‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 69 sur 298 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

INTERIEUR

Abft0cloD général de la niaUon de Bourbon et des émigrés français. — Stipulaiioo contre les émigrés français. —

— Explication du moi sujetif employé dans le traité arec la Russie. — Procédés peu bienreillants de l'Angleterre envers les émigrés. — Indifférence de l’Autriche pour la cause des émigrés. — Tariations de la Prusse à l'égard des émigrés. — Voyage du roi d'Étrurie i Paris. — Impression produite co France par la paix de Lunéville. — Interprétation de l'artide 50 de la constitntioo. — Danger des articles secrets dans les traités. — Trait remarquable d'une réponse du premier consul i tme déptiuiion des Belges. — Effet de la signature des préliminaires de paix i Paris et A Londres. — Étonnement des cabinets européens. — Hommage rendu au gouvernement consulaire dans le parlement d'Angleterre. — Préparatifs d’une expédition pour Saint- Domingue. — Éducation Rnaociére du premier consul. — Règlement sur les agents de change cl les opérations de la bourse. — Rétablissement des payements en numéraire. — Lit|utdalion de Tarriéré. — Création de direcliona générales. — Budget de 1801. — Revenus et emprunts de l'Angleirrrc en 1801. — Travaux publics. — Lettre de satisfaction pour d'importants services. — Révolte et punition de la 60 demi-brigade. — Vole du département de la Seine en l'honneur du premier consul. — Accusations prématurées contre le premier consul.

— Création de Iribunsux criminels spéciaux. — Trait d'une réponse du premier consul contre le tribunal. — Lois exceptionnelles en Angleterre. — Nécessité d'une dictature pour tout gouvernement nouveau. — Ligue des aristocraties européennes contre le nouveau gouvernement de la France. — Quelques traits du caractère du premier consul.

S*jl y eut Jamais ane circonsUmee où le sort de la maison de Bourbon parut irrévocableincnt décidé, ce fut au moment où le premier consul, après avoir, en deux années, élevé la France au plus haut degré de force et de grandeur, avait ainsi couronné l'ouvrage par le miracle d'une pacification générale. I4i Russie et l'Angleterre, seuls appuis qui depuis longtemps restassent à la cause de celte famille et à l'émigration française, l’avaieol elles-mêmes enfin abandonnée. Non-seulement, dans les traités de la république avec ces deux puissances, il ne s’était pas glissé une seule stipulation favorable, sinon à l'ancienne dynastie, du moins aux émigrés ; mais dans le traité entre les cabinets de Paris et de Pétersbonrg, il était entré une clause spéciale dirigée contre eux.

Par une de ces fatalités attachées au malheur, l'aggravation était venue de l'asile même où s'était réfugiée l'espérance. Nul prince, sans contredit, n'avait montré, pour le succès d'une contre-révolution en France, un zèle plus vif, plus pur, plus héroïque que Paul 1"'. Mobile et violent dans scs haines comme dans ses affections, ce prince était, de généreux ami, devenu persécuteur. Comme l'in-

vitation faite à Louis XVIII de quitter Millau a eu lieu * h l’époque où Paul 1*' s'élait rapproché de la France, on s’est mépris sur la couduilc du czar, et on lui a supposé un motif qui n’était pas réel. Pour le gouvernement français, la retraite des Bourbons en Courlaiide était celle qu'il eût choisie lui-méme. Ce gouvernement ne trouva même aucun inconvénient i les voir s'établir i KOoigsberg et ensuite à Varsovie. Pour peu qu'il eût mis d'intérél é les exclure du continent, la politique aurait bienlét étouffé tout sentiment de compassion , dans les cabinets. Lorsqu'il fut question de les recevoir sur le territoire prussien, « le roi, disait un ■ ministre de Frédéric-Guillaume, n'élail nulle- I > ment jaloux d'avoir un collègue dans ses Étals. »

I Si Bonaparte, général de la république, avait, en Italie, pu craindre, dans le voisinage de son armée, j le séjour du comte de Lille et des hommes qui en- I touraient ce prince, Bonaparte, premier consul, était loin de vouloir troubler dans leur refuge inof* ; fensif, le repos de si grandes infortunes. Penl-étre I enlra-l-il dans les vues de Paul de léinoigncr, par

I ' Lonu XVIll quitta Mittau le SS février.

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