‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 40 sur 298 · IMO · texte numérisé non relu

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NÉGOCUTIÜNS ET GUERRE.

il se précipite dans le déÜlé, et tombe , avec quel* ques bataillons seulement, sur les derrières do rcnneroi. Cette attaque inattendue, et surtout sou impétuosité, fut pour les Autricbicnsle signal d'une épouvantable déroute. Jusqu’à ce moment, du côté de Uobenlinden, les généraux Grandjeaa, Groueby et Ney n'avaient pu que soutenir, par des prodiges de courage, les masses autriebiennes qui faisaient effort pour sortir de la forêt ; mais lorsque ces masses furent pressées à la fois en tête, en flanc et en queue, la confusion se mit dans tous les rangs, les soldats s'éparpillèrent dans les bois, l'artillerie demeura embarrassée dans le défilé, et la victoire Alt déclarée pour les Français. Il n'était qne deux heures après midi, et déjà ce grand résultat était assuré. Cependant les deux ailes de l'armée autrichienne combattaient l'une et l'autre à près de deux lieues de leur centre avec la pins grande vigueur, et même avec quelque avantage; mais les succès sont contagieux comme les revers.  la nouvelle de ce qui vient de se passer, l'audace s'accroît chei les Français comme elle s'éteint chez l'ennemi. Grenier reprend l'offensive avec on redoublement d'ardeur, et finit par rester maître du champ de bataille. Il en était de meme de la droite, où s'étaient particulièrcmciil distingués les généraux Decaen, Drouet, et surtout le général polonais Kniascwicz avec son intrépide légion. Cent pièces de canon laissées au vainqueur, six mille hommes tués, onze mille hommes prisonniers, telle fut la perte des Autrichiens. Deux mille cinq cents hommes tués ou blessés forment celle de l'armée française.

1.C prisonnier de Sainte-Hélène, dont les jugementsà l'égard du général Horeau ne peuvent guère être sans partialité, prétend que le gain de cette bataille ne fut dù qu'à la témérité heureuse du général Richepanse, bonheur d'imprudence sur lequel on n'aurait pas dA compter; que le général Moreau , privé de deux corps de son armée et devant être rejoint le 4 seulement par le général Lecourbe, le b par le général Sainte-Suzanne, ne pouvait pas avoir eu, avant cette réunion, d'autre volonté que celle de se tenir sur la défensive, puisque c'eût été une très-grave faute de tenter la fortune avec la moitié de ses forces , lorsque deux jours après il aurait pu le faire avec toutes ses forces réunies. Quoi qu'il en soit de ces remarques qui, même étant fondées, ne feraient que rehausser, dans le général Moreau, h gloired'avoir vaincu avec des forces inférieures, le sort de la campagne venait d'èlre décidé par celte bataille.

Pour mettre à profit tous ces avantages, l'intcntion du général Moreau dut être de marcher sur Salzbourg et de s'emparer de celte ville, opération

qui allait séparer, de l’année autrichienne d'Allemagne, le corps engagé dans le Tyrol, et qui menacerait en même temps les communications do l’Autriche avec son armée d’ilaiic. Il n'était plus au pouvoir des Autrichiens d'em|>écher l'exécuLioii de ce plan. La barrière de l'inn, qu’une armée intacte eût pu garder, n'élail plus un rempart suffisant pour une armée affaiblie, découragée et en désordre. Après quelques faux mouvements pour tromper l'emiemi sur le point où on voulait tenter le passage, l'aile droite de l'armée française et quelques divisions du centre passèrent l'inn à Neupeuern, et poussèrent devant elles, à Stcfanskirck, un corps autrichien qui fit sa retraite sur Seebrûck. Le reste de l'armée passa par les ponts de Wasserburg et de MQhldorf. L’ennemi ne s'arrêta qu'un moment sur la ligne de l'Alza, mais celle de la Salza fut du moins disputée. Le général Decaen et le général Lecourbe, après des combats séparés i Lauffen età Salzburgshofen, entrèrent l'un cl l’autre à Salzbourg, le 11$ décembre, l'un par la rive gauche, l’autre par la rive droite de la Salia.

Du moment que l’archiduc Ferdinand avait abandonné des lignes si favorables à une belle défense, ce prince n'avait plus d'autre lâche à remplir que d'atténuer les pertes d'une retraite trop précipitée. La retraite s’opérait dans deux directions, sur Lintz et sur la Stirie. Chaque position avantageuse que rencoiilraienl les Aulricbiciis était occupée par eux, pour ralentir l'ardeur des avantgardes françaises, comme à Frankcnlhal. à Woklabruck, à Schwansladt et à I^mbach; mais partout l’inlrépidilé des assaillants laissait peu de durée à la résistance.

Cependant, à la nouvelle du grand revers de Hohenlinden, le cabinet autrichien avait senti la nécessité de rappeler au commandement l'archiduc Charles, à qui il avait en vain voulu donner un rival dans son jeune frère. Affligé des malheurs d'une guerre qu'il avait condamnée, mais ardent à préparer en Bohême les moyens de la soutenir, l'archiduc Charles accourut au poste difficile où seul encore il aurait pu rendre d'utiles services, si déjà la cause de son pays n'eût été perdue. Le 17 décembre, il était arrivé à Wells, où il put juger les tristes suites des affaires do Schwansladt ci de Lambacb. Malgré le désordre avec lequel s'effectua sous scs yeux le passage de la Traun, il ne négligea rien pour tâcher de rallier l’af tpée derrière l'Euns, se flattant encore de pouvoir, à l'aide d'uD renfort de vingt-cinq mille hommes qu’il attendait del'insurreclion hongroise, livrer du moins une bataille sous les murs de Vienne. Le général Moreau, informé bientôt de la présence d’un adversaire dont les talents lui étaient connus, ne mit

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