CHAPITRE
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prioèe FenJinaad, tous aus»i dans la fleur de la jeunesse, se diiliiigoaient par une bonté égale comme par des qualités différentes; mais entre eox apparaissait, brillant d'une valeur héroïque déjà éprouvée, de tous les dons de la nature déjà développés, et riche des plus hautes espérances, ce pHnce Louis Ferdinand , qui tombera première ▼ietime de l’imprudente guerre de 1806. Pourquoi celle cour, maintenant si réservée, si discrète, livrée trop tOl à une exaltation inexplicable , iral-clle renoncer à un bonheur dont cite est si digne, pour chercher dans le hasard des batailles un reiiouveliemcnl de gloire qu’il ne lui sera pas donné d’obtenir ?
Ce que la cour, ce que la nation elle-même n'apercevait pas, les boiiinies d'Élalne pouvaient se le dissimuler. 1^ grandeur artificielle donnée à la Prusse par Frédéric, était fondée sur la faiblesse des autres pays, ou plutôt sur la faiblesse qui résultait pour ces pays de l’incapacilé de leurs gouvernements. Ce principe de grandeur relative, dans son application a la France, avait cessé d’étre favorable à la Prusse. Outre que l’énergie seule des gouvernements républicains avait détruit les anciennes proportions, la concentration dans les mains du premier consul de tous les moyens créés par la république avait établi, entre les deux États, un ordre de rapports entièrement nouveau qui échappait aux regards vulgaires, mais que les observateurs éclairés étaient chaque jour obligés de reconnaître. L'armée prussienne était toujours brave et bien disciplinée, elle n’élail pas déchue de son ancienne existence; mais l'armée française ^ s'était élevée , elle avait grandi de toute la hauteur ^ que comportait sa base physique et intellectuelle. : L'une de ces armées vivait, pour ainsi dire, de son . ancienne gloire; l'autre s'enivrait chaque jour d’une gloire nouvelle. Il ne restait dans l'une que l'ombre de Frédéric IL Frédéric lui -même était dans l'autre. Les ministres prussiens les plus ha- | biles , et le roi avec eux , comprenaient i merveille que, pour conserver entier le fantôme, le nom de la puissance militaire de la Prusse, il fallait, à quelque prix que ce fût, éviter tout choc entre ces deux armées. Un jour ces pensées pmdentes s'affaibliront, et la monarchie, pour un temps du moins, sera perdue.
L'homme qui, depois l'avénemenldu roi, dirigeait U politique de son cabinet, le comte d'Daugwix, sera méconnu en Prusse, parce qu'il aura |
voulu retenir une armée et une nation prêtes à s'élancer dans l'ablmc. 11 sera calomnié par les gouvernements étrangers, parce qu'il n'aura pas voulu aliacber l'ezlaterice de la Prusse au succès de leurs entreprises. 11 sera en France accusé de fausselc et de mauvaise foi, parce qu'il n'aura pas pu (riumpber des infinciices qui mettront aux prises les deux États. Les torts de ce ministre étaient dans la position même de la Prusse, qui devait cesser d’étre au rang des grandes puissances le jour où elle voudrait en jouer le rôle actif et en développer le caractère. En 1809, le système du comte d’Uaugwiz ne rencontrait point de contradiction.
La Prusse était prête à donner au gouvernement français, de qui elle attendait un lot avantageux dans le partage des indemnités, toutes les preuves de dévouement qui n’en traîneraient pas un danger manifeste pour elle.
La même disposition existait, mais dans un moindre degré, i l'égard de la Russie, dont on désirait également l’appui, quoique l'efficacité n'en dût pas être U même. La liaison personnelle qui va se former entre le rm et l'empereur Alexandre, sans changer dans les premières années la politique du cabinet, portera dans les relations réciproques un degré croissant de bienveillance et d'intimité, qui minera le système ministériel et finira par le renverser en 1805.
Relativement à l'Aulricbe, outre le fond toujoura subsistant des haines héréditaires, outre la lutte des intérêts nouveaux, peut-être i Berlin n'avait-on pas suffisamment caché la salisfaclion qu'on avait ressentie de l'abaissement de cette puissance.
De la Prusse à l'Angleterre, il n'y avait guère que des rapports de commerce. Le gouvernement britannique s'était accoutumé a voir la Prusse chercher ses avantages dans d'autres liens, mais il n'y avait point d'irritation entre les deux cours. Leur éloignement ou leur rapprochement futur dépend de la variation des inlcréls respectifs.
L'esquisse que je viens de tracer des gouvernements, des cours et des cabinets de Vienne, de Berlin et de Pélersbourg semblera peut-être contenir des particularités que n’admet pas toujours l’orgueilleuse dignité de l'bistoire; mais on pourra bientôt reconnaître que, parmi ces détails, les plus minutieux en apparence ne seront pas ceux dont il jaillira le moins de lumières sur les événemeiils que nous aurons à raconter.
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POUTIQUE EXTÉRIEURE.