‹ Histoire de FranceChapitre 101 sur 142 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

POLITIQUE EXTÉRIEURE

France et RomIc. Impreialon produite en Rutaie par lea réuniona françataea. — Offre de la principauté d'Erfurt eoindeoiDitédu duché d'Oidenbouri;. — .Mécontentement de la Ruaaie. — Refroidisaement de Uempereur Alexandre eovera le duc de Vicence. — Plaintes de Napoléon sur Piikaae de décembre 1810. — Lettre remarquable de Napo* léon à Alexandre. — Nourellea obaerraiiona atir rukaae. *— Déair de Napoléon de finir Talhire d'Oldenbourg. ~ Armements en Russie et en France. — > Rappel des troupes russes de Moldavie. Menace russe de prolestaiion. — Instances de Napoléon pour terminer l'affaire d'Oldenbourg. — Inaiructiona donoéca au nouvel ambassadeur de France en Russie. Lettre de Napoléon k Alexandre remise par le général Lauriston.

La possibilité de la guerre entre la Rassie et la France est admise à Paris et à Pétersbour^, et cependant ni l'empereur Napoléon ni l’empereur Alexandre ne sont encore décidés i une rupture. Si en certains jours tous deux la regardent comme inévitable, le jour suivant, rhésilation revient, et au fond l'un et l'autre ne demanderaient pas mieux que d'en éloigner le moment. Le fatal préjugé qui cherche, dans les préparatifs de la guerre, le ntoycii de conserver la paix , sera une des premières causes qui détruiront la paix et amèneront la guerre. Napoléon, écrasant tout dans sa marche sans aucune acception de principauté pour fermer au commerce anglais le nord de l’Allemagne, a porté un coup sensible à l'orgueil russe en comprenant le duché d'Oldenbourg dans ses dernières réunions. La Russie a saisi l'a-propos, et ses lignes de fortification, ses armements anticipés ont trouvé un prétexte. C'est bien évidemment un prétexte : car les mouvements de troupes, les travaux de fortification, les ouvrages de campagne, et surtout la rédaction du volumineux règlement de douanes publié contre la France en décembre 1810, constalent une résolution antérieurement prise et que l’on peut, sans crainte d'erreur, faire remonter jusqu'au milieu de 1810. Que le mariage de Napoléon avec une archiduchesse d'Autriebeou l’impossibililé de s'entendre sur les termes d'une convention relative à la Pologne aient été considérés par l’empereur Alexandre comme le pré.sagc d’un changement dans la politique de la France, et qu'il ait cru devoir prendre des précautions dans celte hypothèse, on le conçoit, mais la résolution a été bien prompte cl les mesures portées trop loin.

L’empereur des Français n'a pas certainement dévié de l'alliance; son désir sincère est toujours de forcer l'Angleterre i la paix par le concours de la Russie, et en elTet il ne peut y parvenir qu'à l'aide de ce concours. Si l'intention d'une rupture existe déjà quelque part, ce ne peut donc pas être dans l'esprit de Napoléon, qui aurait tout à y perdre, qui se verrait plus que jamais éloigne du but auquel il tend par le système continental, et qui SC trouverait jeté en dehors de ce système dans le vague d’accidents incertains et do chances imprévues; mais, on ne saurait en disconvenir, en s'appropriant, de sa seule autorité, sans négociation préalable, le duché d'Oldenbourg, il a donné beau jeu à la Russie.

Après avoir fait consacrer le principe des réunions par une délibération du sénat, il restait à en régler l'exécution. Les princes froissés par le sénalus consulte étaient, avec le duc d'Oldenbourg, le roi de Wcsiphalte, le grand-duc de Berg, le duc d'.Aroml>erg et le prince de Salm. Les arrangemenls relatifs aux deux premiers princes , ainsi qu'aux deux rois de création napoléonienne, ne pouvaient pas rencontrer de grandes diflicullés ; la question de la principauté d'Oldenbourg présente seule un caractère de véritable importance que Napoléon parait ne pas soupçonner. « Pour ce duc, n écrivait-il *, je lui laisserai scs biens privés jus- M qu'à ce qu’un accord ait été conclu; mais la soun vcrainclé doit lui être 6léc sur-lc-champ. Vous Il direz au tuinisire du duc que non-seulement ce

' Lettre de l’Empereor au duc de Cadore, eo date du 7 jaovier 1811.

Page 1