‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 45 sur 298 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

pendant plusicars années, avait été une sorte de contagion publique. I/injusticc n'eùl-elle atteint qu'un seul Français, et il est certain quVIle en atteignit plusieurs, c'étail un acte de cruauté ^ dont oncùlpu s’aRranchir, même en appliquant, plusou moins à propos, la suprême toi du salut poblic.

Relativement au moyen proposé pour réprimer le brigandage, c'est-à-dire, l'établissement de tribunaux d'exception, l'arbitraire était moins révoltant, mats la constitutionnalité de la mesure n'est pas facile à défendre. Comme la toi qui l'autorisera ne sera rendue qu'en 1801, nous remcltuiis à examiner plus tard celle question , qui donna lieu à (les discussions profondes cl animées. La meilleure l'xcuse du premier consul, en cette occasion, était que, dans scs efforts pour tirer parti, par la négociation. du succès de nos armes, il avait besoin d'ex- (irperà leur racine nos troubles domestiques, leur prolongation ne pouvant que nuire, non-seulement à la consolidation de sou pouvoir, mais surtout à ralTermisseinent des destinées de la France, dont i'ascendaril au dehors exigeait pour première cuudilion 1a tranquillité intérieure, la stabilité et la force du gouvernement.

Malgré ma fidélité à renfermer, autant qu'il m'est possible, les événements dans 1a limite de leur cercle annuel, désirant n'avoir point à interrompre l'exposé des négociations commencées à Lunéville le 9 novembre, j'en renvoie, au commciiceincnt de 1801 , la narration suivie et complète. En revanche, j’ai conduit jusqu'à son dernier acte, le 16 janvier, le rédi du cours de la guerre que doit suivre une pacification prochaine. La question de la paix a été en efiel presque résolue , dès le

décembre, par rarmislice de Steyer. La France pourra, dans la rédaction des articles, obtenir plus ou moins d'avantages, selon que l'Autriclic redoutera plus ou nmins la reprise des hostilités; mais, au fond , la certitude de la paix est acquise. Du ÔI décembre 1799 au 31 décembre 1800, quelle révolution dans le inonde politique! Des rives du Var, l'Autriche a été repoussée sur le territoire de Venise, en laissant aux Français toutes les for-

' Le premier ronaul rraigoait beaucoup pliiit Ict jacobin» que le» royalialc*. Il diaaU : • La chouanuoric cl

tercsscs du Piémont et de la Lombardie. En Allemagne , les Français se sont , des bords du Rhin , avancés jusqu'à vingt lieues de Vienne. Ilobcnlinden cl Marciigo rivalisent par retendue des résultats. Tout a été grand, tout a produit d'énormes conséquences, les armistices comme les batailles. Une seule bataille conquiert douze places fortes, que livre aussitôt l'armistice qui la suit. La carrière des combats n’ofTrait que des prospérités au premier consul. Des ennemis moins généreux lui déclarent au dedans une guerre infâme, guerre d’embùches et d’assassinats. Dans celte guerre, encore, son étoile ne le trahit pas : il sort aussi vainqueur de cette exécrable lutte. N'est-ce pas, en effet, pour lui, une nouvelle et étonnante victoire, que de marcher intact à travers l'explosion des machines infernales? N'est-cc pas une victoire pour lui que la manifestation de l'atlacbcment d'un grand peuple, qui croit les destinées publiques allacbées à sa destinée personnelle? N'cst-ce pas une victoire de plus que de voir la nation se plaire à fortifier le pouvoir dans scs mains, pour le mettre mieux en étal de triompher des ennemis communs? La négociation ne lui a pas été moins favorable que la guerre. Une sincère réconciliation a réuni dans les mêmes principes la France et les États-Unis, et la proclamation de ces principes a été une sorte de déclaration de guerre contre le gouvcniemenl anglais. Ce gouvernement si dédaigneux , qui naguère se livrait aux invectives contre la nation française cl contre son premier magistral, est entré en négociation avec ce même magistral qu'il avait si roaladroilemeiil outragé. Toutes les alliances de rAngtclerre sur le continent lui ont été enlevées. Le plus ardent de scs alliés est devenu son plus mortel ennemi. Cette domination exclusive de la mer, objet de tant ü'efibrts et de violences, est menacée, par un soulèvement tardif de Tindignalion générale contre les usurpations do la puissance anglaise; et dans le nord, sous le nom de neutralité armée, une quadruple alliance s'est formée contre elle. Tous ces changements sont l'ouvrage d’une année, l'ouvrage d'un seul homme!

• l'émigratioa tonl de» maladir» <l« peau, le torrorisnic O est une maladie de l'intérieur. •

POLITIQUE EXTÉRIEURE

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