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CHAPITRE III

POLITIOOC EXTÉRIEURE.

Déliât» entre Niijwléon et Pie VU. <Ie 1805 i 1808.— Origine de leur méeinielligetice. — Auvodani d’un parti antifraueaii à Rome, au nioraeal de la (pierre de 1805. — Piaioies de Napoléon sur la conduite du saim-fiége pendant celle [jtierre. — Prétention «le PEmpcrenr à être considéré eooiiiic empereur de Rome. — Rejet de cette • prétention par le pape. — Raiaonnemenis étranges pour justiBer le refus de donner riasiilulion canonique aux é>éques. — Olisiinaiion du pape à rérlnmer de prciemliis «Iroiis sur Rénévcoi, Ponle-Corvo et Naples, — DéclaralioD du pape qiiec'csl lui seul qui règne, et n«»n tel on tel de ses minisires. — Circnlatiou de brefs bostilc-s contre les Fram^^is. — Puissance de Naptdëoii en echec derant Pic Vil. — Oindit ions proposées au pape par Napoléon.

— Rejet par le pape des cundiiioos prop«»sées. — Dcmarcbe pariHque auprès du pape, faite par Napoléon de son quartier généra! de Rcrliu.— Macbiiiaiiont de la cour de Rome contre Napoléon pendant la campagueilc 1807. — Inflexibilité «le Pie VII, toujours la même , malgré les irioiiipht^ de Napoléon. — Ménagennuiis de l’Empereur pour Pie VII. — Envoi du cartliiial de Rayanoc k Paris. — Insinuaimn «le la cour de Rome sur le titre dVtnpercur d’occident. — Bases de négi>ciaii«jn pour le luiuisire français. — Temporisation du côté de la cour de Rome. — Ordres de l’ErapcrTur pour ToccupAtion des provinces d'Urbio. d’Ancooc et de Marerata. — Cliaugeincut niomenlanétlans la politique du saint siège. — Propositions du goiiTerncmcm français au carftinal de Bayanne. — Défense faite par le pape i c« cardinal de rien signer sans une autorisation spéciale. — Rejet cTime partie des propositions françaises. — Occiipalina des Éints romains. — L'itintaturo remis k Rome. — Cierges de la Chandeleur. — Ardeur du pape pour le titre de martyr. — Jongleries reltgieuacs dirigées contre 1m Français. — Renvoi k Naples des cardinaux napolitains. —ConHit «le l’autorité militaire française et de l'autorité civile du pape. — Bref comminatoire d'cxcotumuuication contre l'Empereur. — Rappel parle pape de sou nuiice en France.

Au milieu des graves événements que nous ont ufTcrts les guerres successives ou simultanées de Nap«jléon avec l'Aulricbc, la Prusse cl la Russie, nous avons dû juisscr sous silence, ou indiquer * seulement , d'une manière rapide , scs difTcrends

avec un État d'ordre secondaire , la cour de Rome.

* Cependant cette cour n'est pas de celles dont la ^ faveur ou la haine tioivc sc mesurer par le nombre de scs troupes on réicnduc de son territoire. 11 est pour elle d’autres alliés que les rois, d’aulrcs armes ,que les mousquets de sa garde. Home, avec sa population peu nombreuse, avec son insignifiante et presque ridicule armé<^, mérite, par le mai qu'elle a fait à Napuléoii. «le prendre place au rang «les plus formidables puissances du eonlinent. Au premier coup d'œil, pour qui ne connaît pas ce qui s’est passé entre le gouverjBCincul français cl ie gouvt^iiement {tonlilical , les faits cxlcricurs accusent et comlanmenl l’Empereur. On se dit : Pie VU est venu A Paris sacrer lii.ipoléuii , et Napoléon a été l'oppresseur de Pic VII. Jl l’a dé|>ouillé d'abord de

quelques provinces, ensuite de la lotalUc de ses EL’ils;eiiGn il i'apendanlquatreaiis tenu prisonnier à Savonc. Voilà les faits, et ils semblent décisifs, surtout si on sc dispense d'entrer dans l'cxamcn des querelles qui ont amené de si tristes événements.

Les publications faites depuis 1815, et presque toutes dans un esprit accusateur contre Napoléon, ne se composent guère que de pièces dont la date * commence a 1808, soit que les auteurs de ces publications n'aient pas eu la possibilité, soit qu’ils n'aient pas eu la vojonté de rien mettre au jour qui |H)rtàt une date antérieure. I^e canKnai Pacca liii-rnémc, dans ses mémoires, ne remonte pas plus loin. Nou.s ne craigmms pas de le dire, on ne connaît pas la vérité si on n'a pas saisi à leur origine et suivi dans leur progrès les causes du fatal dissentiment de PEtupereur cl du sainl-pèrc. C’est dans les communications des deux gouvernements depuis 1805 jusqu’à 1808. c’est .surtout dans la correSpoiidauce directe Ue« deux princes entre eux que' l'on peut trouver la véritable ex|iliralion de

[i8oa]

* POLITIQUE EXTÉaiEL'UE.

, tous les faits ultérieurs; el chose étrange I cettu

• correspondance d’un genre si nouveau, malgré ce qu’elle peut offrir de répréhensible dans chacun de ces grands personnages , ne laisse pas de présenter, dans son ensemble, un c6té honorable pour l’un el pour l’autre.

Parmi les prodiges de ces temps extraordinaires, il faut donc placer, et comme l'un des plus curieux, la lutte, pour ainsi dire, corps i corps

• de Pie VU et de Xapoléon. C’qst un beau spectacle que celui d'un pontife désarmé résistant aux volontés du dominateur de l'Allemagne el de ITtalie , défîant sa colère et bravant sa vengeance. A côté de la grande figure de Napoléon, la figure calme et Gère de Pie VU tient une noble plaee. Pour l'observateur qui voudra suivre le détail de leurs démêlés , (icut-étre les rigueurs actuelles du puissant monarque ne paraîtront pas tout à fait

• sans excuse; mais l’invincible fermeté du prêtre souverain n’en demeurera pas moins digne d'admiration et de respect. Si Pie VU n'cùl été qu'un prince laïque ordinaire, on ne devrait voir dans cette fermeté qu’une obstination aveugle, el la perle de ses Étals n'en serait que le juste châtiment; mais il est homme, prince et pape. Homme, il a des passions ; prince , (fes intérêts ; pape, de la ^foi '. Ajoutons de plus que, par une sorte d'exception, le népotisme n’existe point pour lui ; il est presque étranger à tout sciilimcnt de famille, et ne cuiinall d’hérédité que l'hcrédilé élective du pontificat. Retranchez une seule de ces parties, sa physionomie ne sera pas complète. C'est le mélange de rorgucil humain, (Je l'itilérél princier, de l’abnégation personuelle et de rexallation religieuse, qui font de lui un personnage remarquable et dramatique. Jusqu’à présent son caractèré n'est pas sufltsanimcnl connu. On ne le connaîtra bien qu’en l’appréciant d'après ses actes.

Üès 1805, nous avons aperçu quelques symplûmes de mésinlclligehcc entre le pape cl l'Empereur. Ces dissidences ayant pris par degçps un caractère de gravite et d'aigreur qui vont finir par amener, au milieu de 1808, l’occupalion d'une partie des États ecclésiastiques, il est iiidispousahic de SC reporter aux causes qui ont produit un si fâcheux éclat, et de rappeler en peu de mots quelques faits déjà indiqués ailleurs.

Dans son voyagea Paris pour sacrer l’Empereur, qui voulut le sacre et ti’adiiiit pas le couronncmpnl, * le sainl-pére s'élafl flatté que la restitution des Légations serait le prix de ce grand témoignage de

déférenco. Celte cunflance était gratuite. Loin de l'avoir autorisée, r£m|H‘reur, au contraire, par une publication très-explicite du Moniteur sur le maintien de l'intcgralité du royaume d'iuüc, avait cherché à épargner une telle méprise à la cour de Rome. Cette cour ne renonce pas si facilement à scs espérances. Elle entendait obtenir, à titre de récompense, ce qu’elle u’a« ail point imposé comme condition. Le doute ne Sul)Sis(a pas longtemps. Sur le mémoire rédigé dans ce but. la réponse de l’Empereur fut nette et précise, telle qu'il l’avait fait pressentir avant réréneinenl. C’était un mécompte pour le sainl-siége; on en éprouva du mécontentement, ruais, (rendant quelque temps, on évita de le laisser |taral(rc.

* De retour à Home , le pa|>o se plaisait k parler de son voyage; il disair; « Je ne me suit point M décidé à aller en France par des idées tcinpo- » relies; j’ai été chercher la religion cl je l'y ai ■ trouvée. » Cooimcchefde l’Église, cflectivemcnt il avait dû être satisfait de l’esprit religieux de la nation française ; il racontait avec attendrissement les marques qu’il en avait reçues ; il se louait au|si infiniment du respect filial de Napoléon, et ce langage était sincère. L'homme cl le chrétien pensaient ainsi. A part la question d'ordre sécu lier sur laquelle le prince n'ctail pas d’accord avec l'Empereur, il y avait de la franchifio at uqp sorte de cordial! lé dans leurs rapports. A l'occasion d’une riche tiare que rEm|>creur lut avait envoyée, le pape, en le remerciant, lui écrivait que co rare présent serait à jamais admiré comme un monument de sa munificence al de la mémorable époque qu*il rappelte. Il lui promaltait de s'en parer pour la première fuis au prochaiu retour de la fête des glorieux apôtres saint Pierre et saint Paul. Leurcorrcspondance était des plus amicales. L’Empereur employait scs bons ofliccs pour faciliter l'arrangement des affaires ecclésiastiques en Allemagne. En même temps il cnlrclcnait le saint-père du mariage que son frère Jérôme avait , sans le consentement «Inaa famille , contracte en Amérique avec une personne de la religion protestante, et il s'adressait i lui pour trouver les moyens de rompre ce mariage. Sur celte demande de l'Empereur, soutenue à Rome par le cardinal Fcsch, le sainl-pÎTe ne montra point une lâche condescendance ; il SC livra aux recherches les plus étendues pour savoir si son autorité apostolique lui permettait de satisfaire au désir qui lui était exprimé. Sa science ibéolugique lui fournil des armes pour

' Un bommv graverqui a paaaê ub ccruîn tompa à Rome, m'a dit avoir .ciilendii de la hpitChe de perananages placés de manière fc bien connaiirc Pic Vil : U

papa eôm é un’ yomo rrligieto. Je oe saurais, je Pavour, croire à l.v vérité de ce jugement.

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CHAPIÏIIK III.

combatlrc les raisonnements allégués à l’appui de la demande, et, malgré rinsislancc du cardinal français, il persévéra dans son refus. « Si nous i> usurpions une autorité que nous n'avons pas, » dit-il, nous nous rendrions coupables d’un grave » abus de notre ministère sacré devant le tribunal » de Dieu et devant toute l’Église. » Ce respect du saint-siège pour un lien formé entre des personnes de religion différente, est un trait digne d’éloge et auquel Napoléon lui -méme eût applaudi si, danscette circonstance, il n’avait obéi à un intérêt contraire.

La cour de Rome ne montra pas toujours autant de prudence et de sagesse. Pour lui plaire, il ne suffit pas aux princes défaire le bien, il faut encore le faire comme elle l’entend, avec sa permission et sous ses auspices. L’Rmpereur était peu propre à s’accommoder de pareilles entraves, cependant en France il était très-réservé ; il l'était moins dans le royaumed’Italie. Aidé des conseils de quelques évêques éclairés et justes appréciateurs des temps, l'Ënipereur avait, dans ce royaume, réorganisé des chapitres, dote des séminaires, augmenté les revenus de l’épiscopat et porté une véritable amélioration au sort du clergé, mais aussi il avait modifié quelques circonscriptions et opéré la réunion de divers couvents en un seul. Ces dernières mesures ne pouvaient être agréables à Rome. En réalité, toutefois, l’Église lui devait des actions de grAcc. Le pape lui adressa des plaintes L Ce n’était point un reproche amer, c’était l’expression d’une douleur profonde. L’Empereur aussitôt lui témoigne scs regrets 2. Il se demande s’il se serait trompé, et cependant le bien de la religion avait été son seul but. n Très-saint- » père, je vous l’ai dit quelquefois, la cour do Rome » est trop lente et suit une politique qui, bonne )» dans des siècles différents, n’est plus adaptée au )• siècle où nous sommes. » Il ajoutait qu’on aurait mis trois ou quatre ansà l’arratigcmenl des affaires d’Italie, et que cependant elles allaient dépérir s’il ne s'était liAté d’y porter remède. Tandisqu’à Rome on lui faisait un crime de la réduction du nombre des couvents, il avait à se défendre ailleurs contre l’opinion qui voulait les supprimer tous. Aussi avait-il soin de s’en faire un mérite. << J’ai donné i> tort à l’esprit philosophique du temps, et consa- » cré le principe de l’utilité de ces établissements » religieux. » L’Empereur priait ensuite le saintpère d’observer que, depuis Joseph II, il était des maximes tellement enracinées dans les esprits, à Milan, qu’il était impossible de les en effacer. Du reste, comme il n'avait pas la prétention d’être

. ' lÆiirc du !<•' jiiillel 1805.

’ I.ciire du .31 juillet.

* Lettre du 0 septembre 1805.

savant en législation ecclésiastique, il ne demandait pas mieux que de concourir à ce que le saintsiège croirait utile de faire. Enfin, il assurait Sa Sainteté du désir qu’il avait de la voir heureuse et contente, et de la ferme résolution où il était de ne lui donner aucun sujet de chagrin.

Cette lettre fit une douce impression sur le cœur du saint-père. Sa réponse atteste sa joie. L’opposition de l’Empereur au faux^ esprit philosophique a surtout porté dans son âme une touchante consolation. Sa Sainteté proteste qu’elle ne veutconnattred’autrcpolitiquequc les lois dcl’Évangile, qu’elle veut porter en tout un esprit de conciliation et de douceur, mais elle n’en finit pas moins par engager l’Empereur à prendre fies mesures pour empêcher l’effet de ses règlements.

Cette heureuse intelligence de l’Empereur et du pape n’eut que trop peu de durée. Elle n’existait d’ailleurs que dans leur correspondance personnelle. Un parti nombreux, ‘auquel appartenaient des hommes très-inllucnls auprès du saint-père, lui faisait un crime ^ de ce qu’ilsappciaient ses complaisances pour Napoléon. Après avoir fait de vains efforts pour l’empécher de se rendre en France, ce parti le blâmait de n'avoir pas su au moins tirer avantage de cet acte de faiblesse humaine {mur se faire restituer les provinces que la révolution avai^ enlevées au saint-siège. La marche des événements n’était pas propre à consolider l’accord des deux puissances. C’était alors le moment où la guerre allait éclater entre la France et l’.\utriche soutenue par la Ru.ssie. De toutes parts les ennemis de Napoléon s’occupaient à exciter contre lui la haine des peii|)les et des gouvernements. Les ministres d’Angleterre, de Russie et de Sardaigne, accrédités auprès du pape, ne demeuraient pas inactifs. Sous leur influence, il s’était formé des clubs anglo-russcs où l’on méditait le soulèvement de toute l’ilalic.

A Naples comme <i Rome, on dressait des listes de proscription contre les partisans de la France. Use commettait beaucoup de meurtres, et c’était aux Français ou à leurs amis qu’on les imputait pour diriger impunément des attaques contre eux. Les assassins portaient même des cocardes françaises. Le ministre de l’Empereur, le cardinal Fe.sch, prit occasion de cette circonstance pour demanderqu’il fut fait une justice prompte et exemplaire des bandits qui avaient été arrêtés; mais l’assassinat ne trouve pas à Rome un si rapide châtiment En

^ Voici line des nffiehes sniiriqiics qui eurent lieu alors :

Pio VI. Per coMcrrar la fetie, pente la »cde.

Pio VII. Per coHserrar la tcilef jxnlela /elle,

- ^ Dans lot fête.s de P,Aqiic.s4lc I8ü5, il y avait eu trei/.e assassinats. Lors de la première occupation de Home par

[fSOHj-

POLITIQUE EXTERIEURE

général, le ministre de France rencontrait sur toutes scs demandes beaucoup de mauvaise volonté dans le gouvernement ponliGcal. Il eut un tort, ce fut d’attribuer au secrétaire d'État, cardinal Gonsalvi, ce qui était Teeuvre du gouvernement tout entier. Dans ‘des temps postérieurs, le cardinal Fesch a donné au saint-siège des preuves éclatantes d’attachement; niais alors, dans scs fonctions comme ministre de France, son caractère peu conciliant servit mal les intérêts du pape et de l’Empereur. Le cardinal Gonsaivi, aussi bien disposé pour Napoléon que pouvait l’être un secrétaire d’État du souverain pontife) écrivait à M. de Talleyrand >

* que le voyage du pape à Paris aurait été arrangé en trois jours, au lieu de trois mois, s’il avait été traité avec toute autre personne que le cardinal Fesch. Cependant les reproches qu’on pouvait faire à ce dernier n'excusaient pas la conduite de la cour de Rome. L’empereur Napoléon , maître du royaume d’IUilic, et dont les troupes occupaient encore Na^plcs, avait demandé au saint-siège de s’allier avec ces deux royaumes pour la défense commune de l’Italie. Sur le refus du saint-siège, il avait fait mettre garnison française dans Ancùnc. Selon les régies militaires, il avait agi sagement. La prévoyance était Juste. Une position aussi importante n’aurait pas pu être négligée par les Russes et les Anglais, lorsque, le mois suivant, ils opérèrent un V débarquement dans le royaume de Naples. L’occupation d’A ncùne causa une vive agitation à Rome. Le ^papc en laissa éclater son mécontentement. Il avait ^ pensé que les sentiments d’amitié que lui témoi- •1 gnait l'Empereur, l’auraient préservé d’un $i amer * déplaisir; mais il s’apercevait qu’il s’était trompé-; \ il s’atRigeait de sa dignité compromise à lu face du ->1 public, et déclarait qu’il voulait maintenir sa ncutralité. Dans le moment où l'Empereur reçut cette lettre, il poursuivait scs succès contre les Autrichiens et les Russes. Ledénoùmcnt de la campagne devait régler la réponse qu’il aurait à faire. Après avoir décidé la paix à Austerlitz et l’avoir conclue à Presbourg, ce fut de Munich qu’il data cette ré-

ponsc3. 9^-^ *

L’Empereur commence par une légère récrimination. Lorsque toutes les puissances étaient coalisées contre lui, était-ce bien, pour le saint-père, le moment de lui écrire une lettre aussi peu ménagée? Le saint-père se plaint de n’avoir eu, depuis

son voyagea Paris, que des sujets de peine. C’est

les armées françaises, on fil fusiller cinq bandits dont le crime était prouvé. Les assassinats cessèrent. Après le rétnlilisseinriil du saini-siége, ils araiciit recommencé. On en comptait 23,000 pour tout le territoire romain sous le poiilifical de Pic VI. Il semble que le sainl-siégc regarde

que, depuis son retour à Rome, l’Empereur n’a éprouvé de sa part que des contrariétés et des refus. L’occupation d’Ancône par les troupes françaises est une suite de la mauvaise organisation militaire du saint-siège. Valait-il mieuxlaisser tomber cette forteresse entre les mains des Anglais et des Turcs? «Je me suis considéré, dit Napoléon, n comme le protecteur du saint-siège, et J’ai* oci> cupé Ancône, à ce titre; Je me suis considéré,

» ainsi que mes prédécesseurs de la deuxième et i> de la troisième race, comme ayant seul l’épée *• pour la protéger et la mettre à l’abri d’être souil- '* SI lée par les Grecs et par les Musulmans. Je pron tégerai constamment le saint -siège malgré les » fausses démarches, l’ingratitude et les mauvaises » dispositions des hommes qui s"c sont démasqués » pendant ’ces trois mois. Ils me croyaient perdu.

» Dieu a fait éclater, par le succès dont il a favorisé Il mes armes, la protection qu’il a accordée à ma n cause. Je serai l’ami de Votre Sainteté, toutes les Il fois qu’elle ne consultera que son cœur et les Il vrais amis de la religion. Si elle veut renvoyer Il mon ministre, elle est libre de le faire ; elle est Il libre d’accueillir de préférence cl les Anglais et n le calife de Constantinople ; mais, ne voulant pas » exposer le cardinal Fesch à ces avanies. Je lo fc- II rai remplacer par un séculier. Aussi bien la haine n du cardinal Gonsaivi contre lui est telle, qu’il Il n’a consUimmcnt éprouvé que des refus, tandis- Il que les préférences étaient pour mes ennemis.

Il Dieu est juge qui a plus fait pour la religion de Il tous les princes qui régnent, n

Ce n’est point là encore de l’inimitié ni de la colère. L’enivrement d’.àustcrlilz n’a point changé l’Empereur à l’egard de la personne de Pie Vil , mais il se considère comme le [irolccteur du saintsiège , cl le saint-siège ne peut pas voir sans inquiétude se déclarer un pareil protectorat. Cependant le pape ne se montre point blessé de ce langage. Seulement il manifeste son alUiclion des soupçons injustes élevés sur son dévouement et sur celui du cardinal Gonsaivi ; il félicite l’Einpe-^ rcur de scs victoires , qui ont ajouté à scs Étals les provinces vénitiennes, cl, de cet accroissement territorial du royaume d’Italie , il prend occasion pour exprimer de nouveau l’espérance , que l’Empereur, dit-il, ne lui a Jamais ôtée, du retour des trois Légations au patrimoine de saint Pierre. Ensuite il demande la cessation des mesures mili-

rnssassinai comme un Ir.iil de mœurs nationales, cl que la tolérance, sur ce point, soit à scs yeux comme un devoir. ' Lettre confidentielle du 9 octobre 1805.

’ Lettre du 1-3 novembre 1805.

* 6 janvier 1806. ‘ *

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