‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 283 sur 298 · EXAMEN DES TRAITËS DE TILSITT · texte numérisé non relu

EXAMEN DES TRAITËS DE TILSITT

PeD»é« domioanic dM traiiés de TiUill. — Reproche* bits k Napoléoo à Poccajioo de* traités de Tilsîti. — Reproche de n'aTuir poial rétabli ta Pologoe. — Reproche d'avoir abaudooné la cause de la Turquie. — Reproche (Tavoir affaibli la Suède. — Reproche d'avoir hil trop ou trop peu Ji l'égard de la Prusse. — Paroles de Napoléoa à des députations de la Prusse. — Débats sur les contributions i payer par la Prusse. — luterveulioD de l'empereur Alexandre en faveur de la Prusse. — Avantages des traités de Tilsitt pour la Fraoee. — Diversité des motifs qui ont déterminé la conduite de Teropereur de Russie. — Justification du ministère anglais sur sa conduite eover* la Ruane. — Diipoaiiioas de* deux empereur* au moment de leur «éparalion. — Napoléon a-t-il négligé de s'appuyer sur le* peuples? — Statut coostitulioonel du duché de Varsovie. — Coaatilutioo du royaume de Wcstphalie.

Comme c*e«l Pemperenr Napoléon qui ost pré> sumé avoir réglé en maître lea conditions des traités de Tilsitt, c'est à lui que s'adressent tous les genres de reproches sur les causes qui délerminérctil les conditions alors adoptées et sur les ciïets qui ont suivi leur application. Nous exposerons les motifs de sa conduite; on pourra juger jusqu'à quel point ils la justifient.

Il est un fait évident, hors de toute contestation, c'est que le désir de forcer rAnglclcrre i la paix a été pour Napoléon le premier, l'unique mobile de tous ses actes. Ce point auquel étaient arrivées, lors de leur rupture, les négociations de 1806 entre les cabinets de Paris et de T/ondres, lui permet' tait de croire à la possibilité d'une paix maritime. Sur les questions qui touchaient directement la Grande-Bretagne, il avait poussé les concessions à un tel degré que, de l'aveu môme du dernier négociateur, lord Laudcrdale, l'Angleterre était satisfaite pour son propre compte. Elle n'avait continué la discussion qu'afin do faire prévaloir les demandes de la Russie, et c'était faute de n'avoir pu y réussir qu’elle avait rompu la négociation. Le prétexte a disparu; la Russie est en paix avec la France. Pourquoi donc les querelles de l'Angleterre et de la France seraieiil'elles maintciiaril inconciliables?

Quoique l'empereur Napoléon aileu avec la Russie l'avantage des armes, cet avantagea ses limites. Jusqu’à présent, le territoire russe n'est pas en-

tamé ; la France n*a donc encore le droit de rien imposer i la Russie, pas même la paix. Tant que Napoléon n'est pas entré en conquérant dans les États de l’empereur Alexandre, celui-ci peut se refuser même à la paix et rester en guerre, comme après la balaille d'Austerlili. Un état prolongé de guerre, quoique sans action, ou même la conclusion d'un traité qui n'aurail d'autre résultat que de mettre un terme aux combats, ne satisferait que médiocrement l'empereur Napoléon. Ce n'est pas tout pour lui d’avoir un ennemi de moins; ce qui lui importe, c'est d'acquérir un allié de plus. La Rassie a cessé de le combattre; il faut qu'elle combatte pour lui; qu’elle combatte l'Angleterre, si non par des armées, du moins par des mesures qui lui ferment l'accès du continent. C'est donc sur l'esprit, sur la volonté d’Alexandre qu'il est essentiel d’agir. Peut-être la politique bien entendue de ce prince serait de rester neutre; c'est un rôle actif que Napoléon veut lui faire prendre, et la conquête d'un secours aussi important n’est pas de celles qui puissent se faire sans quelques sacrifices. Ceux auxquels se prête Napoléon sont-ils disproportionnés à l'intérêt du but qu'il se propose? Toute la question du traite d'alliance de Tilsitt est là. Elle ne peut être résolue que par l'examen des diverses accusations produites contre l*«;iiipereur à l'occasion de ce traité

On l'accuse d'avoir manqué l'occasion do rétablir la Pologne, d'avoir séparé sa cause de celle de

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