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CHAPITRE XXVn

licrcmcnl, aulurisait à croire que la Russie avait eu, au moins temporairement, la forte velléité (l’une irruption inimédiatc datjs le flunliô de Varsovie, c’étail que, dans ce meme moment, à la présence de corps nombreux de ses troupes sur la frontière, elle Joignait, à rinléricur de ce pays, une sorte d’action morale et diplomatique. Pourüiviscr les Polonais elles détacher de la France, elle faisait depuis quelque temps annoncer que rinleiilion de rempereur Alexandre était de rétablir un royaume de l’ulogne dont il serait le roi, et où il placerait comme vicc-roi l'un des frères ou son beau-frère le duc d'Oldenbourg. Des agents de dilTérents ordres travaitiaient à gagner des |>arlisans à ces projets de la Russie. I/un des principaux était M. d'Anstedt, conseiller de légation, qui depuis .v ligure coiiiincplénipolrnliaire russe aucoiigrès de Prague. Celui-ci, marié à une Polonaise, s'éianl rendu dans le duché sous le prétexte tout naturel de voir la famille do sa femme, y remplissait sa mission occulte lorsque j’arrivais à Varsovie avec le caractère public d’agent que le traité de Tilsilt avait reconnu pour la France seule.

Au reste, la croyance d'une invasion prochaine dos Russes dans le duché de Varsovie ne se renfermait pas dans les limites du duché même; elle était répandue partout, en Prusse, en Suède, et avait pris particulièrement une grande consistance en Autriche

Si la naissance du roi de Rome ne put être célébrée en Russie à cause du doute où était l'empereur Alexandre de savoir s'il devait y prendre part, en revanche toutes les autres puissances riv.ilisèrent de ntagnincence et d’i'clat dans les dérnonstralions dé l’intérél qu’elles prenaient à cet événement. Itc toutes parts et de Pélcrsbourg itiéinc, des ambassades extraordinaires vinrent porter à Paris, les unes la vérité, les autres le mensonge de leurs félicitations. IVes portes de Cadix, du golfe de Tarentc jusqu’au Ilugctau Niémen, rartillcric paciQquc du Continent répéta les salves joyeuses qui avaient si vivement ému la France; mais ce fut surtout aux portes de la Russie, sur cette porlion du territoire polonais, alTraii-

' Tn général anlrirhicn dUait à un offirîer polonais :

• Pourquoi tant vous inqniétrr? nr somrors-noii» pas B aujourd’hui tes atnii de la France? Si tes Russes vous

• attaquent, nous serons avec vous contre eux, comme B ils ont été avec vous contre nous eo 1809. b La prophétie ne réalisera que trop bien.

* L’agent franrals i Vars(»vic, quoiqu'il nVùl qu’un titre tnodesie, ét.'tit pour ce pays le représentant de ta France, h.-ms lc« rireonstances soleuiirih's, comme celleci, comme la fète de Napoiéuo et ramitvcrsairv de son

chic en 1807 et dont rindépcndancc lui causait tant de crainte, que lesscntimcnU français eurent leurs écho» les plus bruyants comme les plus sincères: là c'était la France même sans aucun mélange d’hypocrisie. Les édifices du gouvernement, les jardins publics, les maisons particulières, tout fut magiiiüquciiiotit illuminé; la population entière était, commeà Paris, eu muuremenl dans les rues, sur les places, répéjlanl sans cesse les cris de f'ito l'/Cmpercurl Varsovie semblait être un faubourg * de la capitale du grand empire. Le bruit de ses i canoimades retentit sur la frontière russe, et seul ‘ il en traversa In frontière. Du reste, ce ne fut pas,

: pour les observateurs diplomatiques, une circonstance d'une médiocre gravité que la non célébration à Pétersbourg de la naissance du roi de Rome.

A cùlc des faits asscx signtficalifs qui trahissaient des germes de inésiiitclligencc entre les deux empereurs de France et de Russie, tels que Palloculiuu française du âi mari et la protestation russe relative au duché d'OIdenlmurg, une triste fatalité iU surgir encore du cùté de In France un incident qui iréiail pas propre à ranimer entre eux un meilleur accord. A peu près ence même temps, il parut dans \c Journal de t' Empire un article évidemment dirigé, quoique sans jtrononcer son nom, contre le colonel ('zernichef, confidentiel et infatigable courrier des doux empereurs. Cette intention éclatait dans rallusiun ironique faite à un personnage d'un autre règne, aussi courrier impérial russe, chargé de perpétuels messages, cl souvent |>our des objets frivoles, sans aucun résultat utile. A peine cet article eut-il vu le jour, que l'empereur \ Napoléon s’en montra indigne; il lit suspendre le rédacteur du Journal de l'Empire ci destituer < M. Esmenard, chargé de la surveillance des journaux. Ce dernier fut en outre exilé à quarante lieues de Paris. On s’empressa de faire connaître à Pétersbourg ^ rcs sentiments de l'Kmpcreur et la punition intligéeàrinsoleiu^dcsjournalistes. Nous avons cherché de bonne foi rcxplicalion de ce fait sans en trouver une qui fût bien certaine. Ce qui nous parait probable, c'esl que l’article aurait été

eouronnemem, ica minisirca, le séilnl, le clergé, le priare PoniaiowakiAla lèie'HranDétat-raajor, venaieni en corps préaenier h cet agent kora féliritnttona. Le duché était gouverné par un roi, mai» en présence de ce loyal prince qui, peiiilaoi Mn séjutir à Varsovie, mél.iit aussi sa voix à eclle de l’.vrviée et de la population, le cri le ' plus cbuudeincDt expriuié était celui de f'ire l'Ettpë- ' rr*ir/

, * Lettre du mliiUire des relations extérieures au duc

: de ViiTOce, en date du 18 avril.

l'OUTIQUE EXTÉRIEURE.

rédigé à une date antérieure, dans un moment où l'on avait eu la velléité de montrer à la Russie soit de l'humeur, soit de rindifTércncc. Le tort du ré* dacteur et du censeur n'aurait été qu'une piiblica* tion hors de propos. Ainsi, dés le mois d'avril 1811, les actes, les paroles et jusqu'à l'indiscrction des journaux, tout révèle à l'Europe la situation semihostile des deux monarques, dont la permanente intimité eût pu seule assurer le repos du monde.

L'arrivée du nouvel ambassadeur de France en Russie n'interrompit point le cours des plaintes et des reproches que se renvoyaient réciproqueinvnt les deux cabinets. Un fait, énoncé dans une des premières lettres écrites de Pélersbourg par le général Lauriston, porta l'Empereur à lui faire connaître immédiatement scs intentions sur le sujet indique et sur le langage qu'il devait tenir en son nom. I.e ministèro russe, en se récriant sur les armements de la Saxe, surtout dans te duché de Varsovie, avait donne h entendre que la cession d'un district de ce duché pourrait étro le meilleur moyen d'arrangement pour raflairc d'Oldenbourg.

(Quelque temps apres, sans rétracter ou plutôt en cunürmanl ce rapport, le général Lauriston exposera qu'il ne lui a pas été fait une pro(>osiüun formelle pour une cession de cette espèce, mais que seulement l'idée en a été émise dans une dépêche expédiée au prince KuraLin, dont on lui a donné lecture. La forme ici est indifTérenle : directe ou indirecte, la proposition ou, si l'on veut, l'insinuation existe; la ré|>onsc de l'Empereur porte ainsi sur un fondement légitime.

D'abord , suivant Napoléon, à l'égard des armements de la Saxe, son ambassadeur a on tort de montrer le moindre embarras: les dispositions de la France s’exécutent au grand jour; on n’en fait nul mystère au prince Kurakin. u L’empereur » Alexandre* ayant dit qu'i/émt< pré/ depuis Janx A » moi», il était tout simple de répondre : Si vous » êtes prêt depuis deux mois, ce qui, dans un si n vaste empire, suppose que les mouvements sont M ordonnés au moins depuis quatre mois, ne troua vez pas mauvais qu'à présent que vous êtes prêt M on s'apprête... La Russie a espéré qu'on ne serait n pas en mesure et qu'on serait effrayé par ses ar- » inemenls; elle s'est trompée. Toutefois si elle M veut la paix, qu'elle dise ce qu'elle veut et qu’elle I» fasse finir, par un arrangement quelconque, cette » querelle qu'elle a ouverte par un manifeste^. Le •> prétexte qu’on veut rétablir la Pologne est un

' Lettré de Napoléon au duc de Bassaoo, en date du 9J Joln. . . ^ #

* La proiestatiou relative au duché (fOldt'nlwnrg.

Il prétexte banal... Le projet de convention^ offrait 1» toute sûreté, et la France n’est pas venue au » point de faiblesse et de mépris que celle assu- » rance ne doive pas suffire. à ta cetiion

» d'un diitricl de Pologne, partez bien de ce prin- » cipe qu'il faudrait que tes armées russes nous n eussent ramenés sur le Rhin pour nous faire con-

» sentir à un démembrement si déshonorant

n I/Empereur n’a pas armé lorsque la Russie ar- » mait en secret; il a armé publiquement lorsque

» la Russie était prèle Il n'a pas fait de mani-

». fesle , ni de querelle aux yeux des cours de l'Eu- » rope; il n'a pas même fait de réponse.... Enfin, » il ne demande pas mieux que de remeitre les » choses dans Pétai où elles étaient, il l'a proposé; n mais, au lieu d'envoyer quelqu'un pour nego-

» cier, oti se livre à des rècriminalions » Ici

l'Empereur ajoute qu'il faut cesser l’étal violent qui existe, non par des reproches inutiles, mais par des explications sincères et en cherchant un moyen d'arraiigcmciil, #i on peut en trouver; il répète que la Russie, étant en guerre avec l'Angiclerrc et la Turquie, fait par son étrange conduite tout ce qu'il est possible de faire déplus avantageux pour la Turquie et pour rAnglclerrc;pour lui, si on ne s'arrange pas, il armera : il a déjà dépensé cent millions, U en dépensera cent autres; il a levé une conscription, il en lèvera une seconde.

•> Vous devez donc conjurer I'cni|)ereurde mettre » un terme à tout cela, en ne laissant cependant » awcHn espoir do toucher à la Pologne : cela se- » rail déshonorant, et, pour l'Empereur, l'honneur » est plus cher que la vie. »

La dépêche qui, en conséquence de cette dictée de Napoléon , fut adressée quelques jours après à Pélersbourg , renfermait encore quelques autres passages comme ceux qui suivent : « Les rnonve- » ments des troupes russes doivent avoir eu un »> objet, cl tant que cct objet ne sera pas connu,

» les inquiétudes ne pourront pas être entièrement » dissipées. U est inipossibic de croire que la Russie » n'ait pas eu des projets qu'elle n'a pas avoués et » qu'elle n'avouera peut-être pas. I^es circonstances » qui depuis ont motivé scs plaintes ri’eii otil été n que le prétexte; elle lésa saisies pour colorer les » démarches auxquelles elle s’élail portée avant n que CCS circonstances se prcscnlassciit. Ces pro- » jets ont existé, ou bien il faudrait révoquer en » doute une foule de faits, cl même un fait partin culier attesté par un homme d'un grand |K>ids, . » cl qui n'a entre lui cl le fait lui-méme, entre lui

* On O vu que, û ce prejet ne fut pas >igné, il n'y avait en de difSciilté que sur kf mots. On était d’accord •ur le foml.

CHAmilli XXVII,

Il cl rciiipori^ur Alrxandn' , qu’un seul inlennc- II (liairc au-dessus de tout suupçun : je ne puis » m'expliquer davantage. » Le fait dont il est ici question est celui que nous avons rapporté plus haut et dont la eoniiaissanee avait été doiince à Paris par le prince Poniatowski et par moi. Le général I.auriston, qui naturellement devait mettre tous ses soins à bien connaître les intentions présentes de la Russie , fut chargé de téclicr aussi de découvrir ses résolutions passées.

Indépendamment de cette lettre oflieicllc, r£niperenr en lit écrire une toute eonndentiellc à l'ainbassadeur d'après des notes qui ne sont |>as sans intérêt : Que m'importe, disait -il, que les An-

II glais aient trouvé accès auprès de rempereur » Alexandre et qu'on lui fasse voir des choses qui I» n'existent pas? Ce qui m’importe à moi, c'est si I» l'on fait perdre quelque chose à la Pologne, Faites » comprendre à Lauriston que je désire la paix et n qu’il est bien temps que cela Unisse. » (Caulaincourt croit qu’il n’y a en tout cela que du malentendu. ) « Si la Russie ne fait plus de mouvements, » je n’en ferai plus; j’avais demandé A la ISavière • Il et à Bade de nouveaux régiments , j'ai révoque n cette demande. » Lorsque Napoléon parle ainsi à son ambassadeur, faut -il croire qu'il trompe son ambassadeur même et qu'il veuille la guerre en lui faisant croire qu’il désire la paix ? nous ne le {icnsons pas : ce qui est certain, c’est qu'il ne veut pas une guerre prochaine ; nous le voyons par les avis que, dans ce même moment, il lit doniier en Faxe : « Les paroles de la Russie sont bonnes ; elle Il paratt effrayée depuis que j'ai relevé ‘ le gant, n Le but de cette puissance parait être d’obtenir, » en indemnité du duché d'Uldenbourg , des ces- » sions en Pologne, ce que je ne veux pas faire par Il honneur et parce que cela anéaulirait le grand- II duché. Il

Ce n’étaient pas les préparatifs de la Russie seule qui, dans les premiers moi^ de 1811 , avaient appelé l'atlcntion de l’Cmpcrcur; la Prusse aussi était loin de lui inspirer une entière confiance, (^luoiquc, dans les renseignements relatifs .i une préméditation d'attaque soudaine par la Russie, la Prusse n’eût été présentée que comme un auxiliaire éventuel pour cette puissanceet non comme uneuinpiiee engagé d’avance à la seconder, ce qui se [tassait dans ce royaume eût pu autoriser rette dernière interprétation, et l’Empereur ne négligea pas de le

' Lettre do ^ juin. ,

* Lettre de t’Empercor an duc de Bass.mo, miuistre dci .-iffaires étrangères, en date dn ,30 avril.

^ Le 30 avril, le ministère Français faisait partir trois agents pour observer les niouvenictits de la Prusse, l’un

I faire témoigner au cabiitet de Berlin. l.es moove- I mcnls des troupes prussiennes, disait-il, sont sus- ; pecis, [itiisqti’ils sont inutiles. « Si, avant de nous I n être entendus *, la Prusse fait des arnicmetits,

I n ils sont contre moi j'occuperai Icjiays il

n est ridicule de vouloir nous persuatler que ces » préparatifs sont contre les .Anglais de qui on n’a Il pas de descctitc .i craindre, n Nous ne nous [termcllrotis [tas de rien allinner sur In pensée que ' pottvait avoir ati fond le gouvcrnetiicnt prussien :

I ineonleslablemetit ses nfTccliotis étaient pour la , Russie; d'un autre côté l’instiitct de sa conserva- ' tioti devait, quoique malgré lui , le porter vers la France. Un peut croire que, sans avoir d’avance uti ' plan d'action arrêté, ce gouvernement tenait à se former le noyau de forces ^ le plus considérable quccuitqiortâl sa situation, dans l'espoir d'obtenir par là plus de valeur, une plue gratide considération auprès de celle des deux puissances à laquelle le cours imprévu des événements pourrait le contraindre de s’associer.

Lorsque l’empereur des Français recevait dn toutes parts des iid'ormations inquiétantes sur les desseins secrets de la Russie, informations que l’empereur Alexandre confirmait lui-méme en déclarant, dans le mois de mai, qu’il était prêt depuis plusieurs mois; lorsque les mouvements o]>érés i par l'armée prussienne pouvaient faire supposer ' ou un concert établi entre les cabinets de Berlin et de l’élersbourg , ou du moins une sorte de conni- I vcncc de la Russie avec les associations soi-disant ' patriotiques qui agitaient la Prusse, rempereur ^ Napoléon avait dû songer à la sûreté du duché de i Varsovie. Il avait en coiiséqucnee fait écrire ^ à scs ministres à Varsovie et à Dresde de tenir la main à ce que, dans les vingt-quatre heures, des ordres fussent donnés pour la réunion de l’armée varsovicnne ^ : » (Juc ces ministres, disait-il, se pénètrent U bien du principe de ma lettre, que tout est bien, n pourvu qu’on ne perde rien, quand ntéme les » Russes viendraient à Varsovie. « Les ordres de l’Empereur reçurent dans le duché une prompte I exécution : un se h.âta de rappeler les corps éloij.gnés, de porter les dépôts en arrière, de ré])artir pour la défense ou de mettre dans les places le matériel de l’artillerie et les magasins, enfin de compléter les dilTérenlcs armes par des levées de conscrits et de chevaux.

Peut-être les hommes disposés à des jugements

au nord, à Colbrr];, Kœnigsbrrg. cIc., un autre h lirrlin ' cl (l.tns les provinces du rentre, un troisième en Silt>sic.

I t Lettre de l'Empereur au duc de Buss.vno, en date du I 17. avril.

1 * t'csl l'expression employée par l’Empereur.

POLITIQUE EXTÉIUKURK.

sévères sur l’Empereur regarderonl-ils l'adoption de ces mesures comme rclTet d’inquiétudes plutôt simulées que réelles; cette opinion serait fausse. L’alarme était tellement vraie, tellement vive, que l’ordre nous fut donné de faire sauter les fortifications de Zamosc , attendu que cette forteresse ne paraissait pas en état de se défendre contre une attaque prochaine. Nos réclamations parvinrent à faire révoquer cet ordre,’ et nous dûmes nous en féliciter. La place de Zamosc a été depuis une de celles qui ont fait la plus longue résistance. '

A peine dans le duché de Varsovie avait-on com> incncé à porter en arrière les magasins et les dépôts qu’un mouvement scmhlahie s’opérait dans les provinces russes contiguës au duché. Le général Lauriston ayant dit à l’empereur Alexandre que, pour l’hypothèse d’une attaque russe, les troupes du duché^dc Varsovie avaient ordre de se replier sur l’Oder, u en ce cas , avait répondu ce » prince, nous ne nous rencontrerons ‘ pas. >i'On eût dit en eiïcl qu’un même ordre était parti simultanément de Paris et de Pétersbourg. Des deux côtés, on paraissait craindre une agression; des deux côtés, on faisait des dispositions de défense ; un fortifiait des places, on établissait des têtes de pont; de part et d’autre enfin, on se renvoyait la menace et la peur tout en faisant de chaque côté un mouvement rétrograde. ,

, ^ La position du duché était une sorte d’alerte perpétuelle. La moindre apparition d’une escouade russe sur la frontière Taisait croire à rapproche d’une armée, et une invasion semblait possible à chaque heure, à chaque minute. Le trouble était alors d’autant plus sensible dans ce pays qu’il y manquait un homme iinportaiil, le minjstrc de la guerre, le général en chef. Le prince Poniatowski était absent. A la première nouvelle de la naissance d’un fils de Napoléon, le roi de Saxe avait désigné ce prince q r£m|>ercur pour aller lui présenter ses félicitations, en sa qualité de duc de Varsovie. L’Empereur n’avait trouvé aucun inconvénient à ce voyage du prince, u Nous ne sommes pas, écri- » vait-il au ministre ’ des affaires étrangères, sur n le point de nous battre. » C’était le 8 avrilquc l’Empereur munirait ainsi une profonde sécurité. Dix jours après, sa situation n’était plus la même; scs soupçons sur la Prusse, scs défiances à l’égard de la Russie lui avaicqt commandé les précautions dont nous wenons de rendre compte. Comme en

' Leiirc du génér.il LaurUlon, en date du 1”' juin.

’ «Inclinaii» ad stispicioncm menlibus, cura timeret • Otho, tiinebatur. » Tacite.

* Lettre du 8 avril. *

* Le général Lauriston s’excuse, auprès de son gnii-

I Russie, les travaux de forliAcation sc continuaient ' dans le duché. Les places où ils étaient poussés I le plus vivement étaient celles de 2^mosc et de i Modlin.

1 Nous avons déjà fait remarquer qu’entre l’cmi pereur Alexandre et l’empereur Napoléon il sem- I blait qu’il y eût une sorte de défi à qui ne porterait j pas la première parole sur le moyen d’arranger * l’affaire d’Oldcnhourg. Il est vrai que la Russie a , fait une proposition indirecte , celle qui , pur une ' dépêche adressée au prince Kurakin à Paris et I- communiquée à Pétersbourg au géitéral Lauriston , consistait à prendre l’indemnité de l’Oldenbourg dans le duché * de Varsovie. L’empereur I des Français, en sc refusant à cette transaction, avait engagé la Russie à envoyer au prince Kurakin des |)ouvoirs pour trouver un autre moyen de terminer le différend, et de faire cesser l’apparence de bmuilleric à laquelle avait donné lieu la protestation remise aux diverses cours du continent. Il ne laissait pas ignorer à la Russie que les quatrième et sixième bataillons des régiments du corps d’armée du prince d’Eckmtthl allaient rejoindre leurs I régiments, ce qui produirait une augmentation d’une trentaine de mille hommes dans la trentedeuxième division > militaire, où les vivres étaient i à bon marché , mais il annonçait en même teiiq» I qu’il était prêt à diminuer la garnison de Dantzig ; et à susi>endre scs armements, si la Russie voulait ! en faire autant de son côté. Déjà même, relative- I ment à Dantzig, par égard pour le désir de l’em- I pereur Alexandre que contrariait l’accroissement ; de la garnison de celte place, il avait eontremandé les trois bataillons do Wcstphalic, ainsi que les régiments de Darmstadt et de Bade, déjà en marche pour cette destination. Il avait, par le même sentiment, fait arrêter les convois dirigés sur les placées de l’Oder.

La méthode de temporisation, adoptée par l’empcreiir Alexandre, concernant la fête à donner par l’ambassade française pour la naissance du roi de Rome, avait'eu son contre-coup à Paris. La Russie attendait*; en France aussi on crut devoir atten- , dre. I/C nouvel ambassadeur à Pétersbourg ayant consulté le ministère français pour savoir s’il convenait que sa femme vint auprès de lui pour faire les honneurs de sa maison , l’Empereur avait été d'avis que madame Lauriston ne devrait sc rendre en Russie qu’au moment où sa présence en cette

Tcrncment , d'avoir fait mention de cette idée. S’il en n parlé, c’est parce qu’elle avait été émise dans une dépêche du comte de Ronianzof .au prince Kurakin, dont on lui avait donné connaissance.

^ Le clieF-lieu de cette division était Hambourg. •

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