‹ Histoire de FranceChapitre 111 sur 142 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

France et Aiilriehe. — France «i Pruue.^lntinuaiioot h'iiDcaises k Vienne.— Siinaiion de rAiiiricbc. — Se« fiDancet. — Sra procédra financier». — Rivalil^ entre!’ Autriche et la Honip'ie. — Société de» haute» claMc» k Vienne.— Cour de Vienne. — Fête» pour la naissance dn roi de Rorae. — Cour de Berlin. — Association de la Vertu ou /’wyenrfkum/. — Oiircrliire» de la pruue pour une alliance. — Conditions imposées au NecklemlMuiri*. — Préparatifs en Prusse. — Doute sur le but de ess prcparaiifi. — Démarche pacifique de Ia Pruue à Pétersbourj;. — Paroles de Xapoléon rassurantes pour la Pruue.

Napoléon ne trompait pas l’empereur Alexandre lorsqu'il lui disait qu'il n’avait d'engagement, d'alliance, qu’avec la Russie; mais ce qu’il ne disait pas, c'est que le jour oè il lui conviendrait de chercher de nouveaux amis, de sc créer d'autres alliés, il n'aurait pas de refus à craindre. La Russie ne l'ignorait point, et son erreur peut-être était de supposer à cet égard les choses plus avancées que ne le voulait Napoléon lui-mômc. Celui-ci, sans mettre d'empressernent à rechercher des alliances nouvelles, sc contentait de jeter à tout événement des semences qu’il se réservait de faire fructifier plus lard selon l’occasion et lu besoin.

Au commencement delSit, la Porte ottomane ayant engagé ia cour de Vienne à intervenir pour ramener la paix entre elle et la Russie, cette cour informa la France du désir que lui avait exprime .le Grand Seigneur, et quelques Jours après, le prince Schwarzenberg, quoiqu'il n’cûlricn dit de plus en donnant celle communication, demanda une réponse. L'attention du gouvernement français fut éveillée par celte demande. L’Empereur chargea son ministre des relations extérieures de rhcrcher A connaître quelles étaient, sur ccUc guerre des Russes et des Turcs , l'opinion et les vues du cabinet autrichien. Le ministre devait pareillement s'assurer si la Russie ne faisait pas quelques <témarchc5 pour sc rapprocher de ce cabinet :

« J’espère bien qu'elle n’y parviendra pas *.....

» D'ailleurs, dans l'état de scs flnaiices, la politique j » ia plus raisonnable pour le gouvernement autri- | » chien est la paix avec tous ses voisins. » Cette lettre de Napoléon prouve que , dans les premiers

' Leiira de Napoléon au duc de Cadorv, du 3 février.

* t.rnre du duc de Cadore à M. Otto, ambasudnir A | Vienne. |

jours de février, il ne demandait encore à l'Autriche que sa neutralité; cependant, quelques jours après, cette puissance ayant communiqué à la Russie par son envoyé a Pclcrsbourg, le comIe de Saint-Julien, la demande de médiation qu'elle avait reçue de ta Porte ottomane, l'empereur Napoléon fît vers clic quelques pas de plus. « Nous n sommes toujours dans les liens de l'alliance » russe 2 et nous ne voulons pas y renoncer, écri- » vail le ministre des relations extérieures; mais » il serait très-important de savoir ce que pense le » gouvcrncrocnl autrichien de la réunion even- » tuclle de la Moldavie et de la Vaiachie, le prix 1» qu'il met à l'empéchcr, cl les efforts dont il sc- M rait capable pour y parvenir. » L'amliassadcur, comte Otto, devait chercher à inspirer à la cour de Vienne de la coiifîancc daii.s le gouvernement français, qui, disait le niinialrc, a oublié ses anciens rcssetilimcnts. qui n’a aucun intérêt à affaiblir une puissance « qu’il ne redouterait pas si elle était son » ennemie, et qui peut être pour lui une amie N utile. M Tel est le cours d'idées nouvelles auxquelles se laisse aller l'Empereur. Nous avons sous les yeux les dé|jéchcs écrites dans cet onlrc d'idées à son ambassadeur; mais nous citerons de préféreiicu la lettre de Napoléon lui-inénie k son ministre, qui servait de texte à ces dépêches, parce que scs tendances s’y trouvent encore énoncées en termes plus nets et plus expressifs : » Je désire ^ n que le comte Otto sonde U. de McUernich sur les » circonstances possibles de la campagne prochaine » entre ta Russie et la Turquie, pour savoir ce que n l'Autriche rewf et peut fàire. I..a France par le

* Lcitre de Napolroo au duc de Cadore, en date du S.'> février.

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