‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 264 sur 298 · CHAPITRE LXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXVII

cil Wesiphalie, où plusieurs milliers de paysans : s'êlaieiil soulevés sous la direclion de quelques uf> liciers de rarincc hessoisc qui avait été dissoute. Sous le rapport politique, peut-on oublier que la position de l’Autriche ôtait au moins incertaine; ses intentions, au moins malveillantes; scs voeux eerlainement pour les ennemis de la France? Mais toutes CCS causes eussent -elles été insuflisanlcs, le premier devoir de tout commaiulant en chef n'cst-il pas de calculer le prix que doivent coûter les avantages môme infaillibles? C'est dans cette comparaison que la sagesse doit puiser scs règles de conduite. Or, il y a une reflexion essentielle que l'empereur dut faire alors, qu’il eut dU faire sans cesse et que ne doivent pas môme perdre de vue aujour- i d'hui les gouvernements de la vieille Europe dans I leurs guerres avec la Russie, c'est la dilTércnce de . valeur qu'il y a entre l'homme de la civilisation et I l'homme de la barbarie. La raison conçoit-elle qu’il ' y ait égalité entre la perte de dix mille Français et celle de dix mille Moscovites? il y a parité nu- i mérique, mais la parité existc-t-clle moralement,

matériellement même? Avec dix mille Français

périt une valeur intellectuelle immense, une valeur matérielle même très -considérable, chacun de ces hommes ne fut-il qu'artisan ou laboureur. Dix mille Russes de moins ont -ils beaucoup fait perdre et à la culture de la Russie et au trésor de son autocrate? Cette difl’érencc est si vraie, si facile à comprendre, à sentir, que l'âme seule apprécie

• L'knte du 50 novembre — 1 1 décembre 1800. Ce* lix cent douze mille homme* devaient être partagé* en *ept

à défaut du raisonnement. Lorsque Napoléon va demander en 1807 quatre-vingt mille conscrits par anticipation sur 1808 , rhumaiiilé gémit et s’afflige ; utic tendre compassion accompagne cetlc jeunesse arrachée à des parents en deuil. Ce senlinicnt, que ii'éloufTe point la perspective de triomphes presque assures, deviendra un jour de la colère contre Napoléon. Aujourd'hui ce n’est encore que de la douleur, et cette douleur, l'histoire lidèle doit la recueillir; au lieu que l’humanité n'a pas une larme , l'historien pas une parole d'atlendrissemeiil pour une levée de six rent douze mille hommes ordonnée > par l'empereur Alexandre. Là SC trouve le germe de l'asservissement périodique des nations éclairées par les nations ignorantes et sauvages. Encore si la civilisation donnait du moins à scs enfants la supériorité des armes sur les peuples barbares; mais, par une circonstance fatale pour le genre humain, la Russie est dans la position la plus heureuse pour faire des conquêtes. La civilisation ne lui est point étrangère. Seulement elle y est resserrée dans une classe peu nombreuse. Elle existe pour les chefs, pour les maîtres. Le reste de la population n’a besoin que d’une vertu qu'elle possède au plus haut degré, l'obéissance; et de plus cette population est animée d'un double fanatisme, le fanatisme du dévouement à un czar qu'elle ne connaît pas , à une patrie où elle est esclave. Les Russes, pour la guerre, sont des Spartiates. Ils ont des Athéniens pour ofliciers.

armées auxquelles le même ukase assigne leurs points de réunion.

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