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» que déléHorcr votre change, l« mout>«mént d9$ M /rt>Mpe« de Finlande ^ et de Sibérie eur ta /7wa- » aère du duché ^ le retour de deujf dirision* de » Moldavie et de FalachiCf qui oe peuvent que » relarder votre paix avec les Turcs, puisque cela n tend à leur donner une confiance que jusqu’à pré* » sent aucune démarche de la France n’a encore i> autorisée, tout prouve que l'empereur Alexandre N n’est plus dans les sentiments de Tilsitl. La fa* n cililéavec laquelle on fait parvenir les faux bruits » a son oreille laisse assez prévoir l'exagération » qu'on va donner à quelques dispositions deve* n nues nécessaires à la sûreté de l'empire. » Ici l’Empereur donne le détail des mouvements ayant pour objet de garantir Danlxig « qui est le boulc- )• vard de la confédération. » Aucun conlingcnln'a été demandé; aucun mouvement extraordinaire n’a lieu dans l’intérieur de l'empire. Des camps à fiuu* logne, à Utrecht et sur l'Escaut, les dépenses dans nos chantiers, qui élèveront à vingt-cinq le nombre des vaisseaux de haut bord déjà lancés, marquent suflisainment que les idées de l'Empereur sont toujours portées vers la guerre maritime. « La rcu- » nion d'Oldenbourg et des pays voisins n'a en que !» ce but : les débats de la chambre des communes M et la malheureuse situation du commerce de >• l'Angleterre prouvent que ce but peut être at- M teint. »
Tandis que l'cmpercnr Napoléon répétait chaque jour, et sous diverses furinus, l'expression du désir qu'il avait d'en venir a une explication franche et de Gnir l'affaire de la principauté d'Oldenbourg, l'empereur Alexandre, tout en disant qu'il tenait toujours à la paix, qu'H persévérait dans le système, au lieu de répondre aux avances françaises pour une explication, pour un arrangement, continuait à vouloir pro/es<er, comme s'il eût dû se déshonorer en ne protestant pas. « Quelle serait , ■ disait-il l'opinion de ma nation, si je ne réchi* >• mais pas, quand l'Europe et la France elle-même yt ont vu, dans l'occupation de la principauté d'Ol- » denbourg et dans la conduite qu'on a tenue en- » vers le duc , un soufUet donné à une puissance
amiet» Le mot était juste , le mécontentement fondé; mais no pouvait-on réclamer que par une protestation publique, par un appel aux autres puissances? Si on voulait rester dans des relations atnicaics avec la Franco, ne valait-il pas mieux admettre des explications, accueillir des moyens d'arrangement ou même en proposer, qu'ajouter à
' Lei mou CD leiires italiques ont été ajoutés par TEm percar,
* Lettre du duc de Viceace, en date du 31 mars.
* Anus la riu-i*ons plus tard.
l'embarras de la situation le surcroît d'un incident qui ne ferait que l’a^raver et la compliquer davantage? Peut-être le chancelier, comte de Romaniof,qui personnellement répugnait à la guerre, s'imagina-t-il de bonne foi pouvoir concilier deux choses inconciliables, la dénonciation a l'Europe de rinfîdélilé d’un allié, et le maintien de l’alliance. Cctle idée n'est pas invraisemblable, de la part de ce chancelier qui aimait beaucoup la lutte des mots et les formalités de la science diplomatique. C'est dans cet esprit, selon toute apparence, que fut rédigée la protestation fameuse * qui, loin d'atténuer le mal, le rendit irrémédiable.
Dans rinlcrvallc des communications précédentes, le colonel Czernicbef était arrivé à Pétersbourg, apportant la lettre de l’empereur des Français du 28 février. Quoiqu'elle offrit la preuve manifeste de ses dispositions à un rapprochement, elle n’avait rien changé à celtes du cabinet russe qui, dans ces mémos mois de février et de mars, avaient eu, du moins momentanément, un tout autre caractère, comme on pourra bientôt en juger par le langage même de l'empereur Alexandre.
L’empereur Napoléon, qui s'était ffallé que cette lettre produirait un tout autre effet à Pélerslraurg, étonné de ne point recevoir de réponse, fit écrire de nouveau au duc de Vieencc qu’il devenait urgent de mettre un terme à l'inccrlitudc où le laissait le siletiec de la Russie; que les préparatifs étaient, des deux côtés, un malheur; que la France surtout n’avait point fait de monvrincnt qui pût justifier la marche des quatre divisions rappelées de la Moldavie, sur les frontières du grand-duché *.
Dans ce même moment, on rédigeait les instructions destinées au nouvel ambassadeur. Après avoir fixé son choix, l'Empereur avait aussitôt chargé le ministre des .affaires étrangères de bien faire comprendre an général Lauriston les que.stions de neutralité, de commerce et autres que ce générai, disait-il, ne devait guère connaître. I.es instructions roulaient sur trois points principaux, l'ukase, la Pologne, la Turquie. Comme, avant d’être arrêtées, elles subiront divers changemenLs. nous en donnerons quelques variantes propres à faire juger la véritable pensée de rEn)pereiir.
L’ukase relatif aux douanes était naturellement présenté comme un fait grave, auquel en France on avait dû être extrêmement sensible. Quelques mois auparavant, la Russie promettait encore de
* Le duché de Varsovie n'a jamais eu leiilrede grandduché; c'était une de rrs inexactitudes qui échappaient souvent n l'Empereur.
POLITIQUE EXTÉRIEURE
donner plos d’énergie à ses mesures répulsives contre l'Angleterre, et tout d'un coup c'était le commerce français qu'on s’attachait à proscrire ! A l'égard des produits du sol de la France , l’outrage se joignait à l'exclusion : les formules de l’ukase étaient évidemment dérisoires. On excluait les vins français en bouteilles, et c’est en bouteilles que s’expédiaient les vins qui ont le plus de faveur dans le Nord ! On les admettait en tonneaux, mai$ par mer, et la mer n'était pas libre ! De plus , on quadruplait les droits qu’ils devaient payer ! Enfin, par un contraste fort significatif, l'ukase ordonnait pour les marchandises anglaises la confiscation, pour les marchandises françaises le brûlement ! Cependant l'Empereur ne fera la guerre ni pour l’ukase ni pour la Pologne; il ne la ferait que dans deux hypothèses qu’il indique : « Je ne ferai point n la guerre pour la Pologne, quoique je ne veuille » pas souffrir qu’il soit fait d'empiétement sur le » duché, ni qu'il lui soit fait aucun tort... Je ne » ferai point la guerre pour le tarif des douanes , H quoique le dernier ukase soit contraire au traité Il de Tilsitt , et que l’idée de brûler les marclian- >1 dises d’une puissance amie et alliée implique » contradiction avec les idées d’amitié et d’alliance; » mais quelque graves que soient ces griefs , je ne » ferai la guerre que dans le cas où la Russie vou- » droit autre chose que ta rive gauche du Danube; n OU bien, dans le cas où cette puissance, déchi- » rant le traité de Tilsitt, férait sa paix avec l’An- » gteterre.
» Cet ultimatum ne doit jamais être prononcé; n mais, si cela devenait nécessaire , dans les con- » versations avec M. de Romanzof et l'Empereur, » le comte Lauriston pourrait le laisser entren voir.»
Après avoir dicté ce qui précède , l’Empereur juge qu’il a été trop positif, trop explicite; il modiCe lui-même ces pensées et ces expressions , et, dans tous les cas, quoi que fasse la Russie, il veut que son ambassadeur attende ses ordres. « Ferait- » on la paix avec l’Angleterre, marcherait-on sur n Constantinople, l’ambassadeur doit seulement » me prévenir, et ne faire aucune démarche qu’il n n’y soit spécialement autorisé. » Après ce correctif, l’Empereur revient aux questions de Turquie et de Pologne. La continuation de la guerre entre la Russie et les Turcs serait avantageuse à la
France, sans cependant qu’on la désire Si la
paix se fait, la Russie ne doit rien garder sur la rive droite. La France ne peut pas souffrir que la
' La prédiction s’est réalisée, mais par unç autre cause que reniendait Napoléon. Si ces deux provinces n’ont pas été conservées par la Russie, c’est que, pour se for-
Russie y fasse mettre un prince grec, même nommé par les Turcs. Ce serait, pour elle, un moyen d’étendre son influence, « d’arriver par les Monténés> grins et par la Morée sur la Méditerranée. Pour Il cela , l’Empereur est décidé à s’y opposer. » La question de^rincipaiités de Moldavie et de Valachie demande beaucoup de prudence. Actuellement la politique de l’Empereur est de ne pas s'en mêler ; mais il ne faut pas faire de déclaration ; car, <1 si les affaires continuaient à se brouiller cn- » tre les deux puissances, il serait probable que la it Russie finirait par ne pas conserver > ces deux » provinces. »
A l’égard de l’Angleterre, l’ambassadeur doit, par insinuation ou par d’autres moyens, empêcher toute relation commerciale de la Russie avec cette puissance. Il est probable que la moindre apparence d’une conclusion de paix avec les Anglais sera le signal de la guerre, « à moins que des cir- » constances imprévues ne fassent penser à l'Ein- II pereur qu’il soit préférable de gagner du temps ; n mais il est important que la Russie comprenne n la gravité de la démarche qu’elle ferait. »
Quant à la Pologne, il faut présenter la question sous ce point de vue, u que l’Empereur fait l’iiiin possible pour ûter tout soupçon de ce côté , et » pour empêcher que les ennemis des deux empin res aient aucun prétexte de troubler l'harmonie; » il faut employer toutes les formes pour prouver n que la politique de la France n’est pas là. La » France n’a qu’une pensée : la guerre avec l'An- I) gleterre; qu’un but, la paix maritime. »
Il était recommandé à l’ambassadeur do tâcher de parvenir à la conclusion d’un traité de commerce sur la base déjà proposée par le duc de Vicence. Cette base était que les bâtiments fk'ançais exporteraient de Russie une valeur égale à celle des produits de France qu’ils y auraient importés.
Ces instructions préparées pour le nouvel ambassadeur en Russie, les modifications même qu’y introduit l’empereur Napoléon après avoir voulu d’abord une rédaction plus vive, attestent que, s’il ne redoutait pas la guerre, du moins il ne la cherchait pas, puisqu’il n’en admettait la possibilité que pour deux hypothèses, sur lesquelles il lui eût été difficile de se montrer indifférent, la réconciliation de la Russie avec l’Angleterre et une invasion russe dans les États ottomans qui eût dépassé la limite des concessions d’Erfurt.
Quoique Napoléon n’eût pas reçu de réponse à
mer des alli.iDccs contre lui, elle a dû abandonner ce qu'elle n’aurait pu obtenir que par lui.