CHAPITRE XXXII
POLITIOrE EXTÉRIEURE.
E'ninrf el Riistic. — France ei Aulrû-be. — France cl PruMC. — Lciirc rcniarqiialitc du roi de ^^'calphalîe à l'Enipereiir. — Situation du duché de Varauvie. — M. do Pradt et M. Bignon. — Danira polonaicet. — Inslritciion publique dam le duché de Varsovie. — Diéle assemblée à Varsovie. — Patriolisine polonais. — Publications russes.
La silualion de la France, tant au dehors qu'à l'intérieur, se trouvant maintenant bien établie pour 1811, nous allons reprendre le cours des communications que nous avons laissées en suspens entre les cabinets de Paris et de Pétersbourg. Au commencement du mois de septembre, la solution du conflit élevé entre les deux puissances était devenue extrêmement diflicile. D'un cAté, la Russie déclarait ne rien vouloir que la restitution du duché d'Oldenbourg; de l'autre, la France trouvait que, poser ainsi une base inadmissible, c'était se refuser à toute négociation. Sur ces entrefaites, la cour de Vienne ayant offert ses bons offices à la Russie, l'empereur Alexandre dit au général I^uristoii : <> Est-ce avec le consentement de l'Empe- » rcur que cette proposition nous est faite? Nous » avoiisdonc besoin de tiers pour nous entendre?» et il parla d'un désarmement réciproque qui pourrait s’opérer simultanément. Pour lui, ajouta ce prince, il venait de renvoyer sur le Danube une des divisions qu'il en avait d'abord rappelées. Malheureusement, à CCS paroles tout amicales et qui promettent un accord prochain, viennent s'en joindre d'autres qui l'éloignent. Si le général Laurislon presse l'empereur Alexandre d'autoriser son ambassadeur à traiter à Paris, ce prince exprime la résolution de ne pas donner de pareils pouvoirs avant d'élre informé si les propositions qu'un fera seront acceptables. C'est annoncer qu'on veut le but sans vouloir le moyen, car ce n'est qu’à un homme muni de pouvoirs que se font des propositions sérieuses.
I/e cabinet de Berlin s'étant, ainsi que celui de
' • La préleodiie note, par laquelle M- dv la Tour- * Maiiboiirg aurait «.'ngagé la Porte k ne point faire la
Vienne, présenté à Pé(ersl>oarg, comme une sorte de conciliateur, ses offres y reçurent le même accueil. On répondit à la Prusse, comme on avait ré|iondu à l'Autriche, que la Russie cl la France, pour s'arranger entre elles, n'avaient nul besoin d'inlerroédiaircs. A cette occasion , l'empereur Alexandre cherchait à s'expliquer ce que voulait le gouvernement prussien, et il ne le comprenait pas plus qu'on ne le comprenait à Paris. « La » Prusse, disait-il, lève des recrues et met des plan ces en défense. Pour ou contre qui ? je n'en sais » rien. Maintenant elle cesse ses armements et offre n ses bons oflices. Accepter des médiations, ne n serait-ce pas avouer qu'il existe dos causes de » rupture? ■ Ce scrupule, vrai ou simulé de l'empereur de Russie, nous parait un peu hors de saison. Nier que des causes de rupture existent, ce n'est pas les détruire. I«e refus d'une médiation étrangère semblerait juste, si on faisait soi-méme quelques pas pour la rendre superflue; maison reste immobile, et, à travers les diflicultés existantes, il survient chaque jour des choses et des mots qui ne font qu'accroître réinigncmcnl mutuel. On se prête des deux côtés des torts qu'on n'a pas, ou l'on exagère les torts réels. Aujourd'hui c'est la France qui renouvelle scs plaintes trop fondées sur l'augmentation de la contrebande anglaise. Le lendemain, la Russie prétend que l'agent français à Constantinople détourne le divan de faire la paix avec elle. Si le cabinet russe assure qu'il a entre les mains un uflicc remis au divan par un agent français, M. de la Tour-Maubourg, un démenti ^ formel est donné par la France à cette assertion,
• paix, n'a jainaia existé. • Lettre du duc de Baaaano, du 31 octobre.