‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 29 sur 298 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Hl’ERRE EK ALLEMAGNE.

r.ompostiion de Parmér rraneaiBcd'Allomagae. — Affaires de Siockacli et J'Engen. — Affaire de Moskircb. -> Affaire de Biberarb. — Prise de Memroingcn. Affaires de Hoebstet. — Prise de Fcldldrcfa. — ObservalioDs sur cette première partie de lacampague d'Allemagne.

En Allemagoe, comme en Italie, les armes fran> raises avaient été heureuses; mais là, c*était le genre de bonheur que donne une marche toujours méthodique et circonspecte, sans aucun de ces coups d'éclat réservés aux témérités * du génie. Obligé de nie resserrer dans de justes bornes, n'ayant suivi qu'avec peine les cinq à six divisions qui ont opéré activement dans la campagne d'Italie, commenl pourrais-je m'attacher à décrire les mouvements, variés à l'infîni, des onze divisions du général Moreau?Ccttc tâche serait d’autant plus difficile, qu'encorc fidèle aux anciennes habitudes, ce général n'agit point par masses comme le premier consul. Par le nom seul de ses coopératcurs, on verra coinmeiil le général Moreau était secondé.

Sa droite était commandée par le lieutenant général Recourbe, qui avait sous ses ordres trois divisions, Vandamme, Montrichard et Lorges;

Le centre, par le lieutenant général Gouvion Saint-Cyr; deux divisions, Tliurrcau et Baragueyd'iltlltcrs;

1.. a gauche, parle lieutenant général Sainte-Suzanne; deux divisions, Souham cl Legrand;

La résene, que le général Moreau gardait sous ses ordres imuiédials ; trois divisions, Richcpansc, Delmas et Leclerc;

Une réserve de grosse cavalerie, sous les ordres du général d’Haulpoull;

L'artillerie, sou.s ceux du général Éblé.

1.. C âS avril , l'aile gauche avait passé le Rhin à KchI; le centre, à Vieux-Brisach ; la réserve, sous les ordres du général Moreau, à Bàlc. L'ailc droite,

’ Ciinclainr naturA et cui cauta potiùt conailia cum lalioae quant prospéra ex casu placèrent. Tteirs.

qui avait eu ordre de suspendre ses mouvements jusqu'à ce que la gauche, le centre et la réserve eussent achevé les leurs, n'exécuta le passage que le 1*' mai, entre SchafThouse et le lac de Constance.

Le plan adopté par le général Moreau, quoique moins hardi que celui qui avait été indiqué parie premier consul, avait toujours à peu près le même but, celui de prendre , sinon à dos , du moins en flanc l'armée autrichienne d'Allemagne, et de couper ses cominunicalioDS avec le Tyrol et l'Italie. C'est dans ce système que sont combinés tous les mouvements de l'armcc française.

Le lieutenant général Lecourbe, commandant de l'ailc droite, étant, par une simple sommation, devenu maître du fort de Hohenlwiel, s'éUit sans retard dirigé sur Stockach.Dans le même moment, le général .Moreau arrivait sur Engcn, où venait de s'établir le commandant en chef de t'armée ennemie, le général Kray, qui, trompé par les manœuvres de l'armée française, n'avait pas eu le temps de réunir et do concentrer ses forces. Une double attaque s'exécuta simultanément, le 3 mai, l'une par Lecourbe contre le prince de Vaudremont, à Stockach; l'autre par Moreau contre le général Kray, à Cngen. Quoiqu'il n'y ait que trois lieues et demie de l'une de ces positions à l'autre, ce furent deux actions tout à fait séparées. A Stoc- I kach , le succès fut complet. Le corps du prince j de Vaudremont, fortement maltraité, fit sa retraite sur Pfulicndorf et Moskirch , laissant entre I les mains des Français plusieurs pièces de canon et trois à quatre mille prisonniers. victoire fut I plus vivement disputée à Engcn, où le général Kray n'avail pas moins de quarante-cinq mille hommes, force sui>éricurc à celle dont disposait le général

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