CHAPITRE XVI
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lies Pyrénées, ni les aspérilés et les précipices du Saint'Rernard et du Splugcn. Un court trajet de quelques lieues pour franchir un bras de mer, qui ne peut toujours être ni agité par des vents contraires, ni surveillé par des escadres suffisantes, est-il donc, après tant de miracles, un miracle tout à fait impossible? S’il est un génie audacieux capable de le tenter, ii'est-ce pas celui qui, non content de ses victoires continentales, courant les mers tantôt avec une année, tantôt seul, s’csl joué des Huttes ennemies, et a passé intact au milieu d'elles? La terreur des Anglais s’exagéra en raison de leur précédente sécurité. Partout, à Dunkerque, à Boulogne, à Brest et à Roebefort, ils voyaient des masses énormes de troupes pretesà faire voile en même temps, et comptaient des armées là où il ne se trouvait que des bataillons. Le gouvernement luiinènie, soit inquiétude rcelle, suit calcul de prévoyance, afin de préparcrlcs esprits aux conditions lie la paix qu'ilaltait bieiitOl souscrire, parut croire a rimminence du danger. Il fit un .ippd à la nation, ordonna aux volontaires de se tenir prêts à marcher au premier signal, régla l'ordre de leur marche comme si elle pouvait avoir lieu le leodemain, enfin invita la population entière à se lever en masse au moment du péril commun. L'énergie anglaise, si longtemps employée à l’agression, n’était plus consacrée qu'à desdisposilinnsdcdérense, tant le cours de la guerre en avait dénaturé le système. I>es combattants avaient changé de rdtc.
A l'aspect d'un tel retour d'événement, Nelson s'indigne de voir s'évanouir ainsi le fruit de ses triomphes. Que lui sert d'avoir vaincu sur les rades d'Âboukir et de Copenhague, quanil les rades anglaises sont à leur tour menacées? Il se croit appelé à venger son pays d’un tel affront, à délivrer ses compatriotes de leurs indignes frayeurs. Le genre d'armements qu’il se propose de détruire est d'une forme nouvelle : il lui faut de même, pour les combattre, une escadre d'une nouvelle composition. Quarante voiles sont rassemblées à l>eal. Sur ce nombre sont .seulement trois vaisseaux et deux frégates. Tout le reste ne se compose que de bricks, de cutters, de bombardes, de brûlots et de chaloupes canonnières. Cette escadre est, aux yeux de l'amiral Nelson , plus que suffisante pour couler l>as ou itrUler la misérable notUllc dont on fait tant de bruit. Le 1" août, il mol a la voile cl arrive devant Boulogne; le 3, il fait ses dispositions pour l'attaque, qu'il exécute, le i. à la pointe du jour. Son principal espoir est de forcer la Iloltillc de rentrer dans le port, de rcnlasser ainsi dans un espace étroit, où il lui serait plus facile de porter l'incendie. Une vive canonnade s'engage, les vaisseaux anglais lâchent leurs bordées, auxquelles les
Français répondent avec une égale vigueur. Les résultats ne répondent point à raltenle du présomptueux amiral: l’effet de l'artillerie anglaise, l'effel des bombes est à peu près nul. La ligne d'embossage des Français n'esl point ébranlée : un bateau plat, une chaloupe canonnière sont seuls coulés has. La position de Nelson, au lieu d'élrc inquiétante pour les Français, devient ]>érilicuse pour tui-méme. Il ajourne son projet, et, leG août, il a ramené sa flotte dans les ports de Margate cl de Deal. Sun amour-propre a été Iiuniilié; il en dissimule l'affrunt. Celle première tentative est réputée n'avoir été qu'une reconnaissance.
Ife prompts renforts s'organisent à Norc cl à Scherness. Dix jours apres , le 15 août, Nelson réparait, mais avec soixante-dix voiles. Il a pris à bord de ses bâtiments trois à quatre mille soldats de marine. Scs soldats, ses marins, sont armés de sabres, de piques, de bâches d'abordage. CcUc fois, son orgueil sc promet une indisputabic victoire. Espérant que l'obscurité lui sera favorable, il ne craint pas pour sa gloire les ténèbres de la nuit. Ses forces les plus mobiles sont disposées en quatre divisions; chacune de ces divisions, cunimandce par un capitaine de vaisseau, se compose de dix bateaux plats, ou de six bateaux à rames ou péniches. Chacunca son point luarqué pour rompre la ligne française. Les muuvenicnls sont combinés, les manœuvres réglées d'avance. A ces quatre divisions il s'eti joint une cinquième, qui ne porte que desobusiers. Le choc sera violent : les Français sont préparés à le recevoir.
Pour les Français aussi, depuis la première agression, le temps a été uliiemcnl employé. Les côtes ont été armées de batteries plus redoutables. Des troupes de terre ont été embarquées sur la flottille. De part cl d'autre on allctid le signai; il est donné par Nelson. La canonnière française l’h’lna, placée au point le plus avancé de la ligue , est en un moment entourée par la division du capitaine Parker. Déjà, malgré les filets qui einpécliciit l’abordage, les malclols anglais sont prêts à sauter sur le puni. Le capitaine Perreux. commandant de la canonnière, a tué de sa main deux de ces intrépides matelots. Tout à coup i) donne l’essor au courage des soldats et des marins français qu'il a cuiilciius à dessein pour rendre l’explosion plus terrible : le feu de la mousquclcric , les bordées à mitraille de rarlillcrie moissonnent en un instant les deux tiers des équipages de la division anglaise, et le capitaine Parker a lui-méme la cuisse emportée. Sur toute la ligue , le combat avait clé, dans le même moment, livré cl reçu avec une égale énergie dans l'allaque et dans la résistance. La canonnière française la Surpihe. rtnic de celles
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