MÉDIATION SUISSE
Sommnire <Ic* révoIuiioDS «le la Suiuc depuis 17ü9. — losiirrcctions de 1799. — Suppression de la peine de niorl pour les délits politiques. — Promesses de l'Aiitriehe démenties par les faits. — Mort de l’avoyer Stciycr. — Dissolution du territoire helvétique. — Nouveau eliangcment le 7 août 1800. — Indépendance de la Suisse, (;arantie par le traité de Lunéville. — Nouvelle révolution le 27 octobre 1801. — Mission d’Aloys Rédin^; .’i Paris. — Démarches de Rcding auprès des principales puissances. — Autre révolution le 17 avril 1802. — Vaste développement d'insurrection. — Capitulation de Berne. — Demande de la médiation du premier consul. — Congrès général de Schwitz. — Proclamation du premier consul. — Soumission des insurgés. — Conduite des grandes puissances à l’egard de la Suisse. — Démenti donné par la France à des bruits répandus sur la Suisse. — Déclaration du premier consul, du 10 décembre. — Conférences des députés suisses avec le premier consul. — Acte du 19 février 1805. — Résultats de l’acte de médiation. — Hommage aux véritables amis de la liltcrié helvétique. — Différence de l'intervention du premier cqpstil en Suisse et des intcrvenlions de la sainte-alliance. — Sanction de la médiation de la Suisse par les grandes puissances continentales.
Lorsque la négociation relative aux indemnités d’empire était dans toute son activité et même au fort de sa crise, le premier consul avait eu la courageuse confiance de prendre encore sur lui la conduite d’une autre entreprise non moins délicate, la pacification des troubles de la Suisse. Depuis l’invasion de cette contrée en 1798, et les tristes succès obtenus par nos armes dans le canton d’Underwald, je n’ai parlé que transitoirement, et pour l'intelligence seule de nos opérations militaires, des agitations de ce pays et de la part que quelques petits cantons avaient encore priscâ la guerre contre nos armées. Sans vouloir tracer un historique complet de tous les déchirements de la rcpublit|ue helvétique, je vais présenter un sommaire des secousses intérieures qu’elle a éprouvées depuis 1799, et noter, au moins comme dates, les principales variations de son gouvernement central, scs révolutions de directoire , le remplacement du directoire exécutif lui -même par une commission exécutive de sept membres, et ensuite la formation d'un pouvoir cxécutifde trois membres seulement, dont le chef avait repris le titre ancien de grand landamman de la Suisse.
C’était peu d'avoir combattu la Suisse en 1798 : la France exigeait que la Suisse combattit pour elle et avec elle en 1799. Ce fatal présent d'une guerre, dont le territoire helvétique devait être le
théâtre, n’était pas propre à faire aimer la nouvelle constitution, qui était aussi un présent de la France. Le mécontentement, toujours croissant chex l’aristocratie renversée, avait gagné la population même récemment affranchie. La portion ignorante surtout, qui ne juge jamais que par le mal du jour, mettait déjà peu de prix à une éinancipation si chèrement achetée. Les éléments étaient prêts pour la révolte, lorsqu’une proclamation de l'archiduc Charles vint appeler les Suisses à l’indépendance, en leur promettant l'appui des puissances alliées. Encouragée par cet appel, l’insurrection éclata presque simultanément dans la Suisse tout entière. Dans les petits cantons et le haut Valais, elle fut étouffée, non sans combats, par les troupes françaises. Ailleurs elle était partielle et sans ensemble. Les corps de volontaires de Zurich, de l'Argovie et du Léman suffirent pour réprimer le désordre.
Comme l'historien est trop souvent condamne à poindre les crimes que les révolutions traînent avec elles, c’est aussi pour lui un devoir non moins sacré et plus doux de signaler celles où le pouvoir, même dans scs rigueurs, fait preuve de modération et d'humanité. Dans des histoires récentes, on taxe encore de cruauté les actes du directoire exécutif de la république helvétique en 1799; on lui reproche des emprisonnements, de barbares