CHAPITRE XXXIII
FRAItCB BT PRESSE, — rRAIfCE ST AUTRICHE. — PRAHCB ST SUfcDE. — PRAHCB BT RUSSIE.
Motifs (le la Prusse pour l’alliance franç.aisc. — Dcmorclie de la Prusse auprès de la Russie. — Réponse de la Russie au colonel Knescbeck. — Réflexions de eet officier. — Traité d'.-illianec entre la France et la Prusse. — Articles secrets. — Déinoustration de défiance même dans ces articles. — C.iuses respectives de défiance- — Traité d’alliance entre la Kr.mcc et l’Autriche. — Articles secrets. — Désir de Marie-Louise de voir sa famille A Dr(tsde. — Penchant de la Suède vers les ennemis de la France. — Entrée des troupes françaises en Poméranie. — Démarche de la France auprès du prince royal. — Propositions portées A Stockholm par le consul suédois, M. Siffncul. — Réponse du prince royal. — Traité d’alliance entre le Suède cl la Russie. — Communication faite à la Suède par le ministre d'Autriche. — Réponse de la Suède à celle communication. — Relations entre la Suède et l’Angleterre. — Note écrite tous la dictée du prince royal. — Second voyage du consul suédois à Stockholm. — Réponse rapportée par ce consul. — Note du prince royal renouvelant la duniandc de la Norwège. — Motifs qui empêchent l’envoi de M. de Nessclrode A Paris. — Impression produite A Pétersbourg par l’occupation de la Poméranie. — Explication des motifs de cette occupation par la France. — Lutte d’amour-propre cuire les deux em|>ereurs. — Crainte de Napoléon de par.iitrc négocier par faiblesse. — Abandon des anciennes alliances francais(!S, la Suède et la Turquie. — Crainte d’Alexandre de paraître faire des avanc<». — Lettre de Napoléon A Alexandre. — Conversation de Napol(k>n avec M. de Czernichef. — Véritable but de Napoléon. — Ouvertures faites par la France A l’Angleterre. — Réponse de l’Angleterre aux ouvertures de la France. — Intrigues de M. de Czernichef à Paris. — Arrivée de M. de Czernichef A Pétersbourg. — Communication de l’EiiqK’reur au sénat. — Rapport du ministre des relations extérieures. — Rapport du luinislre de la guerre. — Sénatiis-cousulte.
Les négocialtons commencées par la France à la fin de 1811 pour une alliance avec les cours de ^ Berlin et de Vienne, ne présentant point de ques- ! (ions d’une solution difficile , furent conduites à une heureuse issue dans les premiers mois de 181 â. L’alliance avec la Prusse fut signée le 24 février; l'alliance avec l’.Aulrichc, le 14 mars.
La Prusse, placée entre la Russie et la France, ne pouvait se dispenser de faire un choix. En se décidant pour l’alliance française, elle voulut que l’cinpereur Napoléon n'ignoràt point sur quelles considérations elle fondaitsa préférence. Suivant un long mémoire communiqué au ministre ' français à Ber-^ lin, M. de Saint-Marsan, la vocation naturelle et nécessaire de la Prusse était de se déclarer pour celle des puissances qui pouvait lui faire le plus de mal en devenant son ennemie, le plus de bien en devenant son alliée. Il lui importait de s’unir à celle des deux qui pouvait la défendre et la protéger avec le plus de succès; à celle qui, selon toutes les vraisemblances, dans le cas d'une guerre du Nord, sortirait victo-
‘ Lettre de M. de Saint-Marsan, du 30 jauvicr.
rieuse de la lutte, et qui, loin d’avoir un véritable I intérêt à raffaiblissemunt de la l’russe, trouverait, I dans sa politique éclairée, un avantage essentiel à maintenir cet Etat comme le boulevard de la civilisa- ^tion de l'Europe contre le Nord. «La Prusse devait Il donc rechercher l’alliance de la France. » Cette exposition des motifs qui dirigeaient la cour de Berlin, pouvait, au conimcncenicnt de 1812, avoir l’assentiment de l’empereur Napoléon, parce qu’elle supposait, de son côté, la supériorité de la force; mais dès lors il était facile aussi d’entrevoir que, la situation relative de la Russie et de la France venant à changer, l’argument employé d’abord en faveur de l’alliance française pourrait se reproduire plus tard avec autant de justesse en faveur de l’alliance avec la Russie.
Au moment où le roi donnait à son ministre à Paris, le général de Krusemark, des pleins pouvoirs pour signer s<)n union intime avec la France, il crut devoir tenter un dernier effort auprès de l'empereur Alexandre, et il envoya auprès de ce prince un officier investi de toute sa confiance, le colonel Knescbeck, afin de le conjurer, au nom de l’amitié,
CHAl'ITllE XXXIII.