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CHAPITRE XIX

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inerceüe Lyon; et, ptssanl de 14 aux transactions cabinet étranger, fat admise, enregistrée, pour politiques qai Tenaient d'étre consommées dans ainsi dire, par tous les Étals de premier ordre, sans celte ville, attentif à prévenir les fâcheuses inter- protestation et même sans remontrances. prétalioDs qui pourraient leur être données, il cat Pour justifier la conduite du gonvernemeni fransoin de les présenter 4 l’empereur Alexandre sous çais, le Moniteur publia quelques observations sur

un jour propre à ne lui laisser voir, dans ce non- le rapport de la situation présente de la France en

velagranüisscmentdcla puissance française, qu’un Italie avec la situation de l’ancienne monarchie 4

moyen de maintenir l’état des choses existant et l’egard de celte contrée avant la révolution. Dans

de consolider la paix de l’Europe. Quant aux émi- cet article évidemment oflicicl, on faisait observer

grés honorés de la bienveillance impériale, le pre- qu’autrefois le Piémont lié à la France par sa proxi-

tiiier consul consentit 4 leur radiation; plus tard mité, Venise par la crainte de l’Autriche, Naples

il leur accorda l'autorisation de rester au service par le pacte de famille, assuraient au cabinet de

de Russie, sous la condition toutefois de revenir en Versailles, dans la péninsule, une iitÛuence au

France, s'ils y étaient rappelés par le gouverne- moins aussi étendue que celle qui résultait main-

ment. Celte conduite du premier consul ne man- tenant de la présidence de la république italienne ;

qua point son eflet. Sa nomination comme prési- et, sous un point de vue plus général, rappelant

dent de la république italienne n’apporta point de d'un côté le partage de la Pologne , de l'autre la

changement dans les dispositions de U cour de conquête de tout le royaume de Mysore, on tirait

Russie, et le premier consul ne reçut, de ce côté, de ces divers envahissements la conclusion que la

que des félicitalions, qui, scion toute apparence, France, dans sa position nouvelle, avait 4 peine

au moins do la part de l’empereur Alexandre, ne obtenu l’équivalent des acquisitions dont s’était

manquaient point de sincérité. accrue la puissance des autres grands Étals de

Pour l'Autriche, le mécontentement était natu- l'Europe, et qu’elle n'avait fait tout au plus que sc

rel, il était juste. Toutefois il fut discret et sans maintenir au rang où elle était. Ce genre d'apolo-

éctat. Lorsque les événements de Lyon furent noti- gie, sans être complètement exact, ne manquait

fiés 4 Vienne, on y reçut celle communication avec pas, un ne peut en disconvenir, d’un certain fond

une froideur et un embarras qu'on ne chercha pas de vérité.

à déguiser; mais déjà l’humeur du premier mo- La sensation produite par les actes de Lyon nient était affaiblie; la réponse fut sans aigreur, n'était pas encore amortie, qu’une surprise nou-

Seulement on laissait entrevoir des inquiétudes veile vint confondre toutes les prévisions des cabi-

sur les suites de cct excessif accroissement de la nets. Relativement à la paix d'Amiens, lorsqu'elle

puissance française. Celte disposition de la cour de fut conclue le 35 mars, le mécompte fut le même

Vienne avait été prévue. Le premier consul avait qu'il l'avait été 4 l'égard des préliminaires de Ixm-

même songé 4 donner une compensation à cette dres. Jamais dans toute l’Europe la conclusion du

cour, si elle en avait exprimé le désir, et des insi- traité défiiiitir n'avait été regardée comme plus

nualions lui furent faites dans ce sens parl'ambas* incertaine, plus éloignée du moins qu'elle ne pa-

sadeur de France. Elle alTccla de ne pas les enten- raissait l'être la veille de sa signature. Ce traité

dre, non par un héroïque désintéressement, qui fut, plus encore que les préliminaires, une cause

n'est guère dans ses habitudes, mais par le près- d'inquiète curiosité, par les omissions qui s'y fai-

sentiment que l'avantage qui lui serait offert pour- salent remarquer au premier coup d’œil. Com-

rait bien être de nature à la brouiller avec quelque ment, s'écriaient toutes les cours, dans le traité

autre puissance. Pour le moment, elle se contenta entre Londres et Paris, nulle mention du roi de

de puiser, dans ces circonstances nouvelles, un Sardaigne! nulle des affaires d’Allemagne I nulle

motif cl une sorte de droit pour réclamer, en Aile- de la république italienne ! Ces lacunes semblaient

magne, une indemnité plus forte en faveur du si graves, qu'on se figurait comme infaillible que

graud-duc de Toscane. Ainsi une entreprise bar* des articles secrets les avaient remplies. Le doute

die, qui faisait de la république italienne un État fut long; l’incrédulité, opiniâtre, lies articles se-

plus dépendant de la France que le Hanovre ne crets tant attendus n'existant pas, il fallut bien

l’est do rAnglcterrc;qui menait à la disposition du se résoudre à se contenter de ce qui était rendu

gouvernement français toutes les ressources et tou- public, tes les forces de cette république; qui donnait 4 la France, dans la Lombardie, comme une seconde capitale, 4 doux pas de la frontière autrichienne, celte grande mesure, résolue par une seule volonté, lails de la négociation. Les conférences s'élaienl

exécutée sans consultation préalable avec aucun ouvertes 4 Amiens dans les premiers jours de jan-

Digiiized by Gouyie

Si la signature du traité d’Amiens fut un instant considérée comme un des grands événements des temps modernes, peu d'intérêt s'attache aux dé-

POLITIQUE EXTÉIUEI’RE.

vicr. Le priucipal point de discussion était le mode à choisir pour la tization du sort de Malte , dont l'article 4 des préliminaires avait consacré l'indépendance. Ce choix offrait des difficultés réelles. Pour les aplanir toutes, le gouvernement français Ht une proposition franche et loyale; c’était u de » modiOer l'ordre de Saint-Jean-dc- Jérusalem , » quanta sa composition, en sorte qu'au lieud’étre » un ordre nobiliaire, il redevint un ordre hospi- » talier, suivant son institution primitive, de dc- » molir les fortifications de Malte, et de convertir n cette lie en un grand lazaret destiné à servir éga- II lement aux diverses nations qui faisaient le com- » merce de la Méditerranée et du Levant. » Il était impossible de mieux constater l’absence de toute arrière-pensée de la part du gouvernement français. L’exécution eût été prompte et facile. Toute sécurité eût pu être obtenue sans le moindre retard. Une telle détermination était digne de deux grands peuples. Elle ne convint pas à l’Angleterre, ce qui dès lors dut faire craindre que le mode qui serait adopté, quel qu’il fût, ne devint plus tard, par la difficulté seule de l’exécution, un prétexte que saisirait le gouvernement britannique , soit pour se maintenir à Malte , soit pour y rentrer. Après de fastidieux débats, on finit par s'entendre sur le règlement des conditions relatives à l'indépendance de nie. L’article 10 du traité, dans lequel on consigna ces conditions, se composa de treize paragraphes, triste énumération de précautions compliquées et de mauvais présage, arsenal funeste qui ne pourrait manquer de fournir des armes à celui des deux cabinets qu’un changement de circonstances pourrait porter à vouloir s’affranchir de scs engagements. Dans la négociation du traité définitifà Amiens, comme dans celle des préliminaires à Londres, presque au moment de la conclusion, le ministèro anglais avait montré des prétentions qui annonçaient la menace de tout rompre. En signant le traité quelques jours après, il donnait presque à comprendre que cette signature n’était qu’un coup de désespoir, un acte de soumission forcée aux exigences du moment, une sorte d’essai dont il augurait mal, mais qu’il était obligé de faire, du moins pour quelque temps, sauf à prendre ultérieurement un parti éventuel selon les nécessités qui viendraient à lui faire la loi. Aujourd'hui cette observation parait tonte naturelle. On croirait qu’elle eût dù être faite généralement alors. Peut-être échappa-t-ellc même aux hommes d’État les plus exercés. Dans la sincérité de la joie qu'éprouvèrent les deux nations, on se

' Art. 3... La Sublime Porte consent A ce que les bAiiments marchands français aient à l’avenir le droit in-

plaisait à se faire illusion sur les possibilités futures. On était avide de jouir du présent, et on abandonnait à lui-méme le développement de l’avenir.

Indépendamment de l’Espagne et de la république batave, qui, comprises dans les préliminaires de Londres, avaient été reçues comme parties contractantes dans le traité définitif, l'Angleterre avait voulu y faire admettre en la même qualité la Porte Ottomane. Il était naturel que le gouvernement français préférât s'en tenir à des arrangements directs avec une puissance dans laquelle il voyait un allié naturel et de tous les temps, tandis qu’elle n’était qu’un allié accidentel pour l’Angleterre. Il représentait que toute paix qui ne serait pas directement conclue entre deux aussi grandes puissances que la France cl la Turquie, pourrait cire une trêve, mais ne serait que chimérique. D’ailleurs les préliminaires conclus à Paris, le 9 octobre 1801 , par l’ambassadeur Esscyd-Ali-Effcndi ayant été ratifiés par le divan avec cette restriction : autant qu’il* ne seraient pas contraires au traité de Londres : et cette hypothèse prévue n’ayant pas lieu, le gouvernement français regardait la ratification comme valide cl complète. Cependant, pour ne pas multiplier, sans une nécessité absolue, les obstacles à une prompte conclusion , tout en refusant d'admettre dans la négociation d'Amiens l'ambassadeur turc, la France consentit à l’adoption d’un article (l'article 8), portant que u les ter- » riloircs, possessions et droits de la Sublime Porte » étaient maintenus dans leur intégrité, tels qu’ils n étaient avant la guerre;» et, par l’article 19, le traité fut déclaré commun à la Sublime Porte, alliée de S. M. britannique.

La Porte fut invitée à transmettre son acte d'accession dans le plus court délai possible. Elle le donna en effet le 13 mai suivant, ce qui n’empécha pas la conclusion d’un traité spécial entre les cabinets de Paris et de Constantinople. Ce dernier traité, signé le 23 juin, plus favorable encore à la France que les préliminaires de 1801, ouvrait au commerce français la navigation ’ de la mer Noire, outre que les deux puissances s’assuraient réciproquement tous les avantages qui étaient ou pourraient être accordés par elles aux nations les plus favorisées. La prévoyance de l’Angleterre qui avait voulu prévenir celte intimité, se trouvait ainsi sur ce point entièrement en défaut.

Parmi les omissions qui se faisaient remarquer dans le traité d'Amiens, toutes n’étaient pas la suite de ce genre de réserve qui se tait à propos, pour éviter des discussions sur lesquelles on pres-

rontestablc d’entrer dans la mer Noire, et d'y naviguer libreiucnt...

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