CHAPITRE IWX
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coiip(\ p«nl un millier d'homme», et est Ainsi force à la rclruile. Les Turcs, encourageas par ccs premiers succès, s'arancenl du Caire contre Alciandrtc. Le général anglais Fraser, à qui son gouvernement n'annonce aucun secours , jugeant qu'on met peu d'importance à la conservation de celte conquête, ii'atlend pas même l'attaque des Turcs. Il leur envoie un parlemenlairu et oITre de quitter Alexandrie, sous la seule condition que les prisoniiitTS anglais seront remis en liberté. I.a proposition est acccplce, et U met â la voile le iZ septembre.
]/indiiTérence du ministère qui, par haine nu jalousie pour l'administration à laquelle il a succédé, laisse ainsi échapper de scs mains une position aussi précieuse, prouve combien, même en Angleterre, les passions individuelles des ministres contrarient souvent les vrais intérêts du pays. A supposer que les successeurs de l'administration Fox et Grenville n'attachassent pas le même prix à la possession de l'Égypte, ne devaient-ils pas, au lieu de laisser les troupes anglaises fuir après une défaite, mettre du moins ccs troupes en éut de se maintenir provisoirement à Alexandrie, aQn de pouvoir plus tard tirer parti de sa restitution?
C’était pareillement d'après la considération d’un intérêt purement anglais que le ministère Fox cl Grenville avait employé une partie de ses forces à des conquêtes pour le compte direct de l'Angleterre dans les Indes occidentales. Le l*' janvier 1807, quatre frégates, détachées de la flulle de l'amiral Dacres, s'claienl emparées de la colonie hollati- <laisc de Curaçao; mais c'était particulièrement contre les provinces espagnoles de l'Amérique du Sud, que l'adiinuistration avait dirigé ses plus grands efforts.
En 180G, sir Home Popham, qui, de sa propre autorité, avait envahi Ruénos-Ayres, excusé par le gouvernement après le succès et surtout applaudi par la population commerçante et manufacturière, avait été, à la nouvelle de la reprise de cette ville par les Espagnols, rappelé et livré a un conseil de guerre. Quoique l’eiUreprise eût été tentée sans ordre, on ne crut pas devoir l'abandonner. Une nouvelle expédition avait été envoyée contre le Uio de la Plala, sous le commandement de sir Samuel Aucbmuty; elle était escortée par sir Ch. Stirling, qui remplaçait dans celte station sir Home Popham. En janvier 1807, le major général Auchrouty, A la tête d'un corps de six mille hommes de troupes de terre et de huit cents soldats de marine, débarqua auprès de Monte-Vidéo, lit le siège de celte place, donna l'assaut le 2 février, et s'cii rendit maître après un combat qui lui coûta environ six ücnts hommes.
Sur la foi de la première nouvelle de l'occupalion facile de Ruénos-Ayres, le gouvernement anglais, adoptant un système dont l'application avait été cominencée sans son concours, avait aussitdl porté plus loin ses idées d'envahissement et fait partir une expédition destinée à la eonquétc du Chili. Cette ex{>c(lition se composait de quatre mille deux rciils hommes , sous les ordres du brigadier général Crawfurd. L'escadre qui la conduisait était coimnandcc par l’amiral Murray. I>ès que Ton fut instruit à Londres de la perte de Ruénos-Ayres, un contre-ordre rapidement expédie au cap de Bonne- Espérance. fit diriger rexpcdilion du Chili contre la pntvince de Rio de la Plata où se rendait, dans le même temps, le général Whilclocke. commandant général des troupes anglaises dans l’Amérique méridionale. Ce général menait encore avec lui un corps de mille sept cents hommes. Avec une réunion de forces si considérables, il semblait que la soumission de Ruénos-Ayres ne devait pas être un ouvrage didicile. Les temps étaient changes. Le . libérateur de celle place, le colonel Linières,y commandait, et, conduits par un chef habile, les habitants étaient disposés à repousser de tous leurs eiïorls rinvasioti et la spoliation étrangères. Aussi lorsque, le !$ juillet, le général Whitelockc ordonna une attaque générale, partout il fut repoussé avec , une rare intrépidité et perdit près de lf«is mille hommes, en tués, blessés ou prisonnien. Linières lui ayant proposé de lui rendre tous les prisonniers qui étaient entre ses mains, s'il voulait sc retirer du Rio de la Plata, le général anglais, i qui tout espoir de succès était interdit, fui heureux de pouvoir accepter celte proposition. L'orgueil brilanni- . que, humilié d'un tel revers, s'cii vengea sur le général malheureux. Un conseil de guerre le déclara incapable de servir dans tout eaiplai iivcUtaire. Ainsi la téméraire indiscipline de sir Home Popham avait donné lieu i plusieurs expéditions ruineuses, dans lesquelles l'Anglelcrrc avait employé doute à quinze mille hommes de troupes dont il ne revint en Europe qu'une faible partie.
On a demandé si les quinte mille hommes sacri- I fiés ainsi à des projets d'acquisition dans l’Amérique méridionale, et les cinq mille hommes envoyés en Égypte, n'auraient pas été plus utilement employés dans le nord de l'Allemagne. Oui, sans doute pour les alliés; pour l’Angleterre, c'est une autre question. Nous n’avons nul intérêt é défendre l’habileté de l'administration de M. Fox. mais la vérité ordonne de dire que les échecs éprouvés dans l’Amérique du sud tenaient à des opérations commencées avant elle. D'ailleurs vingt mille hommes de plus dans le nord n'eussent pas probablement empêché les triomphes de Napoléon, et, en les occu-
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l'OUTIQUE EXTÉRIEURE.
panl ailleurs, on avail pu en allcndre des succès | plus conformes à l'inlérét direct de l'Angleterre. I A l'égard de l'expédition d'Égypte, si Alexandrie | fut perdue, c'est que le ministère suirant ne jugea ; pas à propos de rien faire pour la conserrer. I.a question que nous venons d'indiquer ici est préci- , sèment celle qui va s'élever entre les partisans de ces deux systèmes.
A l'ouverture du parlement, le 19 décembre 1806, le roi avait annoncé la rupture de la négociation avec le gouvernement français; il avait déploré les malheurs de la Prusse , loué la fermeté inébranlable du roi de Suède, et exprimé sa confiance comme son espoir dans l'alliance avec la Russie, nelalivcment à la négociation avec la France, le gouvernement n'eut qu'à se défendre de l'avoir trop prolongée; mais, à l’égard des rapports de l'Angleterre avec la Prusse, il eut à soutenir les plus violentes attaques de la part des légataires de H. PiU, entre lesquels se distingua particulic- • remenl M. Canning. Lord Grenville avait beau alléguer que « même après la bataille d'Iéna, lord ' » Morpelh, envoyé auprès de S. M. prussienne,
I* n’avait pu obtenir ni du roi ni de ses ministres ' » une réponse satisfaisante, au sujet de sa misn.sion. M C'était, suivant scs adversaires, une inex- > ^ ensablé faute de n'avoir pas deviné que, malgré la cktture fiel ports, malgré l'occupation du Hanovre j et sa prise4|e possession formelle, la cour de Berlin I était toujoun, d'intention, un allié Qdèle de l'An- ' ^ » • glv^erre , par cela seul que , comme l’Angleterre,
• ^ elle nourrissait une vive baioe contre le gouvernement français.
Ces cris de guerre étaient alors ce qui (Utlait le plus les passions aristocratiques, et elles ne manquèrent paA de saisir l'occasion qui leur fut offerte pig umucl») inopportun peut-être, mais très-louable du ministère, pour se délivrer de ce ministère même, qui ne partageait pas toute leur exagération. Dn bill avait été préparé pour assurer à tous les sujets de S. M. britannique te privilège de servir dans l'armée ou dans la marine sans prêter do j serment religieuc et en prêtant un simple serment I de fidélité. Ce bill avait pour objet de lever une ex- ; clusion préjudiciable aux catholiques et à tous les disMdents, classes qui, réunies, ne formaient pas ' moins que la moitié de la population des trois | royaumes. C’était une mesure humaine et sage, ^ conforme au véritable intérêt du prince et du pays. ; Le roi y ayant donné son adhésion, lord Howick ' en fil II proposition au parlement dans la séance du 6 mars. Cette proposition fut vivement combattue par M. l'erceval, mais ce fut surtout par de secrétes intrigues qu’on parvint à la faire échouer. Le clergé anglican employa toute son influence
pour détourner le roi d'un tel acte de tolérance et de philanthropie. On lui représenta le bill comme mettant en danger l'étuê/ûaemen/ de l’église nationale, comme compromettant tout à 1a fois le salut de la religion et celui de l'ÊUt. Les scrupules de ce prince étaient faciles à réveiller; il révoqua son consentement, prétendant ne l'avolrdunné qu’avec certaines restrictions dont on s'était écarté. D'abord, il fut question de modifier le bill. Ensuite, les ministres s'en désistèrent tout à fait; mais, pour leur propre honneur et dans l'intérêt d'une cause sacrée à leurs yeux, lord Howick et lord Grenville crurent devoir se réserver, par une clause insérée au protocole du cabinet, ic droit de soumettre ou de conseiller ultérieurement à S. M. ce qui, dans leur opinion, serait convenable à l'avantage des catholiques. Le droit était incontestable; la réserve, superflue ; vouloir la stipuler d'une manière formelle fut une faulc. Non-seulement le roi n'admit point la réserve voulue par les ministres, il exigea au contraire qu’ils prissent, par écrit, l'engagement de ne point reproduire la mesure abandonnée ni de lui rien proposer qui se rapportât i celte question. Un tel engagement était contraire au serment même prêté par eux, de donner au roi tous les conseils qu'ils croiraient utiles au bien de son service et à la prospérité de ses États. Dans rimpossibiiité de souscrire à une pareille condition, ils se retirèrent plutôt que d'abdiquer un droit conslitulionnel et de renoncer à l'accoroplisscmenld'un devoir. Le roi choisit d'autres ministres.
Ce fut dans les derniers jours de l'existence do celle administration que fut enfin prononcée par les deux chambres du parlement l'abolition do la traite des noirs, acte honorable alors parce que la voix des planteurs et des assemblées des colonies n'avait pu étouffer celle de l'humanité cl de la justice, mais dont une politique adroite, détruisant ou atténuant du moins reffet à l'égard des colonies anglaises, saura plus lard s'en faire une arme pour la ruine des autres puissances colooialea.
L'administration des lords Howick et Grenville avait été moins heurense dans la tentative d'une autre amélioration dont la justice ne pouvait pas être méconnue. Elle avait proposé de rendre les propriétés connues sous le nom de franebes-tenures * passibles, à la mort des propriétaires, de l'acquit de leurs dettes, ainsi que les autres espèces de propriétés. Il ne faut pas oublier qu'en Angleterre le parti de la guerre éternelle contre la France était aussi le parti de l'élernité des privilèges oppressifs et vexatoires dans l'intérieur.
• Free-hoW.