CHANTRE LXXIV
<)dal<t de U IribanCf mais fidèle à respecter l'ègalilc des droits, il réalisait, par une application journalière, le principe de i'admissibititc de tous à tous les emplois militaires et cifiis; lors même que créant des distinctions et des titres béréditaires, il les présentait comme une consécration nouvelle du principe de l'égalité, en les rendant accessibles à tous. Du moment que la constitution de l'an VIII n'avait pas en elle-mémc un degré de force suffisant pour arrêter te premier envahissement de rau< lorité consulaire, il était impossible, surtout avec un état de guerre permanent, avec un guerrier et un guerrier heureux pour chef de l’État, que le premier consul ou l'empereur ne réunit pas dans sa main toutes tes altrihulions du pouvoir le plus illimité. Il est cependant une explication qui jusliOe jusqu'i un certain point le peuple français de sa condescendance pour le monarque. Au dedans, un accord parfait les unissait entre eux. La nation ne voyait le gouvernement occupé que de travaux utiles, d'améliorations importantes, de projets tondant tons à multiplier pour elle les sources de richesse et de prospérité. Les luis étant en general conformes à l'esprit public, on oubliait {dus aisément qu'elles n’avaient pas été discutées par une véritable représentation directement élue, et peut-être est-il vrai de dire que le conseil d'Élat qui les rédigeait offrait à la France une réunion d'homn)cs éclairés cl habiles, telle que jamais aucun autre pays n'eùt pu en offrir une semblable. Ces hommes appartenaient à toutes les parties de la France, où leurs talents fussent restés obscurs, si la révolution ne les eût mis au grand jour, et, comtpe pour Napoléon il n'etait pas d'homme d'un mérite réel qui n'edt droit à être distingué, la France, en retrouvant dans le conseil du prince les éléments de ses diverses assemblées démocratiques, s'apercevait moins, à la vue des mêmes hommes, qu'elle n'était plus gouvernée d'après les mêmes doctrines de liberté politique.
Est-il extraordinaire qu'au retour de Tilsitt, Napoléon, entouré des trophées d'iéna et de Friedland, tenant à la main un traité de paix qui lui conservait les principales conquêtes de la guerre, n'ait entendu en France que les accents de la louange et de l'admiration? On a recueilli quelques-uns des discours qui lui furent adressés, comme des modèles d'une adulation inouïe. On a eu raison de condamner ces écarts, répréhensibles dans tous les temps et surtout si déplacés alors. C'est pour les princes vulgaires que ta flatterie doit réserver ses mensongères hyperboles. Napoléon n’en avait pas besoin lorsque, le 16 août, il disait au corps législatif : k Depuis votre dernière n session, de nouvelles guerres, de nouveaux Irai-
H lés de paix ont changé la face de l'Europe poli- » tique.
n Si la maison de Brandebourg, qui la première » se conjura contre notre indépendance, règne » encore, elle le doit à la sincère amitié que m'a a inspirée le puissant empereur du Nord.
n Un prince français régnera sur l’Elbe; il saura
• concilier rintérél de ses nouveaux sujets avec » ses premiers et ses pins sacrés devoirs.
» La maison de Saxe a recouvré, après ein- « quante ans, l'indépendance qu'elle avait per- M due.
» Les peuples du duché de Varsovie, de la ville M de Dantzig, ont recouvré leur patrie et leurs n droits.
» La France est unie aux peuples de l’Allemagne » par les lois de la confédération du Rhin; â ceux » des Kspagnes, de la Hollande, de la Suisse et des » llalics par les lois de notre système fédératif. » Nos nouveaux rapports avec la Russie sont cin mcnlés par l’estime réciproque de ces deux n grandes nations...
M Je désire la paix maritime : aucun ressenli- H ment n'influera jamais sur mes déterminations; 1» je n'en saurais avoir contre une naliou, jouet et N victime des partis qui la déchirent, et trompée n sur la situation de scs affaires comme sur celles •• de scs voisins.
n Français, votre conduite, dans ecs derniers I temps, où votre empereur était éloigné de plus X de cinq cents lieues, a augmenté mon estime et n l'opinion que j'avais conçue de votre caractère, n Je me suis senti fier d'élrc le premier parmi ■ vous...
«I Vous êtes un bon cl grand peuple.
n Les comptes de mes ministres des finances et > du trésor public vous feront connaître l’état n prospère de nos finances. Mes peuples éprouve- » ront une considérable décharge sur la contribu- » lion foncière.
n Mon ministre de rinlcricur vous fera connaln tre les travaux qui ont été commencés ou finis ; n mais ce qui reste à faire est bien plus important H encore, car Je veux que, dans toutes les par- » tics de mon empire, même dans le plus petit n hameau , l'aisance des citoyens et la valeur dos
* terres se trouvent augmentées par l'effet du sysn lème d'amélioration générale que j'ai conçu.»
Les promesses sont faciles aux princes, surtout dans les jours de leur prospérité. Napoléon tiendra-t-il ce qu'il annonce? Tout dit qu'il en a la volonté et le pouvoir. F.n écoutant l'exposé que présente son ministre, on a peine è concevoir que ce soit le récit des opérations civiles de ccUc terrible année de guerre dont nous avons rapporté tes
POLITIQUE INTÉRIEURE ET POLITIQUE EXTÉRIEURE
mémorables événements. Dans ce compte rendu par le ministre , toutes les branches du service public sont passées en revue. Partout l'empereur cherche à féconder le bien ou à détruire le mal. Partout il répare, il perfeclionne ou il crée. Énumérer toutes les questions traitées dans ce rapport serait un long ouvrage. Je n’indiquerai que les faits principaux.
<1 Les administrations bienfaisantes des hospi* » ces, les congrégations charitables destinées à sou- » lager la souffrance, les essais faits pour la répres- » sion de la mendicité ont été les premiers objets n des plus actifs encouragements...
I» Treize > mille quatre cents lieues de roule ont >• été entretenues, réparées... Les deux plus grands » ouvrages exécutés depuis plusieurs siècles , les it routes du Mont-Cénis et du Simplon, monuments n de l'art, dignes de ces monuments de la nature » que Part a vaincus, sont accomplis après six an- 1) nées. Parmi les routes d'un autre ordre , celle » d'Espagne en Italie se poursuit... L’Apennin de- » vient le siège de travaux qui lieront le Piémont » à la Méditerranée, et compléteront l'union de la
Ligurie avec la France.... Dix-huit fleuves ou >• rivières principales ont vu leur navigation s’amén liorer ou se prolonger même par des écluses , » leurs chemins de halagc restaurés, leur cours n contenu par des digues.... Quatre ponts ont été » achevés pendant la dernière campagne. Dix aun très sont en pleine activité... Dix canaux pres- » que tous commencés sous ce règne, sont en actin vilé et se poursuivent.... Les ports maritimes n offrent aussi des créations nouvelles.... Anvers, n qui n'était plus rien , devient un centre de ma- » rine militaire.... Pour la première fois, cette par- » tie de l'Escaut voit flollcr des vaisseaux de 74 et » de 80 canons; quatorze sont sur le chantier, plu- X sieurs ont été lancés et sont arrivés à Flessin- » gue.... Ce dernier port a vu élargir son écluse, n creuser ses bassins, et se trouve en état de rece- H voir une escadre.... A Dunkerque, à Calais, des X Jetées ont été reconstruites... A Cherbourg, les X deux mêles sont élevés... A Rochefort, à Mar- X seille, s'exécutent également d'importants ou- X vrages... L’existence de nos fabriques de coton X étant consolidée, on s’est occupé à reconnaître X les lieux où la culture du coton pourrait être in- X troduite.... L'amélioration des laines a été l'ob- X jet d'une constante sollicitude... La restauration X des haras a été très-avancée.... Les écoles véléri-
' La France dan* ta circontcripiion actuelle n‘a guère que huit mille lieuet de routes è entretenir.
* En 1814, un écrivain, homme de mérite, a dit ; • Au retour de la paix, il fallait craindre de voir toute
n naires peuplent , de sujets instruits, les armées n et les campagnes.... Leur enseignement a reçu I) une nouvelle extension. Dans leur sein s'ouvrent >1 des écoles pratiques d'économie rurale.... Un n code se prépare pour le commerce.... La loi X rendue sur les prud'hommes a produit des effets » salutaires.... L'école des arts et métiers de Corn- » piégtie a été transférée à Châlons; celle de Rcau- » préau sera formée incessamment , et celle de » S'. -Maximin ensuite... L’école pratique des mi- » nés de Pezai obtient les succès les plus complets. » Une autre école pratique se prépare à Geislau- » tern, dans la Sarre.... Des élèves, tirés de l'école » des arts, sont instruits à Paris, aux frais du gou- X vernement, dans la fabrication des instruments X de physique devenus aussi parfaits que ceux X d’Angleterre... L’Italie offre au commerce frann çais des débouchés plus considérables.... Les n mers du Levant rappellent les marchandises
X françaises La guerre actuelle n'est que la
X guerre de l'indépendance du commerce... Cha- X cune de ses conquêtes, en fermant un débouché X à l’Angleterre, a été une conquête future pour X le commerce de la France.... Il y a vingt mois, X nos filatures étaient menacées d'une inaction en- X tière, leur voix fut entendue du chef de l'État,
X le décret du 22 février leur rendit l'espoir
X Les manufactures ne prospèrent que chez les na- » tiens où une sorte d’esprit public s'est établi en X leur faveur. Cet esprit, nosanciennesinstitutions X l’empêchèrent trop longtemps de naître; le gou- X vernement actuel n’a rien négligé pour le déve- X lopper.... X A cette occasion , le ministre rend compte de l'exposition des produits qui a eu lieu pendant l’absence de l’empereur, et des progrès qu’ont faits les diverses branches d’industrie. « L’empereur, ajoute-t-il, a voulu que sa capitale, X devenue la première capitale de l’univers, répon- X du, par son aspect, à une si glorieuse destina- X lion. A une des extrémités de Paris, un pont est X achevé, le pont d’Austerlitz; à l’autre, un pont » commencé, celui d’Iéna.... Le Louvre avance, » marquant, à la suite les uns des autres, les siè- X des de François I*', de Henri IV, de Louis XIV, X ranimés à la voix de Napoléon.... Des fontaines X sans nombre coulent jour et nuit dans tous les X quartiers de la ville, montrant aux dernières » classes du peuple le souvenir que son empereur X a de ses moindres besoins.... Deux arcs de triom- X phe sont érigés ou fondés; l’un, près de ce palais
e la France mise en embellisscroenis et en canaux, o Lorsqu’on examine tout ce qui reste à faire en ce genre, une telle accusation n’est-elle pas un éloge?
CIIAPITUE LXXIV.
■ habite par le génie de la victuire; l'autre, à la
■ plus iHflIc avenue de la plus belle ville du monde.
M Le loml>eau de Desaix est assis sur le sommet » des Alpes, non moins étonnées de voir pour la » première fois un monument sorti du ciseau de
* nos artistes qu’elles ne l’ont été du passage sans N exemple d’une armée traînant, à brasd’hoinmes,
» sa nombreuse artillerie, l/ccole française est oe- » cupèe presque entière à retracer sur le marbre a ou sur la toile les principales époques de ce règne H glorieux.... L’école des beaux arts de Lyon a pris
« naissance cette année.... Les intérêts de t’cnsci-* < N griemenl sont une des pensées habituelles de | » l’empereur... Les douze écoles de droit sont or- <• gaiiisécs.... Des écoles gratuites de médecine " pratique onléléélablies dans les villes d’Amiens, | » Besançon, Bruges, Bruxelles, Gand, Clermont'’
» Ferrant, Angers, Grenoble cl Boîtiers... L’obser- | >• valoire du Baiithéun a été rétabli; celui de Turin, :
* rendu à l'aslrononiie... L’empereur désire que
» les belicS'tcUrcs partagent, sous son règne, rim> . m pulsion donnée à tout ce qui est grand, utile et >• honorable i la nation; que la littérature trouve,
" dans l’alliance du goût avec la morale, le prin- » cipe le plus ccriain de ses succès.... I.e clergé n uiïro plus qu’i aucune autre époque des mœurs » pures, une piété tolérante, un grand désintcres>
!• srinenl. une application consianic à ses devoirs...
» Les divers cultes vivent dans une union digne de » l'esprit qui leur est coininun.... Un grand san- | » hédrin, assemblée dont lesJuifs, depuis plusieurs | n siècles, n’avaient point vu d'exemple, a sulenneln lemctit déclaré que la loi de Moïse, loin d’aua toriser ses sectateurs à devenir habitants d‘un a État, sans en adopter les intérêts, sans en recon> a naître les autorités, sans en suivre les lois, leur a prescrit au contraire et les sentiments qui les <• attachent à leur patrie adoptive, et l’obéissanceà <* toutes ses institutions, et le devoir de s’armer
" pour sa défense I.cs ressources de l'État sc
« sont accrues au delà de ses besoins; les caisses » soulpieincs; lespayemcnlsse fontà point nommé;
* les ordonnances sur le trésor public sonldcve* a nues les lettres de change les plus sûres. *
Après avoir représenté les résultats politiques de la dernière guerre cl la France, au delà des Alpes et des Pyrénées, de reml>uuchure de l'Elbe jusqu’aux sources de l'Imi, de la mer du Nord Jus* qu'au golfe de Tarciite, environnée d'une vaste chaîne de peuples amis, le ministre rassemble en quelques traits la substance du compte qu’il vient
• Lonqii'uoe foute d’écrivains, même (te ceux qui ariiibkm devuir être te iiiieux informés, préseDirruut la (lêcUrsiictii de ('(terre de la RiiMÎr rl de la Prusse à
de rendre. •> Plusieurs branches de l'administra- » tion perfecltonnces, les fmanccs dans l'étal ic a plus heureux; la France, seule entre tous les » États de l’Europe, n'ayanlpas de papier-monnaie; a son commerce, au milieu d'une stagnation inévia table, conservant toutes ses espérances et préa parant les germes de sa prospérité future; nos a colonies maintenues dans un état qui doit un jour a eiirichirla métropole; lesarmcs delà France pora (ces, par une suite de succès sans exemple, jusa qu’aux extrémités de l'Europe; son iiiQuence s’é* a tendant au delà du Bosphore et jusqu'au milieu a du continent d'Asie; le plus grand ordre, la plus a proronüc Iranquillilé régnant dans'son intérieur, a lorsque son souverain a été pendant dix mois a éloigné de six cents lieues; l'Europe étonnée, nos a ennemis confondus; l'Angleterre restant seule a chargée du fardeau de la guerre et de la haine ^ des peuples; telles sont les opérations d'une a année et les cs|>érances de celle qui va suivre, a
Sans contredit, on peut critiquer avec justice, dans ce compte rendu par le ministre de Pinterieur, la soteimilé, la pompe du langage; mais, à part les ornomonls dont ils sont embeilis, les faits restent , les faits sont sous les yeux de l'Europe , et l’enthousiasme n’e.st pas sans excuse. En tout autre pays qu'en France sous le gouvernement de Napoléon, ce tableau des actes d'une année ne sciiiblerait-il pas celui des év énements de tout un règne?
Une foule de détails d'ordre intérieur réctaineraicnl ici notre attention, mais nous remettons à nous en occuper plus tard pour ne point perdre trop longtemps de vue le développement des conséquences amenées par les engagements de Tilsitl.
Du jour où les empereurs sc sont séparés, chacun d’eux a songé au parti qu’il pourrait tirer des promesses de l'autre. Napoléon, pour conduire la Russie à se déclarer contre l’Angleterre, Alexan- J dre, pour obtenir la tolérance de Napoléon sur les . projets russes contre la Turquie. Aux yeux de l'empereur des Français, l'un des grands résultats ' de Tilsitl est d'avoir ramené la Russie au principe de la neutralité maritime de 17K0; d’avoir posé,
I commeliasedcralUancedesdeuxempiresctcommc condition de paix avec le gouvernement britannique, l’obligation pour ce gouvernement de reconnaître « que les pavillons de toutes les puissances » doivent jouir d'une égale et pleine indépendance a sur les niers. » De toutes les stipulations arrêtées entre les deux empereurs et acceptées par le roi de Prusse >, il n'y en a aucune qui soit aussi ho-
l’Angleierre cumme im HFci HVxigenee* nouvelle* de Napoléon, ri, en ce qui regarde la Pruaar, cuinmc une aggravation (Ira charges qui lui avaient été ituposérs.
POLITIQUE INTÉRIEURE ET POLITIQUE EXTÉRIEURE
Durable, parce qu'il ii’y en a point qui soit aussi juste, aussi légitime. II faut ajouter qu'elle était en meme temps la plus naturelle et , pour ainsi (lire, la plus inévitable. Si, à son avènement au trùnc, Alexandre , entouré d'intrigues anglaises, avait abandonné des principes dont la proclamation avait fait la gloire de son aïeule et dont la courageuse défense avait coûté la vie à son père , peu de temps après, le jeune empereur s'était hâté d'y revenir dans sa convention secrète avec la France en octobre 1801. Il était donc impossible qu'en 1807 le rapprochement de la France et de la Russie ne donnât pas une nouvelle sanction à ces principes également précieux pour les deux États et que réclament à l'envi toutes les tiations commerçantes, excepté l'Angleterre qui seule les rel>ousse et les proscrit. De la part de cette dernière puissance, la guerre va devenir plus barbare que jamais et ce sera en haine des droits des neutres. L'Angleterre va de nouveau déclarer qu'il y a incompatibilité entre les droits des neutres cl son existence, car, selon ses hommes d'Étal, l'existence pour elle , c'est la domination exclusive de l'Océan , c'est le règne de l'arbitraire le plus illimité, c'est la destruction , la mort de toute indépendance de pavillon autre que le sien.
Conformément à l'article 4 de l'alliance de Tilsitt , le cabinet de l’étcrsbourg s'était empressé d'annoncer à la cour de Londres la conclusion des traités qui avaient ramené la paix sur le continent, et de lui offrir sa médiation pour rétablir aussi la { paix entre elle et la France , en lui faisant connat- I tre que déjà celte médiation était acceptée par le gouvernement français. La réponse du ministère ^ britannique ne décelait pas une grande disposition | à un prompt rapprochement. «S. M., disait M.Can- ' » ning, attend avec la plus vive sollicitude la coin- j » municalion du traité conclu à Tilsitt et l'énon- » ciation des équitables principes * sur lesquels » S. M. impériale exprime la confiance que la » France désire faire la paix avec la Grandc-Rre- » tagne. Elle sc plaît à croire que la paix de Tilsitt » et les principes sur lesquels la France est prête i> à négocier sont de nature à inspirer à S. M. bri- » taiiniquc un juste espoir de parvenir à une paix » honorable et sûre. » Dans ce cas, le roi accepterait volontiers la médiation de la Russie; mais, avant d'avoir reçu ces importantes et nécessaires communications, il est impossible de faire une
ce sera au moins une erreur. C’élail k Tilsitt qu'avait clé convenue entre les trois princes l'adoption de ce système.
' The slalcmcnt of ihose équitable aud honorable j principles iipon wich bis I. M. expresses bis briief Ibat |
réponse plus explicite - à la note de ,M. d'Alopéus.
Dans le moment où le cabinet de Londres semblait ainsi subordonner l'acceptation de la médiation de la Russie aux communications ultérieures que pourrait lui faire cette puissance, il avait commencé déjà et se préparait à consommer l'une des violences les plus iniques par lesquelles il a signalé la dernière guerre. Aux yeux d'un cabinet composé d'hommes appartenant à l'école de M. Pitt, le gouvernement européen le plus odieux était.
toujours défendu avec le plus de vigueur les droits de la neutralité maritime, c'était le Danemark. A la seule nouvelle de l'entrevue de Tilsitt, le ministère anglais prévit la possibilité d'une nouvelle réunion des puissances du Nord pour faire revivre les doctrines de 1780 et de 1800. Dès lors, il n'a qu'un seul objet en vue , c'est de plier à son joug ou de frapper à mort celle, des puissances dont il redoute le plus la généreuse énergie.
La flotte déjà préparée sc compose de vingt-trois vaisseaux de guerre, neuf frégates, vingt-deux autres bâtiments moindres et cinq cents bâtiments de transport. Le corps expéditionnaire doit être de trente-cinq mille hommes. On retire de la Poméranie, pour les faire entrer dans ce corps, les légions anglo-hanovriennes mises à la disposition du roi de Suède. Peu importe que ce prince succombe. Ce n'est pas à défendre un roi qui ne peut plus la servir que l'Angleterre lient à employer scs troupes; elle en a besoin contre un roi qui ne l’attaque pas, mais dont elle craint que l'union avec d'autres puissances ne vienne contrarier son despotisme maritime. La flotte fut mise sous les ordre.s de l'amiral Gambicr ; l'armée de terre , sous ceux de lord Calheart, le même que l'on venait de rappeler de la Poméranie en abandonnant ce pays à la merci de la France.
Dès le 3 août, l'amiral Gambicr était, avec les troupes de débarquement, à l'entrée du Sund devant le château de Cronborg ; une division de sa flotte, sous les ordres du commodore Keats , s'était dirigée vers le Grand-Bcit pour couper toute communication entre les Iles et les possessions continentales du Danemark. En ce moment, le gouvernement anglais ouvrit une de ces négociations dérisoires à l'usage du brigand, pourvu de toutes scs armes et placé en embuscade, contre la faiblesse désarmée cl sans défense, négociation où l'Anglc-
France is deiirous oF concludiog a peace witb gréai Britain.
de M. Canning à M. d’Atopéuê, eu date du 3 aoùl.
’ More spécifie. Même note de M. Canning.