CHAPITRE l.W
» remède. » Cependant à peine a-t-il hasardé l'idce de cette intervention incoitvenante que sa raison lui fait ajouter: ■ On ne peut se dissimuler qu‘en I» évitant un écueil on en rencontre un autre sur H la rive opposée. Il pourrait arriver que l'on n'osât M plus rien critiquer, que l'on tombât dans l'abus B non moins grand du panégyrisme, et que les au- » leurs de ces mauvais ouvrages dont on est inondé, M SC voyant loués dans îles reuilles périodiques » qu'on est oblige de lire, nese persuadasscntqu'ils n ont créé des œuvres de génie et que de si faciles i> triomphes ne mulliplionl encore leurs tmila- » leurs. » Si c'était de si bonne foi que Napoléon avait peine à comprendre la lÜM^rté de ta presse relativement à la littérature , comment l'aurait* il comprise à l'égard de la politique? Du reste, il terminait cette lettre par les conclusions les plus raisonnables que comportait son système général. Il voulait que le ministre fil faire pour les journaux des articles de rationnement où la louange et le blâme fussent départis avec une juste mesure aux hommes d’un talent réel , et que des grâces accordées â propos à un auteur fussent comme une sanction donnée â son ouvrage. « L'inconvénient K du moment actuel, conliuuc t-il encore, estqu'un >■ ne foniic pas d'opinion en faveur des humincs 1» qui travaillent arec quelque succès. C'est là que » rinfluencc du ministre peut opérer d'une ma*
nière utile. Un jeune homme, qui a fait une ode » digne d'éloge et qui est ilislingué par le ntinisit Ire, sort de robscurité. Le public le fixe t et c'est M à lui à faire le reste. •
I^s rapports que rempcrcur avait demandés sur l'encouragement à donner aux lettres, lui étant parvenus à Finkenstein, ne ré|H>iidirent pas à son attente. Peut-être n'élail-ce pas la faute du ministre, et la question mai posée p<juvail rendre la solution difficile. En ce genre il est plus facile de reconnaître ce qu'il faut éviter que ce qu'il faut faire. Parmi les moyens d'encouragement soumis â l'empereur, le ministre avait proposé rétablissement de deux historiographes cl le couronnement de poêles lauréats ou Césariens. L'entpereur n’eut pas de peine à réfuter ces deux propositions. « On M concevrait, répondit-il rclablisscmcnl de deux B historiographes, puisqu'enfîn, en les créant his* w toriens, on leur impose l'obligalion de dire la B vérité et dès lors on leur laisse le droit de dire le » bien ou le mal ; mais accordera-t-on à des poêles B celui de faire la satire de la cour à laquelle ils B sont attachés, ou leur devoir sera-l-il de louer?
' Nous rontervoiic les iocorrretiouc du langAge. Les faille» du grammairirii conslaleol l'aiilhenticilé de la fliclér iiupériale.
I» Dans l’un et l'autre cas, on ne voit rien d'utile ti dans l'emploi de leurs talents. poésie est en- Il fant de la société; la société seule, en se refor- 11 niant au moyen de la (raiiquillilé publique et du B bonheur iuléricur, peut, et cela commence déjà » à arrirer, rainencr les poètes au bon goût, à celte • aménité et à cette Ûcur de grâce qui enibeliis- B sent les lettres cl les arts. » Selon l'empereur, pour la poésie, le seul encouragement raisonnable, ce sont les places de rinslilut, parce qu'elles donnent au poète « un caractère dans l'Élal. Corneille » a-t-il jamais eu de grandes faveurs de la cour? B Celles qui ont été accordées à Racine ont^elles B inspiré scs chefs-d'œuvre?» Malgré ces observations, si l'on peut donner aux poètes quek}iies distinctions flatteuses, ü ne s'y oppose pas. Seulement il recommande u d'éviter avec soin le ridi- » cule... L'art du souverain, comme celui du mi- >■ nistre, t^l de donner de l'éclat aux bons ouvra- B ges. B A celle occasion, il revient â une idéequ'il a déjà exprimée précédemment, celle de former une sorte de tribunal littéraire pour faire une critique raisonnée et impartiale des écrits de quelque mérité qui viendraient i paraître. C’est à la seconde classe de rinslilut qu'il défère cette magistrature. « Peut-être l'auteur critiqué aura-t-il d'a- B bord un peu d'humeur, mais bicnlùt il sentira B que le choix qu’on a fait de son ouvrage en est
B l'éloge Une l>onnc opération du cardinal
» de Richelieu fut la critique du Cid.» Si l'inlervention obligée de l'Institut, ainsi que rcnicnd Napoléon, dans le jugement des compositions de quelque importance, peut n'étre pas sans inconvénient, on ne saurait nier qu'il n'y ail un principe honorable dans les efforts qu'il fait pour lâcher d'épargner au talent des épreuves fâcheuses, cl lui assurer une légitime récompense.
Le projet soumis à l'empereur sur la création de certaines écoles spéciales lui fournit de même l’occasion de SC livrer, sur ce sujet intéressant, à des réOexions Irès-élenducs , qui, en général, ne sont pas dénuées de justesse. On y remarque des distinctions ingénieuses et sensées sur ce qui peut ou ne peut pas être l'objet d'un établissement d'école spéciale. Parmi les branches pour lesquelles il admet ce mode d'enseignement, il signale surtout la géographie et l'histoire. Après des raisonnements dont quelques-uns sont d'une évidente vérité, il ajoute ; « On pourrait donc s’occuper de l'organi- B sation * d'une sorte d'université de lilléralurc, M puisque l'on comprend dans ce mot, non-seulc-
• LeUrr datée de Finkenstein, le 19 avril.
* Seconde luire du mémejour, 19 avril.
DigiiiziU üy (.krogle
AFFAIRES INTÉRIEI IIES ET EXTÉRIEl'RrS.
» Ifs )>ellc$-U'Ures, maitt encore l'histoire et m nécessairement la géographie, car on ne peut n songer à l'une sans songer à Faulre. Cette uiii- » versilé pourrait être le collège de France, puis-
• qu'il existe, mais il faudrait qu'elle Rtl composée » d’une trentaine de chaires, si bien liées entre » elles, qu'elle présentât comme une sorte de bu* » reau vivant d’instruction cl de direction, où » quiconque voudrait coniialtro tel siècle pOl de- » mander quels sont les ouvrages qu'il doit ou ne H doit pas lire, quels sont les mémoires, les chro- » niques qu'il doit consulter; où tout homme qui t* voudrait parcourir une contrée pùl trouver une !• instruction positive, soit sur la direction qu'il I* doit donner à son voyage, suit sur le guuvernc-
ment qui gouverne telle ou telle partie où il I* voudrait porter scs recherches.
» Il est de fait qu'il manque quelque chose dans
■ un grand Étal où un jeune homme studieux n'a » aucun moyen de recevoir une bonne éducation » sur ce qu'il veut étudier, est obligé d'aller comme » à tâtons et de perdre des mois et des années à » chercher, à travers des lectures inutiles, le veri-
■ table aliment de son instruction.
N II est de fait qu'il manque quelque chose dans n un grand Étal où, pour avoir des notions posiw (ives sur la situation, le gouvcrncmonl, l'état prén sent d'une portion quelconque du globe, il faut » avoir recours ou audépùl des affaires étrangères, M qui ne contient pas tout, quelque trésor qui y H soit enfoui, ou aux bureaux de la marine qui fort >1 souvent ne savent pas ce qu'on peut leur dcu mander.
R S. M. désire ces institutions. Elles ont été de* n puis longtemps l'objet de ses méditations, parce » qu'ayant beaucoup travaillé, elle en a personnel-
* Icmenl senti le besoin. » 11 n'est aucun de nous, hommes de la génération prête à disparaître, qui, comme l'empereur Napoléon, n'ait, dans tout le cours de sa vie, regretté l'absence d'institutions propres à rendre, sur une foule de matières, l'inslruclion plus facile, plus prompte et plus complète. Dans rinlérèt des générations qui doivent nous remplacer, nous formons le vœu que le gouvernement de la France constilulionnellc, non distrait, comme le gouvernement impérial, par des guerres successives et lointaines, songe à réaliser en leur faveur le plan que méditait Napoléon dans un village de la Prusse et dans l'intervalle de deux batailles.
!.e 9 mars de ccUc année, le gr.ind sanhédrin, composé de soixanle-onze docteurs et notables
■ Lettre du 50 mars.
* Lettre du 18 avril.
d’Israël, avait publié le rcsnllal de ses délibérations. C’était une solennelle abjuration des maximes qui avaient fait Jusqu'alors üc la nation juive une nation ennemie du genre humain. Cet ouvrage, qui n'avait pu réussir que par l'ascendant d'un prince maître d'une grande partie du continent, aura dans l'avenir plus d’importance qu'il n'en a eu jusqu'à cejoursurle sort du peuple juif, parce que les principes posés en E'rance recevront successivement leur applicalioti dans les autres pays, à mesure que les peuples chrétiens eux-mêinesentreroiit cri jouissance des droits politiques et civils que leur refusent encore un certain nombre de gouvernements. Ec talent des deux commissaires nommes par remperour p^iur être ses org.ines auprès du sanhédrin, MM. Mule et Pasquicr, n'avait pas peu cuntriliué à faire obtenir cet important résultat. Il ne négligea pas de leur en faire témoigner ' .sa salisfacliou.
Ec concours qui, en conséquence du décret de Poscii, a été ouvert pour le temple à élever sur l'einplacemcnl de la Magdeleine, a produit quatre projets que la classe des beaux-arU a juges dignes de distinction. Tous uni droit à une récompense qui soit un témoignage d'approbation pour leurs auteurs. E'aulcur du plan préféré sera en outre chargé de l’exécution du monument. Quant au choix cuire les quatre projets, l’enipcrcur déclare n'étre pas assez éclairé pour prendre un parti, cl il s'en rapporte à la classe des beaux arts sur tout ce qui lient au bon goût et aux belles proportions. Tel est le langage que tient ^ l'empereur sur le premier aperçu des rapports et des plans qui lui ont été soumis; mais il lit les rapports, il étudie les plans, et, malgré son respect pour la classe des beaux-arts, il se permet d'avoir un avis dilTércnt de celui qu'elle a exprimé. » Après avoir examiné^ • attentivement, dit-il, les difTérenLs plans du mo- R nuinent dédié à la grande armée, je n'ai pas été n un moment en doute... I-e projet qui a obtenu R le prix n'atlcinl pas mon but, c'est le premier » que j'ai écarté... Celui de H. Viguon est le seul » qui remplisse mes intentions. C'est un temple R que j'avais demandé et non une église. Que pour- R rait-K>n faire dans le genre des églises qui fût » dans le cas de lutter avec Sainte • Geneviève , » même avec Notre-Dame, cl surtout avec Saint- » Pierre de Rome, r En s'éloignant de l'opinion émise par la classe des beaux-arls, l’empereur toutefois craint de la blesser. Aussi ne nianquc-l-il pas de lui faire témoigner que » c'est dans le R rapport même rédigé par elle qu'il a puisé les
* Lellre du 30 mai.
CIIAPITIIE LXX.
» motifs qui l’ont déterminé, n Les idées de l'em* pereursurce monument ne sont pas sans intérêt, quoiqu’elles n’aient pas reçu leur exécution. Tout, dans le temple, devait être d'un style sétére; il devait être prêt pour les sulenuilés en tout temps, à toute heure; pour trAne impérial, une chaise curule de marbre; pour les personnes invitées, des bancs de marbre; pour te concert, un amphithéâtre de marbre. .Nul meuble à y ajouter, hors des coussins et des lapis; point de bois dans sa construction ; seulement du marlire. du granit et du fer. A cette occasion, il demandait que l'on fit faire en France des fouilles pour trouver des carrières de granit, et c’est A cet ordre qu'est due la découverte de plusieurs de celles qu'on exploite aujourti'hui avec succès. Il voulait s'assurer du granit pour des ouvrages qu'il sc proposait d’ordonner plus tard, et qui, par leur nature, pourraient permettre de donner trente, quarante, cinquante ans à leur construction ; projets orgueilleux qui maintenant ne sont plus que des rêves ;mais i combien d'hommes est-il donné de réver ainsi !
Entre les objets de décoration qui devaient trouver place dans le temple, l’empereur désignait les statues du Tibre et du Nil, apportées de Rome, l'armure de François I*' prise à Vienne, et le quadrige de Berlin.
Relativement aux frais d'exécution, l’empereur, tout en se montrant jaloux d'élever un monument digne de frapper les regards de la postérité, pensait d'avance à ne pas s'engager dans des dépenses sans limites. Originairement il n'avait songé qu’i y appliquer une somme de trois millions, qui lui semblait devoir être suflisante. les temples d’Athènes n’ayant pas, scion lui, coûté beaucoup plus que ta moitié de cette somme. Il ne voulait pas en faire un autre Panthéon, et à ce propos il observe que plus de quinxc millions ont déjà été absorbés par Sainle-Geneviève; mais il ne sc refuse pas à porter la somme à cinq ou six millions, et se réserve de se décider sur ce point d’après le devis définitif.
Depuis vingt ans, une maladie nouvelle appelée le eroop enlevait beaucoup d'enfants dans le nord de l’Allemagne. La France à son tour en éprouvait les ravages depuis quelques années. Une lettre de l'empercar, remarquable par sa date, le 4 juin, chargea le ministre de rintérieur de proposer un
* LcUre dsléc d’0*lcrodp, le 34 mar*.
*Le pajrmral «r faÎMit irer des Fonds perçus en Prusse. La solde pour reni etnquanie mille hommes montait à trois millions trois ccnl mille francs par mois, ■U taux moyen de vingt-deux Francs par léte depuis Je maréchal jusqu'au tambour. Nous citerons celte parti-
I prix de douze mille francs qui serait décerné au meilleur mémoire sur cette maladie et sur la ma- I nière de la traiter. Il est encore heureux que, la I veille des baUilles, les princes guerriers songent au moyen de conserver la population de leurs Étati .
Pour l'empereur Napoléon, l’ordre dans lesfinances était au premier rang des devoirs, comoie il était au premier rang des besoins. Aussi, même sous sa tente, jamais nulle autre nécessité n'interrompait sa correspondance presque journalière avec son ministre du trésor. Dès qu'il prenait quelque mesure qui touchait à la comptabilité, il en instruisait aussitôt le ministre. « Je fais * solder » la grande armée. écrivaU-il, pour octobre, no- )• vemiirc et décembre 1806 , janvier et février » 1807. Nous verrons ensuite comment nous ferons n le compte avec le trésor. Provisoirement cela
» va nous mettre â l’aise ^ > Si la guerre en
Allemagne apportait quelque secours aux finances françaises, elle leur imposait, sur d'autres points, des charges extraordinaires. Dans le doute où était Na|>oléon sur les résolutions éventuelles de la cour de Vienne, il lui fallait maintenir en Italie des forces plus considérables que n’en eût comporté on éUt de paix certain avec celte cour. Le subside de trente millions fourni par le royaume d’Italie ne suffisant pas à l'entretien de l’armée qui couvrait ce royaume. il y faisait envoyer des fonds français; mais, pour ne pas éveiller la défiance de l’Autriche, lorsque lui-même ü ne songeait qu’à la défensive, il recommandait * à son ministre d’éviter l’éclat qui accompagne toujours dos envois matériels d'espèces. C'était de la haute prévoyance d’ordre politique. Dans les affaires d'ordre intérieur, il ne portait pas moins de prudence.
I..4»rsqu'il chargeait, comme nous l’avons dit, la caisse d'amortissement de faire des avances de fonds aux tnanufaclures en souffrance, sa première pensée était de se défendre contre la fraude. K II faut disait-il au ministre du trésor, que ■ M. Béranger * prenne des mesures pour empé- I* cher les fripons de profiler de mes dispositions. •• Celte précaution n'avait rien que de raisonnable. En général, confiant et défiant, tout ensemble, l’empereur le témoignait avec une franchise qui Otait i la défiance ce qu’elle aurait pu avoir d’injurieux. Ainsi en demandant à M. Mollien des détails sur un traité conclu parce ministre, il ajou-
cularitr comme pouvant devenir un point de comparaison dans tes temps à venir.
’Leiire de Finkensieio. du 7 avril.
4 Lrtlre datée d'Osterode, le 38 mars.
* M. Béranger était directeur de la caisse d'amortissement.
AFFAIRES INTÉRIEURES ET EXTÉRIEURES
tait : U Ce n'est pas que je n'approuve ce que vous » avez fait; mais comme j'ai l’approbation officielle » et l’approbation tenlie, je désire quelque expH- » cation qui me fasse connaître que l'opération est » bonne. » L'explication lui fut donnée, cl l'approbation eentie vint aussitôt confirmer l'approbation offloietle.
Pour tenir sans cesse scs ministres sur leurs gardes envers eux- mêmes cl envers leurs coopérateurs, il lui arrivait de refaire leurs calculs, ayant un grand penchant à les trouver en défaut, et luiméme faisant quelquefois des erreurs qu'on aurait été tenté de croire volontaires. En effet les chiffres maniés par lui étaient toujours à l'avantage de son opinion. Jamais il ne se trompait que dans le sens qui lui convenait le mieux. Ces erreurs avaient leur but. Fondées ou non , les variantes qu’il avait introduites dans les comptes conduisaient les ministres à une plus ample démonstration de la vérité. Malgré ces chicanes systématiques, il était loin de méconnaître les services qu’on lui rendait, et il ne négligeait guère d'en montrer sa reconnaissance. » La bonne direction que vous a avez donnée au trésor, écrivait-il < au ministre » de ce département, et l'indépendance où vous » l'avez mis des banquiers est un véritable bien et » sera un jour une source de prospérités pour nos a manufactures et notre commerce. « De tels mots de la part d'un tel homme étaient seuls une honorable récompense. Sans l'appui que l'empereur prêtait à son ministre, celui-ci aurait vainement tenté les améliorations les plus essentielles. Grâce à la force que le chef de l'Étal communiquait à scs premiers agents, les invitations du ministère devenaient des ordres.
La plus importante des innovations qui eut lieu à la trésorerie fut l'introduction de la comptabilité à partie double. De fortes préventions s'opposaient à l'adoption de cette méthode , que l’on affcclail de nommer avec mépris comptabilité mercantile. Colbert, Turgot, Necker, dans leur enthousiasme bourgeois pour le commerce, avaient, disait-on , essayé aussi de soumettre à ces formules les comptes ministériels, mais ils ont été obligés d'abandonner cette entreprise contraire à la dignité de l'État et à la sûreté des deniers publics. Cette sûreté des deniers publics était précisément le résultat auquel le nouveau procédé pouvait seul conduire. Le ministre le sentait et ne se découragea pas. Il se contenta d’employer la voie des insinuations que vint appuyer l'exemple de la caisse de
* Lettre d'Oiterode, le 34 mars.
’ Du 8 janvier 1808.
En 1830, un pacha d'Égypte a introduit le même «ys- 1 Btenos.
service. Là où il rencontrait quelque hésitation, c’est qu’il y avait désordre. L’année suivante seulement, le nouveau système fut sanctionné par un décret ^ impérial. La fondation de ce système a été un bienfait immense dont les heureux effets sui>sistent encore aujourd'hui et ont été particulièrement sensiblesdans les variationsdu gouvernement à travers lesquelles nous avons passé et qui, sans ce salutaire préservatif, eussent pu jeter taut de confusion dans les finances de l'État.
C'était grâce à l'admirable esprit d'ordre introduit dans toutes les parties du service public que l'empereur pouvait faire face aux prodigieux efforts que la guerre exigeait de lui. Quoique les ressources provenant de la guerre même ne fussent point indifférentes, on les a toujours singulièrement exagérées, et l’empereur ne eherebait point à détruire cette exagération qui, sous un certain rapport , lui était favorable. Si les troupes qui eombattaient en Allemagne étaient nourries et entretenues par la victoire, à mesure qu'un corps passait le Rhin, il était remplacé en France par des levées qu'il fallait nourrir et habiller du produit des impôts. Je ne sais pas si, dans aucun pays, on peut, à aucune époque, trouver un autre État soutenant d’aussi vastes et d'aussi terribles guerres , sans que l'impôt ordinaire eût reçu aucun accroissement.
Les recettes de l'année se composent ainsi qu’il
suit :
Contributions directes 51 1 ,841 ,000 fr.
Enregistrement , domaines et
bois 172,227,000
Douanes 92,578,000
Droits réunis , contributions indirectes 76,002,000
Loteries 7,024,000
Postes. 12,254,000
Sels et tabacs au delà des Alpes. 7,436,000
Salines de l’Est 4,858.000
Monnaies 241,000
Poudres et salpêtres 1,000,000
Reste à recouvrer de l'an XIII et
années antérieures 5,145,000
Recettes diverses et accidentelles. 15,051,000
Recellcs extérieures 55.120,000
Fonds spéciaux , etc 38,215,000
Total général y7Y,W,000lrr.'
Ces recettes furent affectées au service public dans les proportions suivantes :
tème de compiabilité dans tes finances. Tel esl aujourd'hui le mouvement du monde et le progrès de la science administrative.
CHAm’KK LXX.
Dctle publique et pensions. . . 1OS5,Oii9,0OO fr. Liste civile y compris la ramillc. 28,000,000 Ministère de la justice 22,042,000
— des aiïaircs étrangères. 10.379,000
— de l’intérieur 114,902,000
— des finances 23,624,000
— du trésor public. . . . 8,371,000
— de la guerre 195,893,000
— de l'administration de
la guerre 147,634,000
— de la marine 117,307,000
— des cultes 12,342,000
-T- de la police générale. . 708,000
Fonds spéciaux pour frais d’administration locale, roules, ponts
et chaussées 38,213,000
Frais d’escompte 10,232,000
Total général 777,830,000 fr.
Nous avons vu, dans le chapitre précédent, le ministère anglais, sous la direction des lords Grcnvillc et Howick, tâcher de poser une borne à l’aug-
mentation annuelle des dépenses de la trésorerie,
: surtout en s’abstenant de stipendier les puissances : continentales. Ce système d’économie, lie à un système de politique qui n’cùt point fermé la porte à tout rapprochement do l’Angleterre et de la France, fut renversé dans le mois d’avril 1807 par le renou- ' vcllement du ministère. La nouvelle administration , où l’esprit de M. l'itt se reproduisit dans la j personne des l'erceval, Canning et Castlercagh, ayant conclu des traites de subsides avec la Suède et la Frusse et fait, dans le Nord, des expéditions dont nous aurons à parler plus tard , les dépenses s’élevèrent presque aussi haut que celles de l’aiincc précédente. Ces dépenses furent couvertes par les revenus publics et par des emprunts :
Revenus, 38,902,291 liv. si,, 1,472,337,273 fr. Emprunts, 12,000,000 liv, st., 300.000.000 fr. Total. , . 70,902,291 liv. si., l,772,337,2757fi
Ainsi l’année 1807 coûta au gouvernement anglais un milliard de plus qu’à la France.
ÉVÉNEMENTS MILITAIRES