CHAPITRE
• et non Louis le Déhnimüijrc. Si. par les cbi> H canes qui me sont faites, les prêtres de Ruine N croient obtenir un agrandissement leiii|>orcl , » ils so trompent. Je no dunnerai pas les Léga- ■ tions |hiur un raccoinmodcineiit. n Kn (Inissant, rEinpereur chargeait M. Alquier de demander au pape qu'il envoyât à son niinislre à Paris des puu> voies pour traiter sur les propositions précédein* ment faites au saint siège.
La Icllre que Ptiupereur avait écrite de Dresde au prince Eugène, u'ètaît pas moins vive. Celui-ci sc hâta d'en faire part au saint-père.
En conséquence des ordres de l'Empereur , M. Alquier avait eu une entrevue avec le pape dans les premiers jours du mois d'auUt. Le saint-père consent.iil â ouvrir une iiégocialiuii ; mais il ne voulait pas que Paris en fût le siège. Il iicsc refusait pas à la laisser transporter à Paris pour la signature; mais c'élail h Rome que la discussion devait avoir lieu. Imlèpcndanimeiit des autres motifs qui le déterminaient, il disait que son nonce Cil France, lecanlinalCaprara, ii'éUit pas de force à se mesurer contre un hahile parleur * comme M. Portalis. Dans cette première conférence, M. AIqiiier ne put rien obtenir de plus. Le lendemain, il Cil eut une seconde, dont le début n*était pas encourageant. 1a; pape euininença par lui dire » qu'il était depuis lunglemps persuadé que l'É- " glisc. pour reprendre une nouvelle force, arort n besoin d'une ;>er4ccw/ton... que la fui s'était at- » tiédie... qu’il était prêt à tout souffrir et à se H saerilier pour remplir le devoir qui lui était imm posé par In fui. n Opeiuiani, après deiu heures de dchals, le saint-père consentit à laisser la négociation s'ouvrir en France; mais il ne voulait pas la confier au canlinal Caprara , il préférait envoyer lin négociateur spécial, et il désignait |Kiur celle mission le cardinal Litta.
Ce choix n'annonçait pas encore des intentions bien conciliantes. Le cardinal Litta était en elTel connu coimiie l’un des conseillers qui nuisaient le plus au bon accord avec le gouv eriieinent français. Aussi le sairit-père fut-il invité à nommer un autre négoci.iieur. En même temps une alternative lui fut proposée. » La fausse politique * de la cour de » Piome, dit au nonce Caprara M . de Champagny , H nouveau ministre des relations extérieures, lui a » déjà fait perdre trois provinces. L’Kmpi'rcur est >* loin de vouloir lui en enlever encore trois autres, n mats sa sùrelc l'exigerait, si le saiiiL-pèrc coiiti-
pliu le cmmii.'iitre que comme évêque de Rome, et de réiiuir, (hiiiB un cuiidlc, les ËgliscB {'.illicane, italieuar, alleiiKindcei poioiMise; mai» ce avait été ensuite
iti|ipritué par l'Empei-eur.
n iluail â suivre de mauvais conseils. » 11 faut A l'Enipereur une garantie. Celle garantie , ce doit être ou un chaiigciiieiil de système dans le gouverncmciUponliUcal, ou un moyen de coininunicalion immédiate entre les ruyaunics d’ilaiie et de Naples. La cmiimunicalioti pourrait s'opérer (lar la réunion de la marche d'Ancône, du duché d’ürbin cl de la province de Cameriiioàrun de ces deux royaumes. Dans ce dernier cas, le saint-père conserverait la neutralité à laquelle il tient si vivement, parce qu'elle cesserait d'élre aussi dangereuse, puisque, concentrée dans un cercle moins étendu , clic laisserait au reste de rilalie la liberté de ses tnouvemenls et la facile disposition de toutes scs forces. Celte dernière proposition ii’cst pas de nature A être volontairenieiit acceptée; mais quoique le saint-père ne soit nullement disposé A sc dess.visir de la moindre |>orliun rie son territoire , il ne s'en montre pas plus complaisant A modilier la direction de son gouvernement temporel. C'est avec beaucoup de peine qu'il sc dclcruiinc à choisir un négudalcur qui puisse être agréable en France. M. Alquier lui fait eoniiaUre que l'Empereur verrait avec plaisir le cardinal de Dayannc ou te cardinal Vinccnli. C'est le cardinal l’acca que veut envoyer le saint-père. Enfin, après plusieurs jours de Icrgivcrsatinii , il sc résigne à nommer le cardinal de Rayniinc. En annonçant cette nomination A l'Enipereur , il lui exprime l'espoir que toutes les difficultés pourront s'aplanir , cl parle du bruit qui s'est répandu d’un voyage de l'Empereur à Rome. « Dans ce cas^, nous ne céderions à per- * sonne rhoniieur de recevoir un iiûle si illustre. N Le palais du Vatican, que nous ferinns disposer, ■ serait destiné A recevoir Votre Majesté et sa » suite. Toutes les affaires qui alors auraient déjà » été arrangées à Faris, nous pourrions A Ruine » les augmenter de concert et les rendre plus » prospères |M>ur le bien de la religion catholique n dont Votre Majesté doit être le soutien. » 11 est A regretter pour Napoléon lui-mémc, qu'il n'ait pas eu alors une entrevue avec le saint-père. J’culélrc aiirail'il obtenu de Pie VU quelque concession qui eût prévenu leur rupture.
Avant de quitter Rome, le cardinal de Bayaiiiic dit à M. Alquier que, si l’Empereur voulait, coiniitu Charlemagne qu'il aimait à rappeler, prendre lo litre d*em/«rre«r d'Occident, le saint-père ferait peu de diflicultc de lui reconnaître ce titre. Celte rccoimaissaiicc par le pape serait, suivant ce car-
• • Il più gran parlature dcl mundo. » Parole* de Pie VU.
• Noie du Ittaoûl 1807.
’ Lciinr du 1 1 si-pk-mbre 1807.
M808) POLITIQUE EXTÉRIEURE. BU
(linal, l’cquivalcnt de l’accession du sainl-siégc au syslèmc lëdcralif français. Il parait que l’Empereur tenait plus à la puissance réelle résultant du fait d'une confédération qu'à l'adoption d’un titre de plus, qui d’ailleurs eût pu faire naître plus d’un genre d’embarras. Nous ne croyons pas qu’il ait clé donné aucune suite à cette insinuation du cardinal de Bayanne.
Au moment où la négociation va s’ouvrir, l’Empereur, qui regarde comme de bon augure la mission en France de ce cardinal, fait connaître sur quelles bases il entend traiter L II lui importe peu qu’il y ait à Home quelques Anglais de plus ou de moins. Ce qui lui importe, c’est que le sou- ' verain temporel de Rome marche dans le sens de la France ; que, placé au milieu du grand empire, environné par scs armées, il ne soit pas étranger à scs intérêts et à sa politique. Rome ne s’est jamais séparée de la politique de l’Europe. Souvent elle a joué un rùle trop actif, et scs princes ont été plus d’une fois les moteurs des guerres qui ont dévasté celte partie du monde; mais ce n’est pas le moment de s’isoler, quand cet isolement devient préjudiciable aux intérêts du reste de l’Italie. Par ménagement pour les scrupules du pape, l’Empereur ne lui demande de se liguer avec lui que contre . les Turcs cl contre les Anglais; contre les Turcs, V nation infidèle contre laquelle les papes ont soulevé jadis toute la chrétienté ; contre les Anglais', nation hérétique, qui s'oppose à la paix du monde, cl même traite chez elle les catholiques en ennemis. C’est ritilérét de l’humanité, c’est la voix de soixante millions d’hommes qui cric : « Forcez l’Au- » glelcrre à vivre eu paix avec nous, à nous ren- » dre nos eûtes, nos ports, nos vaisseaux, nos rela- » lions maritimes cl commerciales, n Si seul sur lo continent le pape voulait rester attaché à cette puissance, le devoir du chef de l’empire ne seraitil pas de réunir immédiatement à scs États la partie de ses domaines qui s’en isole par sa politique , cl d’annuler la dotation de Charlemagne dont on a fait une arme contre son successeur? Les droits du trûne sont diiïércnts de ceux de l’autel, cl on a toujours fait une distinction entre l’encensoir et le diadème.
L’arrangement des affaires spirituelles ne serait pas difficile. Pour la France, il ne doit pas en être question. L’Église gallicane a ses privilèges, et aucun schisme ne la divise. L’Empereur a fait au delà de ce que le concordat lui prescrivait. Plus de quarante millions sont employés par lui pour lo clergé; il honore et fera toujours honorer la religion.
■ Lettre de M. <lc Cliampâgny, du 13 septembre, au nonec cardinal Caprar.i.
A l’égard de l’Italie, il y a plusieurs poittts contestés. Le premier concerne les moines. La volonté de l’Empereur à cet égard est arretée, et il y persévérera d’autant plus fcrnicmenl, qu’à Rome on a projeté le rétablissement des jésuites. Il détruira les moines partout où s’étendra sa domination. Il les supprimera par la force de scs lois. Ce n’est pas sur les moines que la religion est fondée; elle a existé et fleuri longtemps avant leur institution.
L’Empereur veut que les provinces vénitiennes soient comprises dans le concordai conclu pour le royaume d'Italie. Comment ce concordai ne leur serait-il pas applicable, puisqu’elles font partie de ce royaume?
Enfin l’Empereur ne veut pas que les évêques du royaume d’Italie soient obligés d’aller recevoir l’institution à Rome. Cependant il consent à tenir cette dispense de la bonne volonté du pape.
En général, pour les affaires temporelles, l’Empereur agira comme aurait agi Charlemagne , de qui il est héritier, comme a agi Charles-Quint, qui était loin d’avoir les mêmes droits. Tels étaient les principes d’après lesquels devait traiter le ministre impérial.
Tandis qu’à Paris on croit que la négociation va prendre une marche rapide, à Rome on prépare au cardinal de Bayanne des instructions faites pour l’arrêter à chaque pas. Si le saint-père, suivant un moment son inclination personnelle, montre un véritable désir de conciliation, bicnlûl les cardinaux Antonclli, Pictro, Roverclla, ainsi que les moines qui l’obsèdent et forment sa société ordinaire, exercent sur son esprit une forte influence dans un sens tout oppose. Le cardinal de Bayanne aura ainsi de très-volumineuses instructions, mais des pouvoirs extrêmement limités.
La temporisation devait avoir son terme. Nous avons vu quelles résolutions avaient été arrêtées à Tilsitt. Il a été convenu entre les deux empereurs qu’il ne resterait pas sur le continent un seul port qui ne fût fermé aux Anglais. Deux puissances résistent, le Portugal et la Suède. La France marche contre le Portugal, et la maison de Bragancc va perdre ce royaume. La Russie marchera contre la Suède, et la Suède perdra la plus Itelle de scs provinces. L’Autriche elle-même rappelle de Londres son ambassadeur cl s’unit au système continental; et, quand tout cède, le pape seul résiste! Quand il ne doit plus y avoir de neutralité sur le continent, le pape seul persiste à rester neutre, cl, fondant sur un motif religieux son opinion politique, il ajoute : L'Église a besoi/i de persécution! Toute autre patience que celle de l’Empereur eût pu se lasser : il négocie encore, mais il prévoit que si la négociation n'est pas soutenue par la force, elle sera infruc-
ClIAHTnE III.
[IftüSJ
iQcusc. Il r^it prévenir ^ M. Alquicrquc le général ■ Lcmarrois pari avec ordre d'occuper les trois provinces d'Ancùtic , Urbin et Macerala. Ce ministre ! ne doit rester à Rome qu'autaiit qu’on donnerait | «U cardinal dcBayannc des pouvoirs pour traiter i sur la base des intentions de l'Knipereur. j
Tout à coup la scène change à Rome. « Si mon | I» arruniinudemcnt ^avec l'Empereur, dit le saint- : » père, lient à ce que je me déclare contre les An- ' • glais, la conciliation sera bientôt consommée. » , Puis il promet de donner des pouvoirs au cardinal de Bayanncpuur.stipuler son adlirsiun à un système i rédéralirrontre les Anglais et les iniîdèles. Quant I aux moines, l’Empt^rcur est bien le maître de les : supprimer. Sa Sainteté ne s'en apercevra pas. Ainsi . s'expliqua lesaitil-pèreîe 1 1 octobre. Il vcnaitd'apprendre la mission du général Lcmarrois cl son ; objet. On avait espéré fatiguer l'Empereur par la | résisUmcc, et échapper par la ruse. La nécessité i commande et 011 ol>éil ; mais failail'il attendre ceito ' nécessité? Cependant que dev icnnent ces obstacles \ de fui et de conscience que depuis trois ans le saint- : siège oppose aux [>rièrcs, aux instances, aux menaces de l'Empereur? La foi était donc un prétexte, la conscience un vain mot ; les scrupules pieux ne ! servaient qu'à voiler des calculs humains! La rc- , flexion est aflligeanle, mois il est diflicile de ne pas la faire. Au reste, la concession est plus aiiparenlc I que réelle, et les scrupules ne larderont |ia$ à rc- I venir. !
.Aussitôt que le cardinal de Rayanne fut arrivé üT j Paris, un projet en douze articles, proposé par le I gouvernement français, fut le texte de quelques entretiens entre ce cardinal et le ministre des alTaircs étrangères. Ce projet ne présente guère que les conditions déjà indiquées. En voici la substance : Les articles 1" cl S" renferment rengagement, pour l’Empereur, de défendre les intérêts du saintsiège contre les Angtaiscl les infidèles ; pour le saint* pore, de faire cause commune avec fEmporciir . dans toutes les guerres cunlre les intldètes et les i Anglais. j
L’article S porte que les ports des États romains . seront fermes aux Anglais, et que des troupes françaises auront la garde d’Aiicôiie, d’Ostic et de I Civila-Vccchia. i
D'après l'arlîde 1, il doit être fait des travaux à ' Ancône, sous la direction d’un ofiieier français. ' Suivant les’ articles tt et 6, le sainl-siégc pour- , vuira à l’entretien des troupes fraiiratscs à An- < cône et de celles qui traverseront les Étals romains. I
* l.oUre de M. Alqtiicr, du 1 1 octobre 1807. I
• i.c i3 Kpicmbrc 1807. 1
Les articles 7 et 8 sont relatifs à la reconnaiî,sance des rois de Naples et d'Italie, avec renoricLiliuii du saint-siège à tous droits sur le royaume de Naples.
Les articles 9, 10. 11 cl I S, portent l'admission dans les consistuircs d'un iiuiiibrc de cardinaux français égal au tiers de la totalité, rexteiision du concordat du royaume d'Italie aux provinces vénitiennes, rengagement du saint-siège de ne rien faire contre les libertés de l'Église gallicane, cl de conclure un concordat pour les aiïaires ecclésiastiques d'Allemagne.
Si les assurances données à H. Alquier, le 11 octobre, ont clé sincères, il setiible <{u'il n’y a dans ecs comiilions aucnn article sur lequel il ne doive être |H>ssiblc de s'entendre; in.'tis il parait que le l>ape b'élait bientôt reproché d’avoir donne des |H)uvoirs trop larges au cardinal de Rayanne ; il lui adjoignit un collègue dans la personne du cardinal dclla Genga^, et, peu de jours après l’arrivée de ce dernier à Paris, le cardinal de Rayanne reçut du saint-père un courrier qui lui ap|)«irlait la défense de iiÿiu'r aucune des stipulations auxquelles il aurait cru devoir consentir, sans les avoir auparavant envoyées à Hume. C'était de nouveau retomber datis des ieiitcnrs iiinmes. Sur la noliflcalion qui en fut faite au ininisire des alTaires étrangères par ce cardinal , .U. de Champagny , qui avait accompagné rEiiqwreur à Milan, lui répondit que l'Empereur voyait avec peine cette suspension de scs pouvoirs.
Le saint-père persistait à ne pas vouloir reconnaître le roi de Naples; Ü ne voulait point consentir à l'augmeulation du nombre des cardinaux français, ni faire exécuter de nouveaux ouvrages à Ancôuc. i'A>muient esl-U possible que, pour dtî Itareîllesdillicullés, uu prince éclairé compromette le !H>rtdc ses États? Au retour du voyage de Milan. .M. de Champagny, après avuir récapitulé les griefs de l'Empereur contre le saint-siège, finissait par dire au cardinal de Rayanne ; k Que la uégocialiou * » soit donc rompue, puisque ainsi le veut le pape, » et qu'il u’j ait plus entre scs États et ceux de Sa » Majesté aucune relation paciüqiic. » En donnant aussi une pareille cominuiiicaliun au cardinal délia Genga, M. de Champagny témoignait que, ai les dispositions du saint- père venaient à changer, les negoeiations commencées à Roiue pourraient être reprises, et que même l'Empereur le désirait vivement par intérêt pour l'Église et pour le saintsiège.
De ce moment l'occupation <lc tous les Étals ro-
' Ce eardiual a üe]Miis él^ p.ip«.
^ Note du U janvier IftOB.
l'OUTIQtlE EXTÉaiKTIRE.
iiiaiii5 a été r4'5oluc; occupatluii qui sera temporaire si le pape accède aux propositions fmiiraiscsy qui sera dcrmilivc, s'il s'obstine dans ses refus. Des ordres sont expédiés pour que rarmèe française suit le Sl3 jaiiTicr à PèrouK, lo3 fêvrierà Rome. destination de rarmèe, dans sa marche, paraitn être jMJur Naples. Le commandant de ce corps d’armée, le {générai Miolii», fera occuper le château Saint- Ange. Son titre sera celui de comiuaiidanl de la division de rAdriatiqiie. Que le sainl-siégc mette ses troupes sous les ordres de ce general, et ce dernier lie se mêlera |>uiut de ^adlnin^^l^aliou du pays.
Dans les instructions |u»ur l'exécution de ses (M'dres. Uni au général JHiüllis qu’au ministre de France à Rome, l'Empereur déclare de nouveau * qu’il ne veut rien dtor au pape, qu'il ne lui demande rien que d’entrer dans son système. Cette prolcsUlion est répétée sous vingt formes diPfcrenles. L'Empereur ne veut exercer à Rome d'autre inniieiice que celle qu’il exerce à Naples, en Espagm;, en Ik>iêrc et dans les autres Éuts ailcmands de la confédéraliuii du Rhin. 11 n'entend donc pas être maitre de Bonte, il veut y régner seulement autant qu'il est iiéoessaire pour que cette petite planète n'ait point une marche rétrograde et contraire à celte des grands corps qui renviromieiil et qu'elle doit suivre dans leur route. Trois ans de négociations n’oril pu ainei^ ce rèévlta. Trois jours d'exercice du pouvoir militaire conduiront au but; mais l'Empereur désire beaucoup n'élro pas obligé d'aller au delà. A ces déclarations sc mêlent pourtant des menaces de réunion, si le saintsiège venait à donner des bulles ou à faire d'autres publications hostiles contre lui. ^ f ^
Le cas de l'opiniâtreté du saint-père est prévu par l'Empereur. Pttur celte hypothèse \ il n'hésite plus. Il faut que le séjour des troupes à Rome accoutume le peuple â vivre avec elles et sous leur police, aliii que, si la cour papale continue à sc montrer aussi insensée qu'elle l'est, elle ait cessé insensililenient d'exister sans qu'on s’eu soit .1 perçu. Le mut est prononcé ; l'byiKilhèse est indiquée, où pourra cesser le gouvernement temporel de la cour de Runic.
Si l'Empereur avait l'intention arrèu^e d'env ahir plus tard les États romains, sa manière de procéder est mal entendue. On le blâmerait inoiris de s’eu être cnqiaré dès le commencement de 1808, que d'avoir négocie un an de plus avec le saint-père pour linir par les lui enlever en 1809. Tout nous autorise à croire que Napoléon ne voulait, de bonne foi, que forcer le saint-père à sc placer, envers la
• Le janvier 1808.
France, dans la même position que les princes de la confédération du Rhin; mais, dans ce cas encore, la marche qu'il suit est im;>olitiqup. Il eût mieux valu, le jour où notre année est entrée h Rome, annuler la puissance lemporollc du pa|>c, sauf à la lui rendre ultérieurement, que de laisser subsister un gouvernement civil à cùlé d'un gouvernenient militaire, ce qui va produire des collisions perpétuelles. Jusqu'à présent tous les déb.'ils ont été concentrés dans le cabinet des deux priiKCS. cl le public les a ignorés. La querelle va éclater au grand jour; la discussion ayant fait place aux actes, les apparences seront en faveur du saint-père et contre l’Einpereur. Les formes de la persécution vont donner plus de relief à la fermeté de Pie Vil, et ce pontife, malgré son humilité extérieure. Hcr de la iultu qu'il soutient seul, sans troupes, contre le plus puissant mouarque de la terre, puisera dans CCS circonstances nouvelles des motifs d'inflexihililé de plus. Toutefois, par l'expose^ des faits que nous avons présentés, on jugera si c’est l'Emperear seul qu’il faut accuser des mesures séveres auxquelles il b'csI déterminé après trois ans de controverse et d'instances sans résultat. ^
Dans le moment où à Paris, le 9 janvier, la né gociation avait cessé avec le cardinal de Rayanne, le ministre de France avait remisa Rome on uUi~ watum en six articles. De la part du saint-père, ce furent toujours les memes diflicullés. Il consentait à (iernier ses ports aux Anglais, mais seulement 'dans la guerre ac/uc//e et sans entrer dans un pacte o/f«ii«f/. Sa conscience ne lui pcrmettnil rien de plus. Accorder au clergé français un tiers de la nomination des cardinaux, ce serait renverser la coiisUtulion de l'Église. Reconnaître le roi de Naples sans riioininage, la haquence et le tribut, ce serait blesser les droits de la souveraineté du sainl-siégc. I.c ^janvier il Gl appeler M. Alquier pour lui faire ptirl de scs iiileiilions. « L'Empereur I» veut tout ou rien, lui dit-il ; vous savez à quels » articles je consens, je ne puis souscrire aux autres. » Il n’y aura pas de résistance militaire. Je me » retirerai au château Saint-Ange, ün ne tirera » pas un seul coup <le fusil, mais il faudra que votre w général fasse briser les |>orles. Je me placerai à i> rentrée du fort. Les troupes seront obligées «le » passer sur mon corps, et l'unitersêaura que l'L'm- » pereur a fait fbuler aux piedi celui qui l'a tacrc. » Dieu fem te reste, w Ces paroles de Pic VII présagent sa conduite future. Pour le moment, clics ne furent qu’une vainc explosion de la colère de l'homme cl de l'orgueil du pontife. On ne fut point réduit à briser les portes du château Saint-Ange.
* l.eure du SSjauvier 1808.
CUAPITRE ni.
tt8
Le commamlaiit eo Ût U remise, à la première demande. Aussitôt, prulesUtion du saint-père et notes de son ministre. » Résigné, comme > il Test H dans l'humilité deson cœur, aux jugements împé* H nétrahles du Très-Haut, le saint-père met sa cause N entre les mains de Dieu, cl ne voulant pas toute- I* fois manquer à l'oliligalion indispensable où il est U de garantir les droits de sa souveraineté, il nous » a commandé de protester, comme il proteste, en » son nom et au nom de ses successeurs contre toute U occupation de scs domaines, et il enteud que les » droits du saint-siège sur ces domaines demeurent, » àprcscntctàravcnir,intaclsctenlicrs.n Apartir * de ce moment, chacun des actes de l'armée fran- . çaise devient le texte d'une réclamation du gouvernement pontifical auprès du ministre de France, et d'une communication aux ministres étrangers en résidence i Rome. De sou c6té, le miniatre de France ne manquait pas de sujets de plaintes. La première porta sur le style violent de la proclamation afiiehée par ordre de la sccrclairerie d'État, relativement è l'arrivée des Français, et la sccrétaircric d'Élat répondait qu'elle n'avait fait qu'obéir à la Tulofitc formelle du saint-père. Oii prévoit ce que va produire d'incidents fâcheux le coiiUit quotidien de dciu volontés contraires. Cependant le général Miollis et son état-major furent présentés à Sa Sainteté qui les accueillit avec beaucoup de distinction : «< Vous êtes célèbres dans rKuru|}e • n par votre courage. Je rends justice au soin que
I» vous mettez à faire observer la discipline. » Un moment après, l'homiiie bienveillant et gracieux faisait place au (>a|>c opiniâtre cl superbe. On n'a pas connu ^ le pape en France, écrivait Alquier à N. de Chainpagiiy, si on l’a regardé comme un homme doux, simple et facile. « Il faut s'attendre n qu'il descendra, avec le plus grand éclat, du rang M où il est placé, et on le verra entouré d’un in- •• lérèt plus vif et plus général qu'on ne riiiia- » gine. » La prédiction était vraie; elle s’accomplira dans toute son étendue.
L'hostilité était commencée aussi de la part du saint-siège. C’est un usage a Rome le jour de la Chandeleur, que le pape bénisse des cierges qui ensuite sont distribués [»ar ses ordres entre tous Ica souverains catholiques. Jusqu'à 1808, les princes et princesses de la famille impériale de France avaient été compris dans celle distribution, mais, en 1808, ils n’eurent point [>artà celle faveur. Le souvenir en revint à Napoléon, lorsqu'à la lin de cette année, ainsi que nous le verrons plus tanl,
■ Déclaration du cardinal Casont, du 3 février 1808.
* Lors de rélection de Pic VII, un cardinal avaii dit : m Vous vouiez Chiaramonti, ce sera na petit pape dans
il poursuivait, en Espagne, l'armée anglaise dans sa retraite sur la Corogne. u Voici, écrivail-îH à » son ministre -des relations extérieures, commo » j'cnlcntls qu'on se conduise à mon égard. Mou » chargé d'affaires fera connaître que le jour de N la Chandeleur, je reçois des cierges liénits par » mon curé ; que ce n'est ni la pourpre ni la puis- » sancc qui donnent de la valeur à ces sortes de » chose.H. Il peut y avoir en enfer des papes comme » des curés. Ainsi le cierge bénit par mon curé » peut être une chose aussi sainte que celui du » pape. Je ne veux pas recevoir ce que donne le » pape, et tous les princes de ma famille doivent » en faire autant. »
Dès les premiers jours de l'occupation de Rome, le pape avait déclaré au iniiiislre de France qu'il se regardait comme en prison, et qu'il n'entendrait à aucune proposition tant qu'il y aurait des troupes françaises dans sa capitale. Pour faire croire à l'Europe qu'il est prisonnier en elfcl, il change toutes ses habitudes. Chaque jour, il faisait une promenade en voiture; il n'en fait plus. Chaque jour, il visitait les églises; il ne les vi.site plus. 11^,^ semble regretter que son emprisonhcmenl ne soit pas réel. Loin d'étre accessible à la crainte, on voit qu'il aime jusqu'aux Iravorses et aux agitations qui m marquent son règne; il trouve qu’elles donnent à , son pootincat un caractère de grandeui' qui le recommande à rinlèrêt de l'histoire. Napoléon fait tout ce qu'il peut pour ne point paraître tenir le pape enfermé dans le château 9aiiil-Aiigc, comme Je Gt Charles-Quint. Pie Vil, au euiilrairc, voudrait être traité avec la même rigueur que le fut Clément VU, aGn de faire voir qu’il ii'élait pas capable d'acheter, comme lui, sa liberté. L'avenir dt)iinera un démenti et au pape et n rEinpercur. t^luoique^ le 9 janvier, M. de Champagny eût rompu la négociation avec le cardinal de Bayannc, il ne laissait pas d'avoir encore des relations avec ce cardinal. I.e 13 février, il lui écrivait: uLes troupes .
» françaises resteront à Rome jusqu'à ce que le » saint-père soit entré dans la confédération ila- » licnnc, et qu'il ail adhéré à la ligue défensive et w offeusive que rein|)crcur <les Français, le roi » d'iUlic et le roi de Naples, <ml signée. Celte cou- .
» dilion est le sine quâ non des propositions do » l'Empereur.» Il faut en outre que le pape renunccà scs prclcntioiis sur Naples. Suzeraineté, haquetiéc, tribut, sont des choses maintenant inadmissibles. En renouvelant ces déclarations, l'Empereur fait aussi une concession de son côté. Il
• les petites atfairrs; uais si les circnnsunces devenaient » graxKlcs, il aérait .nussi grand qu'elles. •
* Lettre datée de Benavente, le janvier 1809.
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POLlTIQrE EXTÉRIEÜHE.
SC désiste de la demande d’onc nomination de car> \ diiiaux, proportionnée à la population de Tempire. Il se contentera du nombre qui appartenait aux États réunis à la France, et U consent que ce soit jjL l’objet d'une négociation particulière. Le meme
4' jour un donnait l'ordre à BI. Alquicr de s'expliquer en ce sens à Rome , et surtout d'engager cette cour V à s'abstenir de publications ennemies. liO guerre ; des publications avait commencé. Il y avait même ^ un autre genre de guerre que ne faisait pas encore
, revanche, il y a là de l'ignorance, de la super- I stilion, des passions vives, et l'habitude du poignard, tous éléments dont le clergé, quand il le vent, entend à merveille Fusage, cl contre lesquels l'auloKté française fait bien de sc prémunir.
I Pour diminuer le nombre des mauvais conseils ' qui assiègent le saint -père, les cardinaux napolitains ont reçu du général Miollis la sommation j de SC rendre à Naples, afin d’y prêter scnnoiit à I leur nouveau souverain. Ccl ordre donné à des ^ le pa|)€, mais que faisait son armée religieuse. Déjà ' cardinaux parait une injure au saint-père. Il leur
le confessionnal et la chaire prononçaient des ana-
fait défendre * d’y obéir. Un d’entre eux se rend auprès de lui pour le prier, en leur nom commun, de lever cette défense. Il s'y refuse. Après une longue discussion, Ü leur permet d’aller à Naples, à condition qu'ils s'y feront conduire de force. Dans
thèmes plus ou moins hardis contre les Français.
Entres autres exemples, uu moine auguslin avait,
. ** dans un sermon, fait l'allusion la plus frappante ■A auxcirconsUincesacluellcsderÉglise, eiiexpliquanl ** l'histoire des Macbabées cl en rappelant les per- | ce cas, il les autorise à prêter serment, et seulement » sécutions d'Antiuchus contre le grand prêtre. Ses | comme sujets; il leur interdit de le préler comme 'peintures passionnées avaient vivement éiuu tout cardinaux. Les représentations qu'ils lui font ne «^.fson auditoire. Dans la nuit qui suivit ce sermon | le touchent pas : « Eh bien, vons serez martyrisés. » - {Bincendiaire, les madones placées dans le voisinage , Selon le saint-père, rcnlèvcmcnt par force prou- ^Xde l'Église sont brisées; le malin, on s’assemble, | vera la persécution, d'où sortira le tchüme, teul ' on s'agite, elles âmes dévotes se rè|>andcnt en
malédictions contre les Français, auleursiiifaiibbles de ces profanations.
Ainsi préludait le fanatisme à des écarts qui auraient pu devenir dangereux, si la maiu ferme de l'autorité française n'avait pas su les comprimer. Au reste, ce fanatisme n’était que dans les -^derniers rangs du clergé et du peuple. Rien de . ^moins fanatique que des cardinaux romains. Chez /•'l^enx tout est calcul; mais ce fanatisme qu’ils n’ont pas. ils le nourriront dans les autres, s’il pc'Ul être utile à leurs vues. L’opinion des habitants de Home . mérite à peine qu'on en tienne compte. Sans ^ doute il y a là cniume ailleurs des esprits plus 'avancés qui aspirent à des améliorations dans l’ordre social auquel ils appartiennent. Ce nombre est peu considérable; il a besoin, pour s'accroître, que les événements viennent favoriser ce genre de disposition. En général, les hommes des classes élevées tiennent à la papauté par des inlcrôts. ^)uelques-uns, à peu prèsiudifTcrcntsà tout, sont prêts h reconnaître la sonvcrdiiicté que leur imposera •*f^la fortune. Après le suprême pontificat, la preniière dignité est celle du sénateur de R<une. C'est ce |>ersonnagc qui dans le monde moderne , re- ^présente seul l'ancien sénat romain. Ce sénateur . de Rome est un ditellante qui fait uo voyage à Naples uniquement pour entendre de la musique de Zingarelli. Du patriotisme, du la nationalité, sont à Rome des sentiments inconnus : mais en
* Lettre du cardinal l>oria PamphiU, pro-secrélairc d'Éiât. aux cardinaux napoliiaias, du 9 février.
moyen de sauver PÉglise. C'est un homme que non* voulons croire véritablement pieiix, c'est le pape Pie VII qui s'exprime ainsi! Étrange cfTel de régarcment que produit l’odieux mélange désintérêts de la terre et de ceux de rétermté 1 Quelques cardinaux partirent d'eux-mêmes. D'autres attendirent l'emploi do la force pour s’y déterminer.
Le mois suivant, cette mesure, appliqaêed'abord aux cardinaux napolitains, fut étendue à ceux do Gènes, du Piémont cl du royaume d'Italie. Le ressentiment du saint-père éclata dans toute sot> amertume. Le séparer des membres du sacré college, c'était détruire le régime spirituel de l'Église. Les lettres adressées par le pru-sccrétairc d'Élal aux cardinaux et aux miiiislres étrangers, sont un appel au jugement de Dieu cl des hommes sur celte insulte énorme à la dignité du canlinalat, qui est en même temps un outrage contre la personne sacrée du samt-père. ^ ^
A toute heure, beaucoup d'autres diiTicuUés s'élevaient entre l'autorité française cl le sainl-sicge. Celte autorité s'est emparée de l'adininislralion des postes; elle a établi des surveillants dans les imprimeries; clic a incorporé aux troupes françaises les troupes pontificales. Le pape , pour témoigner qu'il ne reconnaît plus comme lui appartenant les troupes qui obéissent à un commandant étranger, donne une cocarde particulière au corps de troupes qui forme la garde de sa personne. Aussitôt cette cocarde nouvelle est doimceaussi aux troupes pontificales incorporées aux Français. Il n'est pas une de ces circonstances qui ne fasse éclore des dis-
ciumiu- lu.
eussions, des décla râlions, des prolestatiuiis de toute espèce. Nous rapportons ces faits sans les excuser. ^ Ils sont la triste conséquence de la fausse position ' d'une autorité militaire qui cberchc à enchaîner, dans les mains du pape, l’autorité civile, tout en paraissant la respecter. Le respect véritable étant incompatible avec les précautions que la prudence ordonne, une suspension absolue de tout pouvoir dans les iiiainsdusaint-pèrc,uu méinennc oppression franche, aurait eu plus de dignité et oITert moins d'embarras que la situation équivoque où, en voulant lui laisser une sorte de liberté d’action, on est sans cesse ucèupé à gêner cette action et à en contrarier tous les mouvements. Ainsi le pape veut établir un nouvel imp«H, cl c’est l'aulurilé françaiH' qui s'y oppose, parce qu’elle voit dans cette volonté riiileulion d'aigrir les esprits contre les Français, dont la présence seule iiaraitrait avoir exigé ccUc charge nouvelle.
Ce fut alors que k pape donna un bref portant menace d’excommunication contre reinpereur des Français. Après avoir éiiumcrc ses griefs contre Napoléim, griefs qui tenaient tous à des questions lciii|H>relles, le saint-père ajoutait : « Vous abusez » de la force en foulant aux pieds les devoirs les » plus saints, surtout au préjudice de l'Église. Vous » nous obligerez ainsi à faire, dans l’humilUc n de notre cœur, usage de cette force que le Dieu n tout-puissant a mise dans nos tiiaius, si par la I» suite... » t^luclques écrivains ont depuis déclaré ce bref apocryphe. Nous ne mettons aucune importance à démentir celte allégation; mais si le pape a bien pu, en IfKIO, excommunier réellement l'empereur Napoléon, nous ne voyons pas pourquoi un cherche à le disculper d’en avoir fait la menace en 1808. Il est au contraire dans les usages, et peut-être dans les devoirs de la cour de Rome, d’avertir * avant de frapper, et le bref commiualuirc du â7 mars n'est ni plus ni moins violent que vingt autres pièces très -authentiques émanées du sairit-siége.
Le ministre de France Alquier avait quitté Rome, mais en y laissant un chargé d'affaires. Le pape alla plus loin; il révoqua totalement les pouvoirs de son légal en France, le cardinal Caprara. Ce cardinal <lonna connaissance de son rapfK;! au gouvernement français dans les derniers jours du mois de mars. La première réponse de l’Empereur à celle notilicalion fut un décret ^ du â avril qui proituiiça la réunion des provinces d’Urbiii, Ancône,
' Ainsi, en 18.33, un autre pape a donné un bref comminatoiro d'«xromniunicaiion contre l’empereur don Pedru, agUsam en Portugal au nom de la reine duna Maria, ta tille.
Maccrata cl Caineriiio au royaume d’Italie. Les autres dispositions de ce décret ordonnaient l'organisation de CCS provinces en (rois départements, suivant les lois et règlements de ce royaume. Ce fut là le premier acte de spoliation exercé par l'Empereur contre Pic VII. D'après la coutiaissance que nous avons maintenant du caractère du pape, il e.st aisé de prévoir que rien ne le fera fléchir, et que son obstination doit évidemment le conduire à la perte totale de ses États. Celte obstination estelle digne d'éloge ou de blâme? Dans la conleslatkm qui a eu lieu sous nos yeux, cst-ce Icsaitil-pèrc qui a tort? csl-ce Napoléon? N'otil-ils pas jusqu’à un certain point tous deux tort, tous deux raison ? L’F.mj)crcur ne pouvait-il pas se contenter du consentement du pape à fermer ses ports aux Anglais dans la guerre actuelle, sans vouloir absutumeiil qu'il entrât dans une ligue défensive et oITensive avec les royaumes de Naples cl d'Italie? De son côté, lors que rEm|HTeur ne demande au saint-père que de s« placer avec lui dans la même position où sont la ]>1upart des puiss.ancrs du conlincnl, le saint-père, parses refus obstinés, ne montre-t-il pas plus d’eiilétcmcnt que de fermeté vérllablo?n'esl-ce pas là s'atUu'hor aux mots plus qu'aux choses ? a'est-ce pas aussi une prétention déplacée de Pie VII, après tous les bouleversements que ritalie a éprouvés depui.s quinze ans, d'exiger encore, pour prix de la recoiHtaissanee du roi de Naples, le tribut et la haquenée. vieille prétention qui a été l'objet de tant de dél)aU dans des temps déjà bien éloignés de nous? Sans doute tout homme qui sarrifle à une opinion, qnelle qu'elle suit, sa puissance cl ses domaines, fait toujours un grand acte d’abnégation. S’il $0 mêle à cette opinion un intérêt religieux même aveugle, cette opinion parait pins respectable encore; mais, d'autre part, il faut bien convenir que les demandes de l'Empereur n’ont rien qui ne puisse être accepté par le plus saint des pontifes; que le pape exige, en faveur de ses Étals, une exception extraordinaire que rien ne justifie, et que déUnitivemenl, si ce prince de l'Église perd sasouverainelclcmpuretlc, c'est qu'il l'aura voulu, puisque, d'un mot, et jusqu'au dernier jour, il pourrait la sauver. (Quoique le dénoûment soit prévu, la continuation de ces dé!>ats, dont nous reprendrons plus lard le récit, ne cessera pas d'offrir de l'attrait à la curiosité, parce que c'est toujours un combat intéressant que celui d'une force morale contre uuc force matérielle. Quoique ce
* Comme lescoQsklériüons sur ic«queltc« rEio{>creur fonde ce décret scrout conlettécs par le saint-tiége, oou» nous reservous de les rapporter plus tard.
PüLITigl E EXTÉlUEtniK.
soU ici la lutte de l’esprit religieux d’uii autre siècle contre l’esprit phllos(»phiquedc notre àgc, le ci>ml>at sera tel, qu’il fera mettre en doute de quel cAtc SC trouve la politique la plus habile, ou dans la Gère exultation d'bumilitc chrèticuuc qui se jette
k plaisir dans des tribulfllions qu'elle pourrait éviter, ou dans la puissance, d'ailleurs réOècbie, mais trop impatiente d'obstacles, qui se laisse conduire par degrés à des rigueurs sans fruit et 4 un envahissemcolsans gloire.