CHAPITRE XIX
POLITMJI'E EXTÉRIEURE.
Car.K'ièrc «‘xccpiionn^l de Pann^'e 180^. — Arrivée de Inrd Cornnallit A Paria. -> Intervallr de la conclusioD des préliminaires à celle de la paix. — Cnruuhe evtraurdinaire de la république cisalpine à Lyon. Xomiualioii du premier consul A ta présidence de la république iialienoc. — Mécontentement des démocrates italiens. — Nomination de Mctzi à la vice-présideocr. — Coasliliittmi de la république italienne. — Effet produit dans les cours étraocères par la nouvelle <Ies actes de Lyon. — Diversité des intérêts des grandes pnisssnces. — Assentiment empressé de la Prusse sur les actes de Lyon. — Assenliment de la Russie. — Communications directes entre l'empereur Alexandre et le premier consul. — Méconlcnlrroent silencieux de l'Aulricbe. — Explications données par le Momleur. — Paix d'Amiens. — Difficultés sur Malte. — Traité d'Amiens déclaré commun à U Porte Ottomane. — Traité définilîF avec la Porte Ottomane. — Omissions du traité d'Amiens. — Déclarations importantes à IVgsrd de l'Italie. — Déluiis du parlement d'Angleterre sur le traité d’Amiens. — Aveux du ministère sur l'abandon de l'Itdlic à la E' rance. — Mécompte des Anglais sur Tétât de la France.
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Lu bruU des armes a cessé sur Tuii et l'autre clé- * menl. Seulcenlrc 1792 et 1814, rannee 1802 jouira, ! depuis le 1" janvier jusqu'au 51 décembre, tEuii j repos non interrompu; mais, pour être pacifique, j celle année ne sera pas moins riche en événements j graves au dedans et au dehors. Elle uiïrira, sous le j rapport extérieur, rélévation du premier consul à la présidence de la république italienne, la conclusion de la paix avec l'Angleterre, et la signature | de conventions avec la Prusse, la Russie et TAutri- | che, pour la répartition des indemnités de l'empire germanique, la réunion du Piémont et de Hic d'Elhc à la France, l'occupation du duché de Panne, Pcxpédition malheureuse de Saint-Domingue, cl la pacification des Irouhics de la Suisse par la média- | lion du premier consul; sous le rapport intérieur, ' la publication du concordat et l'adoption d'une loi , également protectrice pour tous les cultes, Pacte d'amnistie en faveur des émigrés, la création de la I^égion d'honneur, et la nomination du général Bonaparte au consulat à vie. Ainsi, la paix, |>our le premier consul, n'est pas moins animée, moins productive que la guerre.
Malgré la diversité de ces événements , je crois devoir, pour quelques-uns, suivre l’ordre des dates, parce qu'il y a entre eux un enchaînement
nécessaire, les grandes innovations de rintérieur ayant eu leur principe et leur appui dans les événements du dehors.
Pour achever l'ouvrage commencé par les préliminaires signés le I'' octobre à Londres, lord Cornwallis arrive à Paris au commencement de novembre. Les honneurs extraordinaires qui lui sont rendus annoncent assez l'importance que met la nation françaUc à la paix avec l'Angleterre. Des témoignages d'une considération délicale prouvent à rilhislrc négociateur la haute estime que son caractère droit et loyal inspire au premier consul. Toujours depuis, en ses fortunes diverses, le général Bonaparte a pris plaisir à exprimer le même sentiment.
Pour le traité d'Amiens, comme pour celui de Lunéville, le plénipotentiaire français fut Joseph Bonaparte. Le premier consul ne pouvait pas donner un meilleur gage de son désir de voir la négociation parvenir à un heureux résultat. Dans les premiers jours de janvier, les deux picnipotentiaires SC rendirent au lieu fixé pour les conférences.
I.a signature d'articles préliminaires de la paix formant, entre les puissances belligérantes, une sorte d’engagement réciproque de ne point considérer les dilTérends qui restent h concilier entre
POLITIQCE EXTEiUEÜRE.
loties, comme des causes sufTisaïUes d'une reprise d'hoslilités, le temps qui s'écoule depuis leur signature jusqu'à la conclusion du traité défliiUif est, d'ordinaire, mis à profit de part et d'autre pour obtenir ou étendre des avantages que doit sanctionner cette conclusion. La mesure des acquisitions ou des extensions que chacune des parties sc permet dans l'intervalle, sc règle sur le degré de tolérance, volontaire ou forcée, qu'elle suppose à la partie adverse. Ces pratiques de tous les temps ne sont point négligées par le premier consul. Aussitôt après la ratification des préliminaires de Londres, deux pensées principales ont occupé son attention, recouvrer Saint-Domingue, et afTcrmir, sons des formes de droit, sa puissance de fait sur l'Italie.
Ije premier de ces projets non-seulement ne devait pas réussir, mais devait causer à |a France un notable dommage. Nous nous arrêterons ailleurs sur les détails de cette malheureuse expédition. Quant au deuxième projet, si te succès matériel était facile, la tentative n'était cependant pas sans inconvénient, sous le rapport de l'impression que son accomplissement pouvait produire, soit sur le gouvernement anglais, soit sur les autres grandes puissances européennes. Cette impression, qui en plusieurs cours dut être peu agréable, ne fut nulle part assez profonde pour exciter une irritation qui se manifestât par des actes extérieurs. C'était tout ce que pouvait désirer le premier consul.
Dès le mois de novembre 1801, les autorités de lâ république cisalpine avaient annoncé aux habitants la fixation prochaine de leur destinée par l'organisation d'un gouvernement plus fort et mieux assorti à leur nouvelle exisleucc. Le 51 décembre, une consulte extraordinaire de quatre cent cinquante-deux députes était réunie à Lyon. Indépendamment de la consulte législative et de la commission du gouvernement, cette consulte extraordinaire rassemblait dans son sein toutes les notabilités de la république. Le clergé, la magistrature , les adminUlralions des départements et des cités principales, les chambres de commerce, les académies et les universités, les gardes nationales et les troupes de ligne, toutes les classes, toutes les professions, y avaient envoyé leurs représentants.
Deux ministres de la république française avaient devancé à Lyon le premier consul, soit pour faire, à cette réunion d'bonorables étrangers, les honneurs de la France, soit pour disposer les esprits des Cisalpins aux résolutions que l'on attendait de
' HilâiuU, Modenais, Novaraia , Bc^onaia, et la partie de ta population vénitienne non dévolue à l'Autriche.
leur docilité. Ces ministres étaient celui des relations extérieures, M. de Talleyrand ; celui de l'intérieur, M. Chaptal. Les précurseurs ii’ctaient pas indignes de l'homme qui allait les suivre. 11 n'est pas inutile de faire une fois celte remarque. Tant de rois n'ont pas un seul homme de mérite dans leur cortège !
Les communications , les discussions entre le premier consul et les Cisalpins parurent confiantes et amicales. Dans l’impossibilité de contester la force de persuasion, par laquelle il amenait à son opinion les opinions dissidentes et parvenait à so faire offrir ce qu'il imposait en réalité, on est convenu de lui recoüualtre l'habileté de l'hypocrisie. Pour le lecteur éclairé, le sens des mots s’explique suivant l'iiomme qui les emploie. Pour rabaisser le succès obtenu par le premier consul, et obtenu à l'aide de formes douces et légales, on s'est plu à peindre la nation italienne comme tombée alors au dernier degré de l'abaissement. Mais a-t-on oublié que celui qu'on lui fait un crime d'avoir demandé pour chef était alors l'objet des respects de tous les trônes et de l'adiniralion du monde. Si le vœu qui sortit des délibérations de la consulte extraordinaire était d'accord avec (a politique du premier consul, si même il était inspiré par elle, il n'en était pas moins conforme au véritable intérêt d'une république qui, composée de cinq nations * différentes, placée sous le canon du gouvernement autrichien, maître de Venise, ne pouvait qu'avoir tout à craindre et pour sa tranquillité intérieure et pour son indépendance politique, si elle n'avait eu l'appui immédiat de la seule main capable do la contenir au dedans et de la faire respecter au dehors.
H Le peu de républicains ^ qui se trouvaient I» présents, dit M. Botta, écumaienl de rage en scî> cret, et cependant ils dissimulaient. » C'est maintenant nne espèce de système convenu de prodiguer les regrets et l'éloge aux hommes d'un caractère plus obstiné, qui, au moment du retour vers les formes monarchiques, semblaient vouloir retenir les noms et les apparences démocratiques des tyrannies provisoires ; mais si ces républicains prétendus, qui se croyaient de vrais républicains, étaient, ce que je ne nie pas, des hommes généreux, entraînés par d'bonorables théories, cc n'étaient assurément, en ce qui concerne la république cisalpine, que des esprits très-étrangers à la connaissance du monde réel. Comment, après avoir vu la France sur le point de périr par ses dissensions intestines, pouvaient -ils rêver encore une démocratie impossible en tout sens ; impossible sur-
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tout par eux et pour eux chez qui déjà, suivant leur apologiste môme, « la liberté avait été frappée » à mort ' par la licence ; » impossible en même temps par leur contact avec <les gouvernements absolus que le propagandisme unitaire avait épouvantés, et qui, pour rendre moins dangereux le voisinage d’une démocratie importune, n'auraient pas manqué d'y fomenter des troubles, auxquels les rivalités, les ambitions personnelles, et les haines de localité n’eussent fourni que trop d'aliment?
La réforme opérée dans la république cisalpine était incontestablement, sous le point de vue de stabilité, une réforme salutaire, et celte république n'était point avilie pour s’y soumettre. Kn adhérant au vœu 2 qui lui fut exprimé par la consulte extraordinaire, et en déclarant aux Cisalpins qu’il conserverait, aussi longtemps que les circonstances l’exigeraient, » la grande pensée de leurs alTaircs,» le premier consul put, sans humilier aucun amourpropre , dire relativement à la suprême magistrature : «Je n’ai trouvé personne parmi vous qui eût » encore assez de droits sur l’opinion publique, qui )< fût assez indépendant de l’esprit de localité, cl » qui eût enfîn rendu d’assez grands services à son » pays, pour la lui confier. »
Un homme jouissait en Italie d’une haute estime, Melzi d’Eril. C’était une de ces réputations que certaines positions heureuses donnent, sans qu’on ail la peine de les acquérir. Riche propriétaire en Lombardie, ayant la grandesse en Espagne, élevé par des maîtres habiles, recommandable en elTel par des qualités solides et brillantes, Melzi, sans avoirjaniais joué aucun rùlc ni rempli aucune fonction, était jugé par une partie de scs concitoyens digne des premiers postes de l’Etat; mais, en lui reconnaissant un mérite distingué et les sentimcnls les plus généreux, quels étaient scs litres connus, ses services réels? A quelle épreuve avait été mise la supériorité intellectuelle qu’on se plaisait à supposer en lui? Quellc^garanlie surtout cùt-il oITcrt pour la sécurité d’uu Étal nouveau, composé d’éléments étrangers les uns aux autres, d'un Étal encore mal afTcrmi, que devait toujours menacer l’ambition autrichienne? Melzi lui-même comprenait mieux à celte époque, et sa position cl celle de son pays. Le premier consul qui , plus que personne, lui rendait justice, répondait au désir des Italiens, en le choisissant pour vice-président de la république.
La constitution nouvelle, adoptée à Lyon, était, sous beaucoup de rapports, supérieure à celles qui avaient été précédemment établies. Elle offrait une organisation ingéniense, non encore essayée, dont
' Tonip IV (le M. Boit."», p. 4 IB.
on eût pu espérer de Salutaires résultats, si, dans ce pays associé désormais aux destinéesde la France, le mouvement perpétuel de la vie du dehors eût laissé aux institutions intérieures un libre et plein développement. Le caractère neuf cl original du corps établi sous le nom de la Censure, la division des collèges, organes de la souveraineté publique, en collèges des propriéuircs, des commerçants et des savants, étaient d'heureuses et louables innovations, U les meilleures dispositions peut-être, dit » riiistoricn de l’ilalic, que Bonaparte ait jamais » imaginées. » C’était une pensée noble et libérale de joindre aux deux collèges qui exigeaient, pour l'admissibilité, une certaine quotité d’impél, un troisième collège, dégagé de celle obligation, comj posé, sous le nom de collège des doUi, de deux cents citoyens choisis parmi les hommes les plus célèbres dans tous les genres de sciences, arts lil>é- * raux ou mécaniques, ou les plus distingués, soit par leur doctrine en matières ecclésiastiques, soit par leurs connaissances en législation et en morale, en politique cl administration. A Milan, du moins, le génie pauvre portail en lui-même une richesse qui lui donnait droit aux premières fonctions de la cité; mais ce qu'il y avait peut-être de i plus remarquable dans la nouvelle constitution,
I c’était son titre, le litre nouveau donné au pays qui la recevait, léger changement d’un mol qui pou- ^ vail ne pas présager un léger changement dans les ' choses. Ce titre ; Constitution de la république : italienne, ne devait pas moins frapper les cabinets I étrangers, que la réunion, dans une même personne,
I de la suprême magistrature de celte république : avec la magislraliire suprême de la république française.
j A la première nouvelle de cet événement, les { légalionsd’AngIcterre, d’Autriche et de Russie dans toutes les cours firent entendre à l’envi d’assez bruyants murmures, se récriant de concerlsur l’at- Icinlc portée au traité de Lunéville, qui avait proclamé l’indépendance de la république cisalpine. Ces plaintes trop hâtives ne tardèrent pas à se calmer. Les cabinets sont tenus à plus de maturité dans leurs déterminations quo leurs agents dans leurs paroles. La question, que ceux-ci agitaient imprudemment, eût pu devenir grave et délicate. Avant de la soulever ofliciellcmcnl, la sagesse conseillait d'en mesurer les conséquences. On la laissa passer sans en rechercher le caractère. Vingt écri- ' vains ont dit que l’une des causes des succès du premier consul consistait dans son audace à tout . hasarder. C’est qu’alorsl'audacen’étailqu’un calcul fondé sur la connaissance des situations récipro-
i ’ Le 20 .junvicr.
POLITIQUE EXTÉRIEURE
ques, el des inlcréls divers qui se trouvaient mis en jeu. Sans doute les actes de Lyon ne pouvaient plaire ni à Londres, ni à Pélersbourg, ni à Vienne ; mais ces actes, d'après la diversité des intérêts cl des situations de ces cours , ne pouvaient rencontrer d’opposition ouverte ni à Vienne, ni à Pétershourg, ni à Londres.
Le gouverneniciil britannique désirant, avant tout , la cessation de la guerre , un accroissement de puissance purement continentale au profit de la république française ne suffisait pas pour le détourner du but vers lequel il tendait avec tant d'ardeur. Il ne s’en plaindra pas tant qu’il veut faire la paix; il se réserve de s’en plaindre lorsqu’il voudra la rompre. Pour le moment, la négociation commencée ne souffrit aucune altération ni aucun retard.
Sur le continent, l’Autriche cl la Prusse étaient aux prises relativement aux indemnités de l'empire germanique, question sur laquelle le premier consul devait nécessairement exercer une grande influence. Ce même objet n’occupait pas moins vivement le cabinet de Pétersbourg, qui, d’après la convention secrète du 11 octobre 1801 , devait y figurer comme média leur, deconcerlavec la France, et qui mcllail un grand prix à conserver ce rôle honorable et important. Pour ces trois cabinets, il y avait ainsi obligation plus ou moins directe à ménager le premier consul. Toutefois leur situation n'était nullcmetil la même.
A Berlin, où on était avec le gouvernement français dans une parfaite intelligence, un n’hésita pas à donner aux actes de Lyon le plus formel assentiment. U II faut, disait-on, que le nord de l'Italie » soit dominé ou par la France ou par l'Autriche. i> Pour la Prusse, le choix entre ces dominations x ne doit pas être douteux. »
Paul 1*' eût pu de même , sous un rapport, applaudir à cet événement , parce qu’il y aurait vu une forte barrière, opposée en Italie à la puissance autrichienne; mais il aurait exigé une large compensation pour le roi de Sardaigne. Cette disposition personnelle du prince, l’irritation contre l’Autriche, n’existait plus dans le nouveau règne. Le cabinet de Pétersbourg, en apprenant la réunion du Piémont à la France, dut incontestablement éprouver cette contrariété que ressent tout grand État de l’extension de force et d'influence acquise par une puissance du même ordre; mais, au milieu des inquiétudes d’une position embarrassée, la prudence eût toujours conseillé au jeune empereur de s’abs-
’ Cet intérêt, qui pouvait être iin sentiment tout naturel d’humanité, était fortifié dans ce prince par son attachement pour le colonel la Uarpe, originaire du
tenir d'une improbation qui eût été incfücacc el vaine. U’ailleurs l’article de la convention secrète du 11 octobre 1801 portant que l’on aurait, pour les intérêts du roi de Sardaigne, u tous les égards » compatibles avec l’état actuel des choses, » était déjà une sorte d'adhésion donnée d’avance par la Russie à la perle du Piémotit pour ce prince, sauf les mesures que l’on pourrait prendre pour lui cti procurer quelque dédommagement. Cette circonstance et l’état présent des rapports du premier consul avec l’empereur Alexandre, autorisaient la France à ne craindre aucune objection do cùté de la Russie. L’intimité du premier consul avec l'empereur Alexandre était devenue aussi étroite qu’avec l'empereur Paul. Leurs communications étaient amicales et remplies de projets utiles dans l’inlérét des deux pays. Le colonel Caulaincourt, qui s'était rendu en Russie chargé de lettres du premier consul , au moment où en parlait le colonel Duroc , avait été retenu à Pélersbourg par l’einpereur Alexandre, et lui avait dès lors inspiré une honorable confiance. Tandis que le premier consul était à Lyon, où se trouvait rassemblée la consulte de la république cisalpine, une lettre d’Alexandre lui témoigna qu'il verrait avec beaucoup de plaisir le commerce de France reprendre une grande activité dans scs Étals et s’améliorer par suite d’arrangements nouveaux; il assurait « que le commerce » français pouvait compter sur sa protection la » plus entière et sur les facilités les plus élcn- » ducs. »
Les affaires de la Suisse intéressaient * alors vivement l’empereur Alexandre. Il réclamait en faveur de cette contrée la protection bienveillante du premier consul.
Des recommandations de personnes se mêlaient aux affaires publiques dans cette correspondance qui embrassait indistinctement toutes les questions. L’empereur y entretenait le premier consul des affaires privées de HM. de Richelieu, Lambert, Choiseul, Langeron, el autres émigrés qui se trouvaient au service de Russie.
La dernière lettre de ce prince offrit au premier consul une occasion heureuse pour traiter avec lui un sujet plus grave, en mêlant ainsi dans sa correspondance les affaires individuelles et les affaires publiques. Comme il n’avait envers la Suisse que des intentions honorables, le premier consul put donner sur ce point à l’empereur des assurances satisfaisantes. A propos de la question commerciale, il entra dans des détails particuliers sur le com-
pays de Vand , celui des mallres de sa jeunesse dont les leçons lui avaient été le plus miles.