EXTÉRIEURE
lîbleinenl celui du premier cooiul. Quelque hàtire qu*eAt été celte demande, la politique du premier consul et de Paul l'arait devancée. Au grand étonnement de celte cour si clairvoyante , une correspondance secrète était déjà depuis quelque temps établie entre Paris et Pclersbourg, sans qu'elle en eût connaissance et déjà un plan était ébauché pour le partage des indemnités de l'empire. La promptitude de détermination de Paul, sur laquelle on avait compté, n'avait été utile qu'à la France. Le ministère prussien était dans la plus parfaite sécurité, n'ayant pas le moindre soupçon des machinations ^ profondes de Pétersbourg. Ces machinations avaient en effet un caractère d’étendue et de force, qui n’entrait pas dans la prévoyance d'un gouvernement aussi circonspect. Dans son ardeur de vengeance contre rAnglelerre, Paul !■' cherchait à la frapper partout où il pourrait l'atleinüre. D'un côté, il rassemblait, sur les bords de Ia iDcr Caspienne , une armée nombreuse de Calmouks et de Tartares, troupe la plus propre à servir sa colère. Son intention était de lancer, en plusieurs colonnes, à travers la Perse, cette armée de dévastation, et de la précipiter sur les riches provioces des Indes orientales, soumises à la domination anglaise. D’autre part, il voulait frapper de plus près S. M. britannique, en lui enlevant les Étals qu'elle possède sur le continent européen. Lors donc que la Prusse renouvela ses instances auprès de ce prince, pour obtenir son adhésion au projet qu'elle s'était formé, elle fut toute surprise de ue recevoir qu’un refus déguisé sous le voile du tèle le plus vif pour ses intérêts. Ce n’était pas deux évécbés deFrancooie que l'empereur Paul voulait lui procurer pour le dédommagement qui lui était dA. Il voulait faire, de celte circonstance, le moyen d’un isotabie «grandissement pour elle, par la réunioi» à cette monarchie d'une possession beaucoup plus imporUole, eneJavée dans son territoire, l'électoral de Hanovre. Pour proâter de celte offre, ce n'clait pas assurément la bonne voionlé qui manquait au cabinet de Berlin , c'était l'énergie. I..a position était gênante; le refus n’était pas moins dangereux que l’acccplation. De la part de Paul, les présents s'annonçaient avec le ton de la menace. Si la Prusse hésitait à occuper le Hanovre, il allait s'en saisir lui-même, et déjà un corps d'année russe s'avançait sur la frontière prussienne. Dans celle circonstance, l'Angleterre se chargea de lever les scrupules du cabinet de Berlin.
Vers le 30 mars, on apprit que les bâtiments
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* Sniza vemn aoapetto «telle mpe maebioazioni di Pietrobu^o. ihid.
I mc^ov.
prussiens, respectés jusqu'alors, avaient cessé de l'étre, et qu'il venait d'en être enlevé plusieurs par la marine anglaise. Trois jours après, le 34 mars, les troupes prussiennes étaient en pleine marche pour l'exécution des mesures qui concernaient celte puissance. L'électorat d'Hanovre, le territoire de Brème et l'embouchure des Irois fleuves furent simultanément occupés. I-es troupes danoises entrèrent, le 39, dans Hambourg. L'entrée de ces troupes avait été, la veille, annoncée aux habitants par une proclamation que leur avait adressée, de son quartier général de Fiuneberg, le prince Charles de Hesse, commandant en chef du corps danois, chargé de suneiller la rive droite de l'Elbe. L'occupation du Hanovre fut pareillement accompagnée d’une déclaration de la cour de Prusse, déclaration d’une nature plus grave et plus solennelle. Cel acte politique, signé par le ministre des affaires étrangères, comte d'IIaugwiz, après avoir énoncé les sujets de querelle existants entre l'Angleterre et tes puissances du Nord, portait que le roi se trouvait forcé, non-seulement d'interdire au commerce anglais l'Elbe, le Weser et l'Ems, mais aussi de prendre possession des États appartenant à S. M. le roi d'Angleterre comme électeur de Brnnswick-Lunebourg, et situés en Allemagne. On congédia une partie des troupes hanovriennes; on assigna aux autres des cantonnements où elles devaient se retirer. On exigea des chefs roiliuires l'engagement écrit non-seulement de ne point servir cunlre le roi de Prusse, mais même d'obéir à ses ordres. L'autorité civile dut pareillcmeul promettre de rompre tout rapport avec l’Angleterre et d'administrer le pays pour le compte de S. M. prussienne. Ces diverses mesures s'exécutèrent sans aucune opposition. Elles ne demandaient qu’un acte de voionlé, et cel acte de volonté avait eu besoin de recevoir une impulsion du dehors.
Si, pour des naouveroents offensifs, il avait fallu à la cour de Copenhague, comme à celle de Berlin, l'aiguillon d’exdlations étrangères, le Danemark ne devra qu'à lui-même, qu'au sentiment de la dignité nationale odieusement outragée, qu'au patriotisme du prince royal et des habitants, l'admirable résistance qu'il va opposer aux barbares attaques des Anglais. L'eutrevue du prince royal avec le roi de Suède avait été à peu près sans résultat du côté de celte dernière puissance. La cour de Stockholm semblait avoir pour système d'être prodigue de paroles et avare d'actions. Celte cour, qui flattait Paul I" par la démonslraliun d'une ardeur que les cffela ne justifiaient pas; qui, de concert avec la Russie, pressait le Danciuark cl la Prusse d'exécuter contré le gouvernement anglais des entreprises agressives sur le continent, aux-
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