‹ Histoire de FranceChapitre 117 sur 142 · CHA1*1TRE XXIX · texte numérisé non relu

CHA1*1TRE XXIX

» la Fraoce pour convenir i l’Eiupereur. Il y a donc » là une population de cinq à six millions d*ha<

» biCanU, dont l'Eropereur désire constituer une » puissance de second ordre.

» L'empereur désire que le roi reste à Madrid ;

H mais si, par faiblesse, par ennui de sa position, n ou par toute autre raison, le roi veut quitter TEs- » pagne, l’Empereur désire qu’il le fasse avec bon* n neur, et après s’en être entendu avec lui.

N l,a démarche que j'ai faite a eu un double but;

» l'un de faire cesser les menaces riiliculesdu roi,

» et de lui faire comprendre que, s'il vent absolu- I» ment s'en aller, on ne s'y oppose pas; le deuxième H but, c’est que si réellenient le caractère du n)i » rendait son séjour en Espagne intolérable, l'Em*

» pereur, plutôt que de l'exposer à faire quelque » coup de tète ou quelque folie, aimerait à lui Icih n dre les bras, et à lui donner un moyen honorable H de rentrer en France, sans faire de nouvelles

• scènes 1 dans sa famille.

*• Le véritable but de l'Kiiipercur est de faire » sortir le roi de cette situation de menace, et de N le consoler, tout en faisant bien comprendre » qu’on désire qu'il reste à Madrid.

» Le roi de Wcslpbalie, comme le roi d'Espagne,

» n'a longtemps traité avec le cabinet qu'en mena- » çant de s'en aller. Cela n'a Gni que par la ré- » ponse qu'on lui a faite, qu'il eût à envoyer des R pouvoirs pour qu’on put traiter de la reprise de " possession du royaume. Cette réponse a fait pâlir » le roi, et a mis pour toujours un terme à ces » menaces ridicules. Depuis, le roi de Westphalio

• ayant déclaré, dans une audience à l’ambassa*

I* deur de France, que la possession du Hanovre » lui était plus à charge qu'avantageuse, l'on a sur- » le -champ annulé le traité de cession et rejiris R possession de celle province.

» Le roi de Hollande, à la moindre contrariété,

R ne parlait que de quitter son trône. Depuis qu'oii » l'a pris au mot, il est au désespoir. »

Ainsi raisonnait rFjnpercur à propos des idées d'abdication du roi Joseph. Les lettres adressées de Parts à ce dernier l'émurent rivement et le jetèrent dans une grande perplexité, «t Le roman I» lire à sa tin, » dit-il à un de ses ministres, le marquis d'Almenara. Rallollé entre des scnlimcnls contraires, la crainte de s’avilir en sacritiant une partie de son royaume, la crainte de déplaire à l’Empereur, et peut-être aussi te regret de quitter le trône, il passait tour à tour, dans scs entretiens avec l’ambassadeur de France, Deiaforét, de la colère et de la plainte aux expressions du dévouement cl de l'alTection pour rEm[>ereur. Enfin ses j

' Alluaion i U cooduiie du roi de Uollandc. ‘

irrésolutions le cooduisirenl i faire une réponse dans laquelle tous ces senlimenls se heurtaient et se combattaient entre eux.

« Que l'Empereur, écrivit-il, me fasse connaître • clairement sa volonté. Je désire complaire à la R fois à l’Empereur et à mon frère... Je n'ai pas i> sollicité le trône, je n'y suis monté que parce » qu'il l'a voulu... Il doit savoir que je ne puis pas

1» souffrir longtemps une existence dégradée

R Dans ce cas je désire partir pour la F' rance; il no R faut point de négociation particulière. Je rétro- » cède, dèscernoment.àrEmporeur tous les droits » qu'il m'a donnés sur l'Espagne. Veut-il réellc- R meut que je reste sur le trône? J'y resterai, quels R que soient les désagréments indépendants de sa » volonté qui in’y attendent... Si l'Empereur vient » ici, tout s'arrangera entre nous ; s'il ne vient pas, » qu'il me laisse aller à I*aris. Il faut un change- R mcDl marqué dans tout ; il faut avancer ou reçuw 1er... Je ne me le dissimule pas; l'Empereur est R le maître de maintenir les gouvernements roili- H taires qu'il a clé maître d'établir. Je m'abstiens R de réclamer davantage, et je ne me refuse point R d'ajouter la valeur des cessions à la force de l'oc- R cupalion. C'est à cet égard encore que je désire R confidence entière des vues de l'Empereur.. . Le R moment opportun pour consomincr ropéralion R dans rintércl de l'Empereur et dans le mien, R c'est celui dos pacificalious entières du royaume, R et lorsque la nvassc des troupes pourra commen- » cor à rcUucr du midi et du centre vers le nord. R Le soulagement qui en résultera pour celles-ci ■ sera une sorte d'indemnité dont de longues souf* R frances auront fait sentir le prix. »

Le patriotisme espagnol de Joseph qui, d’abord, paraissait résolu à uue immédiate abdication plutôt que de laisser démembrer le royaume, u’a pas, comme ou voit, fait une résistance bien longue; et scs capitulations de conscience ne roulent plus que sur l'époque où les cessions voulues par l'Empereur pourront s'opérer avec les moindres chances d'irritation et de danger de la part des Espagnols. Indépeudainmcnt de la position pénible où le plaçaient les exigences de l’Empereur, le roi Joseph éprouvait encore d'autres chagrins par suite du séjour dans la Péninsule d’armées nombreuses qui n'éuicul pas sous ses ordres. Il aurait désiré que l'Empereur lui rendit le commandement général des troupes françaises en Espagne, non qu'il eût l'orgueil d’aspirer à un grand rôle militaire, mais parce que la concculralîon en ses mains <l'un pouvoir étendu à toutes les provinces aurait inspiré plus de respect |>our sa personne, pour sa royauté nouvelle, et aurait d'ailleurs maintenu plus d'ensemble dans les opérations. 11 représentait avec

POLITigUE EXTÉKIEÜUE.

4tS

douleur que le roi de fait, dans le midi de i'Es* pagne, ce n*élai( pas lui, mais le duc de Dalmatie.

Après avoir écrit en France dans ce sens, le roi, persuadé que quelques conversations avec son frère avanceraient plus un arrangement qu'une longue correspondance, prit 1c parti d'étre lui-inéine son propre ambassadeur. A quelques objections de M. Dclaforèt contre ce projet de voyage, il répoti' dail que sa situation ne pouvait qu‘y gagner, qu'elle n'était plus supportable; au lieu qu'une fois d'accord avec l’Empereur, il reviendrait à Madrid, retrempé, réhabiliié ( c'étaient ses termes ), cl revêtu, aux yeux des Espagnols comme à ceux des autorités militaires françaises, d'une considération que maintenant il n'avail plus. II exécuta efTccti* vcmenl ce dessein, et, ayant laissé au conseil des ministres, sous la présidence du duc de Santafé ( Atanta ), radministration du royaume, il partit |K)urla France à la An du mois d’avril ^

Ce qui se passa directement entre l'Empereur et le roi Joseph est une sorte de secret de famille qu’il est peu important de connaître; mais les résuiUU ne nous ont pas échappé, et ils ne furent pas aussi ulisfaisants que le roi en avait eu l'espérance. Quoique les relations des deux frères eussent été tout à fait cordiales, le fond des affaires ne reçut que de légères modifications. L'Empereur n'annonça pas lui-même ses intentions au roi. Le prince de Tieufchitel en fhl rintcrmédiairc. La communication eut lieu pendant une absence de l'Empereur, qui laissait au roi ta liberté de partir sur-le-champ pour l’Espagne ou d'attendre son retour, selon qu’il le jugerait convenable.

L'armée du Centre ^ était mise entièrement sous les ordres du roi. Ce prince pouvait suspendre, renvoyer en France ou traduire i des conseils de guerre les généraux ou officiers qui sc seraient rendus coupables soit d'indiscipline , soit de vexations envers le pays.

A l'égard de rannée du Nord, l'Empereur n'y pouvait rien changer, sinon d'y placer un général en chef qui eût toute la confiance du roi. Le roi pourrait avoir auprès de ce général un commissaire chargé de veiller à ce que le quart des perceptions fut verse i Madrid pour le service du gouvernement et pour celui de l'armée du Centre.

Des ordres semblables étaient donnés au général en chef de l'armée du Midi , mais seulement sous le rapport des finances. Quant aux maréchaux qui commandent les armées du Midi et du Portugal, K il n'est pas possible qu’ils soient sons le corn- * mandement de vous, roi résidant i Madrid; car

• Leî3.

* Leiire du piioce dr Wa^jrain au roi, du W juin.

» alors ils se croiraient sous les ordres de votre H chef d'état-major, h

L'Empereur ferait verser au roi une somme de cinq cent mille francs par mois jusqu'au 1*' juillet. A partir du 1**^ juillet, le versement serait d'uii million par mois pour le reste de l’année.

Peu de temps après, le prince de Wagram donna connaissance au roi d'une lettre qu’il écrivait aux maréchaux français en Espagne, conformément aux ordres de rEmpercur. Il lui annonçait que le maréchal Jourdan allait se rendre en Espagne, que le duc de Ragusc était en marche sur le Tagc , et il léinoignail en outre que l’Empereur verrait avec plaisir que le roi sc rendit à l'armée de Portugal pour la passer en revue.

C'est dans ces deux lettres du prince de Wagram i que se trouvaient indiquées les dispositions faites par l'Empereur, en conséquence du voyage du roi à Paris. Sans répondre entièrement aux désirs de ce prince, elles lui causaient cependant un certain contentement, et sa position lui parut d'abord à ' lui-méme devenue sensiblement meilleure. Une circonstance particulière avait été fort agréable au I roi. L'ouverture de la session du corps législatif I eut lieu ^ (>endant son séjour é Paris ; et la men- I tion qui fut faite de l'Espagne dans le discours de ' l'Empcrcar, n’offrit rien qui pût causer aux partisans de ce prince la moindre inquiétude. L'Empe- ! rcur disait : m Le roi d’Espagne est venu assister à n cette dernière solennité ; je lui ai accordé tout

• ce qui est nécessaire et propre à réunir les inté-

• réts et l'esprit des différents peuples de ses pro- » vinces. • Le reste du paragraphe concernant l'Espagne était une de ces prophéties contre l'Angleterre dont raccomptisseroent, alors très-probable, sera détourné par les événements d'une autre

, partie de l'Europe. Le germe du mal qui menaçait l'Espagne existait toujours; il existait dans la pensée I de l'Empereur, mais celte pensée restait secrète. Si l'avenir continuait à être effrayant pour le roi qui connaissait les vues de son frère, le présent offrait aux masses une pleine sécurité qui, bien que trompeuse, était toujours un bienfait. Un ajournement est encore une chance; les apparences actuelles étaient sauvées. Le roi, un peu ranimé par la satisfaction donnée à ses demandes, rentrait à Madrid vers le milieu de juillet. Cette capitale offrait un aspect plus satisfaisant. Les passions sc calmaient, cl l'esprit d’opposition à la nouvelle royauté s'etait singulièrement affaibli. Le rot passa ainsi un certain temps dans une asses douce silua- I tion; mais, au bout de quelques mois, ledécoura-

I * Le IC juia.

CUAPITRE XXIX.

gement 1c reprit; la dcférence des maréchaux envers lui n'avait pas été de longue durée, et, malgré Toccupation armée de l'Espagne presque tout entière, sa royauté eflTeetWe ne s'étendait pas bien loin de sa capitale.

Les opérations militaires dans ce royaume n'avaient pas non plus, durant le cours de 1811, répondu aux espérances qu'avaient fait concevoir les brillants succès de 1810. Les efforts infructueux de Masséna pour forcer la triple ligne de retranchements où s’était tenue renfermée l'armée anglo-portugaise sous les ordres du vicomte de Wellington , et l'inipossibilité pour ce maréchal de maintenir plus longtemps son armée dans un pays dévasté où manquaient également les vivres pour les hommes et les fourrages pour les chevaux , lui avaient fait une loi de songer à la retraite. Le moment était venu pour les Anglo-Portugais de sortir de leurs lignes et de profiler des embarras de leurs adversaires. Lonl Wellington se mil en effet 4 suivre , à inquiéter, mais toujours timidement , la marche de l’armée française. Telle fut sa circonspection qu'il laissa échapper plusieurs occasions où, avec un peu d’audace, il eût pu faire le plus grand mal 4 des troupes qui rencontraient tous les genres d'obstacles, que tourmentaient tous les genres de privations. Le sang-froid et l'habileté des généraux français atténuèrent les inconvénients de ce mouvement rétrograde, mais ne purent prévenir ceux qui résultaient de la mésintelligence du maréchal Ney avec le maréchal Masséna. Ce dernier, en sa qualité de commandant en chef, finit par donner ordre au maréchal Ney de remettre, au général Loison, le commandement de son corps d'année.

On était arrivé sous les murs d’Alinéiüa cl de Ciudad-llodrigo. La première de ces places n'avait plus que pour un mois de vivres. Masséna comprit très-bien que son ravitaillonient entraînerait une grande bataille; il n'hésita pas à en courir les chances, quelle que fût la fatigue de ses troupes et leur infériorité numérique à l'égard de l'armée ennemie. Le choc principal cul lieu ^ dans le village de Fuentes de Onoro. L’ardeur de nos troupes, la mauvaise position de rcmiemi et les difficultés de sa retraite promettaient aux Français la plus complète victoire ; ils Crussent obtenue en effet si, par une fatalité qui jusqu'4 présent n'a pas reçu d'explication, les quatre divisions et la cavalerie qui avaient, à la droite, tout culbuté devant elles, ne s'étaient subitement arrêtées au moment où elles n'avaient plus qu’un pas 4 faire pour recueillir le fruit de leurs glorieux exploits. Il parait que le général I#oison , content des succès qu'il avait ob-

' Le 5 mai.

tenus, n’osa pas prendre surlui de s'engager plus loin. Fatal effet de la rivalité des maréchanx ! Si Ney eût encore été là, il n'aurait pas, pour continuer 4 vaincre, eu besoin d’en recevoir l'ordre. L'inaction soudaine des divisions triomphantes donna aux Angio -Portugais le temps de sc raffermir et de regagner du terrain sur un autre point, de manière à se rendre maîtres d'une partie du champ de bataille. Leur perle avait été beaucoup plus considérable que la nôtre. Le soin qu’ils mirent à se retrancher et 4 sc tenir sous les armes annonçait assez qu'ils craignaient une nouvelle attaque, mais le but était manqué; l’année avait d'ailleurs consommé en grande partie les approvisionnements destinés à la place d'Alniciüa. Ravitailler celte place était devenu impossible. Rien ne restait à faire que d'en sauver la garnison. La difficulté était de faire parvenir, au générai Brenier qui la commandait, des iiifurmations sur l'état des affaires et sur le parti qu'il devait prendre. Pour arriver 4 celte place, il y avait un trajet de deux lieues 4 travers l'armée ennemie. La commission était hasardeuse. Les hommes de bonne volonté ne manquèrent pas pour la remplir. Quatre soldats partirent en même temps; (rois furent tués en chemin; un seul atteignit le but. Ce brave était André Tillet, chasseur au sixième régiment d’infanterie légère. Le général Brenier ne perdit pas un instant pour détruire le matériel de la place et en faire sauter les fortifications. Dans (a nuit du 10 au 11 mai, une épouvantable explosion faisait connaître que l'ordre du maréchal Masséna était exécuté. A dix heures du soir, la garnison, forte de onze cents hommes, s’ouvrait un passage au niîlicu des corps ennemis qui sc trouvaient sur sa roule, sc battait sans interrompre sa marche, et elle opéra sa jonction arec le corps du général Régnier, au moment où elle allait être atteinte par les forces nombreuses qui s’étalent mises 4 sa poursuite. La place détruite, la garnison sauvée étaient une double proie enlevée 4 l'ennemi qui se croyait déjà maître de l'une et de l'autre.

Le 7 mai. le maréchal Marmont, duc de Raguse, étant arrivé pour remplacer le maréchal Masséna dans le commandement de l'armée de Portugal, l'armée prit scs cantonnements dans les environs de Salamanque pour se refaire de scs longues fatigues. La campagne de Portugal n'avait pas été heureuse ; elle a nui à la gloire du maréchal Hasséna par cela seul qu'elle n'y a rien ajouté : il faut que l'habileté tienne du prodige pour qu'on l'admire encore là où manque le succès. L'Empereur obtiendra cet avantage dans la campagne qui précédera sa chute; c’est un genre de triomphe qui n'appartiendra qu’à lui.

POUTIQUE EXTÉniECHE.

<lli

F.u Espagne, la furiune avait géiiéraîeiuetil favorisé nos armes; mais cependant les succès obtenus coûtaient d'asscx grands sacrifices. Dès le mois de janvier, le duc de Dalmatie, ayant quitté son quartier général de Séville, s'était emparé de la place |H)rtugaise d'OHvença , et avait battu à Gebora * plusieurs divisions espagnoles revenues de Portugal pour protéger la place de Badajos. Le résultat de cette bataille fut important par la destruction des divisions espagnoles et par la faeüité donnée aux troupes françaises de se li> rer sans obstacle au siège de Badajox entièrement abandonnée à ellcméinc. I..a conduite vigoureuse de ce siège, confiée au duc de Trévise, amena la capitulation ^ de la place, oii l'on fil plus de sept mille prisonniers. Presque dans le même moment, le duc de Dalmalie, secondé également par le duc de Trévise, enlevait les forts d'Albuquerque, de Vaicneia et de Campo- Mayor, qu'il faisait détruire pour ôter ces points d'appui aux insurgés espagnols.

Pendant que le maréchal Soult était ainsi occupé à nettoyer et à pacifier l'Kstramadure, le duc de Bclliine étant resté chargé seul du blocus de Cadix avec des troupes peu considérables, les cortès assemblées dans cette ville, de concert avec le commandant des troupes anglaises, le générai Graharo. formèrent le hardi dessein de faire lever le siège de la ville et de délivrer l'Andalousie. Dés que le duc de Bellunc eut reconnu que le projet de l'ennemi était de le forcer dans sa position princi|tale de r.hiclana. il crut devoir prendre l'ofTensive. Il marcha * au-devant des colonnes anglo-espagnoles, et les rejeta vers la mer; mais ce premier échec ne les empêcha pas de revenir à la charge. Après plusieurs attaques, qui toutes échouèrent, contre le centre des Français, ta colonne espagnole ayant été séparée du corps anglais, celui-ci rentra seul dans nie de I^n. I.a colonne espagnole, après avoir erré dans la journée du 0, ne parvint à en retrouver le chemin que la nuit suivante, la ligne du blocus, un moment rompue, n'ayant pas été assex promptement rétablie pour l’cn empêcher. Le blocus reprit son cours le jour suivant. Cette action fut lrès-honoral>lc pour le duc de Bidlune : le but des Anglo-Ëspagnuis était manqué, et la iMtaîUe avait été beaucoup plus meurtrière p<»ur leur armée que pour la nôtre. Les Français avaient enlevé A l'ennemi trois drapeaux et plusieurs pièces de campagne.

A peine le duc de Daimatic était revenu à Séville que l'arince anglo-portugaise du maréchal Réres-

• Le 10 février.

' Le 1 1 mars.

' Le 5 wars.

ford se disposait à faire le siège de Badajox. Le gouverneur, le générai Philippon, fit de vigoureuses sorties qui en retardèrent les préparatifs, et de son côté le duc de Dalmalie se mettait en marche pour venir au secours de celte place. Averti de l'approche des Français, le maréchal Béresford, renforcé par l’arrivée de neuf mille Espagnols sous les ordres du général Blake, réunit toutes scs troupes pour livrer bataille : il avait à sa disposition plus de trente mille hommes; le duc de Dalmalie n'en commandait pas quinxc mille. Le choc * fut terrible, le village d'Albuhcra fut pris et repris plusieurs fois; mais, le désordre s'étant mis dans l'infanterie française, rannèe, qui déjà avait beaucoup souffert, était menacée de pertes plus grandes encore, si quelques batteries, admirablement dirigées par le général Ruly, n’eussent arrêté l'ennemi déjà victorieux, et ne l'eussent tenu assez longtemps en échec pour donner aux troupes françaises le temps de se retirer en bon ordre et de rentrer dans leurs |H)silions. léd, bataille avait été courte; mais, quoiqu'elle eût à peine duré deux heures, c'était, propurtionnellcmenl à la force des comliatlants, l'une des plus sanglantes de la guerre d’Espagne. Cependant le maréchal Soult mit eu délilvération s'il ne recommencerait pas l'attaque le lendemain. Au point du jour, le 17, il avait formé son armée en ligne de bataille; le maréchal Béresford en avait fait autant: les doux armées restèrent tout te jour immobiles en présence l'une de l'autre. Après vingt-quatre heures d'inarliun , le duc de Dalmalie lit tout préparer pour sa retraite, qu'il opéra tranquillement; ses dispositions, loin d'élrc troublées parrennomi, n’eurent au contraire d'autre effet que d'inquiéter un moment le maréchal Béresford, qui crut y voir la menace d'une attaque nouvelle. Le résultat matériel de la bataille d'Albuliera fut nul pour les Anglo-Portugais. L'énergique défense de Bailajoi par le général Philippon fit échouer les ciTorts réunis de Béresford et de lord Wellington, qui était venu le rejoindre. Ce dernier, après la hatailtc de Fuenlès de Onoro, s'étant replié sur Elvas, avait pris le commandement su- |>éricur du siège; un mouvement combiné du duc de Dalmatie et du duc de Bagusc força les généraux anglais d'abandonner leur entreprise. Sans attendre rarrivée des Français, ces généraux enlevèrent leur artillerie, brûlèrent leurs approvisionnements de siège cl rentrèrent sur le territoire {lortugais où ils prirent leurs cantonnements.

Tous 1rs pays compris <lans le cummindcnieiit

t n«laille d'Albuhéra, le IG mai.

* l.e 1 1 juin.

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