CHAPITRE XXXII
n dons-iious, disait à cet égard l’cmpcrcur Alexan- » dre ; il ne coiiuncnccra pas la guerre, c’est-à-dire » qu'il ne viendra pas le premier m’attaquer en i> Russie; mais ne serait-ce pas commencer la » guerre que de s’avancer vers la Russie par des » prises ' de possession en s’emparant des cèles,
>• des ports, des pays intermédiaires? Voilà ce que n j’appellerais commencer la guerre. » El comme dans les paroles de l’ambassadeur il avait été question de la Prusse: u Quant à la Prusse, poursuivait n Alexandre, elle n’a pris que de fausses mesures; | » elle a fait bien du mal. » j
La disposition de l’empereur de Russie à différer ' le départ de M.deNesseIrodc pour la France n’était que trop bien encouragée par le chancelier comte de Romanzor. Évidemment celui-ci aimait mieux traîner tout en longueur que de laisser la négociation passer en d’autres mains. Il eût préféré que, des deux cètés , on renonçât à des explications ac- ' tuelles, et qu’on s’en remit au temps d’amener j une solution, u J'ai bien peur ^ que ce qui vous » parait devoir resserrer l’alliance, disait-il au gé- 1 » Itérai Laurisloii, n’accélère la rupture. Restons | » plutôt comme nous sommes, et ne faisons rien i n pour nous provoquer de part et d’autre. »
Cependant M. de Nesseirode ne partait point, et | l’ambassadeur de France en faisait de temps en temps la remarque. Il la renouvela dans les derniers jours de décembre. » Nesseirode partira, répondit » l’empereur, mais je ne veux pas qu’on dise que » c’est par peur ou par tout autre motif de ce genre.
» On en parle déjà dans ce sens en Allemagne. J’al- » tends donc un événement qui me mette dans le n cas de prouver que ce n’est point par do telles n raisons que j’agis. — .Mais, si la |>aix ne se fait » point avec les Turcs, M. de Nesseirode ne parlii> rail donc pas? — Que les événements soient favo- M râbles ou non, son royage aura lieu. » Ces mots .sont les derniers que prononça sur ce sujet l’empereur Alexandre on 1811. Ils laissaient encore | quelque espérance. i
Au milieu de l’échange de ces démonstrations | pacifiques entre la France et la Russie, ni l’une ni | l'autre ne négligeait de donner à son armée le ren- ■ fort annuel de ses levées ou de sa conscription. ' Le septembre, l’empereur Alexandre avait eu soin d'entretenir le général Lauristoii d’une levée qu'il faisait de quatre hommes sur cinq cents, ccqui ' devait produire une centaine de mille hommes. A i Paris, le t2I décembre, un conseil privé arrêtait que !
la conscription serait de cent vingt mille hommes, et on en donnait avis à l'ambassadeur de France à Pétersbourg. C’était le 31 décembre de l’année précédente qu'avait eu lieu la conscription de 181 1 . .Ainsi, sous le rapport militaire, parité absolue dans la marche des deux gouvernements; mais, en fait de levée, point d’innovation ni dans l'un ni dans l’autre pays.
Quoique l’empcrear Napoléon eût l’espoir que ses différends avec la Russie pourraient, comme il en avait exprimé le désir, se terminer dans le courant de l’hiver, ses communications avec l’Autriche et la Prusse, bien que réservées et discrètes, étaient conduites à un tel point qu’il demeurait en son pouvoir de conclure , le jour on il le voudrait, un traité d’alliance avec ces deux États, et même de SC faire demander par la cour de Vienne cette conclusion déjà sollicitée par celle de Berlin. L’ambassadeur autrichien , prince de Schwarzenberg . jugeant que le moment approchailoù cette démarche ne devrait plus être différée, se rendit à Vienne par congé dans le mois d’octobre. Sans contredit, rien n’cùt mieux convenu à cette dernière cour, dans rhypolhèse d’une guerre entre la France et la Russie, que de conserver une neutralité absolue entre les deux puissances; mais comme un pareil rôle ne paraissait guère admissible , c’était à la France que l’on se réservait de s'unir, en lâchant d’ailleurs de recueillir le plus d’avantages qu’il se pourrait de cette union inévitable. Au reste, le fait seul de l’alliance française, en assurant à l’Autriche son existence politique, serait de plus, pour clic , un gage de sûreté intérieure. Celle sûreté avait été altérée depuis quelque temps par diverses résistances, cl surtout par le refus de la Hongrie d’accéder à ses demandes financières. Pour rétablir son autorité compromise , rcmpcrcur François .sentait le besoin d’un acte éclatant qui constatât la vigueur de son gouvernement, et rien de plus propre à produire ce résultat qu’un traité d’alliance avec Napoléon. Ainsi s’exprimaient, dans le mois de novembre, avec l’ambassadeur ^ de France, M. Otto, les confidents de M. de Mctternich, et tel fut l’esprit (les instructions données au prince de Schwarzenberg. De retour à Paris le mois suivant, ce dernier ayant fait connaître qu’il était chargé u de traiter » des questions d’un intérêt commun aux deux .■> cours, » le duc de Bassano lui répondit que l’empereur Napoléon serait toujours empressé de resserrer * par le lien d’un intérêt commun l'amitié
• l.r bruit courait .tlor* que le* troupe» françaises ■ * Lettre de M. Otto, en date du 9 novembre,
étaient entrées ou près d’entrer dans le Mccklembourg, S Lettre du duc de Uassano au prince de Schwarzence qui était faux. j berjf , en date du 20 décembre.
’ l.clire du général l.aurislon, du I 1 iléreiiil>re. i