‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 97 sur 298 · CHAPITRE XXIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIll

Metnel , au moment de i'cnIrcTue des deux monarques, tout à propos pour prévenir ou du moins rendre silencieux le mécontentement de l’empereur Alexandre.

Affaiblir l’Autriche en fortifiailt les États de second ordre, notamment Bavière, Wurtemberg et Bade, était une politique toute française. La France a l’art de s’en faire un mérite auprès de la Russie. Ce mérite est tel que cette puissance adopte et soutient, comme son ouvrage, un plan général rédigé sans elle.

En augmentant les forces de la Prusse, la France a travaillé pour elle-même. La Prusse lui garantit scs arrangements en Italie.

L’Autriche a occupé Passau et menacé la Bavière. Est-ce un malheur pour la France? Non. C'est un moyen pour elle d'attirer la Prusse dans des liens plus étroits et de lui faire prendre l’engagement de joindre ses forces Aix forces françaises et bavaroises pour agir contre l’Autriche, si, dans un court délai, Passau n’est pas évaeué.

Effrayée elle-même de la hardiesse de sa démarche*, l’Autriche cherche à en corriger l’effet par la négociation. Le premier consul se montre trèsirrité. C’est pour rendre la réconciliation plus fructueuse. Deux conventions sont conclues à la fois le 26 décembre. Par l’une, il fait quelques concessions de territoire. En revanche, il obtient, par l’autre, un important avantage. Les arrangements pris en Italie, sont garantis par l’Autriche, comme ils l’ont été par la Prusse.

Celte grande opération des indemnités de l’empire a été tellement dominée par une politique de cabinet, qu’à peine a l-on remarqué l'idée philosophique du mode d’exécution. Ce n’est point ce-

pendant un événement sans importance que celte sécularisation universelle des biens ecclésiastiques d’Allemagne, que l'abolition d’une théocratie bizarre qui soumettait de nombreuses populations au gouvernement d’un prêtre élu par le chapitre d'une cathédrale. Si le fraetionnement du vaste territoire de la Germanie en douze ou quinze cents soIiyecuDetés particulières avait le funeste effet de ràpetlWr les hommes à la mesure de leur goqverneme'nt, combien le mal ne devait-il pas être plus grand encore là où le prince n’avait pas même à ménager, à mettre en valeur le sol et les hommes dans l’intérêt de scs enfants ; là où le pouvoir étant électif, le choix d’un maître viager se concentrait dans une compagnie de chanoines, et s’opérait dans une sacristie ! Dès longtemps la raison publique appelait la réforme d’un ordre de choses aussi révoltant. C'était un des rêves de Frédéric II; mais, dans ce prince, le vœu du philosophe tenait de bien près à l'intérêt direct du monarque. Le premier consul, en consommant ce grand ouvrage, dans un système de politique générale, a non-seulement servi l’Allemagne; il a bien mérité du genre humain.

Si la France a eu, à celle époque, quelques reproches à faire au premier consul, ce n’est pas du moins d’avoir manqué d'habileté dans la conduite de sa politique extérieure. Peut-être, pour arriver aux résultats que nous avons exposés, fallait -il l’union de deux hommes comme le premier consul et M. de Tallcyrand. Il est douteux que séparément l'un ni l'autre eussent obtenu un succès aussi complet et dans un aussi bref délai. Le ministre, pour réussir, avait besoin du nom cl de la force de volonté du premier consul, comme le premier consul, du talent de son ministre.

MÉDIATION SUISSF,.

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