CHAPITRE LXVII
POLITIQUE EXTÉRIEURE
CooR«nc« du roi de Pru**e dâns U RuMie. — Refui du gouvernement angUUde cautionner des MDpmnts ruaiea. — Division de l'armée ruisc en deux corpi tou* les ordres de Benigsen et de Buxhofden. — Combau de Naaîdsk, Ctarnowo, etc. — ACTaircs plus graves de Puliiisk et de Goly^roio. » Retraite de la cour de Prusse de Kooigsberg sur Mctnrl. — Ouvrages pour la défense de la Vistule. — Position de l'armée française. — Projet audacieux de Benigsrn. — Cumliat de Mohrungrn. — Arrivée de deux divisions russes tirées de la Moldavie. — Mouvemeuts de rarméc franraise. — Lettre de rempereiir au prince de Ponle-Corvo interceptée par les Russes. — Instructions diverses «tonnées par l’empereur avant de quitter Varsovie. — Message au séual du Î9 janvier. — Ordres donnés au général Martnont. commamiint en Dalmaiie. — Combats de Passenbeim, Berijfried, Deppen, Waltersdorf, Hof et Hcilsberg. — Combat devant Eylaii. — Bataille d*EyIau. — Retraite des Ruues sur Konigsberg. -» Observations sur la perle des Français. — Mouretnenls des Français pour prendre des quartiers d'hiver. — Affaire (TOstrolcnka. — Prise des places de Breslaii, Brieg et Schweirlnilz. — Combats en Poméranie. — Activité de Napoléon pour l'approvisionnement de son armée. Raiaonoemenu des enormis de Napoléon sur son ubsti> natiou à prendre des quartUn d'hiver. — Motib de sa conduite. — Différence de valeur entra l'homme civilisé et le barbare.*
Iji guerre de Prusse, à propremcnl parler, élait lîiiie même avant les derniers jours de 1800. Celle qui va suivre sera une guerre avec la Russie, dans laquelle la Prusse ne portera que ses ressenliinenU, sa mauvaise fortune et un concours de trente ou quarante mille hommes. Pour la cour de Herlin, comme pour la cour de Vienne, la Russie toujours prèle à donner des conseils violents, ne se trouve en mesure de prêter son appui à la lutte provo* quée par elle qu'après que les grands coups ont etc portés. Si le cabinet de Pétersbourg qui, dès le 30 août, avait annoncé, par un inaniresle, sa détermination de reprendre les armes « pour rcnn » plir ses engagements avec ses alliés, *• eiU agi comme il avait parlé, une armée de trois cent inillc eonibaltanls, proinplcmcnl réunie sur lo tnuyen Elbe, aurait inévitablement réduit les Français à la défensive de leur frontière di> Rhin ; et de plus, .i l'aspect d’un développement de forces si considérables, r.Aulriclie aurait pu s'affranchir de l’hy* pucrisie de sa neutralité, lleureuscnienl pour Na- |H>lcoi), qui d'ailleurs n'éUil pas facileà surprendre, lant de célérité ne fut pas donnée aux Russes. Ils
étaient plus loin encoredTcna, en 1800, que d'Uliii, en 1803. Cependant c'est en eux que Frédéric- Guillaume a placé son dernier espoir. Dans une proclamation, publiée après son refus de ratifier l'armistice que le général Duroc lui avait porté à Osterode, il rappelait à ses sujets que, dans la guerre de $9pt ans, la Prusse, malgré rinvasioii de sa capitale et de ses provinces, s'était maintenue seule contre les principales puissances de l'Europe, K tandis qu'aujourd'hui lo puissant et luigna- » nime Alexandre allait combattre pour elle avec » toutes les forces de son vaste empire. l<a cause N est commune, disait-il, la Prusse et la Russie a triompheront ou tomberont eii.seinble. h Trompeuse illusion du malheur qui croit aux vertus dont il a besoin !
Une autre espérance était encore permise au ror de Pruss<*. c'était une active coopération dans le Nord de la part de rAnglrlerre et de la Suède; mais la Suè<ie n'a que la volonté sans tes moyens, et l’Angleterre lient bcauetnip à n'ciiiployer scs moyens que |)our s'assurer <ics avantages directs. Elle ne portera pas même dans celte guerre la
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prodigalité do subsides qu’elle a montrée dans les guerres précédentes. Eu excitant la Russie aux coinbals, elle a Tait de magnifiques promesses. Elle devient dillirultucusc , quand il s’agit de les réaliser. I/empercur de Russie a désire faire, sous la garantie du gouvernement anglais, un emprunt de six millions de livres sterling, et il demande une avance d'un million de livres sterling sur cet emprunt. 31uin$ téméraires que M. l'itt, les successeurs de ce ministre commencent à s'inquiéter des exagérations de son système. Dans l'emprunt demandé par l'empereur Alexandre à rcxcinpic des emprunts autrichiens que l'Angleterre avait garantis, ils ne voient que la demande d'un énorme subside, et « lc parlement, disait lord Huwick >, » n'envisagerait pas autrement cette demande , si » elle lui était communiquée. » Cependant le ministère britannique ne refusait pas tout à fait d'autoriser un emprunt au compte de la cour de Russie; mais, pour inspirer de la securité aux préteurs, il proposait à cette cour d'abolir en Russie les droits qu'y payaient à leur entrée, les marchandises anglaises, cl de faire percevoir, pour le compte des préteurs, ces mêmes droits sur les marchandises à la sortie des ports anglais. Cette conduite du cabinet de Saint-James qui, occupé d'ailleurs d'opérations lointaines, ne se montrait pas non plus disposé pour le moment à une expédition militaire dans le Nord, aurait pu, si elle avait été prévue , ralentir un peu l’ardeur de celui de Rétersbourg ; mais le sort en était jeté , et déjà les armées russe et française en étaient venues aux mains dans les champs de la Pologne. I.c choc avait commencé le 27 novembre. Ce jour-là le grand-duc de Berg, arrivé la veille à Lowiex, avait rencontré à Blonie un détachement russe, l'avait forcé de se retirer sur la rive droite de la Vislule, et, le S8, il était entré à Varsovie au milieu des témoignages de la joie des habitants qui se plaisaient à saluer, dans les Français, les restaurateurs de leur indépendance.
L’armée rosse, que devait commander en chef le général Kamenski, était provisoirement divisée en deux corps, l'un sous les ordres du général Rcnigsen qui, après avoir jeté quelques détachements au delà de Varsovie, s’était retiré devant les Français; l’autre, sous 1a conduite du général Buxhof-
' Lettre au marquis Douglas , ministre en Russie, en date du 15 janvier 1807.
* Le 20 décembre.
' A en croire Walter -Scott, Benigsen serait resté maître de Pultiisk. Les écrivains allemands, SaalFeld, Venlnrini et autres, n’ont point de ces hardiesses. Ils disent que la Journée coûta cher aux Français,
den qui, plus retardé dans sa marche, ne pouvait arriver que le 15 décembre sur la Vistule. A ces forces, il fallait joindre le corps prussien commandé par le général Lcsiocq. Celui-ci, qui occupait Thorn, ayant dù suivre le premier mouvement de retraite de Renigsen, voulut vainement, peu de jours apres, rentrer dans celte place déjà tombée au pouvoir du maréchal Ney. Il eut même assez de peine à échapper aux Français, qui maltraitèrent son arrière-garde et le séparèrent des Russes. Dans la tentative qu'il fit ensuite pour se réunir à eux. il fut battu entre Gursnow et Lautenimurg. Lc général Benigsen avait son quartier général à Pullusk; Buxhofdcn à Ostrolcnka. Napoléon, de sou côté, était arrivé le 19 décembre à Varsovie. Quiconque sait apprécier la douleur d'une nation indignement asservie, quiconque connaît particulièrement l’esprit patriotique dos Polonais, se figurera sans peine quel enthousiasme dut éclater parmi eux à l'aspect des aigles françaises chassant devant elles les aigles russes et prussiennes.
Divers combats à Nasielsk. à Czarnowu, à Dzialdow et à Cursomb, toujours heureux pour les Français, furent le prélude d'une affaire plus grave, celle de Pultusk, où le général Renigsen prétendit disputer le passage de la Narew. A Pultusk, le corps de Benigsen s'était établi dans un camp retranché, dont la défense paraissait facile; mais, attaqué par le maréchal I.anncs avec l'audacieuse conliance qu'inspirait aux soldats ce vaillant capitaine il fut, après des actes brillants de valeur de part et d'autre, obligé d'évacuer la ville et le camp pour se retirer sur Ostrolenka Benigsen, dont les rapports étaient destinés à faire chanter des Te Deum pour toutes scs défaites, représenta ce combat comme une victoire, accusant fort injustement le général Buxhofden de ne lui avoir pas prêté main-forte pour écraser une partie de l'armée française. Il prétendait^ qu'avec quarantecinq mille hommes, il avait eu à en combattre soixante mille des corps des maréchaux Lannes et Daruust, dirigés p,ir Napoléon en pcrson'tie, tandis qu'en réalité Naiioléon n’assistait point à celte affaire, et que le même jour,, le maréchal Davoust, réuni au grand-duc de Berg, avait attaqué Buxhofdcn à Golymin.
Ce dernier combat, auquel avait pris partie marnais ils ne leur contcsient point le gain de la bataille.
t Ce fut de Lomza que Benigsen envoya ce rapport à sa cour. Le lieu de sa date ne donnait-il pas un démenti au prétendu triomphe qu'il annonçait?
.Vola. Ce rapport se trouve dans In Chronique du XIX» tiède, par Venlnrini, tome lil, page o80.
POJ.ITIQUE EXTÉRlEUnE.
réchil Aagereau, n'avait pas été moins vif et moins opiniAlre. Dans la nuit, Buxhofden s'était retiré en désordre^ aussi surOsiroIcnka. laissant sur la roule beaucoup de bagages et d’artillerie. Le maréchal Soull avait marché sur Makow pour couper la re> traite aux corps ennemis, mais les pluies et la dif> Acuité des chemins les préservèrent d'une entière défaite. L’armée russe toutefois avait déjà perdu dix à douze mille hommes tués, blessés ou prisonniers, quatre-vingts pièces de canon, beaucoup de caissons et douze cents voitures de bagages. Le général en chef Kamenski, étourdi de ces échecs inattendus, avait quitté son poste sans donner d'ordre pour la réunion de l'armée. La mauvaise saison en fut la seule providence. U j eut pour les Français nécessité de suspendre leurs opérations et d’attendre le retour d’une température plus favorable. N.vpoléon leur fit prendre des quartiers d’hiver. Le 3 janvier, il rentrait à Varsovie, t^uaire-vingts pièces de canon, prises dans les divers combats qui venaient d'avoir lieu, rangées devant le palais de la république, rorliliaient dans l'âme de la nation polonaise l'espoir de sa prochaine résurrection.
Le même jour, 3 janvier, la cour de Prusse, nprésquelques moments d'une fausse joie produite par le rapport ntensonger de Bcnigscii . jetée par la connaissance de la réalité des laits dans la plus profonde consternation, abandonnait Konigsberg pour chercher un asile plus sûr à Memel.
Cependant l'empereur Napoléon, qui n’avait pas voulu s'engager à la poursuite des Russes, n’avait rien négligé pour se mettre en garde contre tout mouvement qu'ils pourraient faire, dans le but de se porter sur la Vistule, cl de prendre à revers l'ariiiée française. Des travaux considérables avaient été faits sur tous les points qui pouvaient faciliter le passage de ce fleuvedepuîs Praga jusqu’à Thorn. Le centre et l’aile droite de l'année étaient resserrés entre lei alDuciiU de la haute Vistule et du mais son aile gauche s'étendait jusqu'à Klbing, |>oor couvrir la Vistule inférieure, bloquer ürau'k'MizelDantaif et menacer Konigsberg. Celle aile g^iurlie, composée des corps français du prince de l'onic-r.ürvo et du maréchal Key, des troupes allemandes de Bade, Ilesse-Uarmsladl cl Nassau, et des troupes polonaises récemment organisées, formant ensemble un total de plus de cinquante mille hommes, était sous les ordres du prince de Ponte- Corvo. Le général Victor fut chargé du blocus de Dantzig ; le général Bouyère , du blocus de Graudcnlz.
Si fienigsen était présomptueux et fanfaron, il ne manquait ni d’habileté dans le combat ni surtout d’audace dans ses desseins. Apres avoir réuni à
Tykuczim, à quinze lieues au-dessus de Nowugrod, les deux corps d'armée dont il avait pris le commandement en chef, encouragé par l’iinmobililé de l'armée rranç.iise, qu’il attribuait à un senti* ment de défiance en elle-même, il conçut le projet de séparer du reste de celle armée les corps du prince de Ponte-Corvo et du maréchal Ncy, de passer la Vistule, de débloquer les places de Graudentz, Dantzig et Cniberg. et d’établir, en s’appuyant sur ces places, le théâtre de la guerre dans la Prusse occidentale, ce qui aurait forcé Napoléon à quitter scs positions sur la rive droite de la Vistule cl à repasser sur la gauche de ce Qeuve. Le plan était hardi jusqu’à la témérité. Du 19 au âO janvier, l’armcc russe, s’étant mise en mouvement, avait rallié le corps du général Leslocq, et s’était avancée à dix lieues de Konigsberg. Elle avait surpris et fait replier une avant-garde du maréchal Ncy qui s'était imprudemment portée jusqu’à Schippenbeil. Au premier avis de cette marche de rennetni, le prince de Ponte Corvo dut se hâter de réunir scs troupes, qui s’étendaient depuis Chrîstbourg jusqu’à Braunsberg. Le 93, une colonne russe altaquait un détachement de deux cents hommes qu'il avait fait placer h Liebslall, et, le 99, il rencontra lui-même à Noiiruiigcn un corps de dix-sept mille hommes, sous les ordres du général Harkof, qui déjà était aux prises avec le général Pacthod. L’affaire fut extrêmement vive, surtout dans le village de Pfarrcrs-Feldclien. où un bataillon du 9* régiment, qui avait perdu son aigle, la reconquit à force do prodiges, l/cs Français bivaquèrenl sur le champ de bataille; mais pendant la nuit des cosaques étant rentres dans la ville de Mohrungen, qui avait été mal à propos dégarnie, y commirent ^aucoup de désordres et pillèrent les bagages du quartier général , jusqu’à ce qu'un bataillon du 8* régimeut, tombant sur eux, les sabra et tua le colonel qui les commandait. Le prince de Ponte- Corvo , après être resté à Mobrungen jusqu’au lendemain à deux heures d’après-midi, se retira lentement sur LiehcmOhl et sur Osterode, avec l’intention de se replier ainsi jusqu’à Thorn aliii d'attirer l'ennemi sur la basse Vistule; mais Benigsen, qui avait déjà échoué dans une partie de son plan , celui de couper l’aile gauche de l’armée françatsc, fut averti à temps du danger de s'engager plus loin, et arrêta le mouvement qu'il opérait.
Durant les marches que venait de faire l’armée russe, deux divisions, détachées de la Moldavie, sous les ordres du général Essen , étaient venues , itidépeiidammeril des renforts arrivés de l'intérieur des états moscovites, se joindre aux troupes que Benigsen avait destinées à tenir les Français en
— by CoogU
CIIAPtTIlE LXVII.
échec sur la Narew et sur le Bug. L'ememble des | furces avec lesquelles les Busses allaient ceutmen* cer la nouvelle campagne pouvait ainsi s'évaluera cent soixante mille cuinhaltants.
A la première nouvelle parvenue i Varsovie de la direction qu'avait prise le général Beiiigsen et des affaires qu’il avait eues avec le corps du prince de Ponte*Corvo, l'empereur Napoléon avait fait, avec sa promptitude accoutumée, des dispositions propres à tourner contre son adversaire les plans , formés contre lui. l.e i7 janvier, les Français quittaient leurs quartiers d'hiver.
Le corps du maréchal Lannes, commandé momentanément par le général Savary, pendant la maladie de ce maréchal, prenait position à Brock sur le Bug pour défendre cette ligne contre la di>
V ision du général Sedmarolski, que Iknigsen avait laissée à Goniadt, et les deux divisions, arrivées de la Moldavie sous les ordres du général Essen, établies à Bransk.
A rexceplion de ce corps, placé ainsi en arrière par une sage prévoyance, et de celui du prince de Fonlc-Corvo qu'un accident imprévu empiVhera d'agir dans un concert parfait avec l'année, toutes les forces de Napoléon étaient, le 51 janvier, concentrées dans un espace de douse à quinze lieues, le grand-duc de Berg et SouK à Wiitemberg. Davousti Myscyniec, Neyi Gilgenbourg, Augereauà -Neidenbourg. Le but de ces dispositions était de déborder l'aile gauche de Renigsen cl de couper sa retraite. Pour seconder ce projet, une lettre de Napoléon avait dû porter au prince de Ponte-O>rvo l'ordre de manœuvrer afin d'attirer l'ennemi sur la basse Vistule. G'rst à cette lettre, qui ne parvint pas i sa destination, mais qui tomba entre les mains d'un parti de cosaques, que Benigsen * dut l'avantage de s'arrêter à temps et de préserver son armée d'une chance d'autant plus dangereuse pour elle « qu'elle se serait plus enfournée. • Cet incident fut immense dans ses résultats. Outre que Renigsen, instruit parla d'un projet qui, sans celle circonstance, ne lui eût été révélé que quelques jours plus lard, put se préparer a une lutte plus égale ou i une retraite plus bonorabtc, le prince de Ponte-Corvo, auquel manquèrent les instructions qui devaient régler ses mouvements, se trouva de trois jours de marche en arrière du reste de l'armée, et resta en dehors des événements graves qui vont av(»ir lieu. Lorsqu'au commencement de la bataille d'Eylau on s'étonnera de n'avoir aucune ivouvclle du corps de ce maréchal, on présumera, ce qui sera reconnu vrai plus tard, que l’ordre de
' Beni{|»rn eti eomit'iit Itiî-niêtne diin* ime d»» •?« prolani;i(ioDi. I
l'empereur ne lui était point parvenu, mais on apprendra eu même temps que le général de cuirassiers d'Haulpoult, qui était avec lui en communication , lui aura fait part de l'ordre qu'il venait de recevoir et de l'intention où était l’empereur de livrer bataille. D’après un tel avis, et dans le soupçon de la vérité, d’autres que le prince de Ponte- Corvo eussent pu ne pas rester immobiles, mais il est dans la destinée de ce maréchal d'avoir un rdle à part dans toutes les grandes bauilles livrées par l'empereur. Sa conduite a été au moins étrange à Icna; elle ne le sera pas moins, en 1800, à Wagram. Le corps qu'il commande se distinguera i Friedland; mais lui-méme il n'y sera pas. La fortune voudra qu'il soit blessé auparavant.
Napoléon n’avait quitté Varsovie que dans la nuit du 39 au 30 janvier. D'autres soins que ceux de la direction des troupes avaient, dans ces jours d'ailleurs si remplis, occupé encore et le général et l'homme d'Élat. Pour le général, il y avait à pourvoir aux changements devenus nécessaires au sujet des approvisionnements, des magasins et des hôpitaux. Dans les savantes instructions que l'empereur donnait alors è un homme digne de les entendre et peut-être capable seul de les exécuter dans toute leur plénitude, l'intendant général, M. Daru, radministralion militaire peut trouver des modèles, comme la science de la guerre en trouve dans les inalructions et les ordres donnés au major général. L’homme d'Etat avait les yeux sur la cour de V ienne pour la contenir, sur le cabinet de Constantinople pour l'exciter, sur l'opinion de la France pour la rendre favorable i la continuation de la guerre. I>a déclaration de guerre, faite à la Russie par les Turcs, le 30 novembre, étail pour lui, en celte conjoncture, un événement de la plus grande importance. Cétail aussi une occasion d'intéresser l'honneur français au soutien de l'empire ottoman. Le salut de rct ancien allié delà France, le besoin même de maintenir l'indépendance de la Perse, commandent de redoubler d'efforts dans la guerre avec la Russie, ('.es idées d'une haute politique, à l'usage des cabinets, échappent à beaucoup d'esprits même (rès-éclatrés. Napoléon cherche à les populariser en France par des messages au sénat et par la publication des rapports de son ministre des affaires étrangères. C'est en donnant au sénat communication d’actes glorieux, du traité conclu avec la maison de Saxe, par lequel il a transformé pour le clief de cette maison le titre d'électeur en celui de roi, que l'empereur s'attache à faire ressortir les dangef!< de la Porte-Ottomancet i'irilérél qu'a (a France à lui prêter son appui. Il s'esl fait présenter, sur
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POLITIQUE EXTÉRIKUr.E.
la ailuaUoncriüqiie de l’empire turc, un rapport i spécial par son ministre des affaires étrangères, cl ce rapport est bien rooioa pour lui*mén)c que pour la nation Trançaise. La violence et la mauvaise foi de la Russie, dont les troupes ont envahi les provinces turques, tandis que son ambassadeur à Con* slantinople protestait encore des sentiments pacifiques de son souverain , les intrigues de cette puissance pour encourager les Serviens à la révolte, les envois d'armes qu’elle a faits aux Monténégrins et jusque dans la Moréc, l'occupation prolongée sous de vains prétextes de Corfou et des lies Ioniennes, tous ces pr«>cédc5 du cabinet de Pétersbourg sont envisagés, dans le rapport ministériel, comme rappelant la conduite de ce cabinet à l'égard de la Pologne, et préparant des résultats pareils à ceux qu’aurait pu empêcher, mais que, dans sa triste imprévoyance, n’enipécha pas le cabinet de Versailles. Celte leçon du passé devait éclairer l’aveuir. m Eh t qui pourrait * calculer la durée des » guerres, le nombre des campagnes qu'il faudrait » faire un jour pour réparer les malheurs qui » résulteraient de la perle de l'empire de Constan- 'i tinople.... La tiare grecque relevée et triom- • phanie depuis la Ualliquc jusqu'à la Méditer- >• ranéc, on verrait de nos jours nos provinces
attaquées par des nuées de fanatiques et de bar- '« bares; et si. dans cette lutte trop tardive, i'Eu- » rope civilisée venait à périr, nuire coupable in- » différence exciterait justement les plaintes de k X postérité, et serait un titre d'opprobre dans M rtiisloirc.
n L’empereur de Perse, tourmenté dans i’inté-
rieur de ses États, comme le fut pendant soixante » ans la Pologne, comme l'est depuis vingt ans la » Turquie, par la politique du cabinet de Félcrsa boui^, est animé des mêmes sentiments que la H Porte; il a pris les mêmes résololions et marche n en personne sur le Caucase pour défendre ses H frontières. » Au moment où nous sommes, il y a vingt-trois ans que Napoléon tenait ce langage.
événements qui se sont passés depuis, ont-ils prouvé qu’il se trompât sur les projets de la Rassie?
En même temps qu'il provoquait les méditations de la France sur la guerre des Russes et des Turcs, il ne pouvait pas négliger de tirer militairement parti de cette diversion. Avant de quitter Varsovie, il donna des instructions dans ce but au général Marmont, qui commandait le corps d'armée français en Dalmatie. Les nouvelles reçues de ce c6lé avaient aussi été satisfaisantes. Six mille Russes et dix mille Monténégrins ayant voulu, dans les derniers jours de septembre, couper le général
Marmont de sa communicatioo avec Ragase, ce général les ivait attaqués à Casleinovo , les avait battus et forcés à quitter leurs positions. Depuis ce iDomenl, l'amiral russe Siniawin s'élail borné à croiser sur celte partie des côtes de la Dalmatie et de l'Albanie, sans former aucune entreprise sérieuse.
Les instructions adressées de Varsovie, le fiR janvier, au général Marmont, lui prescrivaient d’aider de tous scs moyens, comme conseils, approvisionnements et munitions, les pachas de Bosnie et de Scutari;.de leur envoyer des oQieiers d'étatmajor, les uns pour résider auprès d’eux, d'autres pour parcourir les provinces turques, exalter les têtes en promettant les secours de la France et recueillir des renseignements utiles. Pour le cas où la Turquie demanderait un corps de troupes, l'empereur disait : « Je ne suis pas très éloigné de vous » envoyer avec vingt-cinq mille hommes sur Wid-
■ din et alors vous cntreriei dans le système de la K grande armée , puisque vous en formeriez l'exy* tréme droite. » Il ajoutait encore d’autres développements sur l'importance de celle diversion , qnoiqu’avec la réserve : « tout cela n’est encore N qu’hypothétique. » Ainsi l'armée française, dont l'aile gauche occupait les villes ansécüqncs, dont le centre manoeuvrait sur la rive droite de la Vistule et dont l’aile droite eut manceuvré sur la rive droite du Danube, aurait lié ses opérotipna à celles des armées turques et même des armées persanes. En effet, aprèsavoir parlé d’inquiétudes données par les Anglaisa la cour d'ispaban. Napoléon poursuivait ; « Nos relationsavec la Perse sont lellesque nous R nous porterions sur l'indus. Ce qui était chime- * rique autrefois cesse de l'ètre en ce moment où
■ je reçois fréquemment des Ietlres.des sultans, n non des lettres emphatiques et trompeuses, mai't » fut mani/éêtênt utu gronde crointe contre io » puiêeomce dee Ru—ee. » Ces instructions sc terminaient par l’ordre d’envoyer quelques officiers choisis à Constantinople, pour concourir à la défense de cette capitale.
]>e31 janvier, Napoléon était à Witlcmberg. Aussitôt l'action commence; on se met en marche le 1*' février. Les Français vont successiveineDl enlever les postes défendus par l’ennemi; mais non sans avoir besoin de toute leur audace et du toute l'habileté de leurs chefs. Si Benigsen recule pendant quelques jours, il recale sans compromettre ni son honneur ni son armée.
Une avant-garde russe se présente au grand-duc de Berg qui marche dans la direction d'Ortelsbourg. Il la fait charger par plusieurs colonnes de cavale*
* Kn date Un 38 janvier.
* McRaage an sênai.
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rie, et, à la sui(e de cet engagement, il entre dans la petite ville de Passenheim.
Le 3 février, l'armée russe, établie à Yonkowo, appuyant sa droite sur la Passarge et sa gauche sur l'Âlle, semble disposée à livrer bataille. Napoléon forme aussitôt sa ligne, Augerean au centre, Ney é la gauche, Soult à la droite, la garde impériale en réserve. Pour donner à la bataille un caractère dé' cisif, si clic a lieu, Soult reçoit ordre de sc porter surGutlsIadt et dcs'cmparcrdii pont de Rregfricd, de manière à déboucher sur les derrières de Peniicmi. Guttstadt fut emporté et on y prit des magasins considérables. La position de Hergfried était défendue par douze bataillons qui tirent une belle résistance , mais le pont fut franchi au pas de charge; les douze bataillons enfoncés sc retirèrent en désordre, laissant beaucoup de blessés et quatre pièces de canon. Dans le même moment les Russes étaient vivement pressés à leur centre et sur leur droite. La nuit, qui surprit les deux armées au milieu de ces opérations, permit à Bciiigscn d'opérer sa retraite sur l.iebsladt.
Le lendemain, le grand-duc de Berg, après plusieurs charges de cavalerie, sc rendit maître du village de Deppen, où se réunit le gros de l'armée française.
Une affaire plus importante signala le 3 février. Le maréchal Ney, ayant atteint, auprès du village de Waltersdorf, l'avant-garde du corps prussien de Lestocq, sc précipita sur elle et la mit en déroute. Il Ut deux mille prisonniers et prit seize pièces de canon. Lcstocq sc héla de changer de direction, sauvant ainsi le reste de son corps par le sacrifice de son avant-garde. Ce même jour, le quartier général de Napoléon était à Arensdorf; celui de Benigsen, à Hciisberg.
Nouveau mouvement le 6, nouveaux combats, nouveaux avantages pour les Français. Le maréchal Davoust, chargé de marcher sur Ueilsbcrg, ne pénétra dans cette ville qu'après une action assez vive qui lui donna douze cents prisonniers. Un combat plus sérieux était engagé entre Gross- Glandau et Ilof, <i une lieue en deçà de f.andsbcrg. Là une force ennemie de douze bataillons et de vingt escadrons, sa droite appuyée à un bois, sa gauche à une hauteur garnie d’artillerie, opposa au grand-duc de Berg une résistance qui ne céda que devant la redoutable charge des cuirassiers du général d'Ilautpoult. L'ennemi se retira sur Hof d'où il fut déposté , et qu'il s'efforça vainement de rc- ! prendre à l’aide de tronpes fraîches envoyées à son secours. Sa perte ne futpas moindre de deux mille hommes tués ou pris. A l’entrée de la nuit, les deux armées étaienten présence, séparées seulement par la petite rivière de Stein,
Les ténèbres favorisant le mouvement rétrograde des Russes , ils marchèrent sur Prensisch- Rylau que traversa la plus grande partie de leur armée; mais en avant de cette ville, sur un plateau qui défend le débouché de la plaine où elle est située, Benigsen plaça un corps de quinze mille hommes sous les ordres de Bagration avec ordre de s'y maintenir. Le grand-duc de Berg et le maréchal .Soult finirent par enlever ce poste difTicile, mais l'ennemi ne céda le terrain que pied à pied; refoulé dans la ville, il y continua une défense obstinée. Une église et un cimetière, situés sur un monticule, fournirent à Barkiay de Tolly une sorte de camp retranché où il montra une opiniâtreté égale à la vigueur de l’attaque. Ce ne fut qu'à dix heures du soir qu'on parvint à l'en chasser. Pour conserver cette importante position , l’empereur fit bivaqueren avant d'Eylaii une des divisions du corps du maréchal Soult et le reste de l'armée eu arrière et auprès de la ville. Ce fut ainsi que se passa la nuit qui précéda la bataille.
Quelles étaient à Eylau les forces des deux armées? En Angleterre et en Russie, on prétend que l'armée russe était de vingt mille hommes moins forte que l'armée française. En France, l'écrivain le plus impartial, M. Mathieu Dumas, n’évalue les forces de Napoléon qu’à soixante -huit mille cinq cents hommes, tandis qu’il porte à quatre vingt mille hommes celles de Benigsen, en y comprenant le corps prussien du général Lcstocq. D’après CCS estimations contradictoires, il semble qu’on peut admettre des deux côtés une force à peu près égale, et la gloire n’en sera pas moins grande pour l’une et l’autre armée. Ce ne sont pas les Français qui contesteront aux Russes le mérite d’avoir vaillamment combattu, puisque c'est l'admirable fermeté de ceux-ci qui compensa l'inégalité de talent des (leux généraux en chef.
L'aile droite de l'armée russe était commandée par le général Toutsekof; l’aile gauche par le général Osterman-Tolsloy ; le centre par le général Doctorow. Les quatre-vingt mille hommes dont elle sc composait étaient rassemblés dans un espace de terrain qui eût semblé n'en devoircontenir que trente mille. Une telle concentration, si clic I offrait quelques avantages, avait aussi un grave ; inconvénient par les ravages que devait faire, dans i des masses aussi serrées, l'adroite activité de l'artillerie française. L'armée de Napoléon au contraire couvrait un terrain assez étendu, le centre étant formé par les corps de Soult et d'Augercau, tandis que le maréchal Davoust manœuvrait pour déborder la gauche et Ney pour déborder la droite de l’ennemi. En revanche, cette espèce de dispersion des Français avait aussi son danger. Il était
POLITIQUE EXTÉniEinE.
douteux que le maréchal Ncy, qui poursuivail te corps prussien de Lcstocq^ arrivât assex lAt pour prendre part à l’action, et le maréchal Davoust ne pourrait le faire qu'au milieu du jour. Tout le poids du cummcnccmvnl de l’alTaire devait donc porter sur les corps de Soull cl d'Augercau.
Le 8 février, i la pointe du jour, Ueiiigscn engagea le combat par un grand feu d’artillerie di* rigé contre la division Sainl-Hilairc (du corps de Soull), cl contre la ville d'Eylau. l^s deux divisions Hcuilelcl et Desjardins, formant le cor|>s du maréchal Augcrcau, viennent aussitôlprendre place à la gauche de la division Saint-Hilaire, entre celleci et le cimetière si opiniàtréinent dispute la veille; et cependant l'arlilierie réunie des corps de Soull, d'Augercau el de la garde répondait vivciiicnl à rartilleric russe. Le projet de Benigsen étant d'enlever la ville, il fil un mouvement par sa droite contre les divisions Legrand et Levai, appartenant au corps du maréchal Suult. Napoléon, occupé à la fois et de soutenir la gauche cl de tourner celle de l'ennemi , porte la division Saiiit-Hiiaire vers l'extrême gauche d» Russes, pour faciliter l'arrivée du maréchal Davoust, qui s'avance sur leur flanc, el en loéme temps II Tait déboucher sur le centre de leur ligne les deax divisions d'Augercau.
A mesure que ce mouvement s'exécute, rarméc française prend un ordre oblique par rapport à la position générale de l'ennemi; manœuvre qui peut produire les plus grandes conséquences, si l'atiaque du centre réussit, comme on a lieu de l'espérer; mais le hasard se joue des combinaisons les plus habiles, et, dès £}lau, les frimas coiiiballcnl pour les Russes. Une neige épaisse, poussée par le vent dans les yeux des Français, produisant une obscurité d'une demi-heure , la tête des colonnes d'Augercau perd son point de direction, sc porte Trop i gauche el sc trouve engagée entre les troupes delà droite el les troupes du centre ainsi que de la réserve de l'ennemi. I.a mêlée est violente; le massacre, horrible; les généraux Dcsjardiiis et llcudelet, le maréchal Augcrcau lui -même sont blessés. A la première éclaircie, Napoléon aperçoit le mal et toute son étendue. Un eCTurt extraordinaire peut seul sauver les deux divisions si fortement compromises ; l'empereur lance contre l'ennemi el le grand -duc de Berg avec les divisions de cavalerie des généraux Klein, llilhaud, Grouchy et d’Hautpoult, et le maréchal Bessières avec les grenadiers i cheval, tes dragons el les chasseurs de la garde. Contre une telle puissance d'hommes et de chevaux, quelle résistance eût été possible? Deux lignes d'infanterie russe sont rompues; la troisième ne résiste qu'en s'adossant à un bois; les Russes ont été enfoncés, sabrés, mais ils n’ont pas i
fui ; ils se sont reformés sur-le-champ, et il faut que, pour revenir sur ses pas, la cavalerie française, qui a traversé leurs rangs, s'ouvre une seconde fois le passage, le sabre à la main.
Une colonne russe de quatre â cinq mille hommes, soit emportée par un excès d'audace, suit égarée aussi par le brouillard, était arrivée Jusqu'auprès du cimetière d'Eylau où Hlcs'arrèta tout iroup devant un bataillon de la garde qui marcha vers elle l’arme au bras. D’un cAté, l'escadron de service auprès de l’empereur tomba sur celle colonne épouvantée, tandis qu'elle fut chargée en queue par les chasseurs à cheval du général Bruyère. Elle fut en un instant dispersée el presque entièrement détruite.
Cependant le maréchal Davoust. dont la destination était de tourner la g.iuche de l'armée russe, avait, non sans une lutte meurtrière, rempli cette diflicilc mission. Les trois divisions des généraux Friant, Morand elGudin, égales à etlcs-mémes, el telles qu'elles s'étaient montrées sur les champs d'Auorslaedt, avaient enlevé les villages du Sorpaiicn cl de Kluin-Saussgarlen. O dernier avait été pris, perdu cl repris, avec des efforts prodigieux de parletd'autre.L’ailegauchcdes Russes avait abandonné plus de deux mille toises de terrain entre Scrpaltcn et Kulschnillcn, ce qui déridait le sort ; de la bataille, (quoique Renigsen se défendit encore I en face d'Eylau, niais il ne pouvait plus combattre I que pour sa retraite. Alors survint pour lui un $c- I cours longtemps attendu, et qui, quoique tardif, ne lui fut pas d'une médiocre utilité, c'clait le corps prussien du général Lcslocq. Toujours poursuivi et obligé de prendre des roules éloignées, ce corps avait échappé au maréchal Ney qui n'avait atteint que son arrière-garde. Averti du danger de l'aile gauche des Russes, il passa derrière leurs lignes el arriva sur le champ de bataille assez à temps encore, non pour enlever la victoire à Napoléon , mais pour empêcher la défaite de Benigsen. Le général Lcslocq, auquel sc joignirent des troupes russes ranimées par sa présence soudaine, marcha contre le village de Kulschniltcn dont les Français venaient de s'emparer et qui n'élail occupé que par le SI' régiment et quelques compagniesdu 1 08". Ces braves régiments se défendirent avec une hé- ^ roîque obstination, mais ils souffrirent beaucoup, et leurs débris eurent une peine inllnic à regagner le bois d'où ils avaient débouché. Encouragé par ce succès, Lestocq poussa son avantage, marcha a>nlrc le village d’Anklappen, et ûl d'abord replier les premières troupes qu'il rencontra ; mais le général Gautier, à la tête du 25* régiment, arrêta l'attaque des Frussiens et des Russes, et se maintint dans cette position. Le maréchal Davoust,