‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 7 sur 298 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

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ment des autres dangers qu'une (elle organisation pouvait entraîner, elle avait l’inconvéniciil de mettre sans cesse le sort du gouvernement çt de la France a la merci d'une faction. Il fallut chercher un autre mode. Telle était encore la force des préjugés de la révolution, qu'on craignait d'cITaroucher un grand nombre d'esprits, en désignant un chef unique, même pour un temps déterniiné. On écarta jusqu'au titre de président, dont cependant ne s'effraye pas la liberté américaine. On jugea donc devoir s'en tenir à la dénomination de consuls, déj.à consacrée par deux mois d'une action tutélaire, mais en plaçant dans la main de l'un d'eux toute la réalité du pouvoir >. Le général Uonapartc offrit la place de deuxième consul à Sieyès, qui la refusa; ce qui servit de prétexte pour ne point conserver Rugcr-Ducos. .Maître de son choix, il s'associa doux hommes d'un mérite incontestable, Cambacérès et le Brun , tous deux propres à le seconder par leurs talents, sans être pour lui de dangereux voisins. Déjà, par le choix de deux de ses ministres, MM. Fouché cl de Tallcyrand, il avait, pour ainsi dire , jeté un hameçon aux hommes nouveaux et aux hommes de l'ancien régime. Le même avantage lui est assuré par la position des deux consuls (|u'il associe nominalement à son autorité. L'un complice, involontaire sans doute, de quelques actes terribles de la révolution, Cambacérès, est destiné à rtfmener au gouvernement consulaire les exagérations républicaines; l'autre, ancien coopéraleur du chancelier Maupeou dans ce que les projets de ce chancelier avaient de raisonnable ou de plausible du moins, le Brun, sera utile pour rallier à ce même gouvernement ceux des hommes nio- ^ narchiques qui sont plus attachés au principe de la monarchie même qu'à rexislcncc de telle ou (elle dynastie

Un article de la constitution de l'an VllI, celui qui porte » que les agents du gouvernement, autres » que les ministres, ne peuvent être poursuivis » pour des faits relatifs à leurs fonctions qu'en >■ vertu d'une decision du conseil d'Élal, n a clé, depuis 181Ü, une calamité pour la France; et, à celle occasion, on s'est livré à de vives sorties contre le despotisme consulaire et impérial. Il n'y a nulle parité entre les deux époques. Au sortir d'une anarchie de dix années, on avait pu vouloir élever

' A son relonr en Fr.ince, le général la Fayette, dans une conversation avec le premier consul, l'absolvant de 1.1 constilulion de l'anVIil, ne lui reprochait que d'avoir fait un peu forte la part du pouvoir exécutif. « Que voulez-vous? répondit le premier consul, Sieyès avait mis des ombres partout ; ombre <le pouvoir législatif, ond)re de pouvoir jndieiaire, ond>re de gouverne-

une sauvegarde en faveur de l'autorité longtemps méconnue. Celte nécessité n'était pas la même sous le régime de la Charte, dont l'existence seule avait dù abroger une telle disposition. D'ailleurs, ni sous le gouvernement consulaire, ni sous le gouvernement impérial, il n'y avait eu, comme depuis 18115 jusqu'en 1828, un état de guerre flagrant entre l'esprit de l'administration et l'esprit du pays. Ce qui, dans un temps, avait été une prccaiitinn purement défensive, était devenu, dans l'autre, un retranchement d'où l'attaque se dirigeait au dehors avec impunité.

Il est un autre reproche beaucoup plus fonde que l'on peut faire à la conslitulioii de l'an Vlll;et celui-ci ne porte pas sur son texte, mais sur ses omissions : c'est l'absence de garanties pour plusieurs des droits politiques des Français, particulièrement pour la liberté de la presse. Cette liberté, la plus indispensable de toutes pour un gouvernement représentatif, n'est pas même nommée dans cette constilulion. Élail-cc une faute véritable que celte omission , ou bien était-ce un oubli bien entendu? Cette question meme aujourd'hui est encore douteuse. Consacrée en principe par toutes les constitutions précédentes , la liberté de la presse avait toujours été violée , et elle avait inévitablement dù l'élrc. La proclamer de nouveau, c'eût été de nouveau la livrer à de prochains et infaillibles outrages. Des raisons cl des circonstances graves en rendaient alors, sinon impossibles, du moins très-difficiles, l'application cl la pratique.

Quoique la constitution de l'an III eût établi en principe la responsabilité des ministres, il était malaisé qu'à la suite de violentes convulsions où l'inviolabilité royale, consacrée par la constitution de 1791 , avait été méconnue dans la personne même d'un monarque héréditaire, l'opinion s'accoutumât à respecter cette inviolabilité dans un pouvoir nouveau, temporaire et électif. Sous le régime directorial, les plaintes ou les accusations des conseils dédaignèrent ainsi de s'arrêter à la personne des ministres. F.llcs s'élevèrent contre les directeurs eux -mêmes ou contre quelques-uns d'entre eux , et il en résulta qu'on eut plusieurs fois des révolutions de directoire, lorsque, sous un gouvernement représentatif mieux organisé , oii n'cùl dù avoir que des révolutions de ministère.

incni. Il fall.iii bien de In substance quelque part. .Ma Fi)i, je l'ai mise là. »

’ Dans les premières années, le premier eonsiil s'aida utilement des conseils de M. le nron sur les questions administratives. Il affcriait même de le nommer son tuteur. 1,'émnnripation «l'un tel pupille ne pouvait p.is se faire longtemps attendre.

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