réclamait et ohlenail de l’empereur le payement d’une pension établie sur la chambre des finances de Stettin. L’élcctricc de Hesse-Cassel , princesse de Daticmark. invoquait ^ de même l'autorité française pour le payement d’une pension qu’elle avait à préicndre sur les caisses de Hesse. .Spectacle étrange et que depuis longletnps avaient cessé d’offrir les guerres de l’Kuropc moderne!

Aux irrégularités cl à la confusion qui suivent de grandes batailles, on vit succéder quelques mesures d’ordre et de justice. l.cs duchés de Saxe- .Mcinutigcn cl de Saxe-llildburghausen ^ avaient été compris à tort dans le décret qui établissait des contributions extraordinaires. L’empereur annula les conlributions et réquisitions demandées à CCS princes. Il leur fit restituer les sommes qui avaient été indûment perçues, ne voulant pas étendre sur eux les charges d'une guerre à laquelle ils n'avaient point pris part. Par le même motif, il ordonnait à son administration de n’inquiéter, en aucune manière, les États de Saxe-Gotha, Waldcck, la Lippe, Beuss et Anhatt.

Une contrihulion extraordinaire avait été imposée sur la ville de Leipsig. Des députés de cette ville, qui sc rendirent auprès de l'empereur, en obtinrent la remise. Quant aux marchandises anglai- ! scs qui avaient été saisies cl qu’il avait menacé d'envoyer en France, ilconsentitâ un arrangement avec le commerce de Leipsig et finit par les lui laisser pour une somme de neuf à dix raillions, somme infiniment éloignée de la valeur réelle.

utile, pria un hiiiMier de remettre la lettre de son maître i un secrétaire de l'empereur. La lettre fut remise. L'empereur la lut, dicta une apostille, et le renvoi en fut fait à l'intendant général de l'armée, M. Dam, pour l’exécution. Cependant l'envoyé (Tnildburghauscu, qui avait aussi une lettre pour l’intendant général de l'armée, était sorti pour la lui porter. Arrivé chez .M. Daru, il lui préseute la lettre du duc. En échange, M. Daru lui en donne une autre et lui dit ; • Eu voici la réponse. •> Le cliainbcllan croit qu'il y a un malentendu : « Ouvrez » la lettre, lui réplique rintendant général, et vous en » jugerez vuus-mémc. • Il l'ouvre; c'était un ordre qui satisfaisait aux réclamations du duc en conséquence de la dérision impériale. Sûrement, i la cour d'Ilildburgbausen, ce chambellan aura dû passer pour un grand négociateur.

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AFFAIRES INTÉRIEIIRES ET EXTÉRIEURES

I/empereur aura la même condescendance pour les marchandises anglaises saisies à Hambourg. On arait d’abord eslimé celles-ci à quarante ou cinquante millions, ce qui pouvait être exagéré, mais elles seront rendues moyennant un payement de quinze ou seize millions.

Pour soulager réiectoral de Hesse, pays pauvre, du poids de sa contribution extraordinaire, l’empereur la mit à la charge des personnes auxquelles | rélecleur avait prêté des Tonds et qui étaient encore ' les débiteurs de ce prince. Les chambres administratives du pays étaient chargées de Taire rentrer ces capitaux à mesure qu'ils devenaient exigibles.

Les détails nombreux dans lesquels entrait l'empereur pour la nourriture du soldat, pour l'habillement, pour 1rs hôpitaux, enfin pour tous les besoins de chaque jour, seraient impossibles à reproduire ou même à indiquer. C’est au bien-être de l'armée qu’il consacre tout ce que lui a livré le sort des armes. Il existe à Slctlin <les approvisionnements de vin très-considérables. L'empereur les Tait requérir en payement des contributions extraordinaires. «I 11 Tant tout prendre, porte sa lettre,

» y en eùt-il pour vingt millions, mais te prendre ■ en règle et en donner des reçus. C’est le vin qui,

H dans l'hiver, me donnera la victoire. »

Ce n’est pas seulement aux besoins physiques que l’empereur lâche de pourvoir. Lâ où il voit un besoin mural, il cherche à le satisTaire. Parmi les dispositions ordonnées pour les hôpitaux, il recommande à l’intondant général de Taire attacher un chapelain à l'hôpital de Slcttin, à celui de Posen et à quelques autres. En Prusse, on le sait, rindifTérencc religieuse est portée au plus haut point. Il n'y a donc rien d’apprêté, d'artificiel dans l’ordre qu'il donne. 11 pense que, pour le soldat souffrant, la présence d’un ecclésiastique qui le console, peut être un adoucissement à ses maux et il ne veut pas que ce secours puisse lui manquer.

Les soins de toute espèce que l’empereur donne aux troupes Trançaises, il les étend à celles des princes de la conTédération do Rhin. Tous les avantages obtenus sont une propriété commune pour les unes et les autres. D'après un décret du 4 janvier, rhabillcmeni , l’équipement et l’armement des Bavarois, Wirlembergcois et autres alliés sont, comme pour les troupes françaises, renouvelés ou entretenus aux frais des pays conquis. Déjà, dès le 28 octobre, il avait exprimé celte même disposition. Le prince de Neufchétel avait, par son ordre, écrit à un agent français en Saxe : u L'empereur a n v-u avec peine qu'on Taisait sentir aux alliés qu’ils

' l.e 13 décerebre.

» n’avaient combattu ni à Aaslerlilz ni dans cette » campagne; l'inlention do S. M. est tout à fait N opposée; elle cherche au contraire à les allier à » tous ses succès et à leur en faire partager la M gloire. C'est par là qu'elle acquiert leur amitié et » surtout leur confiance. Autrefois on n'avait point » d'alliés parce qu'on suivait un système différent. » S. >< est très-fâchée que vous n'ayez point donné H de souliers aux Bavarois; faites-leur-en dislri- » buer en gratification. En çénérat t’empereur » reui gu« les Bavaroii et les outres alliés soient M traités comme les Fraisais. »

Les troupes wirtembergeoises ayant puissan>menl contribué à la capitulation de Glogau, l'empereur leur accorda dix croix de la Légion d’honneur, et fit envoyer au roi de Wirtemberg une partie des drapeaux pris au siège de cette place.

Plus tard il fit payer la solde des troupes bavaroises et accorda aux officiers la même itideronilé qu'aux officiers français.

Si les princes de la confédération cl leurs troupes furent longtemps fidèles à l'empereur, il avait droit à cette fidélité.

L'attention que réclamaient de Napoléon tes soins urgents de la politique extérieure cl de la guerre, n'absorbait pas tellement scs journées qu'il ne lui restât des heures pour les affaires domestiques de la France. A Berlin, il s'csl déjà occupé de littérature; il s'eti occupe encore à Posen. » La lilléran turc, écrit-il au ministre ^ de l'inléricur, a ben soin d'encouragement, vous en clés le ministre. » Proposez-moi quelques moyens pour donner une » secousse à toutes les dilTérentes branches des n belles-lettres qui ont de tout temps illustré la N nation. » Au milieu de scs succès militaires, c'est une heureuse pensée de ne pas vouloir que notre gloire littéraire dégénère entre ses mains.

Une affaire plus grave était aussi le sujet de ses méditations à Posen. C'est de là qu’il transmit au même ministre ^ des instructions extrêmement remarquables sur les questions que devait traiter et résoudre le grand Sanhédrin convoqué à Paris pour le 9 février. Afin de faciliter les travaux de cette assemblée, il faisait sentir la nécessité pour elle de commencer par déclarer qu'il y avait dans la loi de Moïse des dispositions religieuses qui étaient immuables, et des dispositions politiques susceptibles de modification. Si l’on pouvait s’expliquer que les Juifs n'eussent pas regardé comme des frères m des peuples idolâtres qui avaient juré « une haine commune aux enfants d'Israël, » il devait en être autrement quand celte situation avait changé, et ce changement doit aujourd'hui

l * l.f SO novembre.

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